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31 mars 2006

Gorilles, B12 et nature

La semaine dernière, je me suis plongée dans le fameux livre Gorilles dans la brume de Diane Fossey. Cette chercheuse scientifique américaine (1932-1985) a passé la majeure partie de sa vie à étudier les gorilles sauvages au Rwanda* et à partager leur quotidien. Elle en a tiré des milliers d'observations - d'où le livre, un film, et une fondation pour la protection des derniers gorilles sauvages. Les comportements des gorilles qu'elle décrits sont souvent très similaires aux nôtres : amitié, affection, jeux de séduction, jalousie, désirs, le tout avec des liens sociaux forts et très structurés. Indéniablement, nous sommes vraiment cousin-es avec les gorilles ! Leurs comportements alimentaires sont bien intéressants aussi, entre autre parce que Diane Fossey propose une hypothèse très plausible quant à leur source de B12 : ces gorilles végétaliens, animaux sauvages vivants dans un environnement tout aussi sauvage, trouveraient leur B12 indispensable dans leur caca ! qu'ils mangent sans hésiter à pleines mains…
"Les gorilles, quels que soient leur âge et leur sexe, mangent leurs excréments et, parfois, ceux des autres gorilles. La coprophagie s'observe après de longues périodes de repos, pendant la saison des pluie. La nourriture est alors plus rare et les déplacements moins fréquents. L'animal écarte légèrement ses fesses et recueille la crotte dans une main en prenant garde qu'elle ne touche pas le sol. Il mastique tout en se léchant les babines avec satisfaction. La coprophagie existe chez la plupart des vertébrés, y compris l'homme, dans les cas de carence nutritionnelle. On peut penser que, chez les gorilles, elle a une fonction diététique et permet aux vitamines, la vitamine B12 en particulier, dont la synthèse se fait dans le gros intestin, d'être assimilées au niveau de l'intestin grêle."
Le végétalisme pourrait donc être on ne peut plus naturel, autant pour les gorilles que pour les humain-es… à condition que, comme ces derniers, nous nous adonnions avec délice à la coprophagie. Personnellement, je préfère m'en tenir à de la B12 en ampoules ou en cachets, mais chacun-e son truc.
Cette info rassurera peut-être les fans de nature : on peut être végan-e, même en vivant toujours en forêt ! Mais au fait, est-ce que c'est si important ? Est-ce que l'essentiel n'est pas de savoir qu'on peut vivre sans faire souffrir ni tuer des animaux, quite à pour cela devoir prendre des compléments alimentaires ? Quelle importance, et vive le progrès si il m'évite d'avoir à manger mon caca pour cela !
(cette note fait suite à celle sur la B12)
* Ce petit pays africain est hélas devenu connu suite au terrible génocide de 1994… Ne pas hésiter à se plonger dans la bibliographie, notamment celle de l'association Survie. Avant 1994, Rwanda s'écrivait en français Ruanda.

21 mars 2006

Oh la belle sangsue !

medium_sangsue.jpgQuelle chance ! Ce week-end, dans la campagne drômoise, j'ai croisé une sangsue ! J'avais découvert l'an dernier que ces bestioles existaient aussi en France, car une copine m'a montré celle qui vivait dans un petit bassin près de sa maison vers Grenoble. Mais on ne l'avait pas très bien vue... Alors que celle-ci ! Je l'ai trouvée en ramassant des feuilles au pied d'un petit bassin, près d'une maison complètement paumée à la campagne. Mon but était que l'eau stagne moins au pied du-dit bassin, mais quand j'ai vu la quantité de petits animaux qui y vivaient (sangsues, crevettes, chenilles aquatiques... ) j'ai tout remis comme avant. Je n'ai pas résisté à mettre la sangsue dans un bocal plein d'eau pour quelques instants, histoire de photographier et de regarder cet animal extraordinairement élastique et flexible. Elle avait collé une ventouse sur le verre, et avec sa tête elle a passé tout son temps à chercher une issue. Puis je l'ai relâchée là où je l'avais ramassée et hier j'ai cherché des infos sur la vie des sangsues.
Voilà ce que j'ai trouvé :
Les seuls organes visibles de l’extérieur sont la ventouse antérieure, contenant l'ouverture de la bouche, et la ventouse postérieure, servant la fixation. Elle respire par la peau et possède deux cœurs, mais elle n'a pas de cerveau. Elle peut mesurer jusqu'à 20 cm et peser jusqu'à 30grs, sa très grande élasticité et flexibilité est étonnante. La sangsue possède des segments (env. 34). Sa longévité moyenne est évaluée à 27 ans.
Parmi les 800 espèces de sangsues existantes, Hirudo medicinalis, la sangsue médicinale, est une véritable alliée pour la santé humaine. Les propriétés anticoagulantes et anti-inflammatoires de sa salive sont utilisées dans différents domaines de la médecine.
Les sangsues communiquent par odeurs, sens et couleurs vives. Elles peuvent ainsi attirer un partenaire sexuel. Le sens le plus utilisé est le toucher, cette fonction étant rempli par des cellules sensorielles.
Les sangsues sont hermaphrodites et ovipares. Une courte parade nuptiale prend place avant l’échange avec un partenaire, puis la sangsue commence à se gonfler dans la partie supérieure du corps. Ensuite, par un orifice, elle laisse sortir une masse translucide qu'elle va appliquer sur une paroi ou une feuille ; il s'agit d'un cocon souple contenant quelques œufs, fixé sur deux points. De minuscules sangsues vont ensuite se développer à l'intérieur du cocon, se nourrissant d'un liquide adapté à leur croissance. A la fin de leur croissance, les petites sangsues perceront le cocon. Certaines espèces porteraient leur oeufs et les protégeraient jusqu'à l'éclosion.
La sangsue est carnivore mais elle ne mange pas toujours de gros animaux. La sangsue commune en Amérique du Nord, se nourrit surtout d'escargots, mais d’autres peuvent s’agripper aux êtres vivants qui se présente devant eux, comme les animaux aquatiques ou les humains, et sucer leur sang.
La sangsue repère les gros mammifères (humains compris) grâce aux vibrations du sol causées par leurs pas. A son rythme, elle se dirige vers eux, s’accroche à ce qu’elle peut et grimpe inlassablement jusqu’à trouver une parcelle de peau à sucer. Dans une randonnée, les sangsues sont attirées par les premiers du groupe mais ce sont les derniers qui en récupèrent le plus. En Europe, elle se nourrit surtout de poissons et de batraciens. Elle absorbe le sang après avoir pratiqué une incision dans la peau, grâce à trois mâchoires entourant sa bouche. La morsure de la sangsue est quasiment voire totalement indolore.
Elle possède une ventouse qu’elle utilise pour avaler ou sucer ses proies. Elle ingurgite environ de 10 à 15 millilitres de sang non oxygéné, et prendra 12 à 18 mois pour le digérer.
La sangsue est présente tous les continents, à l'exception des pôles et de la Grande-Bretagne. Elle habite dans les lacs, les mers et les eaux stagnantes, mais certaines espèces sont terrestres. La sangsue ne possède pas vraiment de territoire ou de domaine vital, et son abri est constitué de la peau de son hôte. Les sangsues nagent en effectuant des mouvements ondulatoires. Elles se déplacent sur une surface solide par fixation alternative de chacune de leurs ventouses (tête et queue). La sangsue nage et se déplace pour trouver nourriture, hôte ou partenaire sexuel la majorité du temps. Les quelques sangsues vivant dans les régions possédant un hiver hibernent.
Les sangsues sont protégées dans de nombreux pays à cause de leur diminution, liée à la destruction de leur habitat et à la pollution. Jusqu’à la fin du 19e siècle, plus de 50 millions de sangsues médicinales peuplaient les mares et les étangs français. Aujourd’hui, il n'en existe plus en France, à l’état sauvage. L’assèchement des marais a fait énormément de tord à l’espèce. La pollution, engrais, pesticides et herbicides, a fini de l’achever. Quatre entreprises dans le monde (Russie, France, Allemagne et Pays de Galles) font l’élevage de cet animal à des fins médicinales.
Pour détacher une sangsue, humectez un mouchoir de salive et déposez-y du sel (ou à défaut de l’alcool). Appliquez-en sur le corps de l’animal. Le sel va assécher le corps humide de la sangsue, et elle va trouver cela si désagréable qu’elle va rapidement lâcher prise. Utiliser une flamme (comme dans les films) va lui faire très mal - voire la tuer ! Ne vous inquiétez pas si la plaie saigne abondamment : cela est dû à l’anticoagulant que vous injecte l’animal. En revanche, il ne faut surtout pas essayer de l’arracher en tirant dessus, même si l’une de ces bestioles s’accroche à un endroit plutôt désagréable, comme le visage, les paupières…Vous risquez de vous blesser car elle ne lâchera pas prise facilement. Si vous n’avez rien pour l’enlever, si vous pouvez être patient,  il vaut mieux la laisser tranquille et supporter l’inconfort le temps qu’elle soit rassasiée et lâche prise d’elle-même (de 30mn à 24h, selon sa voracité et les régions du monde).
Genre et espèce : Glossiphonia compalnata (Sangsue)
Embranchement : Invertébré (Annélide)
Classe : Vers (hirudinées)
Ordre : Carnivore

11:50 Publié dans animaux, environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sangsues

05 mars 2006

Emotions animales

medium_vacheveau.jpgHier, j'ai trouvé un livre extra (d'ailleurs, je l'ai fait paraître dans la rubrique "livres" : colonnes à droite de ce blog) : émotions animales. Outres les photos vraiment remarquables (plein de beaux portraits d'animaux, des scènes intimes émouvantes... ), il contient des récits vraiment touchants. Et puis, il n'oublie pas (ce qui est rare !) les animaux "d'élevage". Allez, je ne résiste pas à partager une petite histoire :
L'harmonie d'un groupe de vaches repose sur des règles de vie sociale. Elles-mêmes dépendent de liens forts, d'attachement mutuel, comme ceux qui unissent une mère et son jeune. Pour preuve, cette histoire d'une génisse anglaise de 2 ans, surnommée Blackie, qui s'enfuie de la ferme où elle venait d'être vendue pour retrouver son veau situé à une dizaine de km de là, dans une région qui lui était totalement inconnue. L'histoire, rapportée dans le quotidien "World Farming Newsletter", débute au moment où la vache et son veau sont vendus au marché d'une charmante petite ville du Devon, Hatherleigh, dans le sud de l'Angleterre. Alors que la femelle est achetée par un fermier, son veau est acquis par un autre éleveur. Nourrie, logée, la vache n'en décide pas moins quelques heures à peine après son arrivée, de prendre la clef des champs en sautant par-dessus la haie. Elle sera découverte et identifiée le lendemain matin, allaitant paisiblement son jeune à plusieurs km de son lieu de départ !
Malheureusement, on ne connaît pas la suite de l'histoire : est-ce que les humains ont eu assez de compassion pour laisser ensemble cette mère et son petit ? Quitte à perdre du lait et donc de l'argent ?...
Preuve s'il en est que ce livre dépasse largement les commentaires animaliers classiques ! La page 153 précise que :
"On sait désormais que l'animal partage avec l'homme certains éléments de conscience, notamment une représentation mentale de ce qu'il fait et de qu'il a l'intention de faire", explique Robert Dantzer, vétérinaire à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique). "Si cette conscience embryonnaire détermine l'aptitude à la souffrance, alors l'animal dispose de tous les éléments pour en faire l'expérience. Un animal souffre lorsqu'il n'arrive pas à exprimer le répertoire de son comportement naturel. Cette définition remet en question tout le système d'élevage industriel qui impose aux animaux des conditions de vie inadaptées à leur biologie". Si la douleur est une réaction physiologique, la souffrance exige une représentation de soi. Or les animaux connaissent la douleur et la souffrance parce qu'ils ont des représentations sensorielles et une mémoire. "J'ai pourtant été formé à l'idée que les animaux, comme les enfants, ne souffraient pas" se souvient Boris Cyrulnik. "Lorsque j'ai passé mon année préparatoire à la médecine, nous devions disséquer des animaux vivants et lorsque ces derniers criaient et se débattaient, nos professeurs nous assuraient qu'ils ne souffraient pas, cherchant à nous convaincre qu'un vélo qui grince ne souffre pas !"
Bref, un livre qui vaut vraiment le détour, qui fait réfléchir, et qui est très émouvant...

02 mars 2006

B12

Du nouveau dans ma vie : voilà que je suis carencée en vitamine B12 ! Je découvre cela via les résultats d'une analyse - qui, pour être fiable, doit analyser le taux d'un certain "acide méthylmalonique" dans le sang (houlala, quel mot bizarre !). L'an dernier, j'avais fait la même analyse, et j'avais été toute contente de n'avoir pas de carence : en effet, la B12 ne se trouve pas dans l'alimentation végétale ; par contre, elle se stocke dans le foie et on peut en avoir des réserves pour des années. Vu que j'ai été carnivore puis végétarienne pendant des tas d'années, j'avais dû avoir un stock costaud ! l'an dernier, héhéhé, pas de carence ! J'espérais même faire partie de cette catégorie privilégiée de quelques personnes dont l'organisme arriverait (on ne sait pas trop comment) à ne jamais être carencé en B12 tout en étant véganes. Mais cette année, paf, carencée !
Aujourd'hui je me dis : sois réaliste, ton alimentation végétale ne te permettra pas à elle seule de compenser la carence. Et une carence en B12, c'est sérieux ! Ça commence par la fatigue, un peu de déprime (tiens tiens, je suis pas mal crevée ces derniers mois), ça continue par des picotements puis la perte de sensibilité des doigts (je n'en suis pas encore là), ça ronge ensuite le système nerveux, et au final c'est très grave, avec des paralysies… Bref, autant ne jamais en arriver là ! Donc, des mesures rigoureuses s'imposent.
Si les animaux ne comptaient pas pour moi, ce serait simple : allez op, je redeviens végétarienne et le tour est joué ! Oui oui, juste végétarienne, même pas la peine de remanger de la chair, les sous-produits des animaux suffisent à apporter la B12. Alors, pourquoi me prendre la tête ? Eh bien, simplement parce que je refuse de participer, de quelque façon que ce soit, à l'exploitation des animaux. Le lait provient de millions de vaches, séparées de leur petit, abattues dès qu'elles sont moins rentables (entre 3 et 5 ans alors qu'une vache pourrait vivre 20 ans), le lait c'est aussi des millions de veaux abattus parce qu'ils sont nés de sexe masculins ; les oeufs ce sont des millions de poussins mâles et de poules pondeuses tués pour la même raison - et après une vie de souffrance s'il vous plaît. Bien sûr, je pourrais me cacher l'évidence en disant : "oui mais ce n'est quand même pas mon morceau de fromage, ma part de quatre-quart ou mon oeuf à la coque qui cause tant de souffrances !" Non, mais ça y participe forcément. L'exploitation et la souffrance des animaux, ça ne sort pas de nul part, quand même !
C'est pas que je veuille être "pure" du style "moi je suis en dehors de tout ça", c'est simplement que leur souffrance est inutile et que l'alimentation végane permet de ne pas la cautionner. Non, je ne veux pas que des animaux souffrent et meurent pour satisfaire ma vie…
Surtout qu'heureusement, il existe une bonne solution, hyper simple et facile ! Ce sont des compléments alimentaires en B12, de petites ampoules Delagrange, totalement fiables. Comme je suis carencée, je vais commencer par en prendre une dose par jour, puis une tous les cinq jours. Un médecin peut même me les prescrire et la Sécu me les rembourser ! Puis je peux aussi manger de aliments enrichis en vitamine B12 fiable (corn-flakes, certains laits de soja… ).
Voilà, c'est tout, mais il faut le savoir.
Et il faut aussi le vouloir.
Car pas mal de mes contemporains ont les cheveux qui se dressent sur la tête dès que je leur parle de compléments alimentaires : "quoi, mais alors ton alimentation ne se suffit pas à elle-même, elle n'est pas naturelle ?!" Ils ont peut-être raison, mais en fait ça m'est bien égal, pour deux raisons : la première, c'est surtout que le végétalisme évite réellement la souffrance des animaux, alors les autres arguments ne pèsent pas bien lourds ; la seconde c'est que je ne sais toujours pas ce que ça veut dire, naturel ! Naturel, mon mode de vie ? Allons donc ! Je m'habille chaque matin, je me brosse les dents deux fois par jour pour éviter tartre et caries, je me brosse aussi les cheveux pour éviter les noeuds, je prends le vélo ou le bus pour me déplacer, j'ai été opérée de l'appendicite, je mange des tas l'aliments cuits, et tous les légumes et les fruits et les céréales viennent de cultures (et de variétés élaborées grâce à l'agri-culture), je cuisine avec du sel et des épices, je porte des lunettes pour lire, je me lave avec du savon, j'ai appris à lire et à écrire, je suis pour la contraception, j'utilise la Poste, le téléphone et Internet, j'ai même un appareil photo numérique et un stylo à plume métallique, je fais caca dans des toilettes et je dors dans un lit sous une couette… et tout un tas d'autres choses (la liste est en fait sans fin) qui, finalement, sont ni plus ni moins naturelles que des compléments en vitamine B12.
Et je pense que j'ai beaucoup de chance de vivre dans une société qui me permet de faire ce choix : vivre et être en bonne santé tout en évitant de tuer des animaux, et aussi tout en essayant de respecter mon environnement, ce qui passe aussi par mon végétalisme. Et en plus, le végétalisme c'est bon aussi pour la santé des humain-e-s ! Car avec une alimentation équilibrée (et la B12 sous surveillance !) c'est tout bénef !
-> TOUT savoir sur la B12, c'est possible et ça se passe ICI !