Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24 mai 2006

Et si les animaux comptaient…

Comment est-ce possible que les humain-e-s, toujours et encore, ramènent à la sphère individuelle l'oppression exercée envers les animaux ?
La semaine dernière, une amie, végétarienne pour les animaux, m'a dit que "ça lui allait" que des gens amènent de la viande à la fête organisée pour son anniversaire. Que ça lui aille à elle, je veux bien le croire, mais est-ce sa vie qui est en jeu ou bien celle des animaux ?
Toujours et encore le fait de manger les animaux est ramené à une histoire de goûts et de couleurs…
Combien de temps va-t-il encore falloir entendre des réflexions du style : je ne mange pas de viande mais ça ne me dérange pas que tu en manges ; de toutes façons chacun fait ce qu'il veut ; du moment qu'on ne me force pas à en manger…
Je ne veux pas jeter la pierre aux végétarien-ne-s, loin de là, c'est déjà tellement bien de l'être ! Mais alors quoi ? Alors je sais pas, la remarque de la copine de la semaine dernière a été un peu la goutte d'eau pour moi à ce moment-là : manger de la viande est un acte meurtrier, et oui, j'aimerais vraiment imposer l'interdiction formelle de manger de la viande parce que c'est intolérable, injustifiable, que des animaux soient exploités et tués pour être mangés. On me taxera de radicale, d'intolérante, oui sans doute, mais comme on dit : c'est pour la bonne cause, non ?
Accepter sans broncher, peut-être avec une certaine forme de douce compréhension, sous prétexte que chacun-e fait ce qu'ellil veut que d'autres apportent de la viande à nos repas d'anniversaire, dans nos maisons, la cuisinent sous nos yeux ; accepter cela et le justifier, n'est-ce pas faire comme si les animaux ne comptaient pas, toujours pas malgré notre refus à nous d'en manger ?
Mais se montrer solidaire des animaux, c'est s'exposer aux railleries, quolibets, moqueries et mots méchants : que tu es intolérante, arrête tu vas me faire pleurer, je fais bien ce que je veux : et bien justement, non ! ça ne devrait pas être possible dans ce cas ! pas quand c'est la vie des animaux qui est en jeu !
Allez, tout ça je le sais bien aussi.
Et je sais pas pourquoi la réflexion de la copine m'a tellement énervée, parce que finalement moi non plus je ne lui ai rien dit. Pourquoi je ne lui ai pas répondu : ha, je comprends que tu n'es pas envie de faire des histoires, mais c'est dommage d'accepter que des gens amènent de la viande chez toi, parce que ça va causer la mort d'animaux…
Ou alors, je sais bien pourquoi sa réflexion m'a tant agacée : justement parce que moi non plus je n'ai rien osé dire, finalement…
 

Commentaires

"c'est pour la bonne cause"
c'est pour la cause que tu soutiens, nuance, il faut accepter que d'autres ne soient pas d'accord, que d'autres s'en foutent, que d'autres trouvent ça ridicule. Perso je mange pas de viande non plus, mais je fais partie de ceux que ça "dérange pas" si on en mange sous mon toit. Parce que j'accepte leur choix, comme ils acceptent le mien et comme j'aimerais que tout le monde l'accepte. Etre radical n'est jamais très bon pour la cause que tu défends...

Écrit par : Mina | 24 mai 2006

D'abord, merci pour ce blogue tout à fait intéressant! Je l'ai découvert ce soir même. C'est vraiment bien de ne pas se sentir seule à percevoir les animaux non humains avec sensibilité (et non sensiblerie)...

Pour ce qui est de cet article, je suis végétalienne (végane) et je n'accepte pas qu'on mange des cadavres chez moi. Je comprends donc très bien ton point de vue.

Ce n'est pas par manque de respect pour mes invités que je refuse tout cadavre chez moi, mais par respect pour les individus d'autres espèces. Ça peut aussi être un point de départ pour une discussion et pour une «dégustation» de bouffe végétalienne!

Je n'empêcherai pas les autres de manger de la viande dans leur milieu de vie. Mais, s'ils veulent en manger à tout prix, qu'ils ne viennent pas chez moi, c'est tout!

Refuser de manger de la viande, ce n'est pas une question de goût (du moins dans mon cas). Et est-ce un manque de respect par exemple de reprendre quelqu'un qui tiendrait des propos racistes ou sexistes?

De plus, peut-être serai-je étiquettée de radicale, mais je crois aussi que l'antispécisme est «la bonne cause» puisqu'il s'agit d'étendre le cercle de morale à tous les individus sensibles, quelque soit leur espèce - qui n'est après tout qu'une forme de catégorisation imaginée par l'humain. Donc, oui, l'égalité animale est «la bonne cause», tout comme l'antiracisme et l'antisexisme par exemple sont de bonnes causes (incluses dans l'antispécisme!).

Est-ce un manque de respect ou du radicalisme que de tenter de faire évoluer la réflexion antispéciste en refusant d'admettre des meurtres sous son toit? Ces étiquettes ne tenteraient-elles pas de camoufler le malaise ou minimiser l'importance de la cause et de la souffrance animale?

Écrit par : fragaria | 25 mai 2006

dans ma tête, j'imagine parfois un scénario parallèle du genre :
il y aurait encore, en France aujourd'hui, une forme d'esclavage officielle et organisée, disons comme ça existait sous les Romains (je ne parle des formes modernes d'esclavage), avec un système tellement bien ficelé que toute forme de contestation serait complètement impossible. Et tout le monde, chez les maîtres libres bien sûr, comme aux temps des Romains, trouverait ça super normal et drôlement pratique !
Et puis il y aurait quelques personnes qui contesteraient ça, et refuseraient d'avoir des esclaves, pour ne pas les faire souffir. Alors les autres leur feraient des remarques du genre : "Mais vous faites comment pour le ménage chez vous, pour la lessive (imaginons qu'il n'y aurait pas de machine à laver) ?" Et, lorsqu'ils viendraient chez vous, ils auraient bien du mal à s'empêcher d'emmener un ou deux de leurs esclaves, histoire de les servir (d'autant plus qu'ils savent que vous n'en avez pas).
Les contestataires auraient la solution de leur dire : "non, pas de ça chez moi!" en leur expliquant pourquoi : parce que ça fait souffrir des êtres sensibles, mais oui les esclaves ne sont pas là pour ton confort, ils aimeraient aussi avoir une vie à eux !
Pfff, quels radicaux, quels extrémistes ces contestataires ! Que eux n'en veuille pas, c'est leur problème, mais qu'ils veulent me rallier à leur truc, non merci ! Moi j'en ai toujours eu, tout le monde en a, ou presque depuis la nuit des temps, c'est trop bien pratique et c'est pas moi qui vais changer ça.
D'autres personnes refuseraient d'en avoir, mais parce que des études récentes auraient montré que finalement ça fait du bien de faire soi-même du travail physique au lieu de toujours de faire servir.
Bref, la plupart des gens penseraient : qu'on en veuille ou non, ça ne regarde que soi, c'est un choix personnel.
Admettons, mais les esclaves dans tout ça?
Et si les esclaves comptaient, en tant qu'individus eux aussi sensibles, et pas comme des objets dont chacun dispose selon ses envies?...
Alors l'histoire sortirait peut-être enfin de la sphère privée et ce serait le début de la fin de l'esclavage...

Écrit par : julie | 25 mai 2006

""c'est pour la bonne cause"
"c'est pour la cause que tu soutiens, nuance, il faut accepter que d'autres ne soient pas d'accord"

Mon ami-e, ah! comme ça sera simple la vie si tout était si facile, si les choses et les choix affectaient seulement ceux/celles qui les prennent... manger des animaux c'est certes un choix, mais un choix qui a un impact surtout sur la vie de ceux qui se font manger!!!! Ca me semble assez évident, non? Comment on peut dire que manger la viande c'est un choix qui concerne celui/celle qui le fait?? C'est ça le bout du commentaire de vegane, il me semble... pour ça qu'elle parlait de "gouts et couleurs"...
Tu dis qu'il faut accepter que les autres ne soient pas d'accord... ok, mais juste parce que je ne peux pas les empecher de faire bien ce qu'ils veulent, parce que la realité est faite comme ça, et je serai traité de psichotique-machin-truc si je ferais le contraire... mais, bien que je resigne aux normes et conventions sociales, sinon ma vie serait un enfer, je ne l'accepte pas pour autant!!!! J'ai bien envie d'enlever la viande de la bouche de ceux qui la mangent, la plupart des fois!


"Parce que j'accepte leur choix, comme ils acceptent le mien et comme j'aimerais que tout le monde l'accepte. Etre radical n'est jamais très bon pour la cause que tu défends..."

oui, tu sais, ce qui est être radicale à un moment donné de l'histoire ça sera être conventionnelle quelques années plups tard.... radicale est bien un de ces mots très, très relatifs... ;)

Écrit par : gromit | 25 mai 2006

comme je te comprends! le problème, c'est que les animaux sont encore et toujours considérés comme des objets et non des sujets (sujets de leur vie)...

Écrit par : ariane | 26 mai 2006

Les commentaires sont fermés.