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16 décembre 2006

Noël, vous l'aimez avec ou sans sang?

medium_dessin_loen.jpgComme cadeau de Noël, j'ai demandé à ma famille... un repas de Noël vegan ! pour que tout le monde soit à la fête, et que ce soit une vraie fête, sans animal tué ; une fête du partage entre humain-e-s et animaux. C'est la seule chose que je demandais mais j'y tenais de tout mon coeur. Pour ne pas laisser ma famille démunie face à une demande si extravagante, je proposais bien sûr de préparer tout le repas (genre seitan mariné cuit au four avec des marrons, des petits légumes, j'avais même trouvé une recette de bûche de Noël végane !) Ils n'avaient plus qu'à mettre les pieds sous la table, quand même pas mal non ? Bien sûr, ma demande impliquait aussi que personne n'amène de la viande ou du poisson.
Noël n'est pas encore là et pourtant j'écris au passé - parce que ce cadeau m'a été refusé. Pourtant, il y a deux ans l'idée était bien passée (pendant des heures j'avais préparé un repas qui avait régalé tout le monde !). Alors ? Deux Noëls vegans en trois ans ça fait trop, même si ça se passe bien et qu'on se régale ? Ou bien je me suis trompée et il y a deux ans ce n'était pas si terrible que ça (mais on m'avait bien laissé croire le contraire alors) ? Peut-être... medium_foie_gras.jpg Mais surtout, on m'a expliqué : pas question que ça devienne une habitude familiale de ne plus manger de viande en ta présence. Finies, les excentricités, les mauvaises habitudes ! Rappel à l'ordre, donc. Je me sens un peu comme une enfant  dont il ne faut pas céder aux caprices - sauf que ce n'est absolument pas un caprice et en plus que j'ai quitté le domicile familial depuis plus de vingt ans et que j'y repasse très rarement. Tellement rarement que finalement ça faisait à peine deux semaines par an où la famille mangeait pas ou bien moins de viande, en tout cas il est vrai presque jamais en ma présence, je leur en suis reconnaissante - ça fait toujours ça d'animaux tués en moins. J'avoue que j'ai eu la faiblesse de m'y habituer. Rappel à l'ordre : ma fille, pas question que tu fasses la loi dans la famille. A Noël, on mange de la viande, sinon ce n'est pas une vraie fête, m'a-t-on dit.
Comme je suis parfois un peu emportée et que j'ai tendance à être émotionnelle sur ce sujet en particulier, j'ai déclaré que si il y avait de la viande au repas de Noël, je ne viendrais pas ! La réponse a été claire : alors il vaut mieux que tu ne viennes pas.
Que faire ? Comme toujours et comme dans bien des familles, le vrai dialogue n'a jamais été à l'honneur chez nous. On n'échange pas mais on impose son point de vue, surtout quand on est le père. Ca a été dit, rien à discuter : de la viande il y aura, point. Pas de blah-blah, pas de cadeau repas de Noël sans viande qui tienne - d'ailleurs, pas terrible comme cadeau, a-t-on estimé à ma place. C'est vrai que c'est tellement plus sympa d'offrir des BD ou n 'importe quel truc acheté, même cher (fabriqué en Chine bien sûr) ! Pas de remise en question, pas de sacrifice, pas de renoncement, pas à réfléchir, il suffit de faire comme tout le monde de foncer dans un magasin d'ouvrir son porte-monnaie d'allonger les billets et un paquet cadeau s'il-vous-plaît-merci- au-revoir-et-joyeux-Noël. On m'a patiemment expliqué qu'on respectait mon point de vue mais je devais aussi respecter le leur. Mais respecter quoi ? Le meurtre inutile des animaux ? Non, je n'ai aucune envie de respecter cela ! Quoi, mais nos belles traditions ? Nos cultures, nos habitudes, nos petits plaisirs, le foie gras et le saumon fumé ? Je suis désolée, mais du point de vue des animaux il n'y a aucune justification à tout cela. Est-il juste de défendre certaines traditions néfastes ?
Oui, ma famille respecte mes choix, mais ne comprend rien à mes motivations - et n'a surtout vraiment jamais voulu les connaître ! Qu'on respecte mon végétalisme, quelle importance ? C'est arrêter de manger les animaux qui compte ! Et lorsque je les entends dire en toute bonne conscience que les animaux, il ne faut pas leur faire de mal, j'ai juste envie de hurler...
Mais je n'ai pas pour autant l'envie de m'embrouiller avec ma famille. D'abord, je n'aime pas les conflits, ensuite ça ne sauverait aucun animal car ils en mangeraient toujours autant, voire ça leur donnerait une image négative du végétalisme, ce que j'ai quand même réussi à plus ou moins éviter jusqu'à aujourd'hui. Donc j'ai fait marche arrière. Je me suis désolidarisée des animaux. J'ai menti. J'ai dit que si je ne venais pas, ça n'aurait rien à voir avec l'histoire du repas, viande ou pas viande, que se serait parce que j'aurai trop de boulot. Parce que les trains seront complets. Parce que n'importe quoi d'autre. Et ça les a rassurés et ils se sont lâchés. Ma soeur m'a avoué qu'elle avait été inquiète de voir que je devenais extrémiste, fanatique, elle a même pensé que j'étais tombée dans une secte. J'ai écouté sans rien dire, juste des larmes dans mon coeur. Ma famille est très conventionnelle, ne m'a jamais écoutée ni comprise - et ce n'est à Noël que ça va changer...
Et je n'irai pas dans ma famille pour les fêtes de Noël. Trop de boulot. Les trains affichent complet. Ils mangeront de la dinde sans moi. Et surtout, je n'aurais pas à entendre leurs blagues - ha, quelle peur je leur ai fait, leur laisser croire que j'étais si fanatique que je ne viendrais pas si il y avait de la viande sur la table ! Mais voyons, je plaisantais, c'était pour du faux ! Comme tous les animaux qui sont saignés pour les fêtes, sans doute.

09 décembre 2006

Helmut F. Kaplan

medium_helmut_f._Kaplan.jpgVoilà un nom à retenir, quelqu'un qui a l'air bien intéressant : Helmut F. Kaplan est philosophe, auteur et enseignant à l'Université de Salzburg, et est porte-parole des animaux ! Et en plus, il ne mâche pas ses mots. Ainsi, dans le dernier numéro d'Alliance Végétarienne (le numéro 86), j'ai découvert ses écrits :
Il n'y a rien de plus abject que d'ordinaires consommateurs de viande qui sortent de la salle de concert pour aller au restaurant. Ils se font passer pour des gens cultivés et, l'instant d'après, ils engloutissent des cadavres d'animaux massacrés. Ils affectent d'être des gens bien, ils simulents des moeurs raffinés quand, en réalité, ils sont soumis à l'égoïsme le plus monstrueux et le plus honteux.
Ce qui s'avère tout à fait exact du point de vue des animaux ; mais qui veut penser à ce que vivent les animaux ?
medium_helmut_F._Kaplan_livre.jpg Une petite recherche sur google m'a permis de lire sa "lettre ouverte à toutes les organisations de protection/libération animale", dans laquelle il prône l'installation de systèmes de vidéo-surveillance dans les abattoirs : il s'agirait d'abord de forcer les abattoirs à respecter les termes juridiques quant à l'abattage des animaux, et ensuite peut-être la révélation à travers cette campagne des cruautés illégales dans les abattoirs amèneront aussi les hommes à remettre en question les cruautés que la loi permet. Il a raison, car prendre conscience de ce que manger de la viande implique (les élevages et les abattoirs) fait souvent réfléchir. J'ai recontré plusieurs personnes qui sont devenues végétariennes (et le sont restées) après avoir vu le documentaire de Brigitte Bardot sur les dessous de la viande (on pense ce qu'on veut de BB, cette série télévisée diffusée dans les années 80 était bien intéressante !).
Il a écrit plusieurs livres pour son combat pour les animaux, mais je n'ai pas trouvé de traductions françaises. Si vous avez des pistes... Helmut F. Kaplan a un site, mais il est en allemand (comme ses livres !) - si vous lisez l'allemand, n'hésitez pas !