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18 octobre 2008

(ne mangez) même pas les zébus

zebu oeil.jpgUne des multiples formes de violences quotidiennes que je dois affronter, c'est d'entendre mes collègues de travail parler des animaux qu'ils et elles mangent. La semaine dernière, j'étais tranquillement en train de bosser, lorsque deux femmes dans la pièce ont commencé à parler de leurs dernières vacances estivales. L'une revenant de plusieurs semaines au Mali, et l'autre ayant vécu plusieurs années en Afrique Noire, les échanges furent nombreux et intéressants. Révélateurs aussi, lorsque l'une d'elle (appelons-la Nath) a demandé à l'autre (par exemple Nadia) si elle avait mangé du zébu. Du zébu ? Incrédule, et connaissant fort peu de choses à l'Afrique, j'ai été naïvement tout étonnée d'apprendre que, donc, les zébus aussi passent à la casserole. Et Nadia de répondre : "Ho oui, plein ! Surtout en brochettes, je m'en suis goinfrée !". Ambiance complice autour du sang versé. J'ai jugé préférable de quitter la pièce pour retrouver une forme d'équilibre mental.
Mais c'est quoi, ces gens qui appréhendent le monde avec leur estomac ?
Que connaissent-elles des zébus ? Des zébus en général, et de ceux en particulier qui ont été tués pour qu'elles les mangent ?
Les zébus sont, à mes yeux, parmis les plus beaux animaux qui soient. Après m'être renseignée, j'ai vu que les vaches indiennes sont en réalité des zébus (à ne pas confondre avec les magnifiques buffles). Ce sont des être fascinants et très doux. Qui finissent donc en brochettes. C'est abject... Non, je ne veux pas savoir de quels animaux ma collègue - fort sympathique par ailleurs - s'est empiffrée lors de son périple malien. Zébus, moutons, poulets... "viande de brousse" (entendez par là les animaux sauvages de la brousse : antilopes, serpents, singes divers, etc), c'est toujours du sang qui coule, de la peur qui s'affiche, une vie qui est volée.
L'an dernier, juste après Pâques, j'avais pareillement eu à subir les vantardises meurtrières de Nath, lorsqu'elle avait expliqué, encore toute excitée, à une autre collègue avoir inauguré un nouveau plat à l'occasion de la fête : du chevreau. Manger du bébé pour Pâques, voilà une super idée ! Toutes mes félicitations. Après le coup du chevreau, je n'avais pas pu m'empêcher de lui tirer froidement la gueule quelque temps, parce que la mort du petit ne passait pas. Je sais que ce n'est pas une bonne attitude, mais que voulez-vous...
Mon problème, ce qui me pèse à moi sur l'estomac et le coeur, c'est pas la viande de zébu ou de chevreau, c'est que toutes ces collègues, charmantes et bien éduquées, savent que je suis végane pour les animaux. Nath a même rarement manqué une occasion de dire qu'elle trouvait intéressant, voire "bien" de ne pas manger de viande. D'ailleurs, elle-même "en mange peu" (c'est cela). Comme au début je voulais croire sincère son hypocrisie, je lui avais même prêté un livre tout simple et positif sur le végétarisme, 101 questions-réponses sur le végétarisme, eds La Plage. Elle me l'a rendu en m'assurant l'avoir trouvé vraiment intéressant. D'où le coup du chevreau et de la viande de zébu, j'imagine. J'ai souvent parlé du végétarisme avec Nath, mais je sais que je ne peux pas dépasser certaines limites sous peine d'embrouilles grave. Les limites, ce serait par exemple lui faire remarquer qu'elle a été non seulement complice du meurtre d'un bébé chèvre, mais qu'en plus elle en est contente.
Ha, Nath, Nadia et toutes celles et ceux qui mangent du cadavre, quand donc connaîtrez-vous les animaux autrement qu'avec votre gourmandise ?...

PS: un point positif pour moi quand même : ça me fait du bien de raconter ces bad experiences ici ! Et peut-être que ça fera réfléchir quelque personne qui mangerait encore des animaux...

image: oeil de zébu, trouvé sur ce site.

Commentaires

Autrement dit, comment supporter l'insupportable ?
Je n'aimerais pas être dans ta situation, supporter cet étalage de goinfrerie criminelle, c'est assez insoutenable dès lors qu'on se représente un animal sensible là où les autres ne voient qu'un objet ou un ingrédient culinaire.
Je pense que c'est désespéré de débattre avec un estomac qui ne prend que du plaisir là où il pourrait se tordre de douleur.
Inutile d'essayer de convertir un estomac qui n'a que la moitié de la sensibilité. C'est du gaspillage d'énergie malheureusement.

Écrit par : Craterion | 27 octobre 2008

Ma pauvre.





A retenir:"Mais c'est quoi, ces gens qui appréhendent le monde avec leur estomac ?"

Écrit par : Vitali | 12 octobre 2012

Les commentaires sont fermés.