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21 novembre 2009

Mystère et boule de gomme

Quand j'étais au Portugal, cet été, je passais presque tous les jours devant une sorte de pâtisserie-traiteur. Cette boutique disposait d'une petite terrasse, où les gens pouvaient boire un café en mangeant quelque viennoiserie, et il y avait aussi un écran télé (plat et HD) où le même film passait en boucle, du matin jusqu'au soir, jour après jour.

Ça commençait par l'histoire de jolis petits cochons noirs (les cochons portugais sont traditionnellement noirs) qui vivaient en pleins champs. On les voyait donc s'ébattre sous des étendues boisées de beaux chênes, dans la brume matinale, de belles images paisibles. Une carte nous montrait où vivaient ces cochons heureux.
Et puis ça enchaînait avec des carcasses de cochons suspendues par les pattes arrières, toutes propres, roses et déjà vidées. Comme ça, paf, d'un coup on passait du cochon trottinant dans son pré au même cochon mort, sans entrailles, prêt à être découpé en morceaux. Total mystère entre les deux prises de vues.
Comment une telle transformation était-elle possible? Confusément, les gens un peu avertis devaient bien percevoir qu'il manquait quelque chose, là, on passe pas comme ça d'un animal vivant à un cadavre écorché. Ce quelque chose, réfléchissons, l'abattoir peut-être? abattoir cochon.jpg

Rendue totalement invisible, cette séquence manquante entre deux prises de vues tranquillement posées (l'une sur du vivant, la seconde sur du mort), était sans doute elle aussi tranquille. Les cris, la peur, le sang, ça fait désordre: tout ce cauchemar est tellement plus simple à esquiver, et inconsciemment on mettra à la place du savoir-faire, de la propreté, éventuellement quelque bruissement discret. Mais la plupart des gens ne mettaient sans doute simplement rien du tout - on ne va pas commencer à réfléchir sur la mise à mort des bêtes.
Le film continuait alors par le savant dépeçage d'une cuisse de cochon, geste après geste un homme expert maniant un grand couteau bien tranchant ôtait le gras jusqu'aux muscles. Ensuite, les cuisses roses étaient soigneusement empilées dans un énorme hangar plein de gigantesques tas de cuisses, que des costauds recouvraient largement de gros sel, à la pelle - geste encore souligné par un beau ralenti. Du sel plein les cadavres. Un hangar plein de bouts de cadavres. Indifférence totale des consommateurs, tandis que je m'interrogeais: combien de milliers de cochons pour obtenir une telle quantité? Écœurement, sentiment d'impuissance et non pas d'indifférence (nuance). D'un geste lent et sûr, un employé ferme la porte du hangar, plongeant dans le noir téléspectateur et milliers de cuisses salées. Et à chaque fois dans mon esprit se superposaient les images de monceaux de cheveux, de lunettes, de vêtements, mis de côtés par les nazis dans les camps de la mort.
jambon_d_auvergne_140.jpgPuis un petite phrase, j'ai un peu oublié mais c'était quelque chose comme : "Tout vient à point à qui sait attendre." Le hangar s'ouvre à nouveau et, magique alchimie, les bouts de cadavres qui devraient être puants, verdâtres et grouillants de vers, sont mangeables par l'humain! Et, encore plus miraculeux, voilà que des humains qui se pensent civilisés salivent devant des morceaux de cadavres, des parties de corps arrachées où sont encore visibles os, peau, tendons, etc.
On pourrait appeler cete petite vidéo de propagande spéciste : "La mystérieuse transformation des cochons"...
Et un autre point fort de ce film est de largement contribuer à entretenir le mythe des animaux d'élevage libres, alors que c'est juste un nombre totalement insignifiant de cochons qui ne souffre pas le martyr en élevage industriel.

o ciclo do leite.jpgPeu de temps après, je trouvais une autre merveille de la propagande spéciste : un livre pour enfants sur le cicle du lait (Ciclo do leite). Celui-ci, on pourrait le renommer : "La mystérieuse disparition des veaux". Parce que dans ce petit livre, aucune allusion aux veaux, juste de braves vavaches ravies de donner leur lait aux humains, sans doute qu'elles en ont trop, comme ça!
Pas d'insémination forcée, par de veaux arrachés à leur mère quelques heures après leur naissance, pas de vaches complètement affolées et angoissées par la disparition de leur bébé, pas de vaches traitées comme de simples pompes à lait et abattues dès que leur production baisse. Non, dans ce merveilleux conte pour enfants, il n'y a que de belles vaches souriantes contentes, des petits enfants émerveillés et quelques adultes bienveillants. C'est si simple.
On va quand même pas commencer à leur expliquer le vrai cycle du lait: il y a toutes les chances qu'ensuite les enfants ne voudraient plus en boire. Parce que la vie d'une vache laitière, c'est pas joli joli.
lait vache.jpg

19 novembre 2009

Le fond de l'horreur?

Aujourd'hui, je tombe sur une petite vidéo. Atroce, totale cruauté, est-ce que ça y est, on atteint le fond de l'horreur?
En Chine, des restaurants servent des poissons à moitié cuits, à moitié vivants.
C'est absolument atroce. Les Chinois sont décidemment des barbares! Alors qu'en France, en Europe, n'est-ce pas... nous sommes des gens ci-vi-li-sés! Tenez, par exemple, les homards ébouillantés vivants par millions, les grenouilles aux cuisses arrachées alors qu'elles sont vivantes, c'est bien plus propre ! Tiens, tout ça me rappelle un article paru il y a quelques années, dans Courrier international :

homard-bleu.jpgLes homards peuvent vivre plus d'un siècle et ont une vie sociale complexe. Leur système nerveux sophistiqué les rend sensibles à la douleur : les nœuds neuraux sont dispersés sur tout le corps et ne sont pas centralisés dans le cerveau, ce qui signifie qu'ils sont condamnés à souffrir jusqu'à ce que leur système nerveux soit complètement détruit. Séparer la moelle épinière et le cerveau en coupant l'animal en deux fait même sentir la douleur à chacune des parties encore vivante ! De plus, le homard ne dispose pas du mécanisme dont disposent par contre les humains (entre autres), qui fait qu'en cas de douleur extrême, le choc intervient pour court-circuiter la sensation. Or, d'après le Dr Robb, de l'Université de Bristol, un homard plongé directement dans l'eau bouillante reste vivant quelques quarante secondes - quarante secondes de souffrance. Placé dans de l'eau froide portée à ébullition, il peut survivre pendant cinq minutes. Tué par la méthode industrielle qui consiste à l'immerger tout simplement dans de l'eau douce [les homards vivent dans l’eau salée], il agonise pendant deux heures... De leur capture jusqu'à la fin de leurs misères, ils doivent aussi endurer une privation quasi totale de mouvements pendant des semaines dans de minuscules cages métalliques dans les entrepots, dans les aéroports, puis dans les chambres frigorifiques, puis dans les aquariums, les grands magasins et les restaurants. Par facilité, mais aussi pour éviter qu'ils ne salissent leur cage de leurs déjections, on les laisse jeûner pendant tout ce temps ; pour cette raison, de crainte que, affamés, ils ne s'en prennent les uns aux autres, on les laisse tout ce temps avec les pinces liées avec un ruban adhésif. Plus de 80 millions de homards vivent ce calvaire chaque année de par le monde. (infos Gaïa, et S. O'Neil, Courrier international, n°474, déc. 1999, et C. Gericke, Tierrechte n°22, nov. 2002)

D'ailleurs, c'est en voyant des homards vivants enfermés dans des boîtes en plastique, au rayon frais d'un supermarché, à l'époque de Noël, que j'ai la première fois de ma vie pris conscience que quelque chose n'allait pas dans la façon dont les humains traitent les animaux. J'avais moins de dix ans, mais je me souviens parfaitement de la violence que j'ai alors ressentie.
Cependant, les homards, quand ils arrivent sur la table, sont morts. Tenue à distance, la mise à mort semble ne pas concerner le brave consommateur, qui s'en tire facilement par quelque vaseux argument de mauvaise foi, banal à pleurer (genre : "De toutes façons, on l'aurait tué", etc.)
foie gras.jpgMais ces gens, qui mangent des poissons suffoquants, ils les voient agoniser. Ceci dit, il parait qu'en Chine et en Corée, un autre met est la cervelle de singe vivant. Il paraît aussi qu'en France, on consomme même des d'oiseaux torturés pendant des semaines: ils sont totalement immobilisés dans des cages sales et minuscules (ils ne peuvent même pas étirer une aile, ni se retourner, ni nettoyer leur plumes), et plusieurs fois par jour, pendant tout ce temps, on les force à avaler brutalement, en quelques secondes, des quantités effroyables de nourriture grasse et immode. Puis, vite vite avant qu'ils ne meurent d'etouffement ou de stress (enfin, on essaie mais il y en a plein qui en meurent quand même), on les pend la tête en bas et avec un  couteau on leur tranche la gorge. Il paraît que c'est surtout leur foie que les gens s'arrachent, et c'est un met qui est particulièrement recherché à Noël (cette période de l'année dont la légende dit que c'est un moment privilégié pour l'amour).
Finalement, le comble de l'horreur se trouve aussi à l'épicerie, au traiteur en bas de chez nous, au restaurant au coin de la rue, et parfois jusque dans nos frigos... Et je ne parle même pas des laboratoires qui dissèquent et tuent à petit feu des millions d'animaux, la plupart du temps même pas "au nom de la science" (lol), mais bel et bien pour tester des cosmétiques (on en manque, c'est sûr), des nettoyants ménagers, des solvants, etc., et surtout faire du fric.
Les humains, quelque soit l'endroit où ils vivent, sont tous gagnants dans le grand concours de cruauté envers les animaux. Enfin, presque tous : les végans sont les grands perdants (les végétariens sont moins perdants, mais pas les grands gagnants non plus, même si la séparation forcée des bébés et des mères allaitantes n'est pas triste non plus, le broyage des poussins pour la production d'oeufs c'est assez bon aussi).
Quoi qu'il en soit, pour chaque carpe brûlée/dévorée vivante, pour chaque homard ébouillanté vivant, pour chaque poussin broyé, pour chaque canard gavé, pour chaque truie immobilisée, pour chaque lapin aux yeux brûlés, c'est le fond de l'horreur.
A chaque fois, pour chaque animal souffrant, un nombre infini de fois.

07 novembre 2009

La photo du jour

- TÊTES DE VACHES -

Des fermiers hongrois ont déposé des têtes de vache devant
le ministère de l'Agriculture, ce jeudi à Budapest.
Ils protestent contre la baisse des prix de leur production.
(photo : Libération)

hongrie.jpg

" Pendant qu'au loin le bourreau tranche
Horreur travestie en banal
Vous reprendrez bien une tranche
De ce qui fut un animal."


Le Jour se lève, Tribunal Animal.