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04 octobre 2010

La guerre est déclarée

Ils agissent le plus souvent en bandes organisées et selon des plans stratégiques.  Ils sont armés. Leur objectif : tuer. Leurs armes sont sophistiquées. Ils sont équipés pour se déplacer rapidement sur tous terrains grâce à leurs grosses bagnoles qui puent et qui polluent. Ils sont assistés des meilleures technologies : GPS, téléphones portables, jumelles, voire lunettes infrarouges. Ils ont des vêtements confortables et camouflés qui les dissimulent aux regards et les abritent du froid, du vent et de la pluie. Parfois, ils se planquent dans des caches soigneusement préparées. Au petit matin, ils boivent du café brûlant et de la gnôle. Ils sont endurants à l'attente et impatients de tuer.

chasse.jpgLeur victimes sont exposées aux intempéries. Si elles ont un abri, elles en sont violemment délogées. En hiver, elles sont affamées et affaiblies - d'autant plus faciles à tuer. Certaines ont grandi au contact des tueurs et ne s'en méfient pas, elles paieront leur confiance de leur vie. D'autres reviennent de très longs voyages, elles ont fait des milliers de kilomètres, ont traversé des mers et des déserts, mais des balles les abattront avant qu'elles aient pu seulement se reposer. Elles ne disposent d'aucune technologie, n'ont aucun moyen de fuir plus vite que leur anatomie le leur permet. Elles n'ont aucun moyen de se défendre ; elles ne peuvent que fuir. Certaines fuient jusqu'à en mourir d'épuisement. Moins intelligentes que leurs bourreaux, elles souffrent néanmoins le martyr. Des mois d'affilé, elles vivent dans la terreur d'être trouvées et abattues. Chaque mouvement peut les trahir et les faire mourir. Rien qu'en France, des millions sont conscienceusement tuées, souvent après une longue et douloureuse agonie.
Mais les tueurs aiment le goût du sang (et souvent celui de l'alcool, qui augmente le courage d'assassiner des êtres faibles et sans défense). La guerre est déclarée, ils vont pouvoir se régaler.
La brutalité, la violence et la barbarie sont de nouveau à l'ordre du jour, cautionnées par une société qui n'en semble jamais rassasiée. Comme toutes les guerres, celle-ci est officiellement validée, approuvée et sacralisée. Les troupes de tueurs sont parfois bénites, comme le furent les garnisons nazies autrefois. Les corps des victimes sont alignés et comptés : plus on tue, plus on est admiré par ses compatriotes. Les corps des victimes sont exposés, déchiquetés, transpercés, dépecés. Des tripes sont répandues par terre, des yeux se révulsent, des râles n'en finissent pas. Le sang qui coule fait saliver et baver. On s'en délecte. On s'exite. On se congratule. Le monde est à eux,  qui ont le droit de vie et de mort absolu sur tant d'individus. Trop de bonheur. Ils choisissent la mort.
Leurs coups de fusils me vrillent les tympans et transpercent des crânes. Ils me crispent tandis que leurs victimes agonisent dans des spasmes.
Pour justifier pareil carnage, insensé, ils avancent des chiffres et retranchent des vies. La guerre est déclarée, la guerre a commencé, une guerre qui, finalement, ne s'est jamais arrêtée. Une guerre honteuse et lamentable comme toutes les autres ; justifiable uniquement par l'arrogance, la connerie et le profit.

chasse 1.jpg
Ils se trouvent excellents, ils seraient simplement pitoyables s'ils n'étaient des assassins.

Commentaires

transmis au RAC (au cas où il n'aurait pas vu/lu) ;-)

Écrit par : seb | 13 octobre 2010

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