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23 décembre 2009

À qui profite les bons citoyens viandards

Un petit coup d’œil sur l’actualité est souvent très instructif. Par exemple, ce matin*, le titre de l’article en ligne sur le site de Le Monde, « Bœuf durable ou bœuf émissaire ? » a forcément attiré mon attention. Et je ne regrette pas d’avoir pris le temps de lire ce passionnant texte de Denis Sibille.

Après quelques mornes lignes portant en vrac sur l’environnement, le sommet de Copenhague, l’accroissement de la démographie humaine et autres tracas, on entre enfin dans le vif du sujet : l’agriculture française, la consommation de viande, et les méchants qui s’y attaquent :

« On est loin de nos campagnes… Que pourtant certains veulent caricaturer, provoquant ainsi des campagnes médiatiques qui finissent par faire de la filière bovine un bouc émissaire, transformé pour l'occasion en "bœuf émissaire". » Ha ! Douce évocation de « nos campagnes » : vaches folâtrant paisiblement dans de verdoyantes prairies, bergers gardant tendrement leurs Pâquerettes et autres brebis... Les désormais très citadins Français sont néanmoins, on le sait, très attachés aux bucoliques images campagnardes, vestiges ancestraux, et entretenues avec soin par les industriels de la viande, des produits laitiers et des œufs. Il suffit de regarder la plupart des emballages de produits et sous-produits animaux pour s’en convaincre. Et « certains veulent caricaturer » ces chères évocations ? Caricaturer, souiller de leurs critiques acerbes « nos campagnes » si belles, si douces, si françaises ? Je dis bien industriels, puisque nos riantes campagnes sont parsemées de quelques centaines de milliers d’élevages concentrationnaires : bâtiments de béton, de fer et de barbelés, bâtis aux creux de riants vallons que les millions d’animaux vivant hors-sol jamais ne fouleront. N’imagineront même pas.
Mais revenons à nos bœufs : l’auteur nous donne ensuite gracieusement quelques chiffres sur l’impact de l’élevage dans les émissions de gaz à effet de serre : « transport (27 %), industrie (21 %), logement (20 %), agriculture (19 %) et énergie (13 %) » et précise que « en agriculture, l'élevage des ruminants serait responsable d'environ 50 % des émissions de gaz à effet de serre ; principalement à cause du méthane, gaz qui est naturellement émis lors de la digestion des fourrages par les animaux. » Ce n’est pas dans le vent que Denis Sibille nous indique que les vaches produisent « naturellement » ces gaz malfaisants : la magie du « naturel » n’a jamais été aussi puissante que de nos jours, et savoir que les vaches produisent naturellement du méthane amoindrit notablement ce fait. Ha bon, c’est naturel ? Le gaz à effet de serre émis naturellement par une vache peut-il alors être aussi néfaste que celui, par exemple, de nos bagnoles ? Le doute s’immisce ; c’est peu crédible, une bonne vavache naturelle ne peut pas être aussi nuisible qu’une sale auto ! Ça se saurait (justement, ça commence à se savoir, mais poursuivons).

viandeFR.jpg

Tout de suite après, l’auteur enfonce le clou : « C’est ainsi depuis la nuit des temps. » Ouf, nous voici alors rassurés ! Alors d’accord, les vaches émettent force de gaz à effet de serre en rotant (et non pas en pétant, comme on le croit souvent) mais, primo, c’est naturel (donc ça ne peut pas être aussi nocif que ça, n’est-ce pas), et deuxio il en a toujours été ainsi (ce qui veut aussi dire que ce n’est pas si méchant que ça en a l’air, la preuve, d’ailleurs, on est toujours là !). En quelque sorte, bien sûr les vaches polluent, mais c’est une bonne pollution naturelle et traditionnelle : que du bon, on vous dit !
L’auteur poursuit en nous indiquant que : « Encore faut-il soustraire le stockage de CO2 dans le sol des prairies permanentes (11 millions d'hectares en France), qui réduit de 75 % les émissions de méthane attribuées aux ruminants, ce que semblent avoir oublié certains scientifiques. » Ces données me laissent perplexe, parce qu’on ignore si le taux de gaz émis par les vaches est comptabilisé avant ou après absorption par les riantes prairies. Est-ce que les scientifiques « oublient » vraiment de réduire de 75% l’émission des vaches en méthane ? Si c’est le cas, pourquoi est-ce que personne n’en a jamais parlé auparavant (à ma connaissance) ? On aimerait en savoir plus sur ces données : 11 millions d’hectares herbées en France, c’est beaucoup, ça en jette, mais combien de millions de bovins hors-sol ? Et quiz du mystérieux calcul qui nous dit que 75% du méthane est gobé par l’herbe affamée ? Si quelqu’un a des infos c’est le bienvenu (merci de citer des sources contrairement à Denis Sibille qui n’en donne aucune) !
Juste après, je lis : « il convient de ne pas tout imputer à la production de viande et de répartir le CO2 à proportion entre viande et lait, qui sont souvent issus de la même vache. » Donnée primordiale, essentielle même, bien plus importante sans doute que de savoir combien de millions de vaches vivent dans les élevages français. C’est donc bien vu, puisque même si des bovins sont élevés uniquement pour leur viande (les Charolais, par exemple), les vaches laitières finissent aussi en steak : afin de réduire efficacement l’émission de gaz à effet de serre, il convient donc logiquement de ne plus consommer ni viande ni laitages. Bien vu, Denis !
Mais oups, je n’avais pas vu la suite : « Les Français consomment en moyenne 373 g par semaine de viandes de boucherie (bœuf, veau, agneau, porc frais, viande chevaline) : inutile donc de proposer, comme certains récemment, une journée sans viande, car avec ces chiffres de consommation, on est déjà à trois journées par semaine sans viande de boucherie au menu… » Trois journées par semaine sans viande de boucherie... ça sonne presque comme « trois jours par semaine sans viande », non ? Puisque l’auteur se focalise, à coup de calculs mystérieux, sur les émissions de méthane, inutile en effet pour lui de comptabiliser la consommation de poulets, dindes, cailles, lapins, poissons, grenouilles, ni même la viande de « porc sec » (jambon, saucisson... ) n’est pas incluse dans les « viandes de boucherie ». La viande, la vraie, c’est la viande rouge, les autres ce sont presque des légumes. On sème les poulets, et les poissons poussent sur les arbres, c’est bien connu. Le gibier (une viande pourtant « rouge ») ne compte pas non plus, mais ça ne fait rien, on ne va pas chipoter. 373 grammes de viande rouge par semaine, ça en impose de précision. Ils ont dû se torturer les méninges pendant des jours pour calculer ça – ou bien mettre plein de chiffres sur des bouts de papier dans un grand chapeau... Donc puisque les Français consomment aussi ridiculement peu de viande, on ne va quand même pas leur demander de faire « un jour sans viande » ! Ce serait du plus parfait ridicule, regardez, ils en sont à presque déjà trois jours sans (sans vraie viande) !

« Les éleveurs et la filière entendent prendre la parole eux aussi pour éviter les amalgames et corriger les excès. Ils sont convaincus de l'intérêt de la production bovine, que ce soit en termes de nutrition, de santé, d'écologie, de territoire et d'économie. » On n’en doute pas une seconde, qu’ils en soient persuadés, les braves éleveurs ! Tout comme Denis Sibille, et qu’il soit lui-même éleveur, président de l'interprofession bovine, ovine, équine, ne change bien sûr rien à son impartialité qui, tout au long de son article, ne fait pas l’ombre d’un doute. Non, non, non, il n’a aucun intérêt à nous convaincre du bien-fondé de la consommation de viande rouge. Il ne pense qu’à l’environnement et à notre santé. Brave homme, si c’est pas beau, ça ! Un tel désintéressement ! Et s’il ne dit pas un mot sur le fait que les millions de bovins, ovins, caprins, et autres animaux destinés à l’abattoir sont nourris de maïs et de soja importés presque entièrement d’Amérique latine (et dont la monoculture participe directement et dramatiquement à la déforestation de la forêt amazonienne) ou de Chine, c’est sans doute parce que c’est une donnée négligeable. Au niveau environnemental, par exemple, quelle importance que la forêt amazonienne soit rasée pour faire pousser du soja, qui servira exclusivement à nourrir nos animaux d’élevage ? Il a raison d’écrire que « c'est le devoir de tous de contribuer à trouver des solutions à l'énorme défi environnemental ; elles ne sont jamais simples et sectaires, elles sont toujours complexes et donc peu médiatisables dans une société réductrice et sourde aux nuances. » Voilà, la déforestation des forêts tropicales pour nourrir nos vaches est juste trop simpliste, ne nous y attardons pas. Que ces milliards de tonnes de soja, de maïs, pourraient servir à nourrir directement environ sept fois plus d’humains que ne le peut la viande provenant des animaux ayant mangé ce soja et ce maïs est bien trop sectaire, mieux vaut ne pas en parler. Car comme il le dit, et si objectivement que c’en est touchant :

« Ce n'est pas l'affrontement des cupidités et des idéologies, des paraîtres, des clichés et de l'argent qui fera gagner l'humanité, c'est une véritable prise de conscience des enjeux et une politique du raisonnable qui le fera. Notre modèle de production de viande bovine est un excellent projet territorial et environnemental, culturel, économique et social ; c'est un projet citoyen où la filière s'engage sur la voie du bœuf durable. » Aux oubliettes le soja amazonien, la famine dans le monde, et puis tant qu’on y est, à la poubelle aussi toutes les pollutions liées à la production de produits animaux ! Suivons les conseils de Denis Sibille, soyons de bons citoyen : augmentons notre consommation de viande rouge ! Ça fera tellement de bien, il le promet, à notre santé, à la Terre et à ses forêts, aux affamés de par le monde, aux animaux aussi pendant qu’on y est (et au passage à la fiche de paie de Denis Sibille, mais il est trop humble pour en parler), qu’il serait  vraiment dommage de s’en priver ! Pourquoi ne le préconise-t-il pas ? Pourquoi se contenter de nos timides 373grs de viande rouge par semaine ?
Si c’est si bon, faisons exploser la demande ! Consommons un max de ce très très mystérieux « bœuf durable » et faisons de la terre un gigantesque abattoir, couvrons nos campagnes d’élevages hors-sol et d’algues vertes bien épaisses et gluantes les dernières plages bretonnes encore indemnes, martyrisons et égorgeons encore plus d’animaux, buvons toujours plus de viande et de sang frais (le sec, on vous le rappelle, ne compte pas), ayons tous des infarctus, des cancers ou au moins du cholestérol, finissons-en avec toutes ces forêts tropicales bien peu rentables, et remplaçons les par d’immenses monocultures de soja et de maïs qui oeuvreront à notre si remarquable « modèle de production de viande bovine est un excellent projet territorial et environnemental, culturel, économique et social ».

Et nous ne pouvons qu'admirer sa grandeur d’âme, lui qui écrit : « C'est le droit de chacun d'être végétarien, éleveur, welfariste, écologiste… » même s’il nous explique patiemment comment manger de la vraie viande (fraîche, attention) est quand même mieux, à tous points de vue. Donc, mieux vaut quand même être viandard que veg, le top du top étant éleveur, donc bienfaiteur, non ?
Merci, Denis Sibille, d’un si beau projet citoyen.

* éditions de LEMONDE.FR | 22.12.09 | 17h13

21 novembre 2009

Mystère et boule de gomme

Quand j'étais au Portugal, cet été, je passais presque tous les jours devant une sorte de pâtisserie-traiteur. Cette boutique disposait d'une petite terrasse, où les gens pouvaient boire un café en mangeant quelque viennoiserie, et il y avait aussi un écran télé (plat et HD) où le même film passait en boucle, du matin jusqu'au soir, jour après jour.

Ça commençait par l'histoire de jolis petits cochons noirs (les cochons portugais sont traditionnellement noirs) qui vivaient en pleins champs. On les voyait donc s'ébattre sous des étendues boisées de beaux chênes, dans la brume matinale, de belles images paisibles. Une carte nous montrait où vivaient ces cochons heureux.
Et puis ça enchaînait avec des carcasses de cochons suspendues par les pattes arrières, toutes propres, roses et déjà vidées. Comme ça, paf, d'un coup on passait du cochon trottinant dans son pré au même cochon mort, sans entrailles, prêt à être découpé en morceaux. Total mystère entre les deux prises de vues.
Comment une telle transformation était-elle possible? Confusément, les gens un peu avertis devaient bien percevoir qu'il manquait quelque chose, là, on passe pas comme ça d'un animal vivant à un cadavre écorché. Ce quelque chose, réfléchissons, l'abattoir peut-être? abattoir cochon.jpg

Rendue totalement invisible, cette séquence manquante entre deux prises de vues tranquillement posées (l'une sur du vivant, la seconde sur du mort), était sans doute elle aussi tranquille. Les cris, la peur, le sang, ça fait désordre: tout ce cauchemar est tellement plus simple à esquiver, et inconsciemment on mettra à la place du savoir-faire, de la propreté, éventuellement quelque bruissement discret. Mais la plupart des gens ne mettaient sans doute simplement rien du tout - on ne va pas commencer à réfléchir sur la mise à mort des bêtes.
Le film continuait alors par le savant dépeçage d'une cuisse de cochon, geste après geste un homme expert maniant un grand couteau bien tranchant ôtait le gras jusqu'aux muscles. Ensuite, les cuisses roses étaient soigneusement empilées dans un énorme hangar plein de gigantesques tas de cuisses, que des costauds recouvraient largement de gros sel, à la pelle - geste encore souligné par un beau ralenti. Du sel plein les cadavres. Un hangar plein de bouts de cadavres. Indifférence totale des consommateurs, tandis que je m'interrogeais: combien de milliers de cochons pour obtenir une telle quantité? Écœurement, sentiment d'impuissance et non pas d'indifférence (nuance). D'un geste lent et sûr, un employé ferme la porte du hangar, plongeant dans le noir téléspectateur et milliers de cuisses salées. Et à chaque fois dans mon esprit se superposaient les images de monceaux de cheveux, de lunettes, de vêtements, mis de côtés par les nazis dans les camps de la mort.
jambon_d_auvergne_140.jpgPuis un petite phrase, j'ai un peu oublié mais c'était quelque chose comme : "Tout vient à point à qui sait attendre." Le hangar s'ouvre à nouveau et, magique alchimie, les bouts de cadavres qui devraient être puants, verdâtres et grouillants de vers, sont mangeables par l'humain! Et, encore plus miraculeux, voilà que des humains qui se pensent civilisés salivent devant des morceaux de cadavres, des parties de corps arrachées où sont encore visibles os, peau, tendons, etc.
On pourrait appeler cete petite vidéo de propagande spéciste : "La mystérieuse transformation des cochons"...
Et un autre point fort de ce film est de largement contribuer à entretenir le mythe des animaux d'élevage libres, alors que c'est juste un nombre totalement insignifiant de cochons qui ne souffre pas le martyr en élevage industriel.

o ciclo do leite.jpgPeu de temps après, je trouvais une autre merveille de la propagande spéciste : un livre pour enfants sur le cicle du lait (Ciclo do leite). Celui-ci, on pourrait le renommer : "La mystérieuse disparition des veaux". Parce que dans ce petit livre, aucune allusion aux veaux, juste de braves vavaches ravies de donner leur lait aux humains, sans doute qu'elles en ont trop, comme ça!
Pas d'insémination forcée, par de veaux arrachés à leur mère quelques heures après leur naissance, pas de vaches complètement affolées et angoissées par la disparition de leur bébé, pas de vaches traitées comme de simples pompes à lait et abattues dès que leur production baisse. Non, dans ce merveilleux conte pour enfants, il n'y a que de belles vaches souriantes contentes, des petits enfants émerveillés et quelques adultes bienveillants. C'est si simple.
On va quand même pas commencer à leur expliquer le vrai cycle du lait: il y a toutes les chances qu'ensuite les enfants ne voudraient plus en boire. Parce que la vie d'une vache laitière, c'est pas joli joli.
lait vache.jpg

07 novembre 2009

La photo du jour

- TÊTES DE VACHES -

Des fermiers hongrois ont déposé des têtes de vache devant
le ministère de l'Agriculture, ce jeudi à Budapest.
Ils protestent contre la baisse des prix de leur production.
(photo : Libération)

hongrie.jpg

" Pendant qu'au loin le bourreau tranche
Horreur travestie en banal
Vous reprendrez bien une tranche
De ce qui fut un animal."


Le Jour se lève, Tribunal Animal.

21 septembre 2009

Charal 3ème, entre autres

Les deux dernières notes ont été simplement des reprises de l'actualité concernant les animaux, à savoir l'affaire Charal et la menace d'expulsion de la forêt de Léa. Et bien, aujourd'hui, je vais encore relayer l'actu ;-)
Comme je suis toujours au Portugal et que je ne peux que me connecter de façon épisodique, je regarde de loin en loin, mais à chaque fois je découvre de nouvelles actions. En fait, j'ai vraiment l'impression que ces dernnières années la mobilisation pour les animaux est grandissante, mieux organisée, plus rapide - et je suppose sans prendre de grands risques que le développement d'Internet est loin de n'y être pour rien. C'est classe (même si ça montre à quel point le spécisme règne en maître, et il reste encore tant de choses à dénoncer et contre lesquelles lutter)!
Une des grosses actualités du moment est l'affaire Charal, avec une nouvelle vidéo mise en ligne par L214, sur l'abattage des moutons cette fois (la première vidéo concernait l'abattage des vaches). Ces images montrent que l'abattoir de Charal "dispose d’un piège pour les ovins. Ce piège est refermé autour de l’animal qui est ainsi immobilisé. La tête et le cou dépassent. Le piège se retourne. L’opérateur tranche la gorge, ouvre le piège à contention, attache une des pattes arrière et suspend l’animal. Ces opérations se succèdent rapidement. L’immobilisation ne dure que le temps de trancher la gorge. L’animal saigne encore abondamment lors de l’ouverture du piège et de sa suspension."
Des images dures, qui montrent l'atroce réalité de l'abattage des animaux pour leur chair, pour fournir en viande aseptisée et silencieuse les étals des boucheries et des supermarchés. Là, nous avons l'exemple de Charal, mais combien d'abattoirs massacrent ainsi littéralement les animaux, animaux qui de toutes façons ne veulent pas être tués, désirent vivre, et dont rien ne justifie leur mise à mort - sinon la gourmandise des viandard-e-s et notre force absolue. Charal, la cruauté c'est son métier, et les viandard-e-s sont ses complices.
Bonne nouvelle, l'affaire Charal est largement médiatisée, malgré les pressions du lobby Charal.

Autre action, mobilisation pour les pigeons à Cachan, où ces oiseaux sont capturés par une société sur ordre de la mairie, puis exécutés par décompression explosive : "Les oiseaux sont enfermés dans un caisson étanche, puis une pompe puissante fait le vide (comme à 12000 ou 16000 m d'altitude) en moins de 5 secondes. Par les effets physiologiques de cette décompression explosive, les animaux meurent après une agonie de 30 secondes à 2 minutes. Mais beaucoup d'appareils utilisés sont vieux, bricolés et rafistolés : s’ensuit alors une agonie qui peut durer plus de 2 minutes. Les oiseaux possèdent des cavités remplies d'air, un peu comme les vessies natatoires des poissons. Quand l'oiseau, placé en conteneur étanche, subit cette décompression hyper-rapide, les gaz emprisonnés dans ces cavités se détendent en raison de la sous-pression extérieure, une sorte d'explosion... Nous pouvons imaginer la souffrance des oiseaux encore conscients." Charlie Hebdo nous propose un entretien avec Stéphane Lamart, président de l’association «Pour la défense des droits des animaux», au cours duquel on apprend les détails de cette histoire lamentable. En gros, la municipalité est tenue par un fief de chasseurs qui ont d'autres priorités que l'installation d'un pigeonnier, qui est un moyen pacifique de contrôler les populations de pigeons. Pour rappel, les pigeons ressentent le stress et la douleur comme vous et moi, imaginons donc ce qu'ils ressentent lorsqu'ils se font capturer brutalement dans des filets, transporter tout aussi brutalement, pour terminer leur vie par une lente agonie.
Stéphane Lamart croit "que en la mobilisation de nos concitoyens contre la violence que nous, les humains, nous exerçons à l'encontre des animaux. Une mobilisation pour faire pression sur nos responsables. D'ailleurs, une étude a démontré que la plupart des dispositions prises en faveur des animaux l’ont été grâce à la pression qu'exercent les associations sur nos dirigeants, à la suite, notamment, de pétitions." Alors à nos plumes, et écrivons dès maintenant à la mairie de Cachan pour exiger que cesse ce massacre! Des associations se mobilisent déjà (SNDA (Société nationale pour la défense des animaux), de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et de la SPOV (Société protectrice des oiseaux des villes)), joignons nos forces aux leurs.
L'association Stéphane Lamart propose un dossier bien complet sur les pigeons des villes.

lait dans champ, italie, 20 09 09.jpgDans un tout autre style, la colère des agriculteurs "producteurs de lait", que nous devrions bien plus justement appeler "exploitants de vaches productrices de lait", ou "exploitants de vaches laitières", qui répandent à tout va le lait pour exprimer leur ressentiment.
Libération en ligne a publié récemment la photo ci-contre assortie de cette légende : "VENDREDI BLANC - La colère des producteurs de lait frappe aussi l'Italie. A Castenedolo dans la région de Brescia des agriculteurs en ont déversé ce vendredi, plus de 200.000 litres dans les champs."
lait dans champ, France.jpgIl y a quelques jours, toujours selon Libération, "à Tanis (Manche), les tracteurs étaient de 250 (gendarmes) à 300 (organisateurs), et ont épandu «de 1 à 2 millions de litres» selon les gendarmes, plus de 3 millions selon les organisateurs", en Loire-Atlantique, environ 500 producteurs de laitont déversé un million de litres de lait dans un champ, dans le Finistère, 1.000 agriculteurs ont répandu 1,5 million de litres de lait, en Seine-Maritime, des éleveurs soutenus par la Coordination rurale ont épandu 150.000 litres de lait dans un champ, etc etc.
lait lac de lait 21 09 09.jpgAujourd'hui, une nouvelle photo pour illustrer ce scandale : "UN LAC DE LAIT - Des agriculteurs de la Confédération européenne des producteurs laitiers (EMB) ont déversé symboliquement ce lundi un "lac de lait" devant la Commission européenne pour attirer l'attention de son président José Manuel Barroso sur la crise que traverse leur secteur."
Ce qui attire mon attention, c'est surtout le fait que des milliers de vaches ont été inséminées de force, séparées de leur bébé dès les premières heures après la naissance, que les veaux mâles ont été engraissés pour être abattus à quelques mois et que les veaux les femelles suivront la triste voie de leur mère, exploitée jusqu'à sa fin précoce l'abattoir, tout ça pour prendre leur lait qui servira à exprimer la frustration de leurs exploitants !!! Alors oui, la situation de ces producteurs exploitants des vaches laitières est dramatique (il y a des suicides), mais c'est intolérable que des animaux soient pris en otage du désespoir des humains, et j'opte ouvertement pour la reconversion rapide et aidée de toutes les personnes qui vivent aux crochets des animaux (exploitants des vaches laitières, mais aussi exploitants des poules, des cochons, etc) dans la voie pacifique de leur choix - choix qui est vaste.
Hélas, les vaches comme tous les animaux, sont considérées comme des objets (ici, des barriques à lait) dont on dispose selon notre bon vouloir, pour se nourrir, se divertir ou s'habiller.
une vache dans le bus RATP 1950.jpgJ'ai ainsi trouvé cette photo qui se voulait sans doute rigolote, qui est triste à pleurer sur la sottise humaine : des hommes illares, forçant une vache à entrer dans un bus, qui plus est visiblement trop étroit, et sans doute en l'honneur de Yoplait (célèbre tortionnaire de vaches). C'était en 1950, à Paris, et la photo a été ressortie pour faire partie d'une exposition censée être à l'honneur du 60ème anniversaire de la RATP. Beurk, vraiment pas de quoi être fier.

Pour finir avec cette note à tiroirs, et un peu tard par contre pour agir (j'avoue c'est de ma faute je relaie trop tard l'info puisque c'était il y a quelques jours), une autre municipalité que Cachan mais toujours en région parisienne - décidemment -, celle du Krémlin Bicêtre, a organisé le 19 septembre un « stupéfiant numéro donné par un véritable ours brun de 200 kg, accompagné de son dresseur et complice ». Ce qui stupéfiant, c'est la bêtise et l'inconséquence des gens qui ont commandité ce spectacle.
Ci-dessous, un modèle de lettre de contestation ; c'est bien ce genre de lettres : d'abord dénoncer le fait, puis expliquer en quoi l'action contestée génère stress, souffrances, et est parfaitement inutile. C'est mieux de rester poli, même si c'est pas facile, ce sera plus positif pour les animaux (et ce sont pour eux qu'on écrit, pas pour pour passer nos nerfs). Là aussi, des associations se mobilisent : l'AVES, Code Animal, Griffes d'Ours, ne les laissons pas seules.

        Monsieur le Maire,

Je viens de lire dans le journal de la ville l'annonce d'un « stupéfiant numéro
donné par un véritable ours brun de 200 kg, accompagné de son dresseur et complice »
et vous écris pour vous faire part de ma plus vive réprobation concernant ce
spectacle qui doit avoir lieu samedi 19 septembre à 12h et 15h45.

Comme beaucoup de kremlinois, je suis totalement opposée à l'utilisation d'animaux
sauvages dans les spectacles.

Les ours utilisés dans les spectacles sont réduits à une vie de stress et de misère.
Leurs besoins physiologiques et comportementaux élémentaires ne sont pas respectés:
cages exiguës dont ils ne sortent que quelques minutes par jour, impossibilité
d'hiberner, stress occasionné continuellement par le transport et l'impossibilité de
se protéger des regards du public alors que les ours sont des animaux discrets et
solitaires.

Contrairement à l'apparence, il n'y a pas de complicité entre l'ours et le dompteur
mais une relation de domination forçant l'animal à exécuter des numéros sous la peur
et la cruauté du dressage.

Les spectacles de montreurs d'ours appartiennent à une époque révolue. Nous ne
sommes plus au Moyen Age. A cette époque il était parfaitement légal de supplicier
des êtres humains et la population était friande de spectacles basés sur le
non-respect et l'humiliation de l'animal considéré comme un objet de divertissement.
Aujourd'hui notre regard sur les animaux a changé.

Je vous demande donc d'avoir le courage d'interdire ce spectacle et de rejoindre
certaines communes (Montreuil par exemple) qui se sont engagées à interdire la venue
d'animaux sauvages dans leur commune.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes sentiments distingués.

Comme quoi, on peut être en vadrouille au Portugal (hé oui, j'y suis encore :-) et arriver à suivre ce qui se passe en France.

18 avril 2009

Pâques, c'est la fête!?

L214 chevreau portrait.jpgD'accord, Pâques c'est passé et j'aurais dû écrire cette note un peu plus tôt, mais il n'est cependant pas trop tard pour se poser quelques questions et en savoir un peu plus. Alors, à Pâques, au fameux repas de fête, vous avez mangé quoi ? Vous êtes vous régalé de produits végétaux ou animaux ? Le repas a-t-il été plutôt tendance brochettes de seitan, tofu fumé et tarte aux légumes, ou tendance traditionnelle - et la tradition, à Pâques, c'est de manger de l'agneau, non ? ""En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l'occasion de partager un gigot d'agneau rôti accompagné de flageolets"(c'est pas moi qui l'écrit, c'est Wikipédia). A moins que, comme ma collègue l'an passé, vous n'ayez opté pour le gigot de chevreau (cette année je sais pas quel animal elle a mangé, j'ai réussi à ne pas le savoir) ?
L214 agneaux.jpgQue ce soit le cas ou non, prenez donc le temps de vous informer, de lire et de visionner le rapport édifiant mené par l'association L214 sur le commerce actuel de chevreaux et d'agneaux en France. Mais n'oubliez pas que les chevreaux  et les agneaux sont des animaux curieux, intelligents, amicaux et toujours prêts à jouer. N'oubliez pas aussi que ces petits, âgés de 3 semaines à un mois (trois pour les agneaux), sont des bébés, des petits perdus sans leur mère, et des êtres sentients, qui ressentent le plaisir, la joie et toute forme de souffrance et de stress.
L214 chevreaux chargement2.jpgOui, il ne faut pas oublier tout ça en visionnant les images, ne pas oublier que ces animaux sont autre chose qu'une marchandise genre sac à patates.

Le rapport nous apprend notamment que "Les chevreaux et les agneaux en transit sur le marché de Parthenay - un des plus gros marchés aux bestiaux français - ont entre 1 et 3 mois. A leur arrivée, ils sont parqués - sans eau à disposition - dans des chariots de métal à fond ajouré. Ils sont ensuite chargés dans des camions transportant habituellement des lapins.
L214 chevreaux 1.jpg« Ils sont attrapés sans ménagement, qui par la peau du dos, qui par les pattes, qui par le cou, et balancés dans des caisses trop petites pour qu'ils puissent se tenir debout, la tête souvent cognée au passage. Les voilà entassés dans des caisses "à lapins", serrés les uns contre les autres, apeurés, assoiffés »
témoigne un enquêteur. Ils resteront dans ces caisses de 37 cm de haut jusqu'à ce qu'ils aient atteint leur destination : l'abattoir". Tous ces gestes, ces faits, sont illégaux et en contradiction flagrante avec les quelques lois qui devraient permettre aux animaux condamnés à mort d'un peu moins souffrir.

L214 chevreaux chargement.jpgMais ce qu'il ne faut pas oublier non plus, c'est que le commerce et la mise à mort des chevreaux et des agneaux sont directement liés au commerce du lait. Pour avoir du lait, il faut forcément éliminer les bébés (qui sinon le boiraient) : les petites femelles les plus fortes seront à leur tour exploitées pour leur lait, tandis que les petits mâles et les animaux les plus faibles sont systématiquement tués pour être mangés. Le fromage de lait de vache, de chèvre ou de brebis est directement lié à la mort des veaux, chevreaux et agneaux. L'argent retiré du commerce de leur chair constitue une partie seulement du bénéfice, le reste est effectué sur les produits laitiers, et dans une moindre mesure sur la vente de leur peau qui rapporte aussi des sommes cependant non négligeables.

Si ne voulez pas cautionner la mort de ces animaux, il n'y a pas 36 solutions: ne mangez pas leur chair, mais n'achetez pas non plus leur cuir ou leur peau, ne buvez pas le lait de leurs mères. Ne soyez pas complices de tant d'ignominies: vos choix sont leurs actes.
Vous pouvez aussi soutenir L214 dans leurs actions, et notamment par rapport à ces chevreaux et agneaux.

Toutes photos : avec l'aimable autorisation de L214.

11 mars 2009

Derrière les portes des abattoirs

Derriere_les_portes_des_abattoirs_de_France-106x150.jpgC'est en lisant la lettre d'Info de L214 du 6 mars 2009 que j'ai découvert la sortie d'un nouveau dossier intitulé "Derrière les portes des abattoirs de France". Ce rapport spécial, de février 09 et de 42 pages, conçu par One Voice, porte sur l'abattage des animaux pour la viande. Il est téléchargeable gratuitement. Clair, bien illustré et bien présenté, c'est un dossier terrifiant. Les témoignages bouleversants montrent sans équivoque ce qu'endurent les animaux "de boucherie"  sacrifiés  sur l'autel de l'appétit insatiable et égoïste de l'espèce humaine.
Ce rapport est basé sur une investigation de One Voice réalisée sur une période d'un an et portant sur 20 abattoirs. français. Il rélève ce que subissent quelques uns des 40 000 000 de bovins, moutons, chèvres et cochons, et plus d'un milliard de volailles et lapins, abattus par an en France pour leur chair.
one voice veau.jpgPage 9, je lis : "La terreur des veaux [pour rappel, le veau est le bébé de la vache]. : dans le piège d'abattage, il y avait un veau qui tremblait de peur. Il a essayé des dizaines de fois de s'échapper, et finalement de se cacher dans un coin, en se contorsionnant pour cacher sa tête. C'était terrible à regarder. Quand l'abatteur s'est penché au-dessus du piège, le veau a désespérement essayé d'éviter le pistolet d'abattage, mais le tueur n'y a pas prêté attention. Il a suivi de sa main le mouvement de la tête du veau, mais ce n'était pas un animal sensible qu'il voyait devant lui. Il agissait de façon automatique. Après le coup de pistolet, l'animal a été saigné, et c'était comme si l'employé ouvrait un carton et non un animal."
p. 10 : "Le sang s'écoulait dans le piège d'étourdissement, le premier animal [un veau] que l'on voit avait son museau dedans et il est resté confiné dans le piège pendant un laps de temps déraisonnable avant d'être étourdi. Il a passé plus d'une minute à essayer de s'échapper, à se retourner, à tomber et à ruer sur les panneaux latéraux."
p. 15 : dans un grand abattoir de cochons "les enquêteurs ont filmé des scènes de souffrance animale parmi les pires dont ils aient été témoins tout au long de cette investigation."
one voice cochon.jpgp. 17 : "Souvent, les porcs semblaient paniqués et terrifiés et cherchaient à s'échapper. (...) Les cochons avançaient à contre-courant, essayaient de sauter par-dessus les parois latérales ou par-dessus d'autres cochons et tentaient de fuir à l'approche des employés."
p. 22 : "Dans certains abattoirs, les employés avaient pris l'habitude de se livrer à de petits jeux sadiques, consistant par exemple à effrayer les cochons confinés dans des couloirs étroits en touchant les barres de fer qui les entourent avec un aiguillon électrique. (...) le bruit et les étincelles que cela produit provoquent chez les animaux une panique visible."
one voice vache.jpgEt partout, des animaux égorgés vifs, blessés, frappés, insultés, terrifiés, et témoins de l'égorgement et du dépeçage de leurs congénères.
Et partout, à chaque instant, effroi, terreur, panique et calvaire - mis à part ça, votre viande a-t-elle bon goût ?
Dans ce rapport, on en apprend aussi beaucoup sur les techniques d'abattage. Etourdissement par choc électrique, perforation de la boîte craniènne... gazage aussi, puisque les cochons, les poulets et les dindes peuvent être gazés avant d'être égorgés.
Pas très joli joli, tout ça...
Heureusement, tout ça se passe loin derrière les portes des abattoirs, histoire de ne pas couper le joyeux appétit des viandistes.

one voice mouton agneau.jpgQuant à moi, je ne peux évidemment que rejoindre One Voice dans sa conclusion :
"L'idée que les animaux soient tués dans de bonnes conditions permet de tranquilliser les consciences. Dans la pratique, cependant, aucun mesure de protection ne fera disparaître la peur, la détresse, la douleur et les souffrances endurées par les animaux dans les abattoirs. One Voice espère que les consommateurs qui ne peuvent pas digérer la situation découverte par nos enquêteurs, feront le choix de manger moins de viande ou de supprimer carrément la viande de leur menu."
Car quelle autre solution qu'arrêter de manger de la viande ? Car ce cauchemar ne se passe pas au bout du monde, ni il y a vingt ans. C'est ici et maintenant qu'il a lieu. Et c'est ici et maintenant qu'il faut agir. Sinon où, et quand ?

Toutes les images sont issues du rapport de One Voice.

03 octobre 2008

JMV !!!

JMV - décryptage : Journées Mondiales Végétariennes - c'est parti ! Comme tous les ans, pour la première semaine d'octobre, c'est la fête ! Les JMV ont été créées en 1977 par la North American Vegetarian, et sont aujourd'hui célébrées à travers le monde entier (ceci dit, j'aimerais bien en savoir plus sur ce qui se passe hors de la France ! si vous avez des infos... ). En France, c'est l'Association Végétarienne de France qui organise l'événement. Outre la multitude de repas veg, de rencontres, de débats et de projections qui ont lieu pour l'occasion, c'est aussi le moment de réfléchir aux répercussions positives du végétarisme : la seule façon efficace de ne pas commanditer le meurtre programmé en abattoir, et une des façons d'agir positivement pour l'environnement et contre la faim dans le monde. Si vous êtes intéressé-e, renseignez-vous : ce week-end, il serait étonnant qu'il ne se passe rien près de chez vous. Et si jamais c'était le cas, pourquoi ne pas organiser quelque chose vous-même ? Ne fut-ce que ne pas manger des animaux pendant un repas ou une journée, et se documenter sur le sujet !