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10 septembre 2008

En vrac...

Houlà, ça fait vraiment longtemps que j'ai pas écrit sur le blog ! J'invoquerai l'excuse des vacances, du séjour prolongé au Portugal - la mer, les geckos, les restos veg, les paysages magnifiques... autant de choses qui emènent loin des ordinateurs, il faut bien avouer. Mais la rentrée approche, tiens voici un ordi connecté, et si j'en profitais pour écrire quelques lignes - histoire de me remettre dans l'ambiance ?
Et je découvre une nouvelle de grande importance ! Les 10 militants autrichiens, incarcérés sans preuve aucune, ont  enfin été libérés ! Enfin ! Même si, apparemment, le matériel saisi (ordinateurs, fichiers, listings) ne leur a toujours pas été rendu, cette libération est un grand soulagement. Mais nous devons rester vigilant-e-s, et mobilisé-e-s, car il est certain que ces arrestations, fouilles, incarcérations, commises avec tant de violences, ne sont dues ni au hasard ni à des erreurs. Il s'agit bel et bien de tentatives d'intimidations envers ce mouvement qui lutte pour les animaux, et qui commence à être trop actif, trop bien organisé, bref, qui commence à déranger l'ordre établi - lequel ne se laissera certainement pas chambouler sans réagir, nous en avons d'ores et déjà une preuve cuisante.
Sinon, le Portugal (pour y revenir), c'est toujours aussi classe pour les végés : plein de restos vegans et/ou végétariens, et puis dans tous les supermarchés (même des petits dans des bleds), on trouve tofu, seitan, parfois du tempeh (en bocal), protéines de soja, yaourts au soja, boissons de soja (plusieurs arômes), parfois boissons de riz et d'avoine aussi, et plein d'autres choses encore - levure de bière, sauce soja, biscuits vegans, etc. Sur les marchés, les fruits et légumes sont bien moins chers qu'en France (mais le fameux "pouvoir d'achat" est aussi bien plus faible), et l'abondance est de mise.
On peut acheter ici du seitan en blocs de 250, 500 et même 1kg ! et à 4,5€ le kilo, c'est vraiment super accessible. même pour les Portugais-e-s. Les blocs se coupent en tranches, en cubes ou en lamelles, à faire mariner, frire, dorer, hacher, etc. C'est vraiment un produit qui manque en France. Et le tofu aussi se trouve en gros blocs (là aussi, jusqu'à 1kg) pas chers.
Côté restos, nos préférés de tous sont Tao* à Lisbonne, et Paradoxo** à Cascais, surtout pour la fabuleuse tarte au chocolat (2€ la part) et le fromage vegan. Comme la plupart des restos veg, ils fonctionnent sur le mode du self-service, et on peut manger pour 5€ (petite assiette), compter 8 à 10€ pour un repas vraiment conséquent, avec dessert et boisson (tous les deux offrent de la tisane gratuitement et à volonté). A lisbonne, il faut aussi noter Oriente, un resto 100% vegan avec buffet à volonté à partir de 9,70€ - et très bon, en plus. Mais comme je suis goinfre, les restos à volonté c'est pas mon truc, parce qu'à chaque fois je m'en suis rendue presque malade - de tant bouffer, pour bien "en profiter" ! Bon, à chaque fois, ça reste correct, vu que je n'y suis allée que deux fois.
J'apprécie énormément le côté simple et relativement populaire de la plupart des restos veg au Portugal, ça rend la nourriture veg plus accessible à toutes et tous, ça ne reste pas réserver aux grandes occasions. A quand des selfs-services vegans en France???

 

* Tao
Restaurant quasi macrobiotique et presque végétarien
à vue de nez, 90% vegan, parfois un peu de fromage ou de lait; mais prudence et méfiance: parfois il y a du poisson dans une sorte de purée de manioc...
10, Rua dos Douradores - Lisboa
/ tél : 218850045
ouvert de 12h à 16h, du lundi au vendredi (fermé samedi et dimanche)

** Paradoxo
100% vegan, avec une tourte de légume couverte de fromage vegan
91, av. Costa Pinto, 2750 Cascais
Tel : 214 843 004
Ouvert du lundi au samedi, de 12h à 16h




06 juillet 2008

Tour lapins : c'est parti !

lapin-L214.jpgÇa y est, la première partie du tour (qui pour l'instant concerne uniquement le nord de la France) de L214 pour les lapins est commencé ! Un tour engagé que l'on peut suivre pas à pas via le blog de l'association, et à l'heure où j'écris ces lignes, les deux premières étapes, Amiens et Lille, ont déjà été passées, Paris est en ce moment, et la suite des événements se déroulera comme suit :

  • Rennes : lundi 7 juillet et mardi 8 juillet 2008
  • Angers : mercredi 9 juillet 2008
  • Tours : jeudi 10 juillet 2008
  • Orléans : vendredi 11 juillet 2008
Oui, tout cela est bien joli, mais pourquoi diable un tour de France pour les lapins ? Hé bien, pour que le calvaire des lapins d'élevage cesse. Parce que la vie d'un lapin d'élevage, ce n'est pas du joli joli. Sur le site de L214, on apprend d'ailleurs des choses étranges. Par exemple, on lit qu'en France plus de 40 millions de lapins vivent en cage sur un sol grillagé, source d’inconfort permanent et de blessures aux pattes. Que les élevages comptent en moyenne plus de 6 000 animaux, et qu'en conséquent un éleveur consacre moins de 5 min pour un lapin sur toute sa vie. Dans ces cinq minutes, sont en plus inclut le temps passé au nettoyage du bâtiment,  la distribution de nourriture, etc. Comme les lapins sont très craintifs, la plupart des éleveurs sont obligés de diffuser en permanence le son d'une radio dans leurs bâtiments pour couvrir les bruits soudains (bruits de cages, mise en route des ventilateurs, etc.). Mais quelle émission de radio va masquer le manque d'espace vital des animaux, qui disposent d'une surface d’une feuille de papier A4 chacun durant leur vie entière ? Les cages sont tellement exiguës qu'aucun lapin ne peut se dresser, se cacher, bondir, ronger, fouiner, creuser... Les lapines reproductrices vivent isolées les unes des autres et sont inséminées artificiellement (véritable viol) 10 jours après chaque mise bas. Elles donnent naissance à plus d’une soixantaine de lapereaux par an. Dans leurs petites cages, elles souffrent en outre de lésions aux pattes et de déformations du squelette.
lapin-cage-GF.jpgCe n'est pas tout.
Dès la naissance, les petits sont triés : ils sont répartis en fonction de leur taille et de leur poids. Les malades, les plus petits et ceux en surnombre sont assommés sur le rebord d'une caisse ; ils agonisent ensuite au milieu des morts-nés. Les autres sont placés avec leur mère. La nourriture des lapins est supplémentée en vitamines, minéraux, antibiotiques et autres médicaments. Pourtant, un quart des lapins meurent avant d’atteindre l’âge où ils sont abattus. Vers deux mois et demi, enfin la délivrance, mais pas sans souffrance : les lapins sont entassés (sans ménagement) dans des caisses et conduits à l’abattoir, où ils sont étourdis, saignés, dépecés, éviscérés. Il arrive fréquemment que des lapins se réveillent avant d'être tués, et ils sont saignés conscients.
Et tout ceci dans le stric respect de nos belles normes européennes, qui sont là pour servir les intérêts pécuniers des éleveurs. C'est d'ailleurs ce que s'écrit - avec raison - un éleveur de lapin face à un stand de L214 : "Au nom de quoi ces gens s'insurgent contre la production du lapin? Tout est fait dans les règles de l'art dans les élevages de lapins, il y a des normes que tous les éleveurs respectent."
"Au nom de quoi" ? (de qui plutôt) : au nom des millions de lapins qui ne peuvent pas se défendre, pardi !
Cet éleveur tient finalement un discours classique, subtil mélange d'indignation, de bonne conscience et de propagande - à laquelle il n'a peut-être tout simplement jamais réfléchi. Sans doute devrais-je être rassurée : "Ha bon, les normes permettent de torturer les lapins ? Ouf, tout va bien !" Mais si les éleveurs et ceux qui les ont conçues savaient ce que je pense de leurs normes, ils ne seraient sans doute pas déçus.
Bref, comme d'habitude, si vous ne voulez pas participer à la souffrance des animaux, il n'y a pas 36 solutions : arrêtez de les manger ! Et soutenez L214 dans ses actions et ses campagnes!

09 juin 2008

Un refuge vegan

asbl poule batterie.jpgL'ASBL Fabienne, centre vegan de revitalisation et de soins pour animaux, vient d'accueillir cent poulettes sauvées in extremis de l'abattoir. Marie-Jeanne, la présidente de l'association, les a achetées à un éleveur qui allait faire tuer toutes ses poules pondeuses, devenues moins rentables : alors qu'une poule heureuse peut vivre plus de quinze ans, les poules pondeuses âgées de deux ans sont vues comme des poules usées et moins rentables dont il faut se débarasser. Marie-Jeanne raconte que l'éleveur "est donc venu me livrer cent fois une poule qui a souffert le martyre pour la production. Le bec coupé et très déplumées car parquées dans des cages scandaleusement petites elles passent leur temps à se piquer et à pondre". La photo ci-contre prise environ deux semaines après l'arrivée des petites poules parle d'elle-même...
  ASBL Fabienne poule.jpgD'un côté, ça peut sembler bizarre de filer des thunes à un éleveur, même si c'est pour sauver des poules. Je ne peut pas m'empêcher de penser que ça l'enrichit, et qu'avec cet argent il va continuer à faire souffrir des animaux. D'un autre côté, c'est sûr que du point de vue des poulettes, le plus important est de ne pas être tué. Cent poules ont eu la vie sauve, et elles profitent maintenant enfin d'espace pour se dégourdir les pattes, de calme pour se reposer, d'herbe à picorer, de terre pour prendre des bains de poussière (les poules ont un besoin vital de prendre des bains de poussière) et de lumière et de soleil. Une belle vie de poule donc ! Autre chose, c'est qu'en accueillant ces poules, l'ASBL Fabienne fait prendre conscience à ses adhérent-e-s et à bien d'autres personnes quel est la vie misérable des poules exploitées pour leurs oeufs - jaimerais que tout le monde voit la photo de cette poule écorchée. A noter au passage que la chair de ces poulettes finit aussi dans nos assiettes (bon appétit à tous ceux qui ne sont pas veg).
En avril, avec mon compagnon, nous avons eu la chance et la joie d'à nouveau passer quelques jours à l'ASBL Fabienne (merci pour ton si gentil accueil, Marie-Jeanne !). Nous avons pu apprécier la compagnie de la truie Lola, de la brebis Pâquerette, des chèvres, nous avons admiré les paons, câliné les chiens... et vu à quel point les poules vivant au refuge depuis des années sont heureuses ! Et dans quelques temps, les poules qui viennent d'être sauvées et qui survivront à leurs mauvais traitements passés, ressembleront à cette "ancienne".
Pour que l'ASBL Fabienne continue à aider les animaux, vous pouvez lui adresser des dons, adhérer à l'association et/ou parrainer un animal. Le parrainage d'une poulette revient à 2,5 euros par mois, et là, il y en a cent à parrainer !

15 mars 2008

Un de moins, un de plus

117115745.jpgHier, je passais un moment avec un ami. Au détour de la conversation, il m'a dit quelque chose du genre : "Je ne suis plus très sur d'être végétarien" ou bien c'était : "Mais est-ce que je peux encore me dire végétarien ?" De mon côté, je n'étais pas très sure d'avoir bien entendu - comme j'aurais préféré m'être trompée ! Comme il s'est éloigné un moment, je me suis demandée s'il vallait mieux entamer une discussion avec lui sur ce qu'il me semblait quand même avoir bien entendu, ou bien faire comme si de rien n'était. J'ai pensé que je n'avais rien à perdre, les animaux non plus et que, somme toute, ce pourrait être instructif d'en savoir plus.
Comme il revenait, je lui ai demandé ce qu'il en était vraiment. Est-ce qu'il remangeait vraiment de la viande ? Souvent, régulièrement, dans quels contextes ? Il m'a expliqué en remanger vraiment rarement, jamais chez lui, mais parfois au restaurant ou dans un contexte familial... Par facilité sociale ? Oui, mais aussi par goût.
Ça m'a fait vraiment mal à entendre, mais au moins c'était honnête. En gros, la viande il aime ça, et il n'a pas envie de se prendre la tête. Ou plutôt, plus envie, parce qu'il était végétarien depuis plusieurs années. Je ne sais pas depuis combien de temps exactement, mais je l'ai toujours connu végétarien, et ça fait quelque chose comme 8 ans que je le connais.
Ça m'a fait mal pour les animaux. Manger de la viande, c'est faire souffrir et demander la mise à mort d'animaux. Même si c'est très occasionnel, ça ne peut pas ne pas faire de mal aux animaux.
Personnellement, je trouve très intéressant de me demander si mon mode de vie peut être généralisable. Parfois j'en tire des conclusions pratiques constructives (être végane, mais aussi ne pas laisser d'appareil en veille, ne pas consommer à tout va, etc).
Pour l'impact de ma consommation d'énergie, par exemple, il a été calculé que les appareils laissés en veille par la population française demandent à eux seuls l'énergie d'une centrale nucléaire. Ainsi, même si à mes yeux une télé, une chaîne hi-fi ou un écran d'ordi en veille sont totalement insignifiants, en réalité ça contribue de façon non anodine à la production du nucléaire (donc je ne laisse jamais de veille allumée). Quant au fait de manger de la viande, et bien admettons que les 60 millions de Français-e-s se mettent à en manger occasionnellement... D'un côté, c'est sûr que ce serait d'abord extrêmement bénéfique, vue la consommation monstrueuse de viande actuelle. Des millions et des millions d'animaux seraient immédiatement sauvés. Mais des millions d'autres périraient quand même. Si 60 millions de personnes mangeaient un quart de poulet par mois, ça ferait quand même 15 millions de poulets tués par mois. Ce n'est pas rien me semble-t-il ; pour les animaux, c'est encore la terreur qui continue.
Alors quand un ami végétarien m'annonce qu'il remange de la viande, même si c'est pas beaucoup, même si c'est pas souvent, ça me rend terriblement triste. J'avoue que j'ai du mal à ne pas juger. Car si on met les pincettes psychologiques de côté, il faut reconnaître qu'accepter, en connaissance de cause, de manger de la viande pour son plaisir gustatif, relève malheureusement d'une forme d'égoïsme primaire. La vie des uns contre le bon petit repas des autres. Cher payé pour ceux qui naissent du mauvais côté de l'assiette...
Ce qui me fait mal aussi, c'est de ne pas me sentir à la hauteur. Sans doute n'ai-je pas su donner suffisamment de forces à cet ami pour l'encourager dans son végétarisme. Je me sens comme trahie, abandonnée, loin de lui. Remanger de la viande n'est pas un geste neutre. Ce n'est pas simplement mettre quelque chose dans sa bouche. C'est accepter qu'une certaine forme de torture et de mise à mort existent pour son plaisir à soi. C'est une autre vision du monde, une autre sensibilité. C'est une forme d'indifférence lourde de conséquences, et à mes yeux d'autant plus triste qu'il avait réussi à faire un autre choix - celui de refuser de manger de la chair.
Peut-être a-t-il l'impression que ce qu'il mange a un impact insignifiant, surtout si ce n'est pas quotidien. J'ai souvent entendu des gens continuer à manger de la viande en argumentant des choses du genre : de toutes façons, si ce n'est pas moi qui achète, ce sera quelqu'un d'autre ; l'animal est déjà mort ; ce que je fais ne change rien. Cette croyance en notre impuissance personnelle est terrible, elle nous déculpabilise et plus personne n'est responsable de rien. Mais pour qui alors les millions d'animaux abattus chaque jour en France, sinon pour notre déjeuner ? Et si nous ne changeons pas, qui le fera ?
Pour essayer quelque chose, j'ai proposé à mon ami de lui prêter des films sur les animaux (je pensais notamment à cet excellent et terrible film, Earthlings). Mais bien sûr, il n'a pas voulu. De toutes façons, il sait. Même si sans doute il a un peu oublié, et comme ça il mange plus tranquillement des bouts de cadavres.
 
Mais hier également, un autre ami, vegan, m'a annoncé qu'un de ses neveux refusait de manger toute viande pour ne pas exploiter des animaux. Il refuse même de manger des oeufs et des produits laitiers. Il a neuf ans et il vit dans une famille omnivore. Hé bien moi, je lui tire mon chapeau à ce gosse-là. Comme quoi, les enfants sont parfois plus courageux et moins égoïstes que les adultes - s'il en fallait une preuve.
 
(L'illustration est issue d'un concours lancé par PETA.) 

06 février 2008

CA n°29 : abolition de la viande

106a11fa36507850feef48e7ac6d2791.jpgUn superbe numéro, ce n°29 des Cahiers antispécistes ! A peine reçu, déjà lu et blogué, notamment l'article principal sur l'abolition de la viande, d'Estiva Reus et Antoine Comiti. Clair, direct, bien argumenté, c'est vraiment un bon texte qui explique en toute logique en quoi l'abolition de la viande est la réponse la plus directe et la plus efficace pour en finir avec les souffrances énormes que subissent des millions (milliards...) d'animaux dévorés par les humain-e-s - et de façon absolument inutile, puisqu'on peut très bien vivre sans viande.
Bref, j'attends avec impatience le jour où la viande sera abolie. Mais c'est vrai que ça risque quand même d'être long... alors je me dis que je suis déjà très heureuse d'avoir, de mon vivant, connu ce mouvement (ceci dit, j'aurais été incomparablement plus heureuse de vivre dans un monde où l'abolition de la viande serait effective).
Jusqu'où l'horreur ira-t-elle avant que les consciences collectives se prononcent en faveur de l'abolition de la viande? Il y a longtemps que toutes les bornes ont été dépassées...
Les autres articles sont très bons aussi, et celui sur Albert Schweitzer donne bien envie de découvrir plus avant cet auteur. C'est clair qu'en France ses pensées envers les animaux n'ont pas forcément été les plus relayées, mais ce n'est pas très étonnant : j'ai déjà lu des articles entiers, des dossiers même, consacrés par exemple à Gandhi, sans la moindre référence à son végétarisme ou à son engagement pour les animaux. Et ces "oublis" (incroyables quand on connaît à quel point Gandhi s'est préocuppé du sort réservé aux animaux) contribue à maintenir la toute puissante exploitation des animaux...
Bref, le CA n°29 est très bien, félicitation, et à vos commandes !
Ci-dessous, le sommaire et la présentation (merci L214).

Sommaire

p. 2 Présentation du numéro 29
La Rédaction

Dossier « abolition de la viande »

p. 3 Abolir la viande
Estiva Reus et Antoine Comiti

p. 33 La réglementation protégeant les animaux dans les élevages
Sebastien Arsac

p. 37 Ma journée
Ingrid Newkirk

Hors dossier

p. 39 Le principe d'égale considération et l'intérêt des animaux nonhumains à rester en vie : réponse au professeur Sunstein
Gary Francione

p. 63 Albert Schweitzer et l'éthique envers les animaux
Jean Nakos

p. 71 Trois livres et un colloque
La Rédaction

Présentation du numéro 29

Et si l'abolition de la viande devenait un objectif fédérateur du mouvement animaliste mondial ? Certes, il faut continuer de décrire, de faire sentir et de dénoncer les souffrances et les privations endurées par les animaux. Il faut continuer de demander l'interdiction des pratiques jugées les plus atroces. Continuer de faire valoir la réalité et l'importance de la sentience. De remettre en cause le spécisme. De promouvoir le végétalisme. Mais cela ne suffit pas. Il est devenu maintenant incohérent de ne pas exprimer clairement la revendication politique d'interdiction de la viande. On a eu tort de supposer – sans savoir – que la société ne serait pas encore prête à l'entendre.

C'est à cette revendication qu'est consacré le dossier du numéro 29 des Cahiers. Tout d'abord à travers un article d'Antoine Comiti et Estiva Reus. Les auteurs y exposent en quoi, selon eux, la demande d'abolition de la viande est à la fois nécessaire et recevable dans le monde tel qu'il est aujourd'hui. Deux textes plus courts complètent ce dossier. Dans le premier, Sébastien Arsac fait le point sur la réglementation concernant les animaux d'élevage en Europe. Dans le second, Ingrid Newkirk nous transporte dans le monde futur d'où les abattoirs auront disparu.

Hors-dossier, Jean Nakos nous initie à la vie et à l'œuvre d'Albert Schweitzer.

Nous publions également, de Gary Francione, « Le principe d'égale considération et l'intérêt des animaux nonhumains à rester en vie » : un texte qui offre une bonne vision d'ensemble de la pensée de cet auteur.

Enfin, un court article fait état de publications récentes et d'un colloque parisien qui tout quatre témoignent de l'attention croissante portée à la question animale.

12 janvier 2008

Un éternel Treblinka

357eeb37fbec5564ac9683a659240a15.jpgÇa y est, Un éternel Tréblinka de Charles Patterson est enfin disponible en français, chez Calmann-lévy ! Depuis sa parution originale en anglais, en 2002, on attend cet événement. Sorti en janvier 2008 donc, disponible en librairie depuis une dizaine de jours, je me suis jetée dessus et je l'ai lu illico (hélas, je ne lis pas assez bien l'anglais pour avoir tenté la version en anglais). Et ce livre est vraiment fantastique. Sans l'ombre d'un doute, il est à classer parmi les ouvrages de référence par rapport aux animaux, et on ne peut qu'espérer qu'il contribuera fortement à l'amélioration de ce bas-monde.
Je ne vais pas me lancer dans un compte-rendu précis et détaillé, ce qui a déjà été très bien fait, et la sortie en français ne passe pas inaperçue : il y a déjà de nombreuses chroniques sur le net : Veganimal info nous offre un entretien traduit en français avec l'auteur, et Le Monde, qui s'est aussi penché sur le bouquin, propose une chronique assez bonne, mais qui se termine bien entendu par un consensus : "Que faut-il faire pour que nous devenions moins inhumains avec les bêtes ? Le radicalisme de la réponse végétarienne préconisée par Patterson ne saurait convenir à tous. Mais il nous appartient à tous d'inventer une politique humaniste du vivant non humain." Et pour quelles raisons le végétarisme ne saurait convenir à tous? Mystère, zéro explication, mais ce mot de la fin nous renvoie à l'implicite de notre société viandiste où l'exploitation des animaux est la norme - norme qui n'a donc pas été réellement remise en cause par l'auteur. Dommage que Le Monde n'explique pas non plus comment les humain-e-s vont inventer une "politique humaniste du vivant non humain" qui soit honnête, sincère et cohérente, tout en continuant à manger des animaux. Mais l'auteur de l'article vraiment compris ce qu'il a lu? A-t-il compris Patterson, lorsque ce dernier cite un rescapé des camps qui dit : " Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux. "
A-t-il compris que chaque année dans le monde plus de 45 milliards d'animaux sont assassinés dans les abattoirs : comment oser dire ensuite que le végétarisme n'est pas la solution?...
Un éternel Tréblinka, on s'en doute, n'est pas un livre très joyeux. Mais la vie des animaux dans l'ensemble non plus. C'est un livre qui questionne vraiment, extrêmement bien argumenté et documenté, avec de nombreux exemples et citations à l'appui. Un livre fait pour déranger les consciences et bouleverser les habitudes, un livre fait pour sauver des vies. Ce livre est comme une fenêtre qui donnerait dans un abattoir, qui montre ce qui n'est pas montrable, qui étale ce qui est soigneusement occulté, parce que ça donne la nausée et que c'est insoutenable. Mais le fondateur du musée de l'Holocauste, à Washington, « disait qu'il avait réussi à extraire de son étude de la Shoah trois commandements : tu ne seras pas un bourreau ; tu ne seras pas une victime ; tu ne sera pas un témoin passif. "S'ils étaient appris dans toute la société, (...), ces trois commandements aideraient les gens à comprendre combien les choix que nous faisons déterminent dans quelle mesure nous sommes bourreaux, victimes ou témoins passifs dans une société qui perpètre depuis longtemps un holocauste contre les animaux et l'écosystème tout en refusant de le considérer comme un holocauste"» (p. 215-216)
Des passages du livre m'ont vraiment marquée, notamment parmi les témoignages des anciennes victimes.
Une avocate, pleine de compassion, déclare très justement : « Il semble que la violence soit mieux acceptée si elle est exercée sur des êtres différents de soi.» Cette femme se souvient ainsi d'un éleveur texan qui, à propos de certains animaux de son élevage, disait : "Il est différent ; y'a qu'à l'abattre.» Et elle continue : « La violence, c'est la violence. Peu importe où elle s'exerce, dans un camp de concentration ou dans un abattoir.»
Ce livre est dédié à la mémoire d'Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature, pour son oeuvre auprès des aminaux, comme en témoigne cet extrait d'un texte de Singer qui a donné son nom au livre de Patterson:
« En pensée, Herman prononça l'oraison funèbre de la souris qui avait partagé une partie de sa vie avec lui et qui, à cause de lui, avait quitté ce monde. " Que savent-ils, tous ces érudits, tous ces philosophes, tous les dirigeants de la planète, que savent-ils de quelqu'un comme toi ? Ils se sont persuadés que l'homme, l'espèce la plus pécheresse entre toutes, est au sommet de la création. Toutes les autres créatures furent créées uniquement pour lui procurer de la nourriture, des peaux, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka."»
Un éternel Tréblinka est un livre culte essentiel, qui transcende bien des tabous et nous offre la possibilité de voir le monde autrement, d'une façon tellement plus juste. À lire absolument.

10 décembre 2007

Charlie Hebdo peut mieux faire

5d5d31fa30f9c6307704c78d2501c7e8.jpgLe dernier numéro d'Alliance Végétarienne (la revue de l'Association Végétarienne de France) dédie des "Ronces" à Charlie Hebdo, pour un article que je vous laisse découvrir (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Je n'ai pas résisté à l'envie de rédiger une réponse à cet article croustillant, ni à vous la faire lire. Voici donc la copie de la lettre que j'adresse ce jour à Siné:

Monsieur,
Je découvre avec stupeur que l’Association Végétarienne de France vous a décerné « des Ronces », via sa revue Alliance végétarienne n°90, pour une chronique parue dans votre journal n°799 du 10 octobre dernier. Sans nier que ces malheureuses lignes de votre part méritent effectivement des Ronces, je suis sidérée que vous ayez pu faire paraître de telles inepties.
À n’en pas douter, il y a eu dérapage de votre part. Comment expliquer autrement qu’un journal aussi fiable, aussi bien informé que le vôtre, et ayant à cœur de lutter pour des causes justes, ait pu publier de telles (comment dirais-je ?), de telles sottises ? Je ne peux pas croire à un acte de malveillance de votre part ; aussi vous me permettrez de mettre cet article sur le compte de votre ignorance, et c’est pourquoi je vous écris aujourd’hui, afin de vous donner des éléments constructifs pour qu’au plus vite vous puissiez rectifier vos très regrettables erreurs.

Reprenons l’élément essentiel de votre texte qui prouve que, hélas, vous pataugez en plein Moyen-Âge de la diététique. Ainsi, vous écrivez : « Comme tous les nutritionnistes vous le confirmeront, c’est un pari [le végétarisme] parfaitement impossible à tenir, surtout dans la durée, à moins de compenser les carences inévitables par des comprimés de vitamines en pagaille. »

Tout d’abord, je sais combien vous serez soulagé d’apprendre que vos croyances sont totalement erronées. En effet, des nutritionnistes reconnus ont publié un rapport objectif et officiel sur les modes d’alimentation végétarienne et végétalienne, d’où il ressort qu’il est tout à fait possible, voire conseillé, de suivre ces alimentations. Ce rapport a été rédigé par l’Association américaine de diététique et Diététiciens du Canada, deux organisations de renommée internationale et comprenant près de 70 000 membres (diététiciens et nutritionnistes). Il a été publié sur la base d’articles scientifiques, et vous comprendrez par vous-même que le sérieux de leur étude ne saurait être mise en doute.

Toute personne intéressée (dont maintenant vous faites parti) peut consulter le rapport original en anglais à l’adresse Internet suivante :
http://www.eatright.org/cps/rde/xchg/ada/hs.xsl/advocacy_933_ENU_HTML.htm

Une traduction française existe, et vous pouvez la trouver également sur le net, où elle est d’ailleurs téléchargeable gratuitement – afin de, justement, lutter contre l’ignorance des gens qui croient encore qu’il est impossible d’être végétarien ou végétalien. Voici le lien :
http://lacriee.free.fr/positionAADD.html

Pour vos recherches, vous trouverez également une multitude d’informations fiables sur l’alimentation végétarienne et végétalienne à cette adresse :
http://www.vegetarisme.fr/EntreNous/index.php?p=../docs/index.php


Vous serez heureux d’apprendre, à la lecture de ces documents, qu’aucun complément n’est nécessaire lors d’une alimentation végétarienne. Donc, là encore, vous avez commis une boulette fort regrettable en écrivant que le végétarisme est « parfaitement impossible à tenir, surtout dans la durée, à moins de compenser les carences inévitables par des comprimés de vitamines en pagaille. » En réalité, vous constaterez en vous documentant qu’il n’y a pas plus de « carences » que de « comprimés de vitamines en pagaille. »
Il est exact que pour l’alimentation végétalienne (ce dont vous ne parlez pas) il convient de compléter son alimentation par des apports en vitamine B12. Mais vous conviendrez avec moi que, dans un sincère souci de réduire la souffrance des autres animaux sur notre bonne vieille Terre, prendre quelque apport de vitamine B12 est vraiment un moindre mal – voire même un plaisir quand on songe aux nombres de vies animales ainsi épargnées par une alimentation végétalienne.
Je sais que des personnes argumentent que compléter son alimentation n’est pas « naturel ». Mais ces individus ont hélas une vision étroite des choses (ce qui ne saurait être votre cas). Elles confondent « naturel » et « bon » ; croyant naïvement que l’un et l’autre sont synonymes. Deux minutes de réflexion autour de faits aussi « naturels » que le viol, les maladies et épidémies de toutes sortes, les malformations et les catastrophes du genre ouragan Katrina et tsunami de 2004, nous font immédiatement comprendre que ces deux mots sont en réalité étrangers l’un à l’autre. Ce n’est pas parce que quelque chose est naturel qu’il est bon, et de bonnes choses (comme chercher à réduire la souffrance des animaux) peuvent parfaitement ne pas être naturelles.
D’autres personnes, noyées dans leur égoïsme ou de simple mauvaise foi (dont vous ne faites évidemment pas parti), n’ont pas envie de se « compliquer » la vie avec ces histoires de compléments alimentaires. Elles ne veulent même pas songer qu’être végétalien permet d’épargner la vie d’animaux, et que pour être un végétalien en pleine forme il suffit de prendre une dose de B12 tous les 5 jours au maximum, par exemple sous la forme d’un cachet minuscule. Il est rassurant par ailleurs de savoir que la vitamine B12 est constituée de bactéries cultivées par des laboratoires indépendants. Sachant tout cela, on se passera d’autres commentaires sur l’arrogance de ceux qui, au nom de je ne sais quels principes dépassés, refusent tout simplement de réfléchir aux conséquences désastreuses de leur alimentation et à la question des compléments alimentaires.
Pour information, je rappelle par ailleurs que de nombreuses personnes omnivores sont carencées en B12, en fer, en calcium, ou en toute autre chose, et que les compléments alimentaires sont loin de concerner prioritairement ou exclusivement les végétariens ou les végétaliens. Il s’avère donc absurde d’insister sur le fait que ces régimes doivent être équilibrés, alors que tous les régimes sans exceptions doivent l'être. C’est une question de bon sens.

Mais revenons à votre article. C’est avec désarroi que je lis également « de plus en plus de jeunes cons refusent même de manger les légumes ayant touché la viande ! Au lieu de les virer sans bouffer ou de leur faire ingurgiter de force avec un entonnoir, l’université de Lyon a réuni les responsables de toutes religions – y compris les bouddhistes -, écouté leurs conneries traditionnelles et décidé de créer « des repas complets sans viande » avec, c’est un comble, l’assentiment des laïcs et des athées. »
J’avoue que j’ai du mal à saisir pourquoi, comme toute personne sensée, vous ne vous réjouissez pas d’apprendre que grâce à une réflexion commune de différentes parties (même les plus minoritaires, comme les bouddhistes), des repas complets sans viande seront désormais servis à l’université de Lyon. Peut-être n’avez-vous pas saisi qu’il existe un lien entre le fait de manger de la viande et d’exploiter et tuer des animaux ? Ou bien êtes-vous de ceux qui ne savent pas que les animaux non humains sont des individus sentients, c’est-à-dire qu’ils ont des perceptions, des émotions, et par conséquent des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres ? En d’autres termes, votre ignorance serait-elle profonde au point de ne pas savoir qu’un cochon, une vache, une poule ou un poisson n’ont pas envie d’être tués pour être mangés ?
Peut-être ignorez-vous même que les animaux qui nous servent d’aliments vivent dans des conditions atroces : ils sont entassés, stressés, maltraités, battus, les mères sont séparées de leurs petits, les porcelets sont castrés et ont les dents et la queue coupées sans anesthésie... la liste des maltraitance sur les animaux destinés à la boucherie est sans fin, aussi là encore je vous laisse le soin de vous renseigner par vous-même – et là encore, sans bouger de votre fauteuil, une recherche sur Internet vous donnera tous les éléments nécessaires à une réflexion constructive.
Je n’en reviens pas de découvrir, par votre article, que des gens cultivés comme vous peuvent aujourd’hui encore ignorer que les autre animaux ont des conditions de vie (et de mort) abominables et ce uniquement du fait de notre gloutonnerie (puisqu’il n’est pas nécessaire de manger de la viande). Mais comment justifier autrement vos écrits ? Jusqu’à maintenant, vous étiez sans doute de ces gens indifférents pour qui la viande était un produit alimentaire neutre, mais maintenant vous prenez conscience que la viande est le cadavre d’un animal sentient qui a souffert et qui a été tué pour nous. Je sais que ce n’est pas facile d’affronter cette vérité, heureusement, il est possible de ne pas continuer à cautionner une telle barbarie – oui, vous avez compris : en étant végétarien ou, mieux encore, végétalien !

Arrêtons-nous maintenant un instant sur la forme de votre écrit. Si sa violence me désole, je la comprends aussi. Cette envie irrépressible de vouloir « les [les étudiants] virer sans bouffer » ou « de leur faire ingurgiter de force avec un entonnoir », ce mépris au point de les traiter de « cons », oui, je comprends que, convaincu du bien-fondé de vos croyances (à savoir qu’il faut manger de la viande), vous ayez face à ceux qui ne les partagent pas la même rage que, par exemple, les missionnaires catholiques ont eu face aux païens. Aveuglé comme eux, vous vous laissez emporter par la force de vos convictions, sans songer un seul instant à remettre en question votre foi en une société qui nous apprend dès le premier âge à manger de la viande et qui nous conforte sans cesse dans cette voie. La tyrannie et la haine vous emportent, et vous voulez soumettre par la force ceux qui vous contestent. Mais je sais aussi que vous êtes capable de dépasser ce conditionnement pitoyable et que vous serez à même de retirer des éléments que cette lettre vous apporte les conséquences utiles à votre évolution – et, certainement, vous regrettez déjà votre emportement, autant sur la forme que sur le fond.

Je conclurai cette lettre par une dernière information, mais de taille et très réjouissante : en plus d’épargner des animaux non humains, le végétarisme et le végétalisme sont des modes d’alimentation bénéfiques aux humains et à l’environnement. Je sais que ça vous paraît trop merveilleux pour être vrai, et pourtant c’est la vérité. Je m’explique :
Il faut savoir qu’en moyenne, il faut 7 calories d’origine végétale pour produire une seule calorie sous forme de viande. C’est-à-dire qu’il faut 9kg de protéines végétales pour produire un kilo de protéine animale. Concrètement, aujourd’hui dans le monde, 90% des plantations de soja servent à nourrir des animaux qui vont nourrir des humains ; fait totalement absurde puisque ce soja, s’il était consommé directement par les humains, pourrait nourrir environ 10 fois plus de personnes. C’est la même chose pour les céréales, dont 38% de la production mondiale sert aussi à nourrir les animaux. Quant aux terres arables, les deux tiers sont réquisitionnés afin de faire pousser ces aliments pour animaux, alors qu’ils nourriraient des millions de personnes supplémentaires s’ils étaient cultivés directement pour les humains (avec des céréales, du soja, des légumineuses, des légumes... ). Cette donnée à elle seule justifie de ne plus manger de viande, puisqu’il est fondamentalement injuste que le grain du pauvre engraisse la vache du riche – et nous en conclurons évidement que le végétarisme est une démarche très philanthropique. Continuer à manger de la viande dessert donc tout autant les humains que les animaux.
Mais ce n’est pas tout, puisque les élevages polluent massivement les sols et les eaux – pas la peine d’aller bien loin pour s’en rendre compte, il suffit de voir ce qui se passe en Bretagne. Les élevages sont aussi dévorateurs d’eau et d’énergie, et ils participent en plus au réchauffement climatique. Et comme si ce n’était pas suffisant, des millions d’hectares de forêts tropicales sont tout simplement rayés de la carte pour leur faire de la place... Triste constat, mais qui n’est pas insoluble - là encore je vous laisse le soin de vous documenter par vous-mêmes (et vous n’allez pas être déçu du résultat de vos recherches) et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Et comme vous, je dis : assez ! assez de souffrances, d’absurdités, d’inconscience ! Je l’ai dit, vous luttez pour des causes justes, et maintenant vous prenez conscience que le simple fait, si dramatiquement anodin, de manger de la viande est un acte hautement barbare et destructeur. Alors, soyons responsables, laissons les animaux tranquile, tournons-nous vers l’avenir et refusons de manger de la viande, puisque rien, mis à part des habitudes dépassées ou des arguments invalides, ne peut justifier de continuer à le faire. Je comprendrais tout à fait que vous préfériez rédiger une rectification vous-même à votre article à partir de vos propres recherches plutôt que de publier cette réponse, qui ne développera pour vous sans doute pas assez les bienfaits du végétarisme et du végétalisme. J’ai hâte de lire votre article et, confiante en votre honnêteté et en votre esprit d’ouverture, je sais que vous allez publier un article intéressant et constructif – car vous aurez à cœur de ne pas rester des fossiles ni des imbéciles quant aux animaux non humains, au végétarisme et aux humains.

 

Dans l’attente de vous lire rapidement, directement ou via votre journal, je vous adresse mes plus sincères salutations.