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21 juin 2006

merci la DRAF !

medium_vache_DRAF_blog.jpgMerci à la DRAF (Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt) de fournir aux étudiant-e-s agricole des supports pédagogiques comme celui que j'ai eu entre les mains l'an dernier : une BD sur le thème de la PAC (Politique Agricole Commune), qui régit le monde agricole européen. Par exemple, les quotas sur le vin ou sur le lait, c'est la PAC, et les agriculteurs/trices risquent de lourdes amendes à ne pas obéir. Au pays de Raivavi, un petit coin de campagne reculée... c'est le titre de la BD ; et une BD, c'est rigolo, non ? Bon, les dessins de celle-ci sont carrément ignobles, mais passons, on comprend l'histoire. Il s'agit de deux fermes voisines, qui connaissent bien des difficultés, mais pas pour les mêmes raisons. En tout cas, ça a un rapport avec la PAC.
Mais, plus rigolo encore, c'est que l'histoire est vue par les yeux de deux vaches, Boucle d'Or et Big Teat (grosse mamelle) ! Chacune vit dans une de ces fermes, elles papotent dans leur pré et vivent de mini-aventures, chacune avec leur caractère. Big Teat, par exemple, est une obsédée du rendement, tandis que sa copine, Boucle d'Or, privilégie la qualité. Quantité ou qualité, voilà une des préoccupations majeure du monde agricole d'aujourd'hui...
medium_vache_DRAF_blog_2.jpgEt la DRAF nous montre une Big Teat ravie de donner son lait aux humain-e-s, ha la brave vavache qui s'exclame, rayonnante pendant la traite : "Allez, gobelets trayeurs ! Pompez le lait de mes trayons ! ça, j'aime !" Elle est soucieuse de donner plein de lait, un max de lait, pour que ses patrons gagnent un max de pognac sur son dos. D'ailleurs, au début de la BD, on voit l'éleveur qui voit des billets de banque couler à la place du lait, et qui rêvasse : "Tout va bien !"
Quant à Boucle d'Or, elle pense : "Quel régal cette herbe naturelle !... Quels parfums !... Quels fromages en devenir !..." Toute heureuse, elle aussi, de si bien servir sa ferme. Même si un jour, pendant la traite, elle se demande : "Raz le pis de cette traite mécanique ! Pourquoi Violette ne m'a pas laissé mon veau ?" Tiens, c'est vrai ça, pourquoi on lui a pas laissé son veau ? La BD ne nous le dit pas. Mystère. Je me demande même pourquoi elle pense ça, cette vache.
La fin de l'histoire a failli tourner au drame : les deux vaches sont promises à labattoir ! Big Teat parce que son exploitation dépasse les quotas ; Boucle d'Or parce que sa ferme connaît des problèmes financiers. Big Teat explique : "Jean-Luc a reçu un avis de risque de dépassement de quotas !... J'ai eu quelques retards à la fécondation et c'est moi qu'il envoie à l'abattoir pour ne pas payer d'amende en fin d'année !..." Mais je ne fais pas durer le suspens plus longtemps... Big Teat sera sauvée : son maître lui donnera moins d'aliments concentrés et elle donnera moins de lait, donc les quotas seront respectés ; quant à la ferme de Boucle d'Or, elle reçoit un financement attendu depuis longtemps, qui va même lui permettre de développer la fabrication fromagère. Ouf !
Bon, l'histoire ne nous raconte pas que quelques années plus tard, les deux vaches partiront quand même à l'abattoir parce qu'elles seront devenues moins rentables. Mais ne nous encombrons pas de détails superflus.
Dans ma classe, tout le monde a aimé cette histoire. Le côté BD détendait par rapport aux épais et tristes documents qu'on recevait à longueur de journée. J'étais la seule à ne pas trouver ça drôle en fait... Je dois manquer d'humour. Après tout, deux vaches qui consacrent tous leurs efforts à donner un max de lait à leurs chers patrons, c'est touchant. Merci la DRAF de ne pas nous faire poser la moindre question. De nous faire oublier que le lait, ce sont des millions de veaux qui partent à l'abattoir : un par an et par vache, ça fait du nombre ! De nous donner bonne conscience de manger du fromage et de verser du lait dans nos céréales de petit dej, gratins et autres flans. Elles n'attendent que ça, les vaches : qu'on les insémine chaque année de force, puis qu'on leur enlève leur veau pour leur pomper leur lait, avant de les expédier à l'abattoir ! Ha, merci la DRAF, pour toute cette bonne propagande...
Tout va bien... Et vive la vache qui rit !

20 juin 2006

Difficile d'être vegane?

medium_roulotte_collective.jpgRécemment, je suis allée chez un ami qui vit en Allemagne, dans un Wagenburg. Les Wagenburg, ce sont des lieux assez répandus outre-Rhin mais complètement ignorés chez nous ; pourtant le concept est super intéressant ! Desmedium_gratin.jpg gens vivent ensemble sur un terrain dans des habitations mobiles : caravanes, camions, roulottes... Celui où j'étais compte une dizaine de vraies roulottes en bois, très belles, posées depuis une dizaine d'année sur un terrain boisé loué à la municipalité, en proche banlieue d'une petite ville. medium_ei_ersaz.jpgL'endroit est relié à la ville par le tram et une belle piste cyclable, dans le Wagenburg l'électricité est fournie par des panneaux photovoltaïques, l'eau vient d'une pompe, y'a un potager, des arbres, de la prairie, des vélos et des carioles à vélos, deux chats et la cuisine collective est végétarienne. Quelques personnes ne sont pas vegs et mangent des cadavres d'animaux hors du Wagenburg. Depuis mon arrivée les repas étaient vegans pour que puisse manger de tout avec les autres, ça s'est fait tout simplement, c'était très chouette. Et en Allemagne, il existe un produit appelé ei ertsatz, c'est du "faux oeuf" végétal !
Au bout de trois ou quatre jours, j'ai été étonnée que mon ami, pas veg, s'exclame : "ça doit être difficile d'être vegane, non ?" Sa question m'a vraiment prise au dépourvu, je me suis écriée : "Mais non, tu vois pas tout ce que je mange depuis que je suis là ? Regarde tout ce qu'il y a !" Et la discussion s'est arrêtée là.
Puis j'ai réfléchis. Et je me suis dit que ma réponse n'était pas exacte : c'est vrai qu'au Wagenburg c'est fastoche d'être vegane, tout comme chez moi où c'est hyper simple, vu que est prévu pour. Il y a des céréales, des légumes, du tofu, des protéines de soja, des légumes secs, des fruits, des noix, du seitan, du tempeh, etc. Et au Wagenburg, tout le monde était ok pour cuisiner vegan. Donc pas de problème.
Mais dans la vie de tous les jours, c'est pas vrai que c'est facile. J'ai fini par imaginer la réponse que j'aurais due faire : "Tu as raison, c'est difficile d'être vegane, même si ici ça va très bien parce que tout le monde veut bien organiser des repas vegans. Chez moi aussi c'est hyper simple, je n'y pense même pas. Mais dans la société, c'est souvent vraiment compliqué. Dans les restaurants, je dois me bagarrer pour ne rien manger qui vienne des animaux, et chez les gens c'est souvent difficile aussi. Je les préviens toujours à l'avance, mais après il faut faire gaffe qu'ils n'aient pas ajouté du beurre dans les pâtes, que les pâtes ne soient pas aux oeufs, bon après c'est normal les gens posent des questions, mais parfois ils sont malveillants, moqueurs et de mauvaise foi... Oui, c'est difficile : mais je sais exactement pourquoi je suis vegane, c'est parce que je refuse de participer à l'exploitation des animaux. Et même si je ne devais manger que du riz, des patates, des lentilles et des pommes, et bien je le ferai. Notre petit bien-être gustatif ne devrait jamais peser face à la vie des animaux ! En fait, ce qui est pénible, c'est pas d'être vegane, ça c'est même une force, mais c'est d'être vegane chez les viandistes !!! Si le monde était vegan, ce serait très simple... "

Tout ceci me donne envie de partager un extrait d'interview que j'ai découvert il y a quelques jours : c'est à propos d'une femme, Julia Butterfly, qui a passé deux ans au sommet d'un séquoïa géant aux USA pour le sauver de l'abattage. Son action, qui a été un succès, m'a vraiment touchée ; et en plus Julia est végane. Je lui laisse le mot de la fin :

Question : Julia, cela fait longtemps que tu as adopté une alimentation vegan, pourquoi?

Réponse de Julia: Parce que je sais très bien que ce que nous mettons dans nos assiettes a une très grande signification. Je ne comprends pas pourquoi ce sujet est toujours traité comme secondaire ou est carrément ignoré. Car c’est par ce que nous mangeons que nous prenons des décisions concernant ce qui est sur la terre et dans les mers, les lacs et les rivières, sur l’énergie, les animaux, la justice, et bien entendu notre propre corps. Ce qui va dans nos assiettes, c’est ce qui décide de la guerre ou de la paix, de tout, quoi! Je considère mon style de vie vegan comme révolutionnaire, mais une révolution pour la paix. J’aime vivre vegan, cela me rend fière et heureuse.
 
 
 

31 mai 2006

Quel monde voulons-nous ?

Il est difficile de nier la part de responsabilité européenne : notre orientation productiviste et l'industrialisation de nos élevages liée à la consommation croissante de viande contribuent à augmenter la demande en soja. (...) Les protéines sont indispensables à la production intensive de volailles, de porcs, d'œufs et de lait. (...) L'Europe, depuis les années 60, développe des élevages intensifs, mais pas sa production de protéines pour les alimenter. L'Europe est aujourd'hui le premier importateur mondial de soja : pour couvrir ses besoins en protéines estimés à 50 millions de tonne par an, elle importe 35 millions de tonnes de soja. (...) Au Brésil, 16,7 millions de personnes souffrent de la faim. Alors que l'État encourage l'agro-industrie, qui exporte 108 millions de tonnes de denrées alimentaires, il importe de plus en plus de quoi nourir sa population.
Ces phrases viennent tout droit de la campagne lancée en février 2006 (qui durera jusqu'en septembre) : Le soja contre la vie. Attention : ce n'est pas une campagne contre le soja, mais contre le soja cultivé par des pays pauvres pour nourrir les animaux que les pays riches consommeront !
Je trouve cette campagne plutôt intéressante parce qu'elle dresse enfin un tableau de cause à effets de ce que représente, du point de vue écologique, notre consommation de viande. Par exemple, il y a deux semaines, je lisais dans un journal une brève sur les cultures de soja qui participaient à un rythme effrayant à la déforestation de la forêt amazonienne (ou de ce qu'il doit en rester, ce ne doit plus être si fameux peut-être, hélas ! D'ailleurs, je lis dans la brochure de la campagne : Au Brésil, rien qu'en 2002, 700 000ha de forêt ont été détruits pour laisser place au soja. En vingt ans, les surfaces consacrées au soja dans la partie amazonienne de la Bolivie sont passées de 30 000 à 500 000ha). Mais pour en revenir à l'article du journal, s'il parlait bien de la déforestation de la forêt amazonienne pour la monoculture du soja, pas un mot sur la finalité de cette culture… et bien je vous assure, des gens imaginent alors que c'est pour faire du tofu et des boissons au soja qu'on rase cette forêt ! L'an dernier encore, un de mes profs m'avait mis sous le nez en pleine classe un article sur le sujet, bien sûr encore un article tronqué où pas un mot ne filtre de la destination de ce soja… et il m'avait dit un truc du genre : Tu vois les conséquences du (sous-entendu : ton) végétalisme (ou végétarisme) ! Mais quand j'avais expliqué que ce fameux soja servait en réalité à nourrir les animaux que lui il mangeait, silence dans la salle… Heureusement, cette campagne souligne bien que ce n'est pas une lutte contre le soja, qui se substitue avantageusement à la viande et aux produits laitiers.
C'est comme les cultures de maïs en Europe et en France : à chaque sécheresse, les médias et les autorités s'alarment de cette culture si gourmande en eau : bon sang de bon soir, y'en a marre du maïs qui nous pompe l'eau ! Oui, mais ces milliers d'hectares de maïs, ils servent à quoi à votre avis ? Je vous le donne dans le mille : à nourrir les bestiaux qui servent à vous nourrir !
Petit rappel : Il faut 4kg d'orge pour faire 1kg de volaille et 5kg de viande pour produire 1kg de truite en pisciculture. (Ministère de l'agriculture et la pêche) Il faut donc 20kg de céréales pour obtenir 1kg de viande de truite, bravo ! Mais le plus fort, c'est que le même Ministère écrivait aussi : En supprimant l'intermédiaire animal, en devenant végétalien, l'homme réaliserait une importante économie de matériaux servant à le construire. Il y a parfois (nan, toujours !) un grand gaspillage de ressources alimentaires, quand les animaux d'élevage mangent des produits qui pourraient être consommés directement par l'homme (ex : vaches nourries avec du maïs, volailles nourries avec du soja). Merci le Ministère pour ces réalités, bon on va quand même pas leur demander en plus d'en tirer des conclusions pratiques, comme d'arrêter de promouvoir à fond l'élevage…
Quant à la campagne Le soja contre la vie, elle nous fournit des centaines d'informations alarmantes, catastrophiques et atroces sur l'envers de la consommation de viande… alarmé-e-s, nous nous penchons avec intérêt sur la rubrique alternatives pour les pays consommateurs (nous). Et là on lit :
  • substituer le soja : c’est possible, grâce à d’autres oléo-protéagineux, même inférieurs en qualité. Pour les bovins, le retour à l’herbe est tout à fait viable ;
  • cultiver du soja localement et dans le respect de l’environnement, c’est techniquement possible.
  • refuser le soja OGM
  • infléchir la courbe de consommation de viande
??? " infléchir la courbe de consommation de viande " ??? Voyons cela méthodiquement :
" substituer le soja " : ok, mais si on devait nourrir avec du foin tous les animaux nécessaires à maintenir notre consommation de viande actuelle, ça reviendrait peut-être à devoir raser toutes les forêts de France pour en faire des pâturages…
" cultiver du soja localement " : j'imagine que c'est pour nourrir les animaux… donc même remarque que ci-dessus. Après tout, c'est exactement ce que nous faisons chez les autres, alors au moins on pourrait être assez honnêtes pour le faire chez nous d'abord. Mais si on veut cultiver du soja dans le respect de l'environnement, donc sans massacrer toutes nos jolies forêts, encore une fois ça va jamais suffire à assouvir notre faim de cadavres. Je signale que le soja que je bois est bio et produit en France.
" refuser le soja OGM " : pour moi, c'est un peu la phrase mystère… Vu que ce soja sert à nourrir les bestiaux qui nous nourrissent, comment on est censé faire ? Peut-être est-ce que c'est écrit sur l'emballage : Cette vache qui a été tuée pour vous nourrir a été alimentée par du soja OGM en provenance de Bolivie. Peut-être…
On revient à la quatrième alternative : " infléchir la courbe de consommation de viande ". Infléchir, ça veut dire diminuer, mais ça sonne un peu plus creux… Infléchir la courbe, c'est loin, ça concerne des chiffres ; est-ce que c'est vraiment moi qui ne plus manger de bidoche à midi ?… D'un point de vue écologique, c'est on dira un début. Ça ferait aussi que moins d'animaux seraient massacrés pour nos papilles… Mais du point de vue des animaux, c'est complètement insuffisant. Finalement, cette campagne est intéressante mais elle manque quand même totalement de prise en compte des animaux…
Là aussi, ça leur ferait vraiment trop mal de promouvoir clairement le végétarisme/végétalisme !
À propos, l'association Alliance Végétarienne a publié un Cahier très intéressant, qui reprend, entres autres, la thématique du soja et des OGM. Nourrir son monde ça s'appelle. Ça aurait aussi pu s'appeler : nourrir tout le monde, écologiquement, intelligemment, équitablement et sans tuer :
Voici un cahier qui démontre, chiffres à l'appui, que l'élevage entretient la malnutrition dans le monde, que la planète pourrait nourrir 15 milliards de personnes sans recours aux produits animaux, et que l'alimentation carnée à l'occidentale est un caprice de riches.
Un caprice de riches qui coûte la vie à des milliard d'animaux, ceux élevés pour leur viande et ceux qui vivaient dans la forêt, et qui est en train de transformer une forêt inestimable en monoculture OGM… Ben ça fait pas rêver.
J'oubliais : dans la campagne, il y a aussi deux cartes-pétitions à signer à et à renvoyer à nos autorités. L'une est pour que la France arrête de financer le développement de la monoculture du soja en Amérique latine. L'autre s'adresse au PDG d'une des firmes qui massacre l'Amazonie, et on y lit : "en tant que consommateur de viande". Là, je vous propose de rayer et d'écrire à la place : "en tant que végétalien-ne (végatérien-ne)".

24 mai 2006

Et si les animaux comptaient…

Comment est-ce possible que les humain-e-s, toujours et encore, ramènent à la sphère individuelle l'oppression exercée envers les animaux ?
La semaine dernière, une amie, végétarienne pour les animaux, m'a dit que "ça lui allait" que des gens amènent de la viande à la fête organisée pour son anniversaire. Que ça lui aille à elle, je veux bien le croire, mais est-ce sa vie qui est en jeu ou bien celle des animaux ?
Toujours et encore le fait de manger les animaux est ramené à une histoire de goûts et de couleurs…
Combien de temps va-t-il encore falloir entendre des réflexions du style : je ne mange pas de viande mais ça ne me dérange pas que tu en manges ; de toutes façons chacun fait ce qu'il veut ; du moment qu'on ne me force pas à en manger…
Je ne veux pas jeter la pierre aux végétarien-ne-s, loin de là, c'est déjà tellement bien de l'être ! Mais alors quoi ? Alors je sais pas, la remarque de la copine de la semaine dernière a été un peu la goutte d'eau pour moi à ce moment-là : manger de la viande est un acte meurtrier, et oui, j'aimerais vraiment imposer l'interdiction formelle de manger de la viande parce que c'est intolérable, injustifiable, que des animaux soient exploités et tués pour être mangés. On me taxera de radicale, d'intolérante, oui sans doute, mais comme on dit : c'est pour la bonne cause, non ?
Accepter sans broncher, peut-être avec une certaine forme de douce compréhension, sous prétexte que chacun-e fait ce qu'ellil veut que d'autres apportent de la viande à nos repas d'anniversaire, dans nos maisons, la cuisinent sous nos yeux ; accepter cela et le justifier, n'est-ce pas faire comme si les animaux ne comptaient pas, toujours pas malgré notre refus à nous d'en manger ?
Mais se montrer solidaire des animaux, c'est s'exposer aux railleries, quolibets, moqueries et mots méchants : que tu es intolérante, arrête tu vas me faire pleurer, je fais bien ce que je veux : et bien justement, non ! ça ne devrait pas être possible dans ce cas ! pas quand c'est la vie des animaux qui est en jeu !
Allez, tout ça je le sais bien aussi.
Et je sais pas pourquoi la réflexion de la copine m'a tellement énervée, parce que finalement moi non plus je ne lui ai rien dit. Pourquoi je ne lui ai pas répondu : ha, je comprends que tu n'es pas envie de faire des histoires, mais c'est dommage d'accepter que des gens amènent de la viande chez toi, parce que ça va causer la mort d'animaux…
Ou alors, je sais bien pourquoi sa réflexion m'a tant agacée : justement parce que moi non plus je n'ai rien osé dire, finalement…
 

25 avril 2006

Des tracts pour les animaux

Bonne nouvelle pour les animaux : des gens se bougent pour mettre à notre disposition de supers outils d'information ! Un grand merci à toute l'équipe qui a permis la création et le tirage de ces tracts sur la consommation des oeufs, de viande, des poissons, et sur l'exploitation des animaux en général. Ces quatre tracts (un par thème) sont remarquables de qualité, par leur maquettage (en quadri s'il vous plaît), par leur texte : clair, reprenant les thèmes essentiels sans rien omettre non plus de ce que vivent les animaux sous le joug humain.
Des tracts qui vont m'être bien utiles, pour envoyer à mon père qui n'a jamais compris pourquoi je ne mangeais pas d'oeufs (ha, un seul regret : qu'il n'y ait pas un tract sur le lait !), à mes collègues qui pensent que les animaux d'élevage sont bien traités, à ma soeur qui, même "sympathisante" de mon véganisme, continue à me faire des blagues d'un goût plus que douteux sur la viande... bref, des tracts qui vont participer à ouvrir les yeux, l'esprit et le coeur des humain-e-s sur le sort qu'elles/ils infligent aux animaux - uniquement pour leur plaisir, légitimé par la culture, la tradition, la force de l'habitude, les omégas3, les acides animés, la trouille, l'égoïsme et je ne sais quoi encore...

Ces tracts sont disponibles à prix libre : les personnes qui souhaitent les diffuser mais qui n’ont pas ou peu d’argent peuvent en commander, en donnant la contribution de leur choix. C'est précisément pour cette raison que tout soutien financier est bienvenu, afin que les rentrées d’argent ne soient pas nécessairement liées aux sorties de tracts.
Pour toute commande : Réseau antispéciste, 20 rue Cavenne, 69007 Lyon
Pour tout règlement et don : même adresse, chèques à l'ordre des éditions tahin party, CCP 11 731 22 F
On peut aussi les voir et les télécharger en PDF.
Lors de toute commande, pensez à bien indiquer combien vous en commandez et à donner l’adresse à laquelle les envoyer.
Les tracts seront présents à la Veggie Pride à Paris le 20 mai 2006, où on pourra passer les prendre (d'où économie de frais de port).

10 avril 2006

Food not cops à Lyon

Parce que notre société est celle du gaspillage !
Parce que manger est un droit !
Parce que les animaux ne sont pas de la nourriture !
Food not cops se met en place à Lyon ! Food not cops (de la nourriture, pas des flics), appelé aussi dans d'autre lieux Food not bombs (de la nourriture, pas des bombes), est un collectif d'individu-e-s qui organise des distributions de repas vegs gratuits ! si si, vegs et gratuits !
La première, c'était samedi dernier place Raspail, dans le 7ème à Lyon. Une trentaine de personnes (pas si mal pour une première peu annoncée !) a pu partager un repas convivial sous un soleil de circonstances. Merci à toute l'équipe de Food not cops pour ce moment ! (oups, complètement oublié de prendre des photos de cette première !)
Food not cop
s, c'est une excellente réponse au gaspillage énorme engendré par notre société de (sur)consommation : ici, tous les jours, de la nourriture en excédent est jetée dans les grandes surfaces, les restaurants, les marchés et même chez nous. Cet excédent permettrait largement de nourrir celles et ceux qui en ont besoin à condition qu'il soit distribué équitablement et sans recherche de profit. Bien sûr, chaque personne peut le faire, même ponctuellement, pour recréer des liens de solidarité et d'échange et développer ainsi une alternative critique au système économique qui surproduit, jette et gaspille. Mais c'est plus facile quand on se regroupe et qu'on s'organise, comme le propose le groupe Food not cops. Ce genre d'initiative est né aux USA, il y a bien une vingtaine d'années si ce n'est plus. Ca me rappelle qu'il y a un film vraiment sympa et instructif à voir sur le gaspillage alimentaire en France, c'est Les glaneurs et la glaneuse d'Agnès Varda.
L'idée fondamentale du mouvement est de distribuer gratuitement dans la rue de la bouffe exédentaire, végétalienne ou végétarienne. Les plats cuisinés sont toujours végétaliens ; mais le groupe lyonnais n'exclut pas de proposer des trucs végétariens de récup (comme du fromage, des viennoiseries, des yaourts... ). !
Food not cops existe déjà à Paris ; ailleurs en France je ne sais pas. Sur Lyon, le collectif souhaite organiser des repas le plus régulièrement possible, toutes les semaines si la motivation le permet ! En tout cas, le groupe a besoin de matériel pour débuter : bassines, épices, gamelles, louches, spatules, couverts, jerricanes alimentaires, torchons, sacs poubelles, verres, bols, rallonges, enrouleur, traiteaux, planches, parasols, polyan... et de la nourriture, tout simplement ! N'hésitez pas à contacter le goupe lyonnais foodnotcops !
et à consulter le site du groupe parisien, ou celui qui présente le mouvement foodnotbombs dans son ensemble, et dans lequel on peut lire :
En plus de la collecte et la distribution de nourriture, Food Not Bombs encourage le végétarisme pour solutionner ce problème. Si plus de gens étaient végétariens et réclamaient des aliments cultivés biologiquement et produits localement, cela aiderait à promouvoir des pratiques agricoles écologiques et rendrait viables de plus petites fermes. Ce virage rendrait plus facile la décentralisation des moyens de production et la création d'un contrôle démocratique sur la qualité des produits agricoles et l'occupation des terres. Plus de gens peuvent être nourris par un hectare de terre avec un régime végétarien qu'avec un régime carnivore. Les habitudes alimentaires de notre société, basées sur la consommation de viande, encouragent l'"agrobusiness" et accroissent la dépendance des producteurs envers les fertilisants et pesticides chimiques, ce qui détruit l'environnement et diminue au bout du compte la valeur nutritive des aliments ainsi produits. Toutes les viandes produites industriellement dans ce pays sont pleines d'additifs chimiques, de médicaments, d'hormones de croissance, d'agents de conservation; et puis le lait contient presque toujours des traces d'isotopes radioactifs. C'est pourquoi le végétarisme, qui consomme moins de ressources, est meilleur pour l'environnement et notre santé.
Bien que nous encouragions le végétarisme pour des raisons politiques et économiques, cette philosophie apporte aussi plusieurs bénéfices immédiats. Les problèmes potentiels dûs aux aliments avariés sont grandement réduits lorsqu'on se contente de manipuler des légumes, et les membres du groupe tendent à adopter un régime plus équilibré à mesure qu'ils se familiarisent avec le végétarisme. De plus, enseigner aux gens l'impact bénéfique qu'aura le végétarisme sur leur santé crée une attitude positive et pleine de compassion envers nous-mêmes, les autres et la planète toute entière. Par conséquent, toute la nourriture que nous préparons provient strictement de sources végétales; il n'y a ni viande, ni produits laitiers, ni oeufs. Les gens connaissent ce principe et font confiance à notre bouffe, chaque fois qu'ils viennent à notre table.
Tout à fait d'accord ! Mais aussi :
le végétalisme/végétarisme, c'est aussi excellent pour la santé des animaux !!!

31 mars 2006

Gorilles, B12 et nature

La semaine dernière, je me suis plongée dans le fameux livre Gorilles dans la brume de Diane Fossey. Cette chercheuse scientifique américaine (1932-1985) a passé la majeure partie de sa vie à étudier les gorilles sauvages au Rwanda* et à partager leur quotidien. Elle en a tiré des milliers d'observations - d'où le livre, un film, et une fondation pour la protection des derniers gorilles sauvages. Les comportements des gorilles qu'elle décrits sont souvent très similaires aux nôtres : amitié, affection, jeux de séduction, jalousie, désirs, le tout avec des liens sociaux forts et très structurés. Indéniablement, nous sommes vraiment cousin-es avec les gorilles ! Leurs comportements alimentaires sont bien intéressants aussi, entre autre parce que Diane Fossey propose une hypothèse très plausible quant à leur source de B12 : ces gorilles végétaliens, animaux sauvages vivants dans un environnement tout aussi sauvage, trouveraient leur B12 indispensable dans leur caca ! qu'ils mangent sans hésiter à pleines mains…
"Les gorilles, quels que soient leur âge et leur sexe, mangent leurs excréments et, parfois, ceux des autres gorilles. La coprophagie s'observe après de longues périodes de repos, pendant la saison des pluie. La nourriture est alors plus rare et les déplacements moins fréquents. L'animal écarte légèrement ses fesses et recueille la crotte dans une main en prenant garde qu'elle ne touche pas le sol. Il mastique tout en se léchant les babines avec satisfaction. La coprophagie existe chez la plupart des vertébrés, y compris l'homme, dans les cas de carence nutritionnelle. On peut penser que, chez les gorilles, elle a une fonction diététique et permet aux vitamines, la vitamine B12 en particulier, dont la synthèse se fait dans le gros intestin, d'être assimilées au niveau de l'intestin grêle."
Le végétalisme pourrait donc être on ne peut plus naturel, autant pour les gorilles que pour les humain-es… à condition que, comme ces derniers, nous nous adonnions avec délice à la coprophagie. Personnellement, je préfère m'en tenir à de la B12 en ampoules ou en cachets, mais chacun-e son truc.
Cette info rassurera peut-être les fans de nature : on peut être végan-e, même en vivant toujours en forêt ! Mais au fait, est-ce que c'est si important ? Est-ce que l'essentiel n'est pas de savoir qu'on peut vivre sans faire souffrir ni tuer des animaux, quite à pour cela devoir prendre des compléments alimentaires ? Quelle importance, et vive le progrès si il m'évite d'avoir à manger mon caca pour cela !
(cette note fait suite à celle sur la B12)
* Ce petit pays africain est hélas devenu connu suite au terrible génocide de 1994… Ne pas hésiter à se plonger dans la bibliographie, notamment celle de l'association Survie. Avant 1994, Rwanda s'écrivait en français Ruanda.