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13 septembre 2010

Champa, l'éléphante esclave sauvée

champa 1.jpg"L'histoire de Champa ressemble tristement à celle des autres éléphants esclaves. Lorsqu’elle été repérée par WSOS, elle avait 38 ans. Elle promenait des touristes depuis le parking d’un hôtel très fréquenté, situé sur l’autoroute qui relie Delhi à Agra. C’est sur cette route aussi que des dizaines d’ours dansaient… Champa boitait et gémissait à chaque pas. Une blessure à sa patte avait été camouflée sous des dessins colorés, comme le font tous les propriétaires d’éléphants. Les touristes ne se rendaient compte de rien. Son propriétaire a expliqué qu’un morceau de métal lui avait pénétré dans le pied, entre deux ongles, peu de temps auparavant. La blessure était profonde, brûlante et enflée. L’éléphante a donc été tout de suite mise sous antibiotiques. (...) Malheureusement, ses propriétaires sont loin de tels sentiments. Ils ont donc continué à la faire travailler dans les rues polluées de Agra au lieu de lui accorder le repos qui seul aurait permis la guérison de sa blessure… Aujourd’hui, 9 ans après, sa blessure la fait toujours souffrir et a pris des proportions inquiétantes. L’abcès a enflé jusqu’au genou et a largement rempli un seau de pu lorsqu’il a été drainé…"
Emue par tant de détresse, l'association One Voice s'est mobilisée non seulement pour sauver Champa, mais a le projet d'élargir ce sauvetage à d'autres éléphants. Ainsi, l'association souhaite créer un sanctuaire dédié au sauvetage des éléphants esclaves, où "les éléphants bénéficieraient de soins vétérinaires adaptés et de toute l’affection dont ils ont besoin. Ils pourraient y prendre le temps de jouer, de se reposer et manger à leur faim…" Après un appel à dons, Champa a effectivement pu être sauvée, et enfin libérée de son martyr. Désormais, elle se repose et est  soignée dans un espace loué, en attendant que le sanctuaire soit effectif. Vu son état de santé pitoyable, il était vraiment temps que son cauchemar cesse: pieds infectés, ensanglantés en permanence, douloureux, mais aussi - et plus grave - elle souffre de sénilité précoce, conséquence directe d’avoir été constamment obligée de travailler, et d’avoir travaillé trop dur.
Cette histoire est terriblement émouvante. C'est dommage que la façon dont les éléphants sont dressés n'est pas décrite: j'avais lu (il faut que je retrouve dans quel livre - j'ajouterai la citation plus tard) que les bébés éléphants sont isolés, battus sévèrement, affamés et terrorisés par un homme pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce qu'un autre homme - leur futur cornac (ou maître) - les libère. Leur cornac les câlinera, apaisera et nourrira enfin, et les éléphanteaux lui voueront alors jusqu'à leur mort un amour infaillible. C'est leur sauveur. Ce dont ils ne se rendent pas compte, c'est que l'homme qui leur a fait tant de mal était payé par leur futur cornac. Hé oui, c'est par ce système particulièrement sordide que le cornac s'assure de la soumission et de l'amour de "son" (ou de "ses") éléphantE(s)!
On ne peut que saluer le projet de One Voice de créer un sanctuaire pour sauver des éléphants de l'esclavage :
"Selon les statistiques officielles, ils seraient également 4 000 à y vivre en captivité. Mais en réalité, leur chiffre est plutôt de l’ordre de 5 000 tant ils sont nombreux à être détenus illégalement. Considérés comme du bétail, ils sont exploités pour divers travaux, tels que le déplacement des rondins de bois, le transport de charges, celui des touristes, ou la publicité. Les éléphants sont obligés de marcher de longues heures sur le goudron brûlant (50°C en été), dans des rues noires de monde et de voitures et même sur les autoroutes, sous la contrainte souvent d’un ankush (sorte de crochet utilisé par les cornacs)… Leurs pieds sensibles, inadaptés à une marche prolongée sur du bitume, se fissurent, sont brûlés, se blessent, s’infectent, mais ils doivent continuer à travailler. Là où ils doivent porter du bois, c’est leur trompe qui s’abîme. Elle devient douloureuse, saigne et parfois ses terminaisons nerveuses sont mises à nues. Quand on sait l’importance que joue cet organe dans la vie sociale des éléphants, on comprend que leur souffrance va bien au-delà des blessures physiques."
En espérant que ce sanctuaire sera le point de départ de la fin de l'esclavage des éléphants en Inde. Après tout, pourquoi cela serait-il impossible? Le fait que ce soit une tradition (arghhh) rendra sans doute la tâche plus ardue, mais certainement pas illégitime! Souvenons-nous qu'il n'y a désormais plus "d'ours danseurs" en Inde!
Outre l'obstacle que peut représenter le poids des traditions, il faut aussi penser à la reconversion des cornacs - comme celle des Kalandars, les propriétaires des ours danseurs, fut prise en compte, ce qui représente un point crucial de la réussite de ce genre de projets. Mais il y a aussi le coût assez phénoménale de la prise en charge d'un éléphant : entre la nourriture (jusqu'à 100kg/jour), les soins, le sanctuaire à louer ou à acheter, en tous cas à entretenir, et le personnel à payer = 60€/jour. C'est quand même beaucoup et ça me laisse toujours un peu perplexe ces sauvetages qui coûtent de petites fortunes. Mais bien sûr, si j'étais Champa je trouverais que ma vie n'a pas de prix!

Champa 2.jpg
Champa sauvée

Et au passage, je ne salue pas les touristes (occidentaux ou indiens) qui profitent de leur séjour en Inde pour s'offrir une tite ballade à dos d'éléphant (ou de chameau, de cheval, d'âne, de vache ou de buffle)*, et tellement indifférent au sort de l'animal qui les véhicule. L'article de One Voice nous informe que, aussi incroyable que cela paraisse, ils ne se rendaient même pas compte de la souffrance de Champa, qui pourtant boitait et gémissait à chaque pas! Mais du moment que la ballade est sympa et exotique, hein, l'éléphant, on s'en fout non?

 

* et qui veulent manger de la viande, banalisant ainsi sa consommation dans un pays favorable au végétarisme, et qui s'offrent parfois bien d'autres ravages autour d'eux, vis-à-vis des humains ou des animaux non humains.

Photos One Voice. Champa au travail et Champa sauvée.

10 septembre 2010

Regard animal

regard animal couv.pngUn nouveau magazine vient de paraître!  Ça s'appelle Regard Animal, et ça l'air bien intéressant - en tout cas, toute initiative qui oeuvre à changer la façon dont les humainEs considèrent les animaux est la bienvenue.
J'écris "à l'air" parce que je dois bien avouer que je ne l'ai pas encore eu entre les mains. Le premier numéro est paru en septembre 2010, avec un sommaire varié: un dossier sur l'histoire des rapports homme/animal par Marc-Alain Descamps, une interview de l'Alliance Anticorrida, un article sur le respect de l’animal, vers un changement culturel en Chine ? par Emmanuelle Klei, plus, entre autres articles, des nouvelles associatives, une rubrique adoption, etc.
Regard Animal se trouve par correspondance (6 mois (3 n°) pour 14€, 1 an (6 n°) pour 28€) ou dans les boutiques qui le relaient (j'imagine que pour l'instant, il ne doit pas encore y en avoir des centaines).

Regard Animal se veut le média porte-parole de la condition animale auprès du grand public. Il relaiera le travail des associations. Il encouragera les initiatives solidaires et partagera les bonnes nouvelles, les avancées et les solutions. Il partira à la recherche de toutes les réflexions actuelles sur l’intelligence, la sensibilité et la beauté animale, nous aidera à comprendre les liens entre bien-être humain et animal, entre respect de la planète et respect de ses habitants.
Et tout cela sur un ton ouvert et positif. Nulle image de souffrance dans nos pages, nous voulons être lus par tous, respecter la sensibilité de chacun.

Il ne reste qu'à espérer que  Regard Animal a un bel avenir devant lui, et que toutes les formes d'exploitation des animaux seront prises en compte dans ses colonnes.
A suivre et à soutenir donc, et merci d'avance à toutes les personnes qui l'ont eu entre les mains de laisser ici un commentaire par rapport à ce magazine qui semble innovateur et prometteur!

30 août 2010

Des poules indemnisées?

"Après le passage des deux avions de chasse qui a surpris les habitants mardi midi à Pléguien, un éleveur a découvert ses poules entassées les unes sur les autres dans ses bâtiments d'élevage qui accueillent 68.000 volailles. Le bilan est selon l'éleveur de 4.800 animaux morts, a rapporté la gendarmerie. L'éleveur a déposé plainte auprès de la gendarmerie et une enquête est en cours, a précisé le Service d'information et de relations publiques de l'Armée de l'Air (Sirpa Air). Le commandant Frédéric Solano du Sirpa Air a confirmé jeudi le passage de deux avions du ministère de la Défense sur la zone, mardi à 12H00, dans le cadre d'un "vol programmé, à une altitude conforme au règlement en vigueur". Mais si l'enquête détermine qu'il y a eu une relation de cause à effet entre le décès des volailles et le passage des avions, "nous avons un service contentieux qui est habilité à indemniser les personnes et les biens", a souligné le commandant."
Cet article paru dans LibéRennes laisse donc entendre que ces milliers de poules pourraient être indemnisées, puisque ce sont elles les vraies victimes et que le service contentieux indemnise les personnes ! Hé oui, les poules sont des personnes sentientes, qui ont chacune leur personnalité, leur caractère, leurs préférences, qui peuvent être affectueuses et qui sont fort curieuses. Bien sûr, ce n'est pas très facile de s'en rendre compte quand le rapport qu'on a avec elles se restreint à manger des morceaux de leur cadavre.
On imagine aussi le taux énorme de stress de ces poulettes pour s'affoler ainsi à un bruit inconnu. Le taux de stress, et aussi l'absence d'endroit où se réfugier pour se sentir en sécurité en cas de danger. La surpopulation et le stress sont toujours générateurs d'empilement en cas de sensation de danger, qu'il s'agisse des poules ou des humains. Un dramatique mouvement de panique (sans aucune cause réelle!) a ainsi fait plus de 500 blessés et causé la mort de 19 personnes humaines lors de la Love Parade 2010.

poulette-ASBL-Fabienne.jpg

L'article nous dit que les poules étaient "accueillies", alors qu'en réalité elle étaient "exploitées". Ce sont aussi des petites tournures de phrases, anodines, qui cachent la réalité de l'exploitation des animaux et leur calvaire quotidien.
photo : poule "pondeuse" issue d'un élevage intensif et sauvée par l'ASBL Fabienne. Son bec a été coupé.

23 août 2010

La corrida inscrite à l'Unesco, et puis quoi encore?

Il ne faut absolument pas laisser passer une telle horreur ! Des responsables du monde (très restreint) de la tauromachie française voudraient que la corrida soit reconnue comme un patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco. Si ça passe, la corrida aura en effet un bel avenir assuré devant elle! Et pour les taureaux, l'avenir sera une succession sans fin de souffrances, de stress et de mise à mort.
Pour mieux répondre à sa mission culturelle, l'Unesco a en effet promulgué en 2005 une Convention destinée à préserver des "trésors immatériels" de l'humanité, de nature diverse. Fêtes de carnavals, danses ou musique, fabrication d'objets typiques ont été jugées dignes par la Commission "d'être transmises de génération en génération". Aujourd'hui, les amateurs de corrida demandent aux 54 villes taurines françaises (54 ? Il y en a tant que ça ?!!!) de soutenir leur demande à l'Unesco pour y obtenir le classement de la corrida comme "bien immatériel". Or ce "trésor de l'humanité" (hahaha) consiste à enfoncer successivement dans un taureau une quinzaine d'armes blanches, puis à transpercer son thorax à l'épée, pour le faire tomber, encore vivant, et longuement agoniser au sol. Des coups de poignard répétés dans la nuque utilisent la méthode inhumaine des abattoirs du XVIIIe siècle, à l'époque où la corrida apparaît en Espagne. Un tel spectacle constitue une torture, au sens de la définition donnée par Michel Foucault : "maintenir la vie dans la souffrance". Un éminent journaliste énumère de manière ironique les arguments des partisans de la corrida : "La mise à mort rituelle d'un bovin ne procure-t-elle pas un sentiment d'identité (peut-être nationale) et de continuité" ? Ne contribue-t-elle pas à "promouvoir la créativité humaine" (voire humanitaire) ? N'est-elle pas "conforme aux droits de l'homme" (sinon de l'animal) ? La conclusion est terrible : "Bien sûr, on pourrait aller plus loin : faire homologuer la violence et la cruauté en général. Mais elles sont depuis longtemps inscrites au patrimoine mondial. En lettres de sang." (1)

Il est très important de savoir que ce sont les états membres de l'Unesco qui proposent une liste de "trésors" potentiels. Pour la France, cette liste est préparée par le ministère de la Culture. Il est donc capital de sensibiliser en amont nos élus, nos gouvernements pour éviter que la corrida ne soit proposée. En signant la pétition contre l'inscription de la corrida à l'Unesco, vous demandez donc au gouvernement français de ne pas inclure la corrida sur cette liste. Cette pétition fait partie d'un ensemble de démarches que le CRAC est en train de mettre en place au niveau international. SeulEs les citoyenNEs françaisEs peuvent signer la pétition, mais l'objectif est de proposer, dans les semaines qui viennent, une pétition pour chaque pays. L'ensemble de ces pétitions sera présenté sous forme de liens sur notre site. Chacun pourra alors signer la pétition pour sensibiliser son propre gouvernement. Dans la mesure où d'autres États sont susceptibles de proposer à l'Unesco le classement de la corrida, les différentes pétitions permettront de montrer aux responsables de l'Unesco que de très nombreux citoyens des pays "tauromachiques" sont totalement opposés à cette pratique d'un autre temps.

On se bouge, on laisse pas passer ça, on signe et on fait circuler la pétition contre l'inscription de la corrida à l'Unesco !!!

 

taureau image CRAC.jpg

 

Source: CRAC
(1) Robert Solé, Identité animale, Le Monde, 17/12/2009.

09:56 Publié dans animaux | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : corrida, unesco, crac

09 juin 2010

Alternatives végétariennes: 100!!!

revue-AVF-100.jpgC'est toujours un plaisir de le recevoir dans la boîte aux lettres: l'exemplaire d'Alternative végétarienne, revue trimestrielle de l'Association Végétarienne de France. Et puis, quand même, le numéro 100 - une petite émotion particulière !
Recevoir la revue me fait toujours plaisir car, même si je suis entourée de nombreux amiEs veg - plus mon compagnon, végan comme moi - hé bien, ça me fait sentir que ça bouge pour les animaux en France. C'est lent, c'est difficile, surtout dans ce pays si attaché à ses traditions si morbides soit-elles (foie gras, corrida, chasse, rillettes, jambon-beurre, steak frites - bon, les frites, ça va). Quand je vois comment ça bouge dans les autres pays (montreurs d'ours désormais interdit en Inde, animaux sauvages dans des cirques interdit au Portugal... ), je ne peux pas m'empêcher de trouver la France statique, froussarde et bien tristement conservatrice.
Bref, Alternative végétarienne nous fais sentir moins seulE, et c'est bien appréciable.

Dans le dernier numéro paru - pas encore entièrement lu - l'entretien avec Michèle Sharapan est par exemple bien intéressant. Ce nom m'était familier, et pour cause: c'est elle qui a donné un concert de soutien à L214. Cette artiste de talent (enfin, j'imagine car je n'y connais rien) a toujours été veg : "J'ai toujours refusé de manger de la viande, j'ai toujours refusé d'aller dans une boucherie. (...) Avec le recul, je ne peux pas dire que j'avais l'idée qu'il était incohérent d'aimer les animaux tout en les mangeant. Je crois que je ne pensais rien ; c'était tout simplement impossible, voilà tout." Elle explique aussi comment elle se sent seule dans le monde de la musique, par rapport aux animaux en tout cas. Au-delà de son végétalisme, elle s'est récemment engagée dans la lutte pour les animaux : "Mon souhait le plus cher est qu'un jour cette Terre ne soit plus l'enfer des animaux, et que chacun se pose la question : Qui est cet autre?"

chevreau-L214.jpg

C'est une question particulièrement touchante, et souvent je pense qu'il y a quelque chose de vraiment monstrueux à manger des individus dont on ignore tout et qu'on a réduit à n'être que de la viande. Dans un supermarché, une vitrine, ou chez des gens non veg, il m'arrive de regarder les morceaux de cadavres et de me poser silencieusement la question : "Qui étais-tu ?" Peut-être étais-tu un cochon curieux, facécieux, ou une vache timide, ou une poule qui aurait pu être affectueuse, ou encore un agneau joueur et insouciant.
Qui est ce fluet chevreau à la bouche blessée ? Il ne sera pas soigné, mais tué pour satisfaire des humainEs carnassiers.
Dans la série des entretiens, j'ai moins accroché sur celle de Kristof et Kecily, deux sportifs véganEs, peut-être simplement parce que nulle part il est fait mention des animaux. Peut-être qu'on en saura plus en lisant leur blog, metagama. On peut aussi se plonger dans le blog des Vegans Runners.
Quant à l'entretien avec Nicolino, pas encore lu. Pas encore lu non plus l'article sur les chimpanzés, l'agriculture végane, ni celui intitulé "Le droit européen au secours de la protection animale: un volontarisme ambivalent". Plus les brèves, les recettes, le compte-rendu de l'AG de l'association... Tout ceci paraît bien prometteur!
Bref, si vous n'êtes pas encore adhérentE à l'AVF et/ou à sa revue, il n'est pas encore trop tard pour le faire et recevoir chez vous les 100 prochains numéros. Et en plus, vous renforcerez cette structure et le végéta*isme en France.

Photographie: L214.

30 mai 2010

Apocalypse pétrolifère: la suite

Oups, en ce moment, pas trop le temps de rédiger sur ce blog... Mais quand même, depuis un mois que je n'ai rien écrit, la plateforme pétrolifère a continué de cracher chaque jour au moins entre 1,9 et 3 millions de litres de pétrole dégueulasse supplémentaires (version officielle, donc sans doute à revoir à la hausse). Les habitants du coin ne savent plus quoi faire, et en sont réduits à poser des sacs de sable ou des bottes de paille sur les plages pour tenter de contrer la pollution - c'en serait risible si ce n'était pas si grave. Apparemment, sous l'eau c'est encore pire: il y a des nappes épaisses de cent mètres au moins et longues de plusieurs kilomètres. Et les animaux marins meurent en silence par millions.
Tout ceci reste des mots, aussi voici une carte très instructive: et si on repportait sur l'Europe l'étendue de la nappe ? hé bien, ça donnerait à peu près ça.

marée noire des USA projetée sur l'Europe.png
plus d'infos sur -entre autres- Great America

30 avril 2010

Apocalypse pétrolifère

Onze morts humains et des millions d'animaux bientôt victimes de l'inacceptable, encore une marée noire.
Puisqu'il s'agit d'animaux sauvages, et non pas des millions d'animaux élevés quotidiennement de par le monde pour être abattus et mangés, la presse ne peut ignorer ce gigantesque massacre à venir :
" Au total, c’est quelque 400 espèces [dont le pélican, le canard brun ou la spatule rosée] dont des millions d’individus vivent ou passent par le bord de la mer en Louisiane, qui pourraient souffrir de ce désastre écologique, selon sa liste publiée sur le site du quotidien de La Nouvelle-Orléans, The Times-Picayune. Les poissons, les dauphins, les baleines et les tortues du golfe du Mexique, ne seront pas non plus épargnés puisqu’ils trouvent leur nourriture également dans la mer et leur chaîne alimentaire va être polluée du début à la fin. En ce qui concerne la terre ferme, c’est naturellement les animaux vivant sur les côtes qui vont souffrir. Les zones où vivent les colonies de crevettes sauvages, de crabes et d’huîtres sont particulièrement vulnérables." cdurable
amoco-cadiz-2.jpgDramatique actualité, dont je ne suis pas pressée de voir les images d'horreur - je suis encore traumatisée par les premières du genre: le naufrage du pétrolier l'Amoco Cadiz, au large des côtes bretonnes, en mars 1978. La marée noire qui s'en suivit est Amoco_Cadiz_2.jpgconsidérée, aujourd'hui encore, comme l'une des pires catastrophes écologiques de l'Histoire. J'étais pourtant enfant, mais c'était si affreux que je me souviens encore avec émotion des oiseaux marins englués et affolés, fuyant les quelques humains tentant de les secourir, se débattrant lamentablement pour finalement couler à pic dans des vagues lourdes et grasses de pétrole. C'était la quatrième marée noire en Bretagne en 10 ans, mais la plus grave, et la première dont je me souvienne. Une des premières d'une bien trop longue série, dont la plupart nous échappent d'ailleurs.
Cette photo, prise le 18 mars 78 entre à 10 h 35 et 12 h, à 600 m et 1 800 m d’altitude, montre le bâtiment brisé en deux vomissant son pétrole sans discontinuer. Et ce qu’on peine à imaginer, apparaît à l’évidence : sous l’immense couche d’huile, c’est la mer. La mer et toute la vie qu’elle contient. Un massacre. Amoco Cadiz n'oubliez pas

oiseau mazouté.jpg

L'image de l'oiseau mazouté est désormais tellement clichée, c'est cela aussi qui est triste à pleurer : que les oiseaux mazoutés se comptent désormais par millions. Que les marées noires fassent presque partie du décor.

Bien sûr, il n'y a pas que les oiseaux qui périssent, et des millions d'autres animaux meurent empoisonnés, étouffés de pétrole, silencieusement, loin des regards et des pensées. Baleines, poissons, crustacés, 400 espèces animales au moins vont être décimées par la marée noire en cours. J'écris "des millions" d'animaux", mais ce sont sans doutes des centaines de millions, voire des milliards - pour s'en convaincre, nous puvons jeter un coup d'oeil sur les dates des marées noires les plus importantes de l'Histoire, mais gardons bien à l'esprit (et c'est cela le plus affolant), que les marées noires ne représentent que 6% des déversements d'hydrocarbures dans l'océan, contre 53% par les industries fixées à terre et 20% par les rejets opérationnels et accidentels de navires non pétroliers. Voici une toute petite partie (6%) de la masse colossale de pétrole dégueulasse qui pollue en permanence les océans du monde entier.

amoco-cadiz-9.jpgamoco oiseau.jpg* 1967 Naufrage du Torrey Canyon, entre la Grande-Bretagne et la France, capacité de 117 000 tonnes dont 77 000 tonnes déversées dans la Manche.
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1968 World Glory, au large de Durban (Afrique du Sud), capacité de 45 000 tonnes dont la totalité, 45 000 tonnes déversées dans l'océan Indien.
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1969 Gironde, au large de l'île de Bréhat (Bretagne), 1 500 tonnes déversées dans la Manche.
*
1970 Polycommander, dans la baie de Vigo (côtes ouest de l'Espagne), capacité de 50 380 tonnes dont 13 000 tonnes déversées dans l'Atlantique.
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1971 Texaco Oklahoma, Norfolk (côtes est des États-Unis), capacité de 32 900 tonnes dont 31 500 tonnes déversées dans l'Atlantique.
*
1972 Collision entre deux pétroliers, le Texanita et le Oswego-Guardian, au large de l'Afrique du Sud, au cours de laquelle 100 000 tonnes répandues en mer.
*
1974 Metula, détroit de Magellan, capacité de 206 700 tonnes dont 50 000 tonnes déversées en mer.
*
1976 Urquiola, au large de La Corogne (côtes nord-ouest de l'Espagne), capacité de 118 000 tonnes dont 100 000 tonnes répandues en mer.
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1976 Olympic Bravery, au large de l'île d'Ouessant (Bretagne) avec un déversement de 1 250 tonnes.
*
1976 Böhlen, entre les îles de Sein et d'Ouessant (Bretagne), capacité de 11 000 tonnes dont 2 000 tonnes déversées en mer.
*
1977 Accident de la plate-forme offshore Bravo en mer de Norvège (complexe d'Ekofisk) au cours duquel 12 000 tonnes de pétrole échappées.
mareenoire-2c2ee.jpgphoto_1261755087638-1-0.jpgLe-Pouliguen-Rochers-souilles-Janvier-2000-3-zm.jpg

plongee-amoco.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* 1978 Amoco-Cadiz, au large de Portsall (Finistère Nord, France), la totalité, 228 000 tonnes répandues dans la Manche.
* 1979 Collision entre deux pétroliers, le Gino et le Team Castor, au large de l'île d'Ouessant (Bretagne), au cours de laquelle 49 000 tonnes déversées (41 000 tonnes sont restées dans l'épave).
* 1979 Andros-Patria, Portugal, capacité de 200 000 tonnes dont 50 000 tonnes déversées.
* 1979 Bételgeuse, baie de Bantry (Irlande), 28 000 tonnes répandues en mer.
* 1979 Accident sur l'Ixtoc One, un puits de pétrole offshore dans le golfe du Mexique, près d'un million de tonnes déversées en mer.                                                                        
* 1980 Tanio, au large de l'île de Batz (Bretagne), capacité de 27 000 tonnes dont 5 000 à 10 000 tonnes déversées.
* 1983 Castillo-de-Bellver, au large des côtes d'Afrique du Sud, déversement de 100 000 tonnes.
* 1988 Amazzone, au large de l'île d'Ouessant (Bretagne), capacité de 32 000 tonnes dont 3 200 tonnes rejoignent la mer.
* 1989 Kharg-5, entre les îles Canaries et le Maroc, capacité de 284 000 tonnes dont 70 000 tonnes déversées dans l'Atlantique.
1006248.jpg* 1989 Exxon Valdez, baie du Prince-Guillaume (Alaska), capacité de 211 000 tonnes dont près de 40 000 tonnes déversées.
* 1991 Haven, au large de Gênes (Italie), capacité de 230 000 tonnes dont 60 000 tonnes déversées en mer et 20 000 tonnes restées coincées dans l'épave gisant au fond.
* 1991 guerre du Golfe, entre 500 000 et un million de tonnes de pétrole déversées en mer.
* 1992 Aegean Sea, au large de La Corogne (Espagne), capacité de 114 000 tonnes dont 60 000 tonnes déversées en mer.
erika-total-doit-reconnaitre-torts-L-1.jpeg* 1993 Braer, à Sumburgh head (îles Shetland), capacité de 85 000 tonnes dont la totalité déversée en mer. Collision entre deux pétroliers, le Maersk navigator et le Sanko Honour, au nord de Sumatra (Indonésie), capacité de 254 000 tonnes dont 200 000 tonnes  répandues en mer.
* 1996 Sea-Empress, au large de Milford Haven (Pays de Galles), capacité de 147 000 tonnes dont 65 000 tonnes déversées en mer.
* 1997 Katja, lors de l'accostage dans le port du Havre (Normandie), 2 tonnes déversées en mer.
* 1997 Nakhodka, au large de Mikuni (Japon), capacité de 19 000 tonnes dont 8 000 tonnes déversées en mer du Japon.
* 1999 Volgoneff-248, Bosphore, capacité de 4 400 tonnes dont 1 000 tonnes déversées en mer de Marmara.
* 1999 Erika, à une cinquantaine de milles de la pointe de Penmarc'h (Finistère), capacité de 31 500 tonnes dont 20 000 tonnes déversées dans l'Atlantique.

maree-noire-coree.jpg* 2000 Fuite d'une raffinerie dans la baie de Rio de Janeiro au cours de laquelle 1 300 tonnes  déversées.
* 2001 Jessica, au large de l'île San Cristóbal (Galapagos), capacité de 900 tonnes dont 600 tonnes déversées dans l'océan Pacifique.
* 2002 Le Prestige, chargé de 77 000 tonnes de fioul lourd, en difficulté au large de la Corogne (Espagne), se brise en deux le 19 novembre.

Les deux parties du pétrolier coulent à 3 500 mètres de profondeur, emportant de 40 000 à 50 000 tonnes de fioul.

 

 

baleine exxon.jpgDeux millions huit cent vingt six mille quatre cent cinquante tonnes. 2 826 450 tonnes de pétrole dégueulasse et mortellement toxique répandu sur et dans tous les océans et les mers du globe en 43 ans.
Mais les marées noires ne représentent que 6% des déversements d'hydrocarbures dans l'océan. Il y a aussi tous les rejets d'hydrocarbures d'industries, et les dégazages illégaux: beaucoup de navires marchands nettoient leurs soutes en haute mer, laissant paraître derrière eux un sillon dégueulasse. degazage.jpgRares sont ceux qui se font choper, et certains nient alors d'une façon éhontée - un capitaine n'a-t-il pas expliqué que c'était le cuisinier, qui avait déversé de l'huile de friture par dessus bord, qui était seul responsable de la traînée de 19km qu'avait laissée son bateau?
Donc, si aux 6% on ajoute 94%, ça fait quelque chose comme quarante sept millions mille cent sept et cinq cent tonnes d'hydrocarbures à la flotte. 47 107 500 tonnes - toujours en 43 ans.

A cela, s'ajoutent bien sûr les 800 000 tonnes qui s'échappent actuellement chaque jour de la plateforme qui a coulée à une trentaine de km de la Floride.
Mais pour l'instant, la palme de pollution revient encore à la marée noire qui s'est produite pendant la guerre du golfe, lors du sabotage du terminal pétrolier de Mina al Ahmadi, au Koweit, par l'armée iranienne.
Joli record de pollusion massive!
Les animaux marins, les populations et les côtiers apprécient, on n'en doute pas.
frog floride 3.JPGfrog floride.jpgEn Floride, "
c'est une catastrophe qui s'annonce pour les 12 millions de km2 de zones humides du littoral de Louisiane, où des centaines d'espèces animales sont menacées." Aujourd'hui, le 30 avril, alors que le pétrole coule à flot sur les marais humides de Floride, c'est aussi la journée-mondiale-pour-sauver-les-grenouilles, ces remarquables et pacifiques batraciens étant dramatique décimés par la pollution, la destruction de leur habitat et la connerie sottise humaine. Mais les millions de grenouilles évoluant dans les marais de Floride sont déjà condamnés. Elles sont hélas loin d'être les seules.

En se déposant sur les fonds marins  ou en se répandant en nappes dans la mer, le fuel détruit la faune et la flore marine (dont les crustacés, les coraux, les poissons) et supprime la nourriture de nombreuses espèces. Les oiseaux, dont les plumes engluées perdent leur étanchéité et ne parviennent plus à réguler leur température, succombent à l'hypothermie et à l'empoisonnement. La zone littorale est la plus vulnérable. L'arrivée des nappes de pétrole sur les marais côtiers, les mangroves, les plages de sables ou de galets et sur les récifs coraliens peut avoir des effets dévastateurs.

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Pour en revenir à l'actualité, Le Monde du jour nous apprend que :
Les bayous [écosystèmes côtiers typiques de Louisiane] seront beaucoup plus difficiles à nettoyer que si la marée noire avait touché un substrat dur, comme des rochers. En revanche, les processus de biodégradation devraient y être un peu plus rapide. C'est le seul côté positif : la grand majorité des hydrocarbures sont issus de la minéralisation et de l'enfouissement d'anciennes mangroves. Il y a donc une continuité entre la végétation de ces espaces et les hydrocarbures en terme de structure chimique. La biodégradation sera donc plus rapide que sur un rocher car ce sont des molécules qui sont plus ou moins connues des communautés microbiennes qui vivent dans les mangroves.
Quand la crise sera passée, on peut donc imaginer qu'il y aura une exacerbation de la vie, ces hydrocarbures seront utilisés comme source de carbone. Les hydrocarbures restent un composé naturel : le problème est très différent que lors d'une pollution par pesticides, pour lesquels aucun organisme vivant ne peut dégrader la molécule. Mais il y aura des impacts écologiques majeurs, c'est certain. Pour que l'écosystème retrouve son intégrité, qu'une forêt se reconstitue et joue son rôle par rapport à la faune, il y en a peut-être pour 20 ou 30 ans.
Vingt ou trente ans, et combien de dizaines de millions d'animaux morts?
BP, la compagnie responsable (par négligence, puisque c'est une défaillance technique qui est à la cause de la fuite), déclare qu'elle "assume" et "nettoiera". Alors qu'on sait que les Bayous sont impossibles à nettoyer. Une personne a laissé un commentaire sur Libération:
"Le mec il vient d'assassiner la mémé à coup de gourdin en pleine rue et le sang et la cervelle ont giclé partout sur la chaussée
- Mais m'sieur l'agent, je vous jure que je vais assumer et nettoyer !"
C'est en effet à peu près du même niveau.

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Crevettes et poissons par dizaines de millions, oiseaux (plus de 5 millions vivent dans les bayous de Louisiane), renards, tortues, aligators... interminable liste, on l'a vu, de tous ceux qui vont périr. Mais le top, c'est la phrase "on peut donc imaginer qu'il y aura une exacerbation de la vie" (on peut aussi imaginer qu'on ira sur la Lune avec la Tour Eiffel.) Finalement, on a presque envie de dire que tout ça n'est pas bien grave... D'accord, les océans servent d'immenses poubelles, mais tout cela finira bien par rentrer dans l'ordre. Vous y croyez, vous, au Père Noël?
Perso, étant donné que j'ai la chance d'être végane depuis une quinzaine d'années, je ne mange aucun poisson depuis longtemps, et vu comment nous avons transformé les océans en un magma infâme, j'ai plutôt envie de souhaiter bonne chance aux humains qui en consomment. Parce qu'entre les 47 millions de tonnes d'hydrocarbures, les déchets radioactifs, les déchets de guerres, les pesticides, et toute la poubelle qu'on y balance, au point qu'ils forment un "septième continent" - terriblement toxique bien sûr -, il faut être vraiment cinglé ou totalement inconscient pour encore consommer du poisson (et sans parler des souffrances des poissons pêchés).

trajet jouets en plastiques.pngPacificGarbage2.jpgIllustration: trajet des jouets en plastique relâchés par un cargo dans la plaque de déchets. Pour en revenir au "septième continent", on en parle "curieusement" très peu, pourtant c'est une pollution autrement plus massive que les marées noires, qui finalement font peut-être figure de gentillettes pollutions.
Deux mots de cette plaque (ces plaques serait plus correcte) de résidus de plastiques, qui représente entre 700 000 km2 et 20 000 000 km2. Une bagatelle. Étant donné que la mer de déchets est translucide et se situe juste sous la surface de l’eau, elle n’est pas détectable sur les photographies prises par des satellites. Elle est seulement visible du pont des bateaux. Les plastiques ont une durée de vie moyenne qui dépasse les cinq cents ans. Au fil du temps, ils se désagrègent sans que leur structure moléculaire change d’un iota. C’est ainsi qu’apparaissent des quantités colossales d’une sorte de sable de plastique qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture.

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Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s’accumulent ainsi dans les estomacs des poissons, méduses et des oiseaux marins. Par ailleurs, ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (un pesticide) ou les PCB (qui ont complètement pollué le Rhône pour des décennies), des produits extrêmement toxiques. Les effets en cascade peuvent s’étendre via la chaîne alimentaire jusqu'à l'humain (qui mange des animaux marins). D'après Greenpeace, environ 1 million d'oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l'ingestion de plastiques. Au total, plus de 267 espèces marines seraient affectées par cet amas colossal de déchets. Sur des mesures effectuées en 2001 et en 2007, la masse de particules plastiques était six fois supérieure à la masse de zooplancton.

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Entre deux eaux: la pollution

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Sans doute, les enjeux économiques  et de pouvoir sont le coeur de tous ce désastre, et j'imagine sans peine qu'ils m'échappent comme au plus commun des mortels.
Mais l'impression que, presque malgré moi, je retire de ce qui peut quand même être appelé la destruction des océans, c'est que la fin du monde ce n'est pas du tout pour 2012: c'est déjà commencé depuis longtemps. Finalement, l'apocalypse, c'est comme la révolution: ce n'est pas un baculement d'un jour, mais une continuité de changements qui les font. La fin du monde, ce ne sera même pas une météorite qui se fracasserera sur nos crânes, mais c'est simplement nous tous, ensemble, qui nous rendons un peu plus chaque jour notre planète invivable pour tous les animaux et nous-même, humains. Ca va prendre encore un petit peu de temps, mais vu l'énergie qu'on y met, ça ne devrait plus trop traîner.
Peut-être suis-je pessimiste, ou bien tout simplement réaliste? Il est nécessaire de prendre du recul pour mesure l'ampleur des dégâts. Perso, l'inexorable destruction des océans a du mal à me rendre joyeuse.
Ceci dit, l'humanité s'habitue (tant bien que mal certes mais quand même on y arrive) à son nouvel environnement au fur et à mesure de sa dévastation (le "syndrôme de la grenouille", ou un truc du genre je crois?); c'est sans doute ça aussi qui nous empêche de réagir comme il se devrait et de prendre des décisions immédiates et salutaires, comme devenir vegan et arrêter de consommer comme des dingues (pas évident quand on vit dans une société de consommation viandarde!). Devenir veg et réellement moins consommateur, tout de suite, là, maintenant. Ca ne résoudrait peut-être pas tout, mais ça épargnerait des milliards d'animaux, et en plus on s'empoisonnerait beaucoup moins. Ce serait déjà un bon début.
Des tas d'autres actions sont possibles, directement en changeant ses comportements, ses habitudes, et indirectement en finançant des structures qui luttent pour les animaux (humains et non humains) et l'environnement ici et à travers le monde. Il est urgent et nécessaire de concilier les deux. Il paraît que nous sommes une espèce particulièrement ntelligente, hé bien, il serait plus que temps de le montrer! Parce que pour l'heure, nous nous comportons vraiment comme la pire bande d'imbéciles possible.

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Enfants jouant dans une rivière, Jakarta.

Je viens de voir que dans la pub que Hautetfort impose sur ce blog (en haut de page), aujourd'hui il y en a une pour KFC! BEURK! Je suis donc en train de chercher un nouvel hébergeur pour déménager vers un hébergeur sans pub. A suivre...