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06 février 2008

CA n°29 : abolition de la viande

106a11fa36507850feef48e7ac6d2791.jpgUn superbe numéro, ce n°29 des Cahiers antispécistes ! A peine reçu, déjà lu et blogué, notamment l'article principal sur l'abolition de la viande, d'Estiva Reus et Antoine Comiti. Clair, direct, bien argumenté, c'est vraiment un bon texte qui explique en toute logique en quoi l'abolition de la viande est la réponse la plus directe et la plus efficace pour en finir avec les souffrances énormes que subissent des millions (milliards...) d'animaux dévorés par les humain-e-s - et de façon absolument inutile, puisqu'on peut très bien vivre sans viande.
Bref, j'attends avec impatience le jour où la viande sera abolie. Mais c'est vrai que ça risque quand même d'être long... alors je me dis que je suis déjà très heureuse d'avoir, de mon vivant, connu ce mouvement (ceci dit, j'aurais été incomparablement plus heureuse de vivre dans un monde où l'abolition de la viande serait effective).
Jusqu'où l'horreur ira-t-elle avant que les consciences collectives se prononcent en faveur de l'abolition de la viande? Il y a longtemps que toutes les bornes ont été dépassées...
Les autres articles sont très bons aussi, et celui sur Albert Schweitzer donne bien envie de découvrir plus avant cet auteur. C'est clair qu'en France ses pensées envers les animaux n'ont pas forcément été les plus relayées, mais ce n'est pas très étonnant : j'ai déjà lu des articles entiers, des dossiers même, consacrés par exemple à Gandhi, sans la moindre référence à son végétarisme ou à son engagement pour les animaux. Et ces "oublis" (incroyables quand on connaît à quel point Gandhi s'est préocuppé du sort réservé aux animaux) contribue à maintenir la toute puissante exploitation des animaux...
Bref, le CA n°29 est très bien, félicitation, et à vos commandes !
Ci-dessous, le sommaire et la présentation (merci L214).

Sommaire

p. 2 Présentation du numéro 29
La Rédaction

Dossier « abolition de la viande »

p. 3 Abolir la viande
Estiva Reus et Antoine Comiti

p. 33 La réglementation protégeant les animaux dans les élevages
Sebastien Arsac

p. 37 Ma journée
Ingrid Newkirk

Hors dossier

p. 39 Le principe d'égale considération et l'intérêt des animaux nonhumains à rester en vie : réponse au professeur Sunstein
Gary Francione

p. 63 Albert Schweitzer et l'éthique envers les animaux
Jean Nakos

p. 71 Trois livres et un colloque
La Rédaction

Présentation du numéro 29

Et si l'abolition de la viande devenait un objectif fédérateur du mouvement animaliste mondial ? Certes, il faut continuer de décrire, de faire sentir et de dénoncer les souffrances et les privations endurées par les animaux. Il faut continuer de demander l'interdiction des pratiques jugées les plus atroces. Continuer de faire valoir la réalité et l'importance de la sentience. De remettre en cause le spécisme. De promouvoir le végétalisme. Mais cela ne suffit pas. Il est devenu maintenant incohérent de ne pas exprimer clairement la revendication politique d'interdiction de la viande. On a eu tort de supposer – sans savoir – que la société ne serait pas encore prête à l'entendre.

C'est à cette revendication qu'est consacré le dossier du numéro 29 des Cahiers. Tout d'abord à travers un article d'Antoine Comiti et Estiva Reus. Les auteurs y exposent en quoi, selon eux, la demande d'abolition de la viande est à la fois nécessaire et recevable dans le monde tel qu'il est aujourd'hui. Deux textes plus courts complètent ce dossier. Dans le premier, Sébastien Arsac fait le point sur la réglementation concernant les animaux d'élevage en Europe. Dans le second, Ingrid Newkirk nous transporte dans le monde futur d'où les abattoirs auront disparu.

Hors-dossier, Jean Nakos nous initie à la vie et à l'œuvre d'Albert Schweitzer.

Nous publions également, de Gary Francione, « Le principe d'égale considération et l'intérêt des animaux nonhumains à rester en vie » : un texte qui offre une bonne vision d'ensemble de la pensée de cet auteur.

Enfin, un court article fait état de publications récentes et d'un colloque parisien qui tout quatre témoignent de l'attention croissante portée à la question animale.

04 février 2008

Toujours pour les animaux

645f63a31ed7bb862129cef14e6f34e2.jpgJ'ai croisé une copine près d'un pont, dans un quartier populaire de ma ville. Elle faisait partie d'un petit attroupement, une quinzaine de personnes autour de quelques tables de camping, sous des platanes, en train de signer une pétition. Je me renseigne, pourquoi signe-t-on? C'est pour soutenir la création d'une nouvelle boutique, une petite épicerie de quartier. La future gérante me presse de signer. Pourquoi pas, je tiens déjà le stylo dans la main, quand une question me traverse soudain l'esprit, et je demande :
- "Est-ce que vous allez vendre de la viande, dans votre épicerie ?
- Bien sûr! et plein d'autres choses aussi!
- Oui, mais si vous vendez de la viande, je ne signe pas."
Je repose le stylo et je m'éloigne, la femme me court après : "Mais tout le monde en vend, de la viande!" Je dis que ce n'est pas une raison pour le faire aussi. Elle continue : "Mais il faut en manger, de toutes façons !" Hé non, pas du tout : je n'en mange pas depuis à peu près 15 ans, je vais très bien merci. Mais déjà elle ne m'écoute plus et s'en va récolter d'autres signatures.

Ce n'était qu'un rêve, mais tellement vrai, n'est-ce pas...

23 janvier 2008

Zoos l'enfer du décor

4c09a002df38fdecad576201819923e8.jpgZoos l'enfer du décor est un documentaire, qui questionne l'enfermement des animaux dans les zoos français. En parallèle des images d'animaux emprisonnés, de nombreux/ses intervenant-e-s s'expriment sur le sujet : historiens, philosophe, éthologue, assistante zoologique, militants, étudiant vétérinaire... le film fait naître une réflexion pertinente, et développe ainsi plusieurs problématiques directement liées à la question de l'enfermement animal.

96de0940ccfafa6f1e48936ee4a50cce.jpgCe film début par un retour historique, lorsque, à l'époque coloniale, des humain-e-s étaient exposés dans des expositions et des zoos. L'argumentaire est clair et précis, sans entrer dans les détails cependant. Pour ma part, j'aurais trouvé intéressant de citer le cas connu de cette femme africaine qui a été honteusement déportée, puis exhibée à cause de sa morphologie différente de celle des Occidentaux. Cette femme qui s'appelait Sawtche avant d'être baptisée (de force ou par la terreur) Saartjie Baartman, puis surnommée la Vénus Hottentote pour les spectacles, est morte en exil, à 26 ans, en 1815 à Paris. Elle a été exhibée à travers l'Europe à cause de son hypertrophie des hanches et des fesses, et de ses organes génitaux protubérants ; elle a également servi d'objet sexuel (prostitution, soirées privées). Les traitements honteux qu'elle a subit sont révélateurs de la façon dont les humain-e-s peuvent traiter celles et ceux qui semblent "inférieur-e-s". Peu importaient les sentiments de cette pauvre femme, seul le contentement des spectateurs importait.
Si aujourd'hui les humain-e-s ne sont heureusement plus exhibé-e-s,  cette vie de misère reste hélas d'actualité pour les animaux non-humains. Et de la même façon, peu importent leurs souffrances, frustrations, désirs ou ennui : c'est le plaisir du visiteur/euse qui compte.
Tout comme Sawtche, l'exhibition des animaux relève du voyeurisme et du fantasme ; aucun argument ne peut justifier l'enfermement à vie, la déportation, le stress ni l'ennui - et tous les faux prétextes pseudo-scientifiques - informer, éduquer, distraire - s'effondrent et sont pertinement démontés dans Zoos, l'enfer du décor.
De nouvelles informations sont apportées tandis que des mythes s'écroulent : non les animaux ne vivent pas plus vieux dans les zoos (mais ce qui est certain, c'est qu'ils y vivent plus mal que dans leur environnement) ; non les zoos ne permettent pas de sauver des espèces - c'est du marketing - mais quand bien même ce serait vrai, bien sûr cela ne justifierait pas la souffrances des animaux enfermés.
Une jeune femme, employée dans un zoo, essaie de nous persuader du bien-fondé de l'existence de son établissement, en expliquant que dans la savane les très vieux éléphants ont les dents tellement usées qu'ils n'arrivent plus à manger, et qu'ils meurent de faim. Dans son zoo, les édentés sont nourris de bouillies et d'herbes tendres faciles à mastiquer. Mais au-delà de cet enthousiasme naïf, on pourrait prendre d'autres dispositions, comme (première remarque) nourrir aussi les vieux éléphants sauvages, puisque (seconde remarque), visiblement, la nature fait mal les choses.
Le film s'achève par une dimension éthique, via le sentiment de soi de l'animal, ce qui est judicieusement abordé, notamment par la philosophe Florence Burgat.

Je n'avais jamais remarqué que dans enfermement il y a le mot... enfer.

Durée : 94 minutes
Autoproduction (commande en ligne)
Réalisateur : Pablo Knudsen
Pablo Knudsen a suivi un parcours universitaire d'Études Cinématographiques et Audiovisuelles à Lyon. Il travaille actuellement sur la façon dont le documentariste représente l'animal, son exploitation, son corps et sa souffrance. Son dernier film, Apprendre à tuer, a été tourné durant les étés 2006 et 2007 dans le sud de la France. Ce court-métrage témoigne comment de jeunes adolescents sont initiés à la pratique tauromachique dans les écoles taurines, pour la plupart subventionnées par des fonds publics. Ils se font la main en massacrant des veaux, de jeunes taureaux et de génisses.

26 décembre 2007

La guerre des mondes

b1e4e107380d588765bc0ddfbcb3f6df.jpgHey, c'est Noël, et qu'est-ce qu'ils nous proposent à la troisième chaîne de la télé au Portugal(1)? La Guerre des Mondes, de Steven Spielberg (2005). Cette adaptation (assez libre il faut le dire) du fameux roman de H.G. Wells est assez proche du film d'horreur, en tout cas ce n'est ni l'hémoglobine (qui coule à flots) ni l'angoisse qui font défaut. Pas très peace and love tout ça, pas très Joyeux Noël - Feliz Natal, comme on dit ici. Mais une partie de l'histoire du fim m'a quand même un peu intéressée car j'ai pu, sans forcer, établir un intéressant parallèle entre cette guerre-là (celle des horribles envahisseurs avides du sang des humain-e-s) et une autre guerre, réaliste cette fois: celle, impitoyable, que les humain-e-s livrent sans cesse aux animaux. Dans le film, nous voyons des foules terrifiées, paniquées, affolées, fuyant devant ceux de l'autre monde, les tout puissants, (presque totalement) indestructibles, omniprésents et détenteurs de pouvoirs qui nous sont inconnus. Exactement ce que nous représentons pour les animaux. Nous avons tous pouvoirs sur eux par notre technologie, notre savoir, notre omniprésence, et nous en usons bien mal, avides que nous sommes de viande, de fourrure et d'argent. Les mauvais de la Guerre des Mondes ne se conduisent-ils pas comme l'humanité avec les animaux? La scène où le père, sa fille (deux des héros du film) et une tierce personne se cachent dans les méandres d'une cave pour échapper aux destructeurs n'a pas été sans me rappeler ce que doivent, par exemple, vivre de petites souris pour échapper à des humain-e-s qui les chercheraient pour les tuer. D'autres passages m'ont évoqué des scènes de chasse (fuite éperdue face à la mort certaine), et à l'instar des personnages de l'histoire qui n'ont pas du tout envie de se faire bouffer, aucun animal n'a envie d'être mangé. Tout comme les affreux envahisseurs, c'est un carnage que nous commettons, encore et encore - chaque année en France seulement, plus d'un milliard d'animaux sont tués pour être mangés, plus ceux massacrés pour leur fourrure, pour nous distraire, ou dans les labos...
Comme il est dommage que ce film ne dise pas que oui, la Guerre des Monde existe, mais d'une autre manière, et qu'il ne tient qu'à nous de faire la paix...
Et cette période de Noël et de Nouvel An me semble particulièrement propice au changement! Puisqu'il est de coutume de bien commencer la nouvelle année par des voeux, le plus sage d'entre eux serait d'arrêter de manger les animaux (si ce n'est déjà fait). Le fête sans bout de cadavre dans son assiette, c'est quand même tellement plus sincère! Ce n'est ni triste ni glauque, bien au contraire, c'est enfin un peu de vraie joie et d'altruisme. Puisse 2008 voir se finir la guerre des mondes...

(1) bien sûr, personne n'est obligé de matter la télé - c'est même le plus souvent très fortement déconseillé! mais comme j'avais bien aimé le livre (lu il y a longtemps), j'avais un peu envie de voir le film... Vu la violence du film, j'avoue que j'ai malgré tout assez regretté.

10 décembre 2007

Charlie Hebdo peut mieux faire

5d5d31fa30f9c6307704c78d2501c7e8.jpgLe dernier numéro d'Alliance Végétarienne (la revue de l'Association Végétarienne de France) dédie des "Ronces" à Charlie Hebdo, pour un article que je vous laisse découvrir (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Je n'ai pas résisté à l'envie de rédiger une réponse à cet article croustillant, ni à vous la faire lire. Voici donc la copie de la lettre que j'adresse ce jour à Siné:

Monsieur,
Je découvre avec stupeur que l’Association Végétarienne de France vous a décerné « des Ronces », via sa revue Alliance végétarienne n°90, pour une chronique parue dans votre journal n°799 du 10 octobre dernier. Sans nier que ces malheureuses lignes de votre part méritent effectivement des Ronces, je suis sidérée que vous ayez pu faire paraître de telles inepties.
À n’en pas douter, il y a eu dérapage de votre part. Comment expliquer autrement qu’un journal aussi fiable, aussi bien informé que le vôtre, et ayant à cœur de lutter pour des causes justes, ait pu publier de telles (comment dirais-je ?), de telles sottises ? Je ne peux pas croire à un acte de malveillance de votre part ; aussi vous me permettrez de mettre cet article sur le compte de votre ignorance, et c’est pourquoi je vous écris aujourd’hui, afin de vous donner des éléments constructifs pour qu’au plus vite vous puissiez rectifier vos très regrettables erreurs.

Reprenons l’élément essentiel de votre texte qui prouve que, hélas, vous pataugez en plein Moyen-Âge de la diététique. Ainsi, vous écrivez : « Comme tous les nutritionnistes vous le confirmeront, c’est un pari [le végétarisme] parfaitement impossible à tenir, surtout dans la durée, à moins de compenser les carences inévitables par des comprimés de vitamines en pagaille. »

Tout d’abord, je sais combien vous serez soulagé d’apprendre que vos croyances sont totalement erronées. En effet, des nutritionnistes reconnus ont publié un rapport objectif et officiel sur les modes d’alimentation végétarienne et végétalienne, d’où il ressort qu’il est tout à fait possible, voire conseillé, de suivre ces alimentations. Ce rapport a été rédigé par l’Association américaine de diététique et Diététiciens du Canada, deux organisations de renommée internationale et comprenant près de 70 000 membres (diététiciens et nutritionnistes). Il a été publié sur la base d’articles scientifiques, et vous comprendrez par vous-même que le sérieux de leur étude ne saurait être mise en doute.

Toute personne intéressée (dont maintenant vous faites parti) peut consulter le rapport original en anglais à l’adresse Internet suivante :
http://www.eatright.org/cps/rde/xchg/ada/hs.xsl/advocacy_933_ENU_HTML.htm

Une traduction française existe, et vous pouvez la trouver également sur le net, où elle est d’ailleurs téléchargeable gratuitement – afin de, justement, lutter contre l’ignorance des gens qui croient encore qu’il est impossible d’être végétarien ou végétalien. Voici le lien :
http://lacriee.free.fr/positionAADD.html

Pour vos recherches, vous trouverez également une multitude d’informations fiables sur l’alimentation végétarienne et végétalienne à cette adresse :
http://www.vegetarisme.fr/EntreNous/index.php?p=../docs/index.php


Vous serez heureux d’apprendre, à la lecture de ces documents, qu’aucun complément n’est nécessaire lors d’une alimentation végétarienne. Donc, là encore, vous avez commis une boulette fort regrettable en écrivant que le végétarisme est « parfaitement impossible à tenir, surtout dans la durée, à moins de compenser les carences inévitables par des comprimés de vitamines en pagaille. » En réalité, vous constaterez en vous documentant qu’il n’y a pas plus de « carences » que de « comprimés de vitamines en pagaille. »
Il est exact que pour l’alimentation végétalienne (ce dont vous ne parlez pas) il convient de compléter son alimentation par des apports en vitamine B12. Mais vous conviendrez avec moi que, dans un sincère souci de réduire la souffrance des autres animaux sur notre bonne vieille Terre, prendre quelque apport de vitamine B12 est vraiment un moindre mal – voire même un plaisir quand on songe aux nombres de vies animales ainsi épargnées par une alimentation végétalienne.
Je sais que des personnes argumentent que compléter son alimentation n’est pas « naturel ». Mais ces individus ont hélas une vision étroite des choses (ce qui ne saurait être votre cas). Elles confondent « naturel » et « bon » ; croyant naïvement que l’un et l’autre sont synonymes. Deux minutes de réflexion autour de faits aussi « naturels » que le viol, les maladies et épidémies de toutes sortes, les malformations et les catastrophes du genre ouragan Katrina et tsunami de 2004, nous font immédiatement comprendre que ces deux mots sont en réalité étrangers l’un à l’autre. Ce n’est pas parce que quelque chose est naturel qu’il est bon, et de bonnes choses (comme chercher à réduire la souffrance des animaux) peuvent parfaitement ne pas être naturelles.
D’autres personnes, noyées dans leur égoïsme ou de simple mauvaise foi (dont vous ne faites évidemment pas parti), n’ont pas envie de se « compliquer » la vie avec ces histoires de compléments alimentaires. Elles ne veulent même pas songer qu’être végétalien permet d’épargner la vie d’animaux, et que pour être un végétalien en pleine forme il suffit de prendre une dose de B12 tous les 5 jours au maximum, par exemple sous la forme d’un cachet minuscule. Il est rassurant par ailleurs de savoir que la vitamine B12 est constituée de bactéries cultivées par des laboratoires indépendants. Sachant tout cela, on se passera d’autres commentaires sur l’arrogance de ceux qui, au nom de je ne sais quels principes dépassés, refusent tout simplement de réfléchir aux conséquences désastreuses de leur alimentation et à la question des compléments alimentaires.
Pour information, je rappelle par ailleurs que de nombreuses personnes omnivores sont carencées en B12, en fer, en calcium, ou en toute autre chose, et que les compléments alimentaires sont loin de concerner prioritairement ou exclusivement les végétariens ou les végétaliens. Il s’avère donc absurde d’insister sur le fait que ces régimes doivent être équilibrés, alors que tous les régimes sans exceptions doivent l'être. C’est une question de bon sens.

Mais revenons à votre article. C’est avec désarroi que je lis également « de plus en plus de jeunes cons refusent même de manger les légumes ayant touché la viande ! Au lieu de les virer sans bouffer ou de leur faire ingurgiter de force avec un entonnoir, l’université de Lyon a réuni les responsables de toutes religions – y compris les bouddhistes -, écouté leurs conneries traditionnelles et décidé de créer « des repas complets sans viande » avec, c’est un comble, l’assentiment des laïcs et des athées. »
J’avoue que j’ai du mal à saisir pourquoi, comme toute personne sensée, vous ne vous réjouissez pas d’apprendre que grâce à une réflexion commune de différentes parties (même les plus minoritaires, comme les bouddhistes), des repas complets sans viande seront désormais servis à l’université de Lyon. Peut-être n’avez-vous pas saisi qu’il existe un lien entre le fait de manger de la viande et d’exploiter et tuer des animaux ? Ou bien êtes-vous de ceux qui ne savent pas que les animaux non humains sont des individus sentients, c’est-à-dire qu’ils ont des perceptions, des émotions, et par conséquent des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres ? En d’autres termes, votre ignorance serait-elle profonde au point de ne pas savoir qu’un cochon, une vache, une poule ou un poisson n’ont pas envie d’être tués pour être mangés ?
Peut-être ignorez-vous même que les animaux qui nous servent d’aliments vivent dans des conditions atroces : ils sont entassés, stressés, maltraités, battus, les mères sont séparées de leurs petits, les porcelets sont castrés et ont les dents et la queue coupées sans anesthésie... la liste des maltraitance sur les animaux destinés à la boucherie est sans fin, aussi là encore je vous laisse le soin de vous renseigner par vous-même – et là encore, sans bouger de votre fauteuil, une recherche sur Internet vous donnera tous les éléments nécessaires à une réflexion constructive.
Je n’en reviens pas de découvrir, par votre article, que des gens cultivés comme vous peuvent aujourd’hui encore ignorer que les autre animaux ont des conditions de vie (et de mort) abominables et ce uniquement du fait de notre gloutonnerie (puisqu’il n’est pas nécessaire de manger de la viande). Mais comment justifier autrement vos écrits ? Jusqu’à maintenant, vous étiez sans doute de ces gens indifférents pour qui la viande était un produit alimentaire neutre, mais maintenant vous prenez conscience que la viande est le cadavre d’un animal sentient qui a souffert et qui a été tué pour nous. Je sais que ce n’est pas facile d’affronter cette vérité, heureusement, il est possible de ne pas continuer à cautionner une telle barbarie – oui, vous avez compris : en étant végétarien ou, mieux encore, végétalien !

Arrêtons-nous maintenant un instant sur la forme de votre écrit. Si sa violence me désole, je la comprends aussi. Cette envie irrépressible de vouloir « les [les étudiants] virer sans bouffer » ou « de leur faire ingurgiter de force avec un entonnoir », ce mépris au point de les traiter de « cons », oui, je comprends que, convaincu du bien-fondé de vos croyances (à savoir qu’il faut manger de la viande), vous ayez face à ceux qui ne les partagent pas la même rage que, par exemple, les missionnaires catholiques ont eu face aux païens. Aveuglé comme eux, vous vous laissez emporter par la force de vos convictions, sans songer un seul instant à remettre en question votre foi en une société qui nous apprend dès le premier âge à manger de la viande et qui nous conforte sans cesse dans cette voie. La tyrannie et la haine vous emportent, et vous voulez soumettre par la force ceux qui vous contestent. Mais je sais aussi que vous êtes capable de dépasser ce conditionnement pitoyable et que vous serez à même de retirer des éléments que cette lettre vous apporte les conséquences utiles à votre évolution – et, certainement, vous regrettez déjà votre emportement, autant sur la forme que sur le fond.

Je conclurai cette lettre par une dernière information, mais de taille et très réjouissante : en plus d’épargner des animaux non humains, le végétarisme et le végétalisme sont des modes d’alimentation bénéfiques aux humains et à l’environnement. Je sais que ça vous paraît trop merveilleux pour être vrai, et pourtant c’est la vérité. Je m’explique :
Il faut savoir qu’en moyenne, il faut 7 calories d’origine végétale pour produire une seule calorie sous forme de viande. C’est-à-dire qu’il faut 9kg de protéines végétales pour produire un kilo de protéine animale. Concrètement, aujourd’hui dans le monde, 90% des plantations de soja servent à nourrir des animaux qui vont nourrir des humains ; fait totalement absurde puisque ce soja, s’il était consommé directement par les humains, pourrait nourrir environ 10 fois plus de personnes. C’est la même chose pour les céréales, dont 38% de la production mondiale sert aussi à nourrir les animaux. Quant aux terres arables, les deux tiers sont réquisitionnés afin de faire pousser ces aliments pour animaux, alors qu’ils nourriraient des millions de personnes supplémentaires s’ils étaient cultivés directement pour les humains (avec des céréales, du soja, des légumineuses, des légumes... ). Cette donnée à elle seule justifie de ne plus manger de viande, puisqu’il est fondamentalement injuste que le grain du pauvre engraisse la vache du riche – et nous en conclurons évidement que le végétarisme est une démarche très philanthropique. Continuer à manger de la viande dessert donc tout autant les humains que les animaux.
Mais ce n’est pas tout, puisque les élevages polluent massivement les sols et les eaux – pas la peine d’aller bien loin pour s’en rendre compte, il suffit de voir ce qui se passe en Bretagne. Les élevages sont aussi dévorateurs d’eau et d’énergie, et ils participent en plus au réchauffement climatique. Et comme si ce n’était pas suffisant, des millions d’hectares de forêts tropicales sont tout simplement rayés de la carte pour leur faire de la place... Triste constat, mais qui n’est pas insoluble - là encore je vous laisse le soin de vous documenter par vous-mêmes (et vous n’allez pas être déçu du résultat de vos recherches) et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Et comme vous, je dis : assez ! assez de souffrances, d’absurdités, d’inconscience ! Je l’ai dit, vous luttez pour des causes justes, et maintenant vous prenez conscience que le simple fait, si dramatiquement anodin, de manger de la viande est un acte hautement barbare et destructeur. Alors, soyons responsables, laissons les animaux tranquile, tournons-nous vers l’avenir et refusons de manger de la viande, puisque rien, mis à part des habitudes dépassées ou des arguments invalides, ne peut justifier de continuer à le faire. Je comprendrais tout à fait que vous préfériez rédiger une rectification vous-même à votre article à partir de vos propres recherches plutôt que de publier cette réponse, qui ne développera pour vous sans doute pas assez les bienfaits du végétarisme et du végétalisme. J’ai hâte de lire votre article et, confiante en votre honnêteté et en votre esprit d’ouverture, je sais que vous allez publier un article intéressant et constructif – car vous aurez à cœur de ne pas rester des fossiles ni des imbéciles quant aux animaux non humains, au végétarisme et aux humains.

 

Dans l’attente de vous lire rapidement, directement ou via votre journal, je vous adresse mes plus sincères salutations.

22 octobre 2007

Écolo... pour les animaux

6d06b4b20267e7292de2eca6a785b612.jpgHier, en revenant en train d'un we chez des ami-e-s qui habitent en Savoie, mon amie et moi avons voyagé dans le compartiment du contrôleur et avec le contrôleur (ce qui est quand même bien improbable) : le train étant pas mal rempli et le contrôleur sympa, il a accepté qu'on partage avec lui le compartiment qui d'ordinaire lui est réservé. Inévitablement, la discussion a fini par s'établir et - chose encore plus improbable - il s'est avéré que notre homme était tout acquis à l'écologie ! S'en est suivie une discussion intéressante autour des méfaits de la télé, de l'énergie nucléaire, de la bagnole, bref des splendeurs de notre société de consommation actuelle. Juste avant d'arriver (du coup, le voyage a paru rapide), je lui ai dit que nous étions véganes, et mon amie a bien précisé : "pour les animaux", car il est clair que notre homme avait associé notre refus de manger de la viande à une volonté écologique, ce qui se comprend aussi : l'élevage est dévoreur d'énergie, d'eau, d'espace, de terres, et producteur de multiples pollutions, nuisances, disparités - et bien entendu d'infinies souffrances. Les gens qui mangent de la viande sont donc dévoreurs d'énergie, d'eau, d'espace, de terres et producteurs de nuisances, pollutions, disparités et sources d'une multitude de souffrances. Bref, toute personne un peu soucieuse de l'environnement ne devrait pas consommer de viande - ça semble une évidence et un minimum.
De plus, quand on sauvegarde l'environnement, ça préserve l'habitat des animaux - non pas que la nature soit le top (genre, les lapins dévorés par les renards, bof bof!), mais on n'a vraiment rien de mieux à proposer en fait (les lapins et les renards trottants sur le bitume au milieu des immeubles et des bagnoles, pas vraiment ça non plus... ).
Mais pour être clair, même si l'élevage ne produisait ni nuisances ni pollution, le seul fait d'impliquer l'assassinat des animaux est inacceptable.
Et il l'a tout de suite compris, ce contrôleur  décidemment hors-normes, qui a conclut juste au moment où nous quittions le train : "Perso, j'ai la chance de connaître un éleveur et de savoir que les animaux qui produisent la viande que je mange ont eu une vie pas trop mauvaise, mais il reste toujours le problème de devoir les tuer... " C'est le moins qu'on puisse dire.
sur la photo: une des plus vieilles poules au monde: 18 ans! sauvée par l'ASBL Fabienne.

11 octobre 2007

Notre belle Bretagne

c437e63854f6470f7df36d1723f6c270.jpgCe matin, je lis sur le site d'Univers Nature la nouvelle suivante :

La Bretagne n'est pas réputée pour la qualité de ses eaux, sa première position en terme d'élevage de porc et de volaille en étant la cause essentielle. Si les autorités ont longtemps fermé les yeux, la pression des instances européennes pour parvenir au bon état écologique des eaux d'ici 2015 et la menace d'une amende record semble faire évoluer un peu les choses. C'est dans ce climat, que le président du marché du porc breton a été condamné jeudi dernier à Morlaix (Finistère) à six mois de prison avec sursis et 7 500 euros d'amende, pour pollution des eaux par déversement accidentel d'effluents de lisier.

Pour Jean-Claude Bévillard, en charge des questions agricoles et forestières à France Nature Environnement, cette affaire montre que '...les mesures partielles, comme la mise en place de stations de traitement de lisier, conduisent à l’impasse. Seule une diminution du cheptel est susceptible de résorber les excédents d’azote qui détériorent gravement presque l’ensemble des rivières et des eaux souterraines françaises'. Pour y parvenir, FNE considère qu'une remise en question profonde des modèles agricoles actuels est nécessaire, avec notamment une réorientation des modalités d’attribution des aides de la Politique Agricole Commune. (Alex Belvoit)

Peut-être est-ce enfin un début de prise en compte des pollutions liées à l'élevage ? Mais ce qui est le plus frappant dans cet article, c'est la conclusion : une remise en question profonde des modèles agricoles actuels est nécessaire. Et si on allait plus loin ? Allez, soyons fous et folles, osons écrire : une remise en question profonde des modèles alimentaire est nécessaire ; il faut arrêter de manger les animaux, et devenir végétalien.
Alors, toutes les histoires de pollutions liées à l'élevage seront réglées, en plus les animaux cesseront de souffrir, et la santé des humain-es s'en trouvera fort améliorée !
Tout ceci me rappelle que lors d'un petit séjour effectué en Bretagne il y a quelques années, je m'étais retrouvée avec une amie et ses potes dans un café pour fêter je ne sais plus quoi, et la patronne nous a gracieusement offert une collation : pâté de foie (de porc), jambon, beurre et pain blanc... D'ailleurs, en Bretagne, je n'ai jamais vu un seul cochon - normal, puisqu'ils sont tous enfermés dans des élevages concentrationnaires.

Illustration issue de la Vie Universelle