Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10 avril 2006

Food not cops à Lyon

Parce que notre société est celle du gaspillage !
Parce que manger est un droit !
Parce que les animaux ne sont pas de la nourriture !
Food not cops se met en place à Lyon ! Food not cops (de la nourriture, pas des flics), appelé aussi dans d'autre lieux Food not bombs (de la nourriture, pas des bombes), est un collectif d'individu-e-s qui organise des distributions de repas vegs gratuits ! si si, vegs et gratuits !
La première, c'était samedi dernier place Raspail, dans le 7ème à Lyon. Une trentaine de personnes (pas si mal pour une première peu annoncée !) a pu partager un repas convivial sous un soleil de circonstances. Merci à toute l'équipe de Food not cops pour ce moment ! (oups, complètement oublié de prendre des photos de cette première !)
Food not cop
s, c'est une excellente réponse au gaspillage énorme engendré par notre société de (sur)consommation : ici, tous les jours, de la nourriture en excédent est jetée dans les grandes surfaces, les restaurants, les marchés et même chez nous. Cet excédent permettrait largement de nourrir celles et ceux qui en ont besoin à condition qu'il soit distribué équitablement et sans recherche de profit. Bien sûr, chaque personne peut le faire, même ponctuellement, pour recréer des liens de solidarité et d'échange et développer ainsi une alternative critique au système économique qui surproduit, jette et gaspille. Mais c'est plus facile quand on se regroupe et qu'on s'organise, comme le propose le groupe Food not cops. Ce genre d'initiative est né aux USA, il y a bien une vingtaine d'années si ce n'est plus. Ca me rappelle qu'il y a un film vraiment sympa et instructif à voir sur le gaspillage alimentaire en France, c'est Les glaneurs et la glaneuse d'Agnès Varda.
L'idée fondamentale du mouvement est de distribuer gratuitement dans la rue de la bouffe exédentaire, végétalienne ou végétarienne. Les plats cuisinés sont toujours végétaliens ; mais le groupe lyonnais n'exclut pas de proposer des trucs végétariens de récup (comme du fromage, des viennoiseries, des yaourts... ). !
Food not cops existe déjà à Paris ; ailleurs en France je ne sais pas. Sur Lyon, le collectif souhaite organiser des repas le plus régulièrement possible, toutes les semaines si la motivation le permet ! En tout cas, le groupe a besoin de matériel pour débuter : bassines, épices, gamelles, louches, spatules, couverts, jerricanes alimentaires, torchons, sacs poubelles, verres, bols, rallonges, enrouleur, traiteaux, planches, parasols, polyan... et de la nourriture, tout simplement ! N'hésitez pas à contacter le goupe lyonnais foodnotcops !
et à consulter le site du groupe parisien, ou celui qui présente le mouvement foodnotbombs dans son ensemble, et dans lequel on peut lire :
En plus de la collecte et la distribution de nourriture, Food Not Bombs encourage le végétarisme pour solutionner ce problème. Si plus de gens étaient végétariens et réclamaient des aliments cultivés biologiquement et produits localement, cela aiderait à promouvoir des pratiques agricoles écologiques et rendrait viables de plus petites fermes. Ce virage rendrait plus facile la décentralisation des moyens de production et la création d'un contrôle démocratique sur la qualité des produits agricoles et l'occupation des terres. Plus de gens peuvent être nourris par un hectare de terre avec un régime végétarien qu'avec un régime carnivore. Les habitudes alimentaires de notre société, basées sur la consommation de viande, encouragent l'"agrobusiness" et accroissent la dépendance des producteurs envers les fertilisants et pesticides chimiques, ce qui détruit l'environnement et diminue au bout du compte la valeur nutritive des aliments ainsi produits. Toutes les viandes produites industriellement dans ce pays sont pleines d'additifs chimiques, de médicaments, d'hormones de croissance, d'agents de conservation; et puis le lait contient presque toujours des traces d'isotopes radioactifs. C'est pourquoi le végétarisme, qui consomme moins de ressources, est meilleur pour l'environnement et notre santé.
Bien que nous encouragions le végétarisme pour des raisons politiques et économiques, cette philosophie apporte aussi plusieurs bénéfices immédiats. Les problèmes potentiels dûs aux aliments avariés sont grandement réduits lorsqu'on se contente de manipuler des légumes, et les membres du groupe tendent à adopter un régime plus équilibré à mesure qu'ils se familiarisent avec le végétarisme. De plus, enseigner aux gens l'impact bénéfique qu'aura le végétarisme sur leur santé crée une attitude positive et pleine de compassion envers nous-mêmes, les autres et la planète toute entière. Par conséquent, toute la nourriture que nous préparons provient strictement de sources végétales; il n'y a ni viande, ni produits laitiers, ni oeufs. Les gens connaissent ce principe et font confiance à notre bouffe, chaque fois qu'ils viennent à notre table.
Tout à fait d'accord ! Mais aussi :
le végétalisme/végétarisme, c'est aussi excellent pour la santé des animaux !!!

31 mars 2006

Gorilles, B12 et nature

La semaine dernière, je me suis plongée dans le fameux livre Gorilles dans la brume de Diane Fossey. Cette chercheuse scientifique américaine (1932-1985) a passé la majeure partie de sa vie à étudier les gorilles sauvages au Rwanda* et à partager leur quotidien. Elle en a tiré des milliers d'observations - d'où le livre, un film, et une fondation pour la protection des derniers gorilles sauvages. Les comportements des gorilles qu'elle décrits sont souvent très similaires aux nôtres : amitié, affection, jeux de séduction, jalousie, désirs, le tout avec des liens sociaux forts et très structurés. Indéniablement, nous sommes vraiment cousin-es avec les gorilles ! Leurs comportements alimentaires sont bien intéressants aussi, entre autre parce que Diane Fossey propose une hypothèse très plausible quant à leur source de B12 : ces gorilles végétaliens, animaux sauvages vivants dans un environnement tout aussi sauvage, trouveraient leur B12 indispensable dans leur caca ! qu'ils mangent sans hésiter à pleines mains…
"Les gorilles, quels que soient leur âge et leur sexe, mangent leurs excréments et, parfois, ceux des autres gorilles. La coprophagie s'observe après de longues périodes de repos, pendant la saison des pluie. La nourriture est alors plus rare et les déplacements moins fréquents. L'animal écarte légèrement ses fesses et recueille la crotte dans une main en prenant garde qu'elle ne touche pas le sol. Il mastique tout en se léchant les babines avec satisfaction. La coprophagie existe chez la plupart des vertébrés, y compris l'homme, dans les cas de carence nutritionnelle. On peut penser que, chez les gorilles, elle a une fonction diététique et permet aux vitamines, la vitamine B12 en particulier, dont la synthèse se fait dans le gros intestin, d'être assimilées au niveau de l'intestin grêle."
Le végétalisme pourrait donc être on ne peut plus naturel, autant pour les gorilles que pour les humain-es… à condition que, comme ces derniers, nous nous adonnions avec délice à la coprophagie. Personnellement, je préfère m'en tenir à de la B12 en ampoules ou en cachets, mais chacun-e son truc.
Cette info rassurera peut-être les fans de nature : on peut être végan-e, même en vivant toujours en forêt ! Mais au fait, est-ce que c'est si important ? Est-ce que l'essentiel n'est pas de savoir qu'on peut vivre sans faire souffrir ni tuer des animaux, quite à pour cela devoir prendre des compléments alimentaires ? Quelle importance, et vive le progrès si il m'évite d'avoir à manger mon caca pour cela !
(cette note fait suite à celle sur la B12)
* Ce petit pays africain est hélas devenu connu suite au terrible génocide de 1994… Ne pas hésiter à se plonger dans la bibliographie, notamment celle de l'association Survie. Avant 1994, Rwanda s'écrivait en français Ruanda.

05 mars 2006

Emotions animales

medium_vacheveau.jpgHier, j'ai trouvé un livre extra (d'ailleurs, je l'ai fait paraître dans la rubrique "livres" : colonnes à droite de ce blog) : émotions animales. Outres les photos vraiment remarquables (plein de beaux portraits d'animaux, des scènes intimes émouvantes... ), il contient des récits vraiment touchants. Et puis, il n'oublie pas (ce qui est rare !) les animaux "d'élevage". Allez, je ne résiste pas à partager une petite histoire :
L'harmonie d'un groupe de vaches repose sur des règles de vie sociale. Elles-mêmes dépendent de liens forts, d'attachement mutuel, comme ceux qui unissent une mère et son jeune. Pour preuve, cette histoire d'une génisse anglaise de 2 ans, surnommée Blackie, qui s'enfuie de la ferme où elle venait d'être vendue pour retrouver son veau situé à une dizaine de km de là, dans une région qui lui était totalement inconnue. L'histoire, rapportée dans le quotidien "World Farming Newsletter", débute au moment où la vache et son veau sont vendus au marché d'une charmante petite ville du Devon, Hatherleigh, dans le sud de l'Angleterre. Alors que la femelle est achetée par un fermier, son veau est acquis par un autre éleveur. Nourrie, logée, la vache n'en décide pas moins quelques heures à peine après son arrivée, de prendre la clef des champs en sautant par-dessus la haie. Elle sera découverte et identifiée le lendemain matin, allaitant paisiblement son jeune à plusieurs km de son lieu de départ !
Malheureusement, on ne connaît pas la suite de l'histoire : est-ce que les humains ont eu assez de compassion pour laisser ensemble cette mère et son petit ? Quitte à perdre du lait et donc de l'argent ?...
Preuve s'il en est que ce livre dépasse largement les commentaires animaliers classiques ! La page 153 précise que :
"On sait désormais que l'animal partage avec l'homme certains éléments de conscience, notamment une représentation mentale de ce qu'il fait et de qu'il a l'intention de faire", explique Robert Dantzer, vétérinaire à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique). "Si cette conscience embryonnaire détermine l'aptitude à la souffrance, alors l'animal dispose de tous les éléments pour en faire l'expérience. Un animal souffre lorsqu'il n'arrive pas à exprimer le répertoire de son comportement naturel. Cette définition remet en question tout le système d'élevage industriel qui impose aux animaux des conditions de vie inadaptées à leur biologie". Si la douleur est une réaction physiologique, la souffrance exige une représentation de soi. Or les animaux connaissent la douleur et la souffrance parce qu'ils ont des représentations sensorielles et une mémoire. "J'ai pourtant été formé à l'idée que les animaux, comme les enfants, ne souffraient pas" se souvient Boris Cyrulnik. "Lorsque j'ai passé mon année préparatoire à la médecine, nous devions disséquer des animaux vivants et lorsque ces derniers criaient et se débattaient, nos professeurs nous assuraient qu'ils ne souffraient pas, cherchant à nous convaincre qu'un vélo qui grince ne souffre pas !"
Bref, un livre qui vaut vraiment le détour, qui fait réfléchir, et qui est très émouvant...

22 février 2006

Rencontre avec un veau

medium_pain.3.jpgÇa fait un moment que je voulais raconter cette histoire. C'était l'an dernier, pendant ma formation agricole (ben oui, j'ai fait une formation agricole d'un an, en maraîchage option bio). Nous visitions une ferme, ha c'était pas mal du tout ! Vraiment pas inintéressant ! Déjà, le site : magnifique, au cœur des Alpes, entouré de hautes montagnes, sommets eneignés, claire lumière et air pur. Calme. Espace. Des néoruraux tenaient la ferme - vous savez, ces gens qui avant vivaient banalement à la ville, et puis un jour paf ! ont tout lâché pour s'installer dans des coins paumés. Ils étaient une dizaine je crois, peut-être un peu moins. Très travailleurs, très courageux. Leur principale production était la vente de pain. Ils en préparaient une seule sorte : du pain demi-complet d'un kg, et en livraient (si je me souviens bien) une centaine par jour. J'ai passé un long moment à les regarder sortir les pains des panetons où ils avaient gonflés, les retourner d'un coup sec et les inciser rapidement avant de les enfourner. La sortie du four était tout aussi passionnante. J'ai même fait trois petits films sur leurs pains ! Je me sentais bien, je serais bien restée encore.
...
medium_veau.jpgPuis nous avons visité les autres bâtiments de la ferme. Je savais qu'ils élevaient aussi des vaches et faisaient des fromages. En fait, je pense maintenant que ça doit marcher aussi bien que le pain. Les vaches étaient au pré avec leur berger (tiens, ça existe donc encore les vaches laitières pas enfermées dans leur stabulation toute l'année ?) mais nous avons quand même visité l'étable. Une étable comme les autres… Mais, dans un box à part, deux veaux. On nous explique : "L'un est un veau un peu malade qu'on garde ici pour quelques jours, l'autre a une patte cassée". En effet, un des deux veaux se tenait appuyé sur ses coudes antérieurs, incapable de se lever. Il s'était brisé la patte avant en pâture, mais le berger s'en était aperçu trop tard et n'avait pas su apporter les soins appropriés (sans commentaire). Finalement, le veau s'était simplement retrouvé en box. On attendait de voir la tournure que prenait la fracture, et ça faisait déjà un mois que ça durait. Je ne me souviens plus quelle question j'ai alors posée, mais je me rappelle tout-à-fait la réponse : "On aimerait bien qu'il guérisse parce que c'est une femelle. Elle a beaucoup maigri, alors si maintenant on doit la vendre à l'abattoir, on ne va pas en tirer quand chose. Si ça avait été un mâle, on l'aurait fait abattre tout de suite. Là on a pris un risque, on aimerait que ça aille."
...
medium_deuxcochons.jpg La visite continue. Nous tombons sur les cochons. Une dizaine de cochons apeurés glissent sur des caillebotis mouillés pour accéder à leur mangeoire. Le spectable est lamentable mais l'excitation règne dans mon équipe. Comme souvent, observer des animaux interpelle notre côté humano-singesque et beaucoup n'y résistent pas : ils se mettent à grogner à qui mieux-mieux. En fait, les cochons peuvent sortir ; ce sont sans doute des "cochons-plein-air-bios" : ils peuvent se promener sur une sorte de petit terrain complètement boueux, sans un brin de verdure, ni d'ombre, et entouré de fil électrifié. Curieux, quelques-uns nous regardent, nous hument, mais n'osent pas s'approcher. Je m'attarde à les regarder tandis que le groupe s'éloigne. Je prends des photos, je les filme. J'enrage. Mes collègues voient ces cochons, il faudrait être aveugle pour ne pas sentir leur sensibilité, leur curiosité (non, je ne projette pas !), et aucun ne remettra en question le fait de les manger… Les cochons sont laids, les cochons sont roses, les cochons sont gras et tout est bon dans le cochon ! Les cochons sont jolis, les cochons sont curieux, les cochons sont sensibles et rien ne justifie le fait de les tuer. Ma tête s'est mise à tourner, d'un revers de main j'essuyais mes larmes tandis qu'une copine m'appelait. Troublée par mon air, elle voulu me réconforter : "Mais tu sais, ils ne sont pas si malheureux, ils peuvent sortir !"
...
medium_veaubis.jpg La visite a continué sans moi. Le cœur n'y était plus. De toutes façons, ils visitaient la fromagerie ; comme d'habitude ils ont dépensé plein d'argent pour acheter du bon-fromage-fermier, et du saucisson, bio bien sûr. Du pain aussi. Je n'ai rien acheté. Je ne voulais pas leur donner d'argent. Je suis retournée un long moment auprès des veaux. Ils étaient dans la pénombre et dans le silence. Jour après jour dans la pénombre et le silence. Je me suis sentie mieux, heureuse de leur compagnie, mais si triste. Eux aussi iront à l'abattoir. Celui qui avait la patte cassée essayait parfois de se lever. Il avançait à genoux jusqu'à l'abreuvoir. Encore des photos, encore des films. Ils avaient de beaux yeux. Je leur tendais la main, curieux ils tendaient le cou pour renifler, craintifs ils se rétractaient d'un coup en soufflant. Puis encore le silence et toujours la pénombre. Le silence des animaux est très beau. J'ai dû rejoindre mes collègues braillards. Je n'ai pas eu le courage de retourner auprès des cochons.
Parfois je regarde le petit film que j'ai fait sur les veaux. Je suis à chaque fois très émue.
Parfois je me demande s'il s'en est sorti. Si sa patte a guéri, s'il a goûté de nouveau à l'herbe fraîche et au soleil.
Je connais une femme qui travaille dans cette ferme, je pourrais lui demander des nouvelles. Je ne sais pas bien pourquoi, je n'en n'ai jamais eu le courage…
Parfois je ferme les yeux et je rêve que je sauve ces animaux, au moins ce veau à la patte cassée, qui avait déjà tant souffert, je l'emenerai avec moi, quelque part où il aurait une vie paisible et sûre - loin des gens qui spéculent sur son corps…

 

Local veg de Grenoble : suite ou fin ?

hum, mauvaise nouvelle : le local de l'association Véganim à Grenoble a fermé ses portes... Je parlais de ce chouette local dans la petite note du 10 octobre 2005 "Grenoble : un local 100% veg !" et voilà, c'est déjà du passé ! La fermeture serait due à une certaine incompatibilité avec le restaurant végétarien mitoyen - plus que mitoyen même, puisque les deux structures partageaient le même local. Bref, c'est bien triste ; et bien sûr très dommage pour les animaux.
Plein de courage et de pensées positives à Véganim pour poursuivre sa lutte, pour trouver un nouveau lieu ! C'était une si belle action !...

15 décembre 2005

Noël sans sang

L'an passé, pour les fêtes de Noël, ma soeur m'avait demandé ce que je voulais comme cadeau. J'avais répondu :
"Un repas de fête sans viande, sans produits animaux" et j'avais proposé de le faire moi-même, pour éviter de poser une "colle" à des personnes (ma famille) hélas peu habituées aux repas veg ! Le repas fut excellent, vraiment :
terrine aux légumes et aux amandes (gelée à l'agar-agar), toast à la crème d'olive, à la crème de tomates, au "fromage" végan, coeur d'artichauts, coeurs de palmiers, puis pommes de terres sautées accompagnées de seitan en sauce avec des champignons, poëllée de petits légumes aux épices, et en dessert un biscuit vegan à la crème de marrons et chocolat...
Pas de viande, pas le goût du sang, ni du cadavre, et pourtant - et bien sûr - la joie et le plaisir furent au rendez-vous!
Tout ceci me donne envie de vous faire découvrir - si ce n'est déjà le cas - la fameuse campagne pour l'abolition du foie gras en France. Aux abords de ces jours festifs, c'est vraiment d'actualité, surtout si on veut partager la fête avec les animaux autrement qu'en les torturant et en les massacrant !

Le foie gras bientôt illégal en Europe ?

Réunis autour du Manifeste pour l'abolition du foie gras, nous rappelons que le gavage est une violation des règlements français et européens sur la protection des animaux dans les élevages, et que son interdiction définitive est inéluctable.

« Les animaux reçoivent une alimentation saine, adaptée à leur âge et à leur espèce. »
Arrêté ministériel du 30 mars 2000

« Aucun animal n'est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu'il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles. »
Directive européenne du 20 juillet 1998

« Les méthodes d'alimentation et les additifs alimentaires qui sont source de lésions, d'angoisse ou de maladie pour les canards ou qui peuvent aboutir au développement de conditions physiques ou physiologiques portant atteinte à leur santé et au bien-être ne doivent pas être autorisés. »
Recommandation européenne du 22 juin 1999 concernant les canards utilisés pour produire du foie gras

Le foie gras est le foie malade d'un oiseau atteint de stéatose hépatique.
Rapport scientifique de la Commission Européenne

Diarrhées, halètement, déplacements pénibles, lésions et inflammations du cou... sont la réalité quotidienne du gavage.

Le gavage est interdit dans la plupart des pays de l'Union. Il est interdit en Pologne depuis le 1er janvier 1999. Il vient d'être interdit en Italie, Israël et Californie pour motif de cruauté.

Le gavage est une violation des règlements... et des principes les plus élémentaires de protection des animaux.

15 novembre 2005

En famille...

Petit séjour en famille... Ce matin, mon père (chez qui je loge) a reçu la visite d'une cousine à lui et de son mari. Comme je ne "suis pas très famille", j'ai attendu quelques instants avant de sortir de ma chambre et de les rejoindre, histoire de rester polie tout en m'épargnant la totalité de la visite. Je ne sais pas comment c'est possible, mais je vous jure que cela faisait moins de trois minutes que je les avais rejoint-e-s que déjà leur conversation tournait autour de mon végétalisme ! Et ce n'est pas moi qui ai lancé le sujet... La vieille cousine a commencé par une phrase remarquable :
- Mais c'est vrai que ta maman m'avait dit que tu étais végétarienne... non, pire ! tu es végétalienne, non ?
Ha, le charme fou du mot "pire" : on a à peine commencé à aborder le sujet que tout est déjà dit ! Si encore à la limite j'avais juste été végétarienne, bon, ça commence à passer vaguement dans les moeurs... Mais je suis pire, je suis végétalienne ! Non non, je ne cherche pas à dramatiser ni à bloquer sur un mot, mais avouez que ça sent le jugement et les idées préconçues à plein nez.
Curieux, vaguement inquiet, son mari demande des précisions, rappelez-moi déjà ce que c'est, le végétalisme ? La cousine précise :
- Elle ne mange pas de viande, mais pas d'oeuf non plus !

Et mon père de bien préciser :
- Et pas de fromage ! Alors ça ! Pas de viande, encore ! Mais pas d'œufs et pas de fromage, je comprends pas...
Il ne m'a surtout jamais demandé non plus, et comme entre lui et moi la communication ça n'a jamais été notre fort, je n'ai jamais réussi à lui expliquer non plus... Du coup, il ne comprend pas, finalement, c'est normal. C'est pas en regardant la télé qu'on va lui expliquer que sur le marché il existe en gros deux variétés de poules : celles qui pondent (les poules pondeuses) et celles qui donnent la viande (les poulets de chair) et que les mâles des poules pondeuses sont éliminés et que les femelles des poulets de chair sont aussi tués. Des millions de poussins sont triés et la moitié d'entre eux est systématiquement tuée à quelques jours, et comme y'en a plein et qu'il ne faut pas que ça coûte trop cher, on les entasse dans des grands sacs qui seront ensuite passés au rouleau à compresseur, ou bien on les hache vivants, ou bien on les laisse juste crever dans des bennes. Que du bonheur, quoi. Je ne vous parle même pas des conditions d'élevage, d'abattage...
Quant au lait, pour en avoir plein (et pour répondre à la demande de notre société il en faut vraiment plein) les vaches (ou les chèvres ou les brebis) ont veaux sur veaux, mais leurs petits leur sont enlevés généralement au bout d'une semaine, parce que le lait c'est pour nous, pas pour eux. Les petits mâles sont engraissés et abattus, les petites femelles donneront des laitières. Et toutes les laitières finissent en steack hachés au bout d'environ cinq ans de vie, épuisées et moins rentables - une vache à une capacité de vie de plus de vingt ans.
Bref, les oeufs et le lait je m'en passe très bien, merci.
La cousine, son mari et mon père sont tout de suite d'accord pour dire que c'est incompréhensible, mais bien sûr aucun-e ne me demande pourquoi. Et je pense que la réponse, elle-ils la connaissent parfaitement, mais ne veulent pas la savoir, pas l'entendre, pas l'admettre, sinon comment justifier le fait de continuer à ne pas être veg ? Je n'ai pas l'espace de placer un mot. Je n'ai pas non plus envie de me battre et de polémiquer... Je suis relativement lâche, mon père sort de l'hosto (c'est d'ailleurs en partie la raison de ma visite chez lui), la cousine et son mari frôlent les 81 ans... J'avoue que j'aimerais mieux qu'on parle d'autre chose, du temps qu'il fait par exemple.
Le cousin me demande, l'air vraiment perplexe :
- Mais tu manges quoi alors ? Des légumes ?
Je souris :
- Papa, vu que ça fait plusieurs jours que tu manges ma cuisine, alors, qu'est ce qu'on mange ?
Mon père : - Hier midi on a mangé du couscous... C'est bon d'ailleurs, elle cuisine bien. Une fois elle a fait des sortes de saucisses, c'était pas mauvais en fait...
Mon père a cela de chouette que depuis le décès de ma mère, il y a un an, il accepte de manger ma cuisine sans rien ajouter. Pas comme mon beau-frère, qui sort imanquablement une tranche de jambon ou une charcuterie quelconque, parce que "quand même"...
La cousine, qui essaie de trouver des raisons qui lui conviennent :
- Remarque, c'est peut-être plus sain. Tu as l'air en bonne santé. Ils disent maintenant que c'est pas bon de manger trop de viande.
Franchement, tant mieux si en plus c'est bon pour ma santé, mais le végétalisme est surtout tellement meilleur pour la santé des animaux !
Le cousin, de plus en plus paumé :
- Moi je ne pourrais pas me passer de viande. J'en mange tous les jours. Mais tu manges du poulet quand même ? Même pas de poulet ?
Eh non, même pas de poulet ! Même pas un petit oeuf de temps en temps pour vous rassurer ! Rien de tout cela. Et le comble de la panique, c'est quand les gens constatent que je ne fume pas (plus !) et surtout, surtout que je ne bois pas d'alcool ! Et pas de café ! Alors là, c'est vraiment le summum de l'inhumain. Je fais totalement figure d'extraterrestre. Mes motivations de refuser viandes, oeufs, laitages, alcool, cigarette et café sont très différentes les unes des autres, mais très peu de personnes prennent le temps et font l'effort de les dicerner. Généralement, c'est tout dans le même sac avec les étiquettes "pas normale" et "moi je pourrai pas", même quand je leur demande pas d'ailleurs... Puis le sac part à la poubelle de l'oubli, des choses bizarres et étrangères, et les animaux avec...
Et moi je reste là, le cul sur ma chaise, un petit sourire poli coincé sur les lèvres, au secours sortez-moi de là ou donnez-moi les moyens de leur faire comprendre de quoi il s'agit !...