Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30 octobre 2005

Grenoble : un local 100% veg

medium_devanture2.jpgLe tout-beau-tout-neuf local veg de Grenoble est ouvert ! Un local entièrement voué à la libération animale, avec pignon sur rue et en plein coeur de Grenoble, c'est quand même une grande première !
C'est le local de l'association Veg'anim, ouvert les après-midi, un lieu d'information et d'exposition. Il comprend une chouette table de presse entièrement axée sur les animaux, une petite medium_vitrine2.jpgbibliothèque (vouée à s'agrandir bien sûr), un point vente de cosmétiques (végétaux et garantis non testés sur les animaux s'il vous plaît), un petit coin librairie... On peut passer papoter avec Isabelle, la salariée de l'association, ou bien emprunter un livre (sous caution), prendre quelques infos, tracts, lire un peu... ou même vous faire une séance de relaxation ou prendre des conseils en medium_foiegras2.jpgalimentation végétarienne.
Si vous passez à ou vers Grenoble, ça vaut le coup de faire un détour !
contact : Veg'anim, 1 rue des Bons Enfants, 38000 Grenoble
04 76 43 21 19

Retour en France...

Pas hyper évident, le retour en France ! Le Portugal c'est pas le bout du monde même si c'est pas la porte d'à côté, c'est pas le super exotisme, mais c'est quand même bien différent. Voilà, le retour a été speed, et en ce moment j'ai pas forcément un accès facile à la Toile. Faut avouer que je vis en ce moment dans un camion, certes un chouette Mercedes 308 réhaussé et semi-rallongé, mais y'a pas l'ADSL dedans ! Enfin, j'écris "je", mais j'y vis avec mon compagnon.
Bref, je n'ai pas eu le temps du tout d'écrire quelque chose à propos des corridas avant de partir, c'est dommage. Je voulais photographier les affiches géantes et en couleur s'il vous plaît, placardées par séries sur les murs des villes. Elles annoncent les prochaines séances, le nombre de taureaux qui va y être torturés, et le nom des tortionnaires est écrit en gros - comme s'ils en étaient fiers ! Au Portugal, les taureaux ne sont pas tués dans l'arène mais en dehors, ce qui n'empêche pas bien sûr de faire couler le sang ni d'infliger la terreur. A la limite, je me demande si c'est pas encore pire, car ils souffrent sûrement encore plus longtemps du coup... (enfin, je parle aussi de tout cela dans la note précédente).
Mais je retiens aussi plein d'autres choses du Portugal, comme le nombre impressionnant de restaus vegs et la facilité étonnante à trouver des aliments et des plats vegs partout.
Maintenant c'est le retour en France, passage à Lyon, Grenoble, bientôt Paris... et sans doute plus encore !

30 septembre 2005

Lisbonne

Ha, Lisbonne! Cette ville mythique ne faillit pas à sa réputation, c'est vraiment un lieu à découvrir ! Du moins si on aime la grande ville et son animation, son brassage, ses aventures ! Plein de rues sinueuses où se perdre, les fameuses 7 collines qui font grimper et descendre toute la journée, les rues pavées de noir et de blanc aux motifs étonnants, la mer et les palmiers... les clochard-e-s, les camé-e-s... et pour une fin septembre encore une chaleur très estivale, les vendeurs de châtaignes ambulants me font souvenir qu'en France on se pèle peut-être...
Le midi on mange super bien dans des petits restaus végétariens, presque ou même 100% végétaliens ! Ce sont de petites cafétariats simples et agréables, calmes, ou pour quelques euros on a un repas très correct : seitan ou tempeh ou tofu, plusieurs légumes de saisons, crudités, riz complet, pommes de terres et desserts fameux (genre Charlottes à la pomme et à l'agar-agard... ).
Et dire que dans le guide Lonely Planet ils écrivent un truc du genre : Végétariens, au Portugal vous êtes loin de chez vous! Ben c'est tellement archi faux que je prendrai le temps de leur écrire et de leur donner les bonnes adresses ! Seul bémol : ici les gens sont veg prioritairement pour leur santé et l'environnement, très peu pour les animaux. Alors d'accord, on peut dire que les animaux ça leur est égal, ce qui compte c'est surtout qu'ils ne soient pas exploités et tués pour être mangés. Mais le risque, lorsque les gens pensent seulement à leur santé et pas du tout aux animaux, c'est de voir des choses aussi ahurissantes que des végétariens dans le public d'une corrida - si si, ça existe ! C'est très difficile dans notre société ultra anthropocentrique de penser aux animaux, même un tout petit peu... C'est pourtant vital pour eux.
A propos de corrida, le Portugal ne faillit pas à sa réputation et elles se succèdent sans cesse du printemps à l'automne. Des dizaines d'affiches géantes en couleur annonçant celles à venir placardent les rues, c'est très triste. Ici les taureaux ne sont pas tués pendant la corrida, ils sont juste torturés à la limite de la mort, puis celle-ci survient hors de l'arène. Je ne sais pas si ils achèvent les taureaux ou les laissent agoniser... La corrida ici c'est la fête, la musique qui gueule, les cris de la foule, on s'interpelle et on rigole, pourtant deux secondes de recul et on voit qu'il n'y a vraiment pas de quoi être fier ! Allez, avant de partir du Portugal, j'essaierai de faire un page sur la corrida.
Et je donnerai l'adresse d'une association portugaise anti-corrida - dont il paraît qu'elle a bien du mal à se développer !

16 septembre 2005

Spéciale dédicace

medium_dessertcaroube.jpgDemain nous quittons Évora, direction Lisbonne. Avant de partir, une petite note pour le super restau veg qui nous a concocté à midi aujourd'hui un dessert végétalien à la caroube, du pur délice ! Deux crêpes (épaisses, genre pancakes) fourrées aux morceaux de pommes caramélisées, avec de la cannelle, de l'anis et un peu de zeste de citron ! Et il y en a pour penser que la cuisine végétalienne est tristounette !

Allez, on se retrouve à Lisbonne !

L'adresse de ce fameux resto à Évora : AQUARIO, Refeicoes Vegetarianas, Rua de Valdevinos 7 - Evora (c'est en plein coeur de la vieille ville piétonne).

Mise à jour en 2007: hélas, ce restaurant n'existe plus... 

Cuisson solaire

Boa ! Quel chouette four solaire, construit en route au Portugal !
Le principe
consiste à cuire des aliments grâce à l'énergie du soleil, non polluante, gratuite et accessible pour tout le monde. Au niveau économique et environnemental, c'est aussi très intéressant de construire un four avec le maximum de matériaux de récupération. C'est facile et rigolo de construire un petit four, bien maniable, qui permet quand même de cuire des aliments pour plusieurs personnes.
Les ingrédients
* un récipient pour la cuisson, de couleur foncée, avec un couvercle et des poignées (j'ai acheté une petite marmitte en émail noir moucheté de blanc pour 4euros)
* une boîte en carton un peu plus grande que le récipient
* du carton, ou une seconde boîte qui s'emboîte dans la première avec quelques cm d'espace libre
* de l'aluminium ou de petits miroirs (ce peut être de la récup, par exemple l'alu des tablettes de chocolat ou autre, il paraît que l'intérieur des tetrabrick convient aussi)
* un vieux journal
* une vitre pour couvrir (j'ai essayé avec du film plastique alimentaire, mais là c'est vraiment pas gagné)
* scotch, cutter, ciseaux, règle.
La conception ultra-minimaliste
* couper la ou les boîtes en carton en biais, de façon à ce que le récipient tienne dedans avec son couvercle et qu'on puisse encore poser une vitre par dessus, penser à laisser un peu d'espace pour poser un double fond
* soit on emboîte deux boîtes, soit on fabrique une double épaisseur à l'intérieur, dans ce cas on peut faire les doubles parois inclinées pour mieux capter l'énergie du soleil
* couvrir les parois intérieur d'aluminium et/ou de miroirs
* remplir l'espace entre les deux parois d'isolant, par exemple du papier journal froissé (pas trop froissé ni trop tassé, c'est l'air emprisonné qui isole), on peut isoler avec d'autres choses (du liège, des bouchons en liège... )
* au fond, ajouter une épaisseur de carton également couverte d'alunimiun
* scotcher le tout pour que ça tienne bien ensemble
* couvrir avec une vitre, de façon la plus étanche possible
* remplir avec les aliments (riz, quinoa, légumes, fruits, patates... )
* exposer au soleil
Ce qu'il faut savoir
* 20mn de soleil par heure suffisent pour cuire vu l'inertie du four (attention : un ciel voilé ne convient pas!)
* le récipient doit être de couleur foncée pour bien capter/garder la chaleur
* la chaleur part par le haut : isoler le mieux possible la vitre (joints, taille adaptée.. )
* ça ne brûle pas les aliments, on peut laisser des heures sans s'en occuper (du moins les petits fours comme celui-ci)
* bien mesurer les quantités pour la cuisson des céréales : toute l'eau sera bue, si on met trop d'eau ça fait de la "colle", si on ne met pas assez ben ça cuit mal
* exposer plein soleil donc plein sud, penser que le soleil bouge, les ombres tournent
* le récipient peut êre brûlant : attention en le sortant !
Mais ce four fonctionne moyennement ! Un four nettement plus performant sera obtenu en ajoutant des volets aluminisés ou un miroir qui rabattent l'énergie solaire vers le four !
* l'ensemble pourra être rendu étanche, du coup on peut le laisser dehors tout le temps (en le faisant en bois par exemple, mais c'est plus lourd et plus long à fabriquer)
On peut cuire dans un petit four simple toutes les céréales, les légumes, légumineuses, des fruits. Le temps de cuisson varie selon le temps (plein ensoleillement ou un peu couvert), la nature des aliments, leur taille...
* riz, quinoa : 1h à 1h30
* légumes : 1 à 2h
* légumineuses (pois chiches, haricots, lentilles... ) : jusqu'à 5h (trempage recommandé comme pour une cuisson normale).
* on peut ajouter de l'huile, des épices, des herbes aromatiques à volonté.

Attention : un four solaire ne sert pas à cuire des morceaux d'animaux, qui de toutes façons ne sont pas des aliments mais des êtres sensibles.
Ne diminisons pas l'impact positif que peuvent avoir les fours solaires, que ce soit à une échelle individuelle, familiale, ou collective. Par exemple, en Inde, il existe 30 fabricants dans le pays qui ont indiqué avoir produit 530.000 cuiseurs en 2002. La plus grande installation du pays (voire du monde) trouve dans le temple de Tirupathi où une installation géante permet de servir 30.000 repas par jour et une économie de 118.000 litres de fuel par an !
Sites sympas et instructifs

Solarcooking : questions courantes sur les fours solaires.
Voir (ou commander !) différents modèles du centre neuchâtelois de cuisson solaire

 


 

10 septembre 2005

Ce serait si bien

 

Ce serait si bien si les gens arretaient de manger les animaux ! De passage au Portugal, je profite allègrement des facilités culinaires végétaliennes. Tous (ou du moins vraiment beaucoup beaucoup) les magasins alimentaires proposent des protéines de soja (fines, moyennes et grosses), des saucisses et des steaks veg (un jour il faudra bien trouver d'autres noms !), de l'huile d'olive de très bonne qualité (première pression à froid et bio), et bien sûr quantité de fruits et de légumes, des légumineuses à gogo : haricots tout noirs, moucheté, noir et blanc, rouge, blanc, pois chiches, lupins... et on se régale d'olives, figues, patates douces, avocats, raisins, tomates, concombres, melons et autres pastèques... Plein de laits de soja différents existent, certains enrichis en vitamines B12 et D (de source vegane !), d'autres juste "nature", ou encore aromatisés aux céréales, à la fraise, à la banane, au chanvre, à l'orange, à la pomme, au cacao, à la vanille... Partout se vendent des yaourts au soja, à l'unité, là encore les parfums ne manquent pas (cerises, fruits des bois, fraises, pêches... ) ; on en trouve même dans des bazars genre À tous prix ! Les supermarchés vendent aussi des margarines vraiment végétales, pas comme en France où si on lit bien la composition il y a toujours des trucs louches, comme des arômes dont on ignore tout. Et, incroyable : un supermarché vend aussi de la mayonnaise végétalienne ! et des boissons aux noisettes, à l'avoine...
Les personnes qui (comme moi) préfèrent les boissons à base de céréales à la place du café sont contentes ici, il y a même un lait de soja et des desserts aromatisés aux céréales torréfiées !
Les trucs dommage : le pâte végétal est plutôt cher, les yaourts soja nature sont aussi chers, et les fromages (genre Vegicheese) hors de prix ! Heureusement, on peut tout préparer soit-même aussi (les yaourts au soja se font très bien dans une yaourtière normale).
Rares sont les restaus qui ne comptent pas une soupe de légumes ou de haricots au menu, pour un prix très correct, de 0.75 à 1,5euros le bol, on en redemande ! Non seulement les restaurants végétariens existent ici mais en plus ils sont abordables ! Il paraít que Lisbonne, où je ne suis pas encore allée, en compte une vingtaine ! Ici à Évora, une ville d'environ 250 000 habitant-e-s, il y en a déjà deux plus la faculté qui a un vrai menu végétarien, avec par exemple du seitan ou du tofu, des céréales complètes, etc. D'ailleurs on peut trouver du seitan pas trop cher dans les magasins bio équipés d'un frigo, et surtout le seitan ici se vent en gros bloc et non pas en tranches comme en France. C'est facile aussi de trouver du tofu, mais par contre le tempeh est en conserve ! Avec le seitan on peut par exemple cuisiner des bolognaises vraiment délicieuses, à défaut on peut prendre des protéines de soja petites.
Bref, figurez-vous qu'avec tout cet arsenal de nourritures aussi diverses que variées, goûtues, colorées, parfumées, pleines de protéines, de vitamines et de minéraux, les gens trouvent encore le moyen de manger les animaux ! Le poids des traditions, la force de l'habitude, j'imagine... Traditions pleines de cochons morts, de saucisses et de poissons... et les gens pleins de cholestérol aussi, quel dommage ! Sans compter tout ce que ces animaux destinés à nourrir les humain-es mangent et boivent, dans un pays où la sécheresse fait rage...
Mais tout n'est pas perdu, de plus en plus de mes contemporain-es comprennent qu'elles/ils ont vraiment le choix de ce qu'elles/ils mangent (et de ceux qu'elles/ils mangent !) et décident de refuser de manger des animaux. Et vu comment c'est facile ici, il ne faut vraiment pas se priver de plaisirs culinaires !
Une petite histoire pour conclure : il y a quelques jours, une amie portugaise partageait notre repas et a trouvé les spagettis bolognaises veg (au seitan) vraiment extra. Elle ne tarissait pas d'éloges, les trouvant même meilleures que les com carne ! Mais elle a quand même fini par dire : je ne pourrais pas manger comme ça tous les jours. Mais moi non plus, je ne pourrais jamais manger des spagettis bolognaises veg tous les jours, fut-ce le meilleur plat au monde ! C'est pour ça que je varie tous les jours mes menus; par exemple avant-hier midi j'ai mangé une soupe coriande-légumes-pâtes (des petites pâte en forme d'amande très jolies) puis un couscous veg, hier midi j'ai mangé des crêpes fourrées avec une sauce protéines de soja champignons tomates, aujourd'hui à midi ce furent des lentilles épicées avec du pain grillé à l'ail et huile d'olive... et aussi ces jours-ci un vraiment super bon arroz dolce : du riz cuit dans du lait de soja avec du zeste de citron, de la cannelle et du sucre. À essayer si vous ne connaissez pas encore !

 

03 septembre 2005

Rat singulier

medium_sarat.jpgJ'ai commencé hier un livre d'éthologie, L'animal singulier (voir ci-contre dans la rubrique Livresque!) où il est relevé un témoignage très remarquable, c'est l'anthropologue Louis-Vincent Thomas qui raconte :

" Voici ce qui m'est arrivé. Cela se passait vers les années 1966 dans la banlieue résidentielle de Dakar. J'avais un jardin magnifique et, hors de la villa, une pièce dénommée l'antre où je travaillais du matin au soir. Périodiquement, ce jardin devenait le lieu d'une scène ignoble : le jardinier [...] avait repéré le terrier où logeaient des surmulots. L'exploit consistait à y laisser couler l'eau du tuyau d'arrosage tandis qu'à l'autre bout il se postait, le chien à ses côtés, avec un bâton pour guetter la sortie de l'animal ; tantôt le surmulot s'échappait poursuivi par le clébard au milieu des cris, tantôt il succombait aux crocs qui lui rompaient les reins ou aux coups de gourdins du jardinier. Bref, le cirque et ses horreurs ! Quelle ne fut pas ma surprise, un matin, de voir, tapi sous ma bibliothèque, le rat qui s'y était réfugié à mon insu. Je ne voyais que le museau et des yeux étranges, fixes et pourtant quasi humains où je lisais un surprenant mélange de peur et de quête. Je lui offris une soucoupe de lait, des bouts de fromage et des légumes coupés qu'il dévora goulûment. Le cinquième jour il s'enhardit ; de-ci, de-là il furetait dans la pièce, reniflant, regardant et s'immobilisant de longs moments, l'oeil fixé sur moi. Un jour, il flaira longuement mes pieds, puis grimpa sur moi et se logea sur mes genoux où il semblait dormir, puis pointait vers moi son museau. Je crus voir dans son regard du bonheur et de la reconnaissance ; peut-être n'était-ce que projections fantasmatiques de ma part. Durant trois semaines, il passa ainsi une heure ou deux, blotti contre moi, et il se laissait caresser avec satisfaction car il émettait alors quelques petits cris. Un après-midi, il disparut sans que je m'en aperçoive. Peut-être, dans une galerie proche, y avait-il une surmulotte qui l'attendait. Je ne l'ai jamais revu. J'avais perdu un ami. Cela me fait tout drôle d'écrire cela aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard. Pour quelle raison n'ai-je jamais parlé de cette aventure à mes proches ? Je n'ai trouvé aucune réponse à cette question. "
{Spéciale dédicace de cette note à Sara, la petite rate à Lulu !}