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10 septembre 2008

En vrac...

Houlà, ça fait vraiment longtemps que j'ai pas écrit sur le blog ! J'invoquerai l'excuse des vacances, du séjour prolongé au Portugal - la mer, les geckos, les restos veg, les paysages magnifiques... autant de choses qui emènent loin des ordinateurs, il faut bien avouer. Mais la rentrée approche, tiens voici un ordi connecté, et si j'en profitais pour écrire quelques lignes - histoire de me remettre dans l'ambiance ?
Et je découvre une nouvelle de grande importance ! Les 10 militants autrichiens, incarcérés sans preuve aucune, ont  enfin été libérés ! Enfin ! Même si, apparemment, le matériel saisi (ordinateurs, fichiers, listings) ne leur a toujours pas été rendu, cette libération est un grand soulagement. Mais nous devons rester vigilant-e-s, et mobilisé-e-s, car il est certain que ces arrestations, fouilles, incarcérations, commises avec tant de violences, ne sont dues ni au hasard ni à des erreurs. Il s'agit bel et bien de tentatives d'intimidations envers ce mouvement qui lutte pour les animaux, et qui commence à être trop actif, trop bien organisé, bref, qui commence à déranger l'ordre établi - lequel ne se laissera certainement pas chambouler sans réagir, nous en avons d'ores et déjà une preuve cuisante.
Sinon, le Portugal (pour y revenir), c'est toujours aussi classe pour les végés : plein de restos vegans et/ou végétariens, et puis dans tous les supermarchés (même des petits dans des bleds), on trouve tofu, seitan, parfois du tempeh (en bocal), protéines de soja, yaourts au soja, boissons de soja (plusieurs arômes), parfois boissons de riz et d'avoine aussi, et plein d'autres choses encore - levure de bière, sauce soja, biscuits vegans, etc. Sur les marchés, les fruits et légumes sont bien moins chers qu'en France (mais le fameux "pouvoir d'achat" est aussi bien plus faible), et l'abondance est de mise.
On peut acheter ici du seitan en blocs de 250, 500 et même 1kg ! et à 4,5€ le kilo, c'est vraiment super accessible. même pour les Portugais-e-s. Les blocs se coupent en tranches, en cubes ou en lamelles, à faire mariner, frire, dorer, hacher, etc. C'est vraiment un produit qui manque en France. Et le tofu aussi se trouve en gros blocs (là aussi, jusqu'à 1kg) pas chers.
Côté restos, nos préférés de tous sont Tao* à Lisbonne, et Paradoxo** à Cascais, surtout pour la fabuleuse tarte au chocolat (2€ la part) et le fromage vegan. Comme la plupart des restos veg, ils fonctionnent sur le mode du self-service, et on peut manger pour 5€ (petite assiette), compter 8 à 10€ pour un repas vraiment conséquent, avec dessert et boisson (tous les deux offrent de la tisane gratuitement et à volonté). A lisbonne, il faut aussi noter Oriente, un resto 100% vegan avec buffet à volonté à partir de 9,70€ - et très bon, en plus. Mais comme je suis goinfre, les restos à volonté c'est pas mon truc, parce qu'à chaque fois je m'en suis rendue presque malade - de tant bouffer, pour bien "en profiter" ! Bon, à chaque fois, ça reste correct, vu que je n'y suis allée que deux fois.
J'apprécie énormément le côté simple et relativement populaire de la plupart des restos veg au Portugal, ça rend la nourriture veg plus accessible à toutes et tous, ça ne reste pas réserver aux grandes occasions. A quand des selfs-services vegans en France???

 

* Tao
Restaurant quasi macrobiotique et presque végétarien
à vue de nez, 90% vegan, parfois un peu de fromage ou de lait; mais prudence et méfiance: parfois il y a du poisson dans une sorte de purée de manioc...
10, Rua dos Douradores - Lisboa
/ tél : 218850045
ouvert de 12h à 16h, du lundi au vendredi (fermé samedi et dimanche)

** Paradoxo
100% vegan, avec une tourte de légume couverte de fromage vegan
91, av. Costa Pinto, 2750 Cascais
Tel : 214 843 004
Ouvert du lundi au samedi, de 12h à 16h




21 juillet 2008

Austria Solidarity

Austria Solidarity.jpgToujours pas libres. Les dix militants autrichiens violemment arrêtés à leur domicile - flingue posé sur la tempe à 6h du matin par des policiers-rambos-suréquipés entrés après avoir démoli la porte d'entrée - sont toujours emprisonnés. Depuis le 21 mai dernier, ils croupissent en prison. Accusés d’appartenir à une « organisation criminelle » au sens de l’article 278a du Code pénal autrichien. Mais à ce jour, aucune accusation précise n’a été portée contre les détenus, aucun interrogatoire n’a eu lieu, et l’accès à une grande partie des preuves prétendument réunies contre eux leur est toujours refusé, ainsi qu’à leurs avocats. L’article 278 a été promulgué en 2002 pour lutter contre le trafic de drogue, le trafic d’êtres humains et d’autres formes graves de crime organisé. Et il est actuellement utilisé pour détenir ces dix personnes contre lesquelles aucune accusation de ce type n’a jamais été portée. En plus, l'ensemble du matériel informatique, les fichiers, des associations dans lesquelles ils étaient impliquées a été saisi, paralysant du même coup leur travail.
Rien ne leur est reproché, en fait. Rien ne justifie ni leur arrestation, ni leur emprisonnement, ni la reconduite de ce dernier. Sauf le fait qu'ils aient pris la parole pour les plus exploités. Qu'ils aient été des animaux solidaires actifs d'autres animaux - mais d'animaux non humains. Et qu'ils aient réussi à obtenir des avancées conséquentes en Autriche contre la maltraitance de ces animaux. Quelque industriel a dû se sentir menacé, des profits pécuniers risquaient sans doute de ne pas être obtenus. Franchement, je ne vois pas d'autre explication... Je manque peut-être d'imagination.
Pour en savoir plus, allez sur le site de Austria Solidarity (en français aussi) et celui de L214.
Vous pouvez aussi écrire aux dix inculpés -> tous les détails pratiques sont ici.

06 juillet 2008

Tour lapins : c'est parti !

lapin-L214.jpgÇa y est, la première partie du tour (qui pour l'instant concerne uniquement le nord de la France) de L214 pour les lapins est commencé ! Un tour engagé que l'on peut suivre pas à pas via le blog de l'association, et à l'heure où j'écris ces lignes, les deux premières étapes, Amiens et Lille, ont déjà été passées, Paris est en ce moment, et la suite des événements se déroulera comme suit :

  • Rennes : lundi 7 juillet et mardi 8 juillet 2008
  • Angers : mercredi 9 juillet 2008
  • Tours : jeudi 10 juillet 2008
  • Orléans : vendredi 11 juillet 2008
Oui, tout cela est bien joli, mais pourquoi diable un tour de France pour les lapins ? Hé bien, pour que le calvaire des lapins d'élevage cesse. Parce que la vie d'un lapin d'élevage, ce n'est pas du joli joli. Sur le site de L214, on apprend d'ailleurs des choses étranges. Par exemple, on lit qu'en France plus de 40 millions de lapins vivent en cage sur un sol grillagé, source d’inconfort permanent et de blessures aux pattes. Que les élevages comptent en moyenne plus de 6 000 animaux, et qu'en conséquent un éleveur consacre moins de 5 min pour un lapin sur toute sa vie. Dans ces cinq minutes, sont en plus inclut le temps passé au nettoyage du bâtiment,  la distribution de nourriture, etc. Comme les lapins sont très craintifs, la plupart des éleveurs sont obligés de diffuser en permanence le son d'une radio dans leurs bâtiments pour couvrir les bruits soudains (bruits de cages, mise en route des ventilateurs, etc.). Mais quelle émission de radio va masquer le manque d'espace vital des animaux, qui disposent d'une surface d’une feuille de papier A4 chacun durant leur vie entière ? Les cages sont tellement exiguës qu'aucun lapin ne peut se dresser, se cacher, bondir, ronger, fouiner, creuser... Les lapines reproductrices vivent isolées les unes des autres et sont inséminées artificiellement (véritable viol) 10 jours après chaque mise bas. Elles donnent naissance à plus d’une soixantaine de lapereaux par an. Dans leurs petites cages, elles souffrent en outre de lésions aux pattes et de déformations du squelette.
lapin-cage-GF.jpgCe n'est pas tout.
Dès la naissance, les petits sont triés : ils sont répartis en fonction de leur taille et de leur poids. Les malades, les plus petits et ceux en surnombre sont assommés sur le rebord d'une caisse ; ils agonisent ensuite au milieu des morts-nés. Les autres sont placés avec leur mère. La nourriture des lapins est supplémentée en vitamines, minéraux, antibiotiques et autres médicaments. Pourtant, un quart des lapins meurent avant d’atteindre l’âge où ils sont abattus. Vers deux mois et demi, enfin la délivrance, mais pas sans souffrance : les lapins sont entassés (sans ménagement) dans des caisses et conduits à l’abattoir, où ils sont étourdis, saignés, dépecés, éviscérés. Il arrive fréquemment que des lapins se réveillent avant d'être tués, et ils sont saignés conscients.
Et tout ceci dans le stric respect de nos belles normes européennes, qui sont là pour servir les intérêts pécuniers des éleveurs. C'est d'ailleurs ce que s'écrit - avec raison - un éleveur de lapin face à un stand de L214 : "Au nom de quoi ces gens s'insurgent contre la production du lapin? Tout est fait dans les règles de l'art dans les élevages de lapins, il y a des normes que tous les éleveurs respectent."
"Au nom de quoi" ? (de qui plutôt) : au nom des millions de lapins qui ne peuvent pas se défendre, pardi !
Cet éleveur tient finalement un discours classique, subtil mélange d'indignation, de bonne conscience et de propagande - à laquelle il n'a peut-être tout simplement jamais réfléchi. Sans doute devrais-je être rassurée : "Ha bon, les normes permettent de torturer les lapins ? Ouf, tout va bien !" Mais si les éleveurs et ceux qui les ont conçues savaient ce que je pense de leurs normes, ils ne seraient sans doute pas déçus.
Bref, comme d'habitude, si vous ne voulez pas participer à la souffrance des animaux, il n'y a pas 36 solutions : arrêtez de les manger ! Et soutenez L214 dans ses actions et ses campagnes!

15 juin 2008

Répression policière en Autriche

singe labo.jpgLes médias français n'en parlent pas, et pourtant il y a de quoi frémir : le 21 mai 2008, des forces policières armées et cagoulées ont fait irruption par la force à 6h du matin aux domiciles de plusieurs personnes luttant pour les animaux.
Au total, 24 domiciles et bureaux ont été fouillés et du matériel saisi : ordinateurs, fichiers, livres, DVD, tracts, etc.
Le tout avec une violence et un acharnement rares. L'une des personnes arrêtée témoigne : "Des policiers cagoulés de noir se sont précipités à travers la porte brisée et ont couru arme au poing jusqu’à nos lits. Ils ont pointé leurs pistolets sur ma tête et m’ont jeté nu hors de mon lit. Mon frère a été plaqué contre un mur, un pistolet pointé sur le cou." Un autre raconte : « J’ai été réveillé par le bruit de la porte brisée, immédiatement, un groupe de personnes armées et masquées ont entouré le lit où je dormais avec ma compagne et ont pointé leurs armes sur nous. Ils m’ont crié qu’ils allaient tirer si je bougeais. Nous avons deux chiens âgés que nous avons adoptés dans un refuge ; ils ont été malmenés. Comme vous pouvez l’imaginer, nous étions tous les quatre absolument terrifiés. »
De quoi sont accusées les 10 personnes arrêtées et placées en garde à vue ?
De rien, de tout. De rien, car aucune charge précise n'est établie à leur encontre, aucune preuve n'a pu être établie.
De tout, puisque l'accusation porte sur le délit général d'appartenance à une organisation criminelle, mais sans aucune preuve, nous l'avons dit. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir voulu en trouver : "La police a aussi mis nos téléphones sur écoute, nous a mis sous surveillance, a placé des caméras pointant sur nos portes, a introduit des taupes dans nos groupes et a lu nos courriels. Tout cela deux ans durant ! Et ils n’ont rien trouvé" explique Martin Balluch dans sa lettre ouverte écrite depuis l’hôpital de la prison de Vienne (9 juin 2008), où il a été transféré suite à sa grève de la faim.
Alors ? L'hypothèse la plus vraisemblable est tout simplement que des industriels s'engraissant sur le dos des animaux ont fini par avoir les chocottes, puisque les amélioration de la condition des animaux obtenues en Autriche on été un exemple pour le monde entier :
"Le mouvement pour le bien-être animal en Autriche a obtenu de grandes avancées ces dernières années. Parmi ses succès : l’interdiction des fermes produisant de la fourrure, l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques, l’interdiction des cages pour les lapins utilisés pour leur viande, l’interdiction des cages en batterie pour les poules pondeuses. L’Autriche est considérée dans le monde entier comme l’un des pays les plus progressistes en matière de bien-être animal." (communiqué de presse de l'association Verein Gegen Tierfabriken - version allemande / traduction française).
Et Amnesty International de dénoncer le manque d'impartialité, et de faire remarquer avec justesse "que des associations écologistes bien connues, telles que Greenpeace, pourraient entreprendre des actions telles que l’occupation d’une centrale nucléaire, que dans ce cas, elles pourraient être considérées comme ayant enfreint la loi, et qu’alors les personnes qui font des dons à ces associations pourraient, selon le code pénal, être accusées de financer le terrorisme."
Détentions arbritraires, accusations infondées, perquisitions abusives... L'idéologie fasciste n'est peut-être pas très loin. En tout cas, ça pue et ça fait peur - ça sert à ça, d'ailleurs. Alors on va pas se laisser intimider. Les avancées pour les animaux sont réelles, et la répression brutale que subissent à l'heure actuelle dix personnes toujours emprisonnées et plusieurs associations autrichiennes atteste aussi de l'efficacité de ces avancées. Car hélas, le système d'oppression et d'exploitation des animaux sévissant actuellement ne va pas se laisser démonter sans réagir - les animaux rapportent bien trop d'argent.
Face à ces arrestations, et passé l'état de choc, petit à petit la solidarité internationale s'organise.
Les informations disponibles en langue française ont été rassemblées ici par l'association L214.
Plusieurs collectifs et associations en France relaient le mouvement de protestation sur leur site (par exemple, DDA, CLAM, AVF... ).
Mais pas mal de gens à l'intérieur du mouvement pour les animaux ignorent toujours la gravité de ce qui se passe en Autriche, voire ignorent qu'il s'y passe quelque chose. Or il faut s'unir dans un au mouvement de protestation, par exemple en signant la pétition, ou en écrivant aux autorités influentes.
Et si vous avez un site de collectif ou d'association, un site personnel, un blog, si vous fréquentez des forum... vous pouvez aidez à faire circuler l'information en y publiant les textes déjà disponibles concernant les arrestations de personnes et saisies de matériel an Autriche, où en donnant les liens vers des site où ils sont déjà publiés.
Il est possible aussi écrire directement aux personnes détenues :
Leurs prénoms sont : Sabine, Jan, Martin, Jürgen, Christoph, Chis, Elmar, Felix, Leo, Kevin. L'association végane autrichienne se propose comme intermédiaire pour la transmission des courriers.
Vous pouvez :
-> soit écrire des lettres en papier et les envoyer à : Vegane Gesellschaft Österreich, Waidhausen Strasse 13/1, 1140, Vienna, Austria.
-> soit envoyer des courriels. L'association se chargera de transmettre ces courriers aux détenu-e-s.
Dans tous les cas, ne restons pas les bras croisés, et plus que jamais, il est essentiel de devenir vegan ou vegetarien pour refuser de cautionner un système d'exploitation et de répression nuisible à tous les animaux, humains et non humains.

09 juin 2008

Un refuge vegan

asbl poule batterie.jpgL'ASBL Fabienne, centre vegan de revitalisation et de soins pour animaux, vient d'accueillir cent poulettes sauvées in extremis de l'abattoir. Marie-Jeanne, la présidente de l'association, les a achetées à un éleveur qui allait faire tuer toutes ses poules pondeuses, devenues moins rentables : alors qu'une poule heureuse peut vivre plus de quinze ans, les poules pondeuses âgées de deux ans sont vues comme des poules usées et moins rentables dont il faut se débarasser. Marie-Jeanne raconte que l'éleveur "est donc venu me livrer cent fois une poule qui a souffert le martyre pour la production. Le bec coupé et très déplumées car parquées dans des cages scandaleusement petites elles passent leur temps à se piquer et à pondre". La photo ci-contre prise environ deux semaines après l'arrivée des petites poules parle d'elle-même...
  ASBL Fabienne poule.jpgD'un côté, ça peut sembler bizarre de filer des thunes à un éleveur, même si c'est pour sauver des poules. Je ne peut pas m'empêcher de penser que ça l'enrichit, et qu'avec cet argent il va continuer à faire souffrir des animaux. D'un autre côté, c'est sûr que du point de vue des poulettes, le plus important est de ne pas être tué. Cent poules ont eu la vie sauve, et elles profitent maintenant enfin d'espace pour se dégourdir les pattes, de calme pour se reposer, d'herbe à picorer, de terre pour prendre des bains de poussière (les poules ont un besoin vital de prendre des bains de poussière) et de lumière et de soleil. Une belle vie de poule donc ! Autre chose, c'est qu'en accueillant ces poules, l'ASBL Fabienne fait prendre conscience à ses adhérent-e-s et à bien d'autres personnes quel est la vie misérable des poules exploitées pour leurs oeufs - jaimerais que tout le monde voit la photo de cette poule écorchée. A noter au passage que la chair de ces poulettes finit aussi dans nos assiettes (bon appétit à tous ceux qui ne sont pas veg).
En avril, avec mon compagnon, nous avons eu la chance et la joie d'à nouveau passer quelques jours à l'ASBL Fabienne (merci pour ton si gentil accueil, Marie-Jeanne !). Nous avons pu apprécier la compagnie de la truie Lola, de la brebis Pâquerette, des chèvres, nous avons admiré les paons, câliné les chiens... et vu à quel point les poules vivant au refuge depuis des années sont heureuses ! Et dans quelques temps, les poules qui viennent d'être sauvées et qui survivront à leurs mauvais traitements passés, ressembleront à cette "ancienne".
Pour que l'ASBL Fabienne continue à aider les animaux, vous pouvez lui adresser des dons, adhérer à l'association et/ou parrainer un animal. Le parrainage d'une poulette revient à 2,5 euros par mois, et là, il y en a cent à parrainer !

10 avril 2008

Chasse aux sorcières

"Drame : l'enfant d'un coupe végétalien meurt de malnutrition."
C'était le 4 avril dernier en France et il a quasiment été impossible de louper cette actualité tant elle a été médiatisée (et je suis tellement en colère que c'est juste difficile d'écrire un article).

Pour celles et ceux qui auraient quand même raté l'actu, reprenons les faits - bien plus importants que le titre : l'enfant en question, une fillette, avait onze mois. Elle n'avait été nourrie que du lait de sa mère, et elle est décédée de "privation de soins ou d'aliments". Plus loin, nous lisons aussi : "Une autopsie a mis en évidence de multiples signes d'infection et un défaut de soins et d'hygiène remontant à la naissance. [...] Souffrant avant son décès d'une diarrhée et d'une bronchite non soignées, la fillette était exclusivement allaitée par sa mère, âgée de 37 ans."
Question : si les parents n'avaient pas été végétaliens mais avaient agit de même, les journaux auraient-ils titré : "Drame : l'enfant d'un couple viandiste(1) meurt de malnutrition" ? Bien sûr que non !
Des histoires d'enfants maltraités et mal nourris, il y en a malheureusement plein. Des drames d'enfants qui succombent de "privation de soins" et/ou d'inanition, il y en a aussi hélas beaucoup, j'en ai lu plusieurs dans les journaux ces dernières années. Vers Noël 2007, une femme succombant à une crise de folie a laissé sa fille mourrir de faim sous ses yeux, près de Perpignan. Ce drame-là n'a pas été titré : "Une femme viandiste laisse sa fille mourrir de faim sous ses yeux". Avec perspicacité, l'auteur de l'article a compris que le décès de la fillette n'était pas lié à l'alimentation de sa mère mais à un déséquilibre psychologique.
Par contre, c'est non seulement dommage, mais surtout très révélateur, que le décès de la petite fille de 11 mois n'ait pas été entièrement attribué au déséquilibre psychologique de ses parents mais injustement lié à leur alimentation. C'est (encore une fois) stigmatiser le végétalisme. C'est associer de façon injuste et arbitraire végétalisme et troubles de comportements. C'est aussi faire croire qu'il existe une seule forme de végétalisme, qui mènerait forcément au drame, alors que, comme pour toute alimentation, il existe des multitudes de possibilités. De la même façon que ce n'est pas parce qu'un couple mange des animaux qu'il succombe forcément à des carences graves ou à des accès de démence, ce n'est pas parce qu'il serait végétalien qu'il aurait forcément des carences graves ou des crises de folies. L'immense majorité des parents végétaliens, des parents végétariens et des parents viandistes s'occupent bien de leurs enfants - et de ceux-là, on ne parle évidemment pas.
Mais le pire c'est encore l'interview du Dr Arnaud Cocaul, nutritionniste attaché à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et honteusement publiée par le site du journal 20minutes. Pour lui, les végétaliens sont grosso-modo tous des déséquilibrés. Il ne mâche pas ses mots : "Pour moi, le végétalisme est un trouble du comportement alimentaire, au même titre que l’anorexie. Pour moi, c’est une dérive sectaire." Je plains beaucoup ce brave docteur qui est si mal informé. Peut-être vit-il dans une grotte pour ne pas savoir ce que même moi, pauvre profane de la nutrition, je sais ? C'est-à-dire qu'il est aujourd'hui médicalement, scientifiquement prouvé qu'une alimentation végétalienne bien menée est bénéfique à la santé - il suffit de lire (entre autres) le rapport officiel de l'Association Américaine de diététique, Diététiciens du Canada sur l'alimentation végétarienne et végétalienne pour en être convaincu. Ce document est consultable et téléchargeable gratuitement sur Internet (format A4, brochure, version originale en anglais). Le Dr Cocaul ajoute "N’oublions pas que l’homme est un omnivore. Ce n’est pas par goût, c’est une nécessité humaine". Oui, mais un omnivore est un animal qui peut se nourrir indifférement de végétaux ou de produits animaux. C'est-à-dire qu'il a le choix, que son organisme est remarquablement adapté et adaptable à de multiples nourritures. Les humain-e-s ont la chance d'être omnivores (et non pas carnivores) : ils peuvent choisir leur alimentation. Un minimum de connaissance leur permet par la suite d'éviter de graves carences, et toute alimentation, végétalienne ou non, doit être équilibrée. C'est une évidence qui n'a étrangement pas l'air de l'air pour le Dr Cocaul. Donc, avec un minimum de connaissances facilement accessibles grâce à un livre ou une recherche sur Internet, ou l'avis de mon médecin (et mon médecin traitant approuve mon alimentation végétalienne) je peux choisir une alimentation végétalienne sans être ni carencée, ni avoir de grave trouble du comportement alimentaire, ni être en dérive sectaire.
La mort de l'enfant est absolument dramatique, mais j'offre une fin de non recevoir à la chasse aux sorcières - pardon, aux végétaliens - qui l'accompagne.
J'ai été un peu rassurée de voir que l'Association Végétarienne de France a répondu à cette actualité déplorable d'une part par un communiqué de presse, d'autre part par une lettre à 20 minutes. Sans doute, cela servira à informer quelque peu mes obtus contemporains sur la légitimité du végétalisme. Mais y'a encore beaucoup de boulot avant de faire accepter cette simple vérité... J'écris par ailleurs à 20minutes et au fameux Dr Cocaul - et n'hésitez pas à écrire, l'union fait la force, n'est-ce pas.

(1) Je ne sais toujours pas comment appeler les gens qui mangent les animaux, "viandiste" est le seul mot qui me va à peu près mais je ne le trouve pas très adéquat non plus.

02 avril 2008

N'en tirons pas les conclusions qui s'imposent

1360205.jpgLibération vient de publier un article fort intéressant sur la souffrance ressentie par les poissons. Dans cet article douteusement appelé "Poissons peinés", Édouard Launet fait rapidement le point sur les dernières recherches qui établissent de façon formelle que les poissons ressentent la souffrance : " Il existe désormais un consensus scientifique autour du fait que les poissons, comme les mammifères et les oiseaux, peuvent ressentir la douleur. A leur manière : muette. Conséquence, les attitudes changent progressivement, irréversiblement. "
De là, des "recommandations" auraient été adoptées par le Conseil de l'Europe en 2005 par rapport à la pisciculture et la vivisection (désormais, il est recommandé d'anesthésier les poissons lors des manipulations).
Quant à la pêche, ce "sport paisible", la question se pose désormais : " Faudra-t-il un jour euthanasier les poissons dès la sortie du chalut, au lieu de les laisser suffoquer sur le pont ? Faudra-t-il arrêter la pêche aux espèces des grands fonds (empereur, sabre, grenadier, siki) parce que la remontée brutale provoque une décompression qui leur fait éclater la vessie et surgir les yeux des orbites ?"
Un peu plus loin, l'article précise : "En Suisse, depuis septembre 2006, le distributeur Migros commercialise des poissons labellisés «Fair Fish» (respectant les directives édictées par l’association du même nom), ce qui signifie que chaque animal a été étourdi et tué immédiatement après sa sortie de l’eau." Un des fournisseurs sénégalais de Migros a désormais accepté de pêcher selon cette méthode dite "fair".
Je ne me permettrais pas de douter des dires de la société Migros, mais je me demande comment chaque poisson peut être étourdi et tué immédiatement à sa sortie de l'eau, étant donné que ce sont des milliers de poissons qui sont remontés d'un coup à chaque coup de filet. Et aussi, comme ces "fair-pêcheurs" gèrent-ils la souffrance des "déchets", c'est-à-dire des milliers de poissons et autres animaux non-consommables ramenés en même temps dans les filets ?
Car si es poissons sont tout simplement laissés s'asphyxier sur le pont du navire, c'est aussi parce qu'ils sont des milliers, d'ailleurs ont les compte par tonnes. Ou bien Migros a mis au point un système de les tuer en masse - Édouard Launet ne nous donne pas d'indication à ce sujet - par exemple, les poissons sont peut-être précipités dans des bacs les électrocutant ?
L'article nous dit avec justesse : "«Il est difficile de déterminer le niveau de douleur chez un animal qui ne communique pas, il faut donc trouver des indicateurs physiologiques et comportementaux de son stress.» C’est moins simple que chez la poule ou le cochon."
Mais quand je vois à quel point les animaux terrestres d'élevage, poules et cochons pour ne citer qu'eux, sont extrêmement maltraités lors de leur élevage, transport et abattage, alors que leur douleur est reconnue et qu'en plus ils nous envoient des signaux clairs de leurs souffrances, je reste plus que très sceptique quant à la prise en compte de la douleur muette des poissons.
Le plus intéressant dans cet article, c'est de voir comment il réussit à ne pas tirer les conclusions qui s'imposent de telles découvertes. D'un côté, il nous apprend que les poissons, comme tous les animaux sentients, ressentent la douleur et la souffrance. Mais nul part un mot sur le fait que les poissons veulent vivre, et non pas finir dans nos assiettes. Nous apprenons simplement qu'"actuellement dans les élevages commerciaux peuvent ne pas répondre à tous les besoins des animaux et, par conséquent, à leur bien-être». Surtout quand le premier des besoins est de vivre, mais cela n'y songeons pas. Après tout, ils n'avaient qu'à naître du bon côté de la fourchette.
Et, alors que nous découvrons que "la pression pourrait venir des consommateurs", nous sommes presque aussitôt rendormis par les bons mots de Launet qui nous rassure :
"Rien de tout cela ne doit empêcher de manger du poisson, pourvu qu’il ne soit pas cuisiné «au bleu», et donc découpé ou ébouillanté vivant."  Donc pas de remise en cause à faire. En tant que consommateurs, nous avons le pouvoir, mais il ne faudrait surtout pas l'utiliser, et tant pis pour les millions de poissons qui étouffent atrocement sur les ponts des bateaux, et tant pis pour les millions d'autres animaux  non commestibles qui agonisent avec eux. Alors, même si l'article nous dévoile que les pieuvres, homards et autres bestioles pourraient eux-aussi ressentir la douleur, on ne se sent pas très concernés, n'est-ce pas.
Perso, j'appelle ça de l'incohérence et de l'hypocrisie. Heureusement, on n'est pas obligé d'écouter les insanités de l'auteur, et nous avons la possibilité de faire preuve d'empathie avec les poissons et d'en tirer les conclusions qui s'imposent : arrêter de les manger, tout comme arrêter de manger les autres animaux.
Un dernier point qui m'intrigue : comment est-ce possible que ce soit seulement maintenant, en avril 2008, qu'un article paraisse sur la sentience des poissons et l'intelligence des pieuvres, alors que moi, modeste consommatrice de base, je lise des articles et des brochures à ce sujet depuis des années ? Et que, pour ne pas causer de souffrance inutiles aux poissons, j'ai arrêté de les manger depuis une bonne quinzaine d'années ? je ne me pensais pas aussi clairvoyante. À moins que ce ne soit Libération qui soient particulièrement bouché... Ceci dit, un article sur les poissons autrement que cuits dans nos assiettes c'est tellement rare, que c'est déjà pas si mal que celui-ci existe.
Illustration : brochure Poissons, le carnage, eds Tahin Party.