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21 novembre 2009

Mystère et boule de gomme

Quand j'étais au Portugal, cet été, je passais presque tous les jours devant une sorte de pâtisserie-traiteur. Cette boutique disposait d'une petite terrasse, où les gens pouvaient boire un café en mangeant quelque viennoiserie, et il y avait aussi un écran télé (plat et HD) où le même film passait en boucle, du matin jusqu'au soir, jour après jour.

Ça commençait par l'histoire de jolis petits cochons noirs (les cochons portugais sont traditionnellement noirs) qui vivaient en pleins champs. On les voyait donc s'ébattre sous des étendues boisées de beaux chênes, dans la brume matinale, de belles images paisibles. Une carte nous montrait où vivaient ces cochons heureux.
Et puis ça enchaînait avec des carcasses de cochons suspendues par les pattes arrières, toutes propres, roses et déjà vidées. Comme ça, paf, d'un coup on passait du cochon trottinant dans son pré au même cochon mort, sans entrailles, prêt à être découpé en morceaux. Total mystère entre les deux prises de vues.
Comment une telle transformation était-elle possible? Confusément, les gens un peu avertis devaient bien percevoir qu'il manquait quelque chose, là, on passe pas comme ça d'un animal vivant à un cadavre écorché. Ce quelque chose, réfléchissons, l'abattoir peut-être? abattoir cochon.jpg

Rendue totalement invisible, cette séquence manquante entre deux prises de vues tranquillement posées (l'une sur du vivant, la seconde sur du mort), était sans doute elle aussi tranquille. Les cris, la peur, le sang, ça fait désordre: tout ce cauchemar est tellement plus simple à esquiver, et inconsciemment on mettra à la place du savoir-faire, de la propreté, éventuellement quelque bruissement discret. Mais la plupart des gens ne mettaient sans doute simplement rien du tout - on ne va pas commencer à réfléchir sur la mise à mort des bêtes.
Le film continuait alors par le savant dépeçage d'une cuisse de cochon, geste après geste un homme expert maniant un grand couteau bien tranchant ôtait le gras jusqu'aux muscles. Ensuite, les cuisses roses étaient soigneusement empilées dans un énorme hangar plein de gigantesques tas de cuisses, que des costauds recouvraient largement de gros sel, à la pelle - geste encore souligné par un beau ralenti. Du sel plein les cadavres. Un hangar plein de bouts de cadavres. Indifférence totale des consommateurs, tandis que je m'interrogeais: combien de milliers de cochons pour obtenir une telle quantité? Écœurement, sentiment d'impuissance et non pas d'indifférence (nuance). D'un geste lent et sûr, un employé ferme la porte du hangar, plongeant dans le noir téléspectateur et milliers de cuisses salées. Et à chaque fois dans mon esprit se superposaient les images de monceaux de cheveux, de lunettes, de vêtements, mis de côtés par les nazis dans les camps de la mort.
jambon_d_auvergne_140.jpgPuis un petite phrase, j'ai un peu oublié mais c'était quelque chose comme : "Tout vient à point à qui sait attendre." Le hangar s'ouvre à nouveau et, magique alchimie, les bouts de cadavres qui devraient être puants, verdâtres et grouillants de vers, sont mangeables par l'humain! Et, encore plus miraculeux, voilà que des humains qui se pensent civilisés salivent devant des morceaux de cadavres, des parties de corps arrachées où sont encore visibles os, peau, tendons, etc.
On pourrait appeler cete petite vidéo de propagande spéciste : "La mystérieuse transformation des cochons"...
Et un autre point fort de ce film est de largement contribuer à entretenir le mythe des animaux d'élevage libres, alors que c'est juste un nombre totalement insignifiant de cochons qui ne souffre pas le martyr en élevage industriel.

o ciclo do leite.jpgPeu de temps après, je trouvais une autre merveille de la propagande spéciste : un livre pour enfants sur le cicle du lait (Ciclo do leite). Celui-ci, on pourrait le renommer : "La mystérieuse disparition des veaux". Parce que dans ce petit livre, aucune allusion aux veaux, juste de braves vavaches ravies de donner leur lait aux humains, sans doute qu'elles en ont trop, comme ça!
Pas d'insémination forcée, par de veaux arrachés à leur mère quelques heures après leur naissance, pas de vaches complètement affolées et angoissées par la disparition de leur bébé, pas de vaches traitées comme de simples pompes à lait et abattues dès que leur production baisse. Non, dans ce merveilleux conte pour enfants, il n'y a que de belles vaches souriantes contentes, des petits enfants émerveillés et quelques adultes bienveillants. C'est si simple.
On va quand même pas commencer à leur expliquer le vrai cycle du lait: il y a toutes les chances qu'ensuite les enfants ne voudraient plus en boire. Parce que la vie d'une vache laitière, c'est pas joli joli.
lait vache.jpg

07 novembre 2009

La photo du jour

- TÊTES DE VACHES -

Des fermiers hongrois ont déposé des têtes de vache devant
le ministère de l'Agriculture, ce jeudi à Budapest.
Ils protestent contre la baisse des prix de leur production.
(photo : Libération)

hongrie.jpg

" Pendant qu'au loin le bourreau tranche
Horreur travestie en banal
Vous reprendrez bien une tranche
De ce qui fut un animal."


Le Jour se lève, Tribunal Animal.

31 octobre 2009

Une prise de conscience

En terminant de lire Le cri de l'espoir de Jane Goodall (un bouquin dont il y aurait beaucoup de choses à retenir et à dire), une anecdote m'a particulièrement touchée. Alors, je cite:

" Je croise énormément de gens qui vouent leur existence à l'amélioration des conditions de vie des plus défavorisés. Sans oublier ceux qui viennent en aide aux animaux, bien sûr. Prenez par exemple Jon Stocking, qui travaillait autrefois comme cuisinier sur un chalutier pêchant le thon. Horrifié, il voyait les dauphins se faire piéger dans les filets et périr noyés. Un jour, quand il entendit un petit crier alors que sa mère le regardait droit dans les yeux comme pour le supplier de les secourir, il sauta dans le chalut, où se débattaient thons, requins et dauphins terrifiés. Tout aussi affolé que les pauvres bêtes, Jon prit le bébé dauphin dans ses bras et le rendit à la mer. Sans trop savoir comment, il parvint également à faire passer la mère par-dessus la nasse. Puis, sortant son couteau, il trancha les mailles du filet et libéra tous les animaux captifs. Bien entendu, il fut imméditament licencié." (p.217)
Franchement, cette histoire de sauvetage est assez extraordinaire: cet homme a perdu son travail parce qu'il a eu assez de cran pour sauver des animaux en détresse. Si au départ ce sont les dauphins, plus à même d'éveiller que les poissons en nous la sympathie (ce sont des mammifères, en plus très bien côtés dans l'immaginaire humain), et notamment un bébé et à mère, Jon a finalement libéré tous les animaux prisonniers - dauphins, poissons, requins, etc. Peut-être par ce geste salvateur s'est-il défoulé d'une frustration et d'une peine longtemps contenues - celles d'assister, habituellement impuissant, à l'asphyxie des dauphins dans les filets de pêche.

esc_mark.gifL'histoire de Jon ne s'arrête pas là. Suite à cette aventure, il a décidé d'agir pour des animaux. Il s'est lancé dans la fabrication de chocolats, dont un pourcentage des ventes est reversée à une association luttant pour des espèces d'animaux en danger.
Comme tant de personnes, Jon Stocking a limité son aide à certains animaux, ici ceux dont l'espèce est en danger. Il notamment est particulièrement dommage que son entreprise, Chocolat Endangered Species, fabrique du chocolat au lait, contribuant ainsi à l'exploitation des vaches laitières et à l'assassinat des petits veaux mâles, ainsi que des vaches devenues trop peu rentables, etc. Quel dommage pour les vaches qu'elles ne fassent pas partie d'une espèce en voie de disparition! Mais vu tous les bénéfices qu'elles nous rapportent, leur espèce ne risque pas de s'éteindre...

 

21 septembre 2009

Charal 3ème, entre autres

Les deux dernières notes ont été simplement des reprises de l'actualité concernant les animaux, à savoir l'affaire Charal et la menace d'expulsion de la forêt de Léa. Et bien, aujourd'hui, je vais encore relayer l'actu ;-)
Comme je suis toujours au Portugal et que je ne peux que me connecter de façon épisodique, je regarde de loin en loin, mais à chaque fois je découvre de nouvelles actions. En fait, j'ai vraiment l'impression que ces dernnières années la mobilisation pour les animaux est grandissante, mieux organisée, plus rapide - et je suppose sans prendre de grands risques que le développement d'Internet est loin de n'y être pour rien. C'est classe (même si ça montre à quel point le spécisme règne en maître, et il reste encore tant de choses à dénoncer et contre lesquelles lutter)!
Une des grosses actualités du moment est l'affaire Charal, avec une nouvelle vidéo mise en ligne par L214, sur l'abattage des moutons cette fois (la première vidéo concernait l'abattage des vaches). Ces images montrent que l'abattoir de Charal "dispose d’un piège pour les ovins. Ce piège est refermé autour de l’animal qui est ainsi immobilisé. La tête et le cou dépassent. Le piège se retourne. L’opérateur tranche la gorge, ouvre le piège à contention, attache une des pattes arrière et suspend l’animal. Ces opérations se succèdent rapidement. L’immobilisation ne dure que le temps de trancher la gorge. L’animal saigne encore abondamment lors de l’ouverture du piège et de sa suspension."
Des images dures, qui montrent l'atroce réalité de l'abattage des animaux pour leur chair, pour fournir en viande aseptisée et silencieuse les étals des boucheries et des supermarchés. Là, nous avons l'exemple de Charal, mais combien d'abattoirs massacrent ainsi littéralement les animaux, animaux qui de toutes façons ne veulent pas être tués, désirent vivre, et dont rien ne justifie leur mise à mort - sinon la gourmandise des viandard-e-s et notre force absolue. Charal, la cruauté c'est son métier, et les viandard-e-s sont ses complices.
Bonne nouvelle, l'affaire Charal est largement médiatisée, malgré les pressions du lobby Charal.

Autre action, mobilisation pour les pigeons à Cachan, où ces oiseaux sont capturés par une société sur ordre de la mairie, puis exécutés par décompression explosive : "Les oiseaux sont enfermés dans un caisson étanche, puis une pompe puissante fait le vide (comme à 12000 ou 16000 m d'altitude) en moins de 5 secondes. Par les effets physiologiques de cette décompression explosive, les animaux meurent après une agonie de 30 secondes à 2 minutes. Mais beaucoup d'appareils utilisés sont vieux, bricolés et rafistolés : s’ensuit alors une agonie qui peut durer plus de 2 minutes. Les oiseaux possèdent des cavités remplies d'air, un peu comme les vessies natatoires des poissons. Quand l'oiseau, placé en conteneur étanche, subit cette décompression hyper-rapide, les gaz emprisonnés dans ces cavités se détendent en raison de la sous-pression extérieure, une sorte d'explosion... Nous pouvons imaginer la souffrance des oiseaux encore conscients." Charlie Hebdo nous propose un entretien avec Stéphane Lamart, président de l’association «Pour la défense des droits des animaux», au cours duquel on apprend les détails de cette histoire lamentable. En gros, la municipalité est tenue par un fief de chasseurs qui ont d'autres priorités que l'installation d'un pigeonnier, qui est un moyen pacifique de contrôler les populations de pigeons. Pour rappel, les pigeons ressentent le stress et la douleur comme vous et moi, imaginons donc ce qu'ils ressentent lorsqu'ils se font capturer brutalement dans des filets, transporter tout aussi brutalement, pour terminer leur vie par une lente agonie.
Stéphane Lamart croit "que en la mobilisation de nos concitoyens contre la violence que nous, les humains, nous exerçons à l'encontre des animaux. Une mobilisation pour faire pression sur nos responsables. D'ailleurs, une étude a démontré que la plupart des dispositions prises en faveur des animaux l’ont été grâce à la pression qu'exercent les associations sur nos dirigeants, à la suite, notamment, de pétitions." Alors à nos plumes, et écrivons dès maintenant à la mairie de Cachan pour exiger que cesse ce massacre! Des associations se mobilisent déjà (SNDA (Société nationale pour la défense des animaux), de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et de la SPOV (Société protectrice des oiseaux des villes)), joignons nos forces aux leurs.
L'association Stéphane Lamart propose un dossier bien complet sur les pigeons des villes.

lait dans champ, italie, 20 09 09.jpgDans un tout autre style, la colère des agriculteurs "producteurs de lait", que nous devrions bien plus justement appeler "exploitants de vaches productrices de lait", ou "exploitants de vaches laitières", qui répandent à tout va le lait pour exprimer leur ressentiment.
Libération en ligne a publié récemment la photo ci-contre assortie de cette légende : "VENDREDI BLANC - La colère des producteurs de lait frappe aussi l'Italie. A Castenedolo dans la région de Brescia des agriculteurs en ont déversé ce vendredi, plus de 200.000 litres dans les champs."
lait dans champ, France.jpgIl y a quelques jours, toujours selon Libération, "à Tanis (Manche), les tracteurs étaient de 250 (gendarmes) à 300 (organisateurs), et ont épandu «de 1 à 2 millions de litres» selon les gendarmes, plus de 3 millions selon les organisateurs", en Loire-Atlantique, environ 500 producteurs de laitont déversé un million de litres de lait dans un champ, dans le Finistère, 1.000 agriculteurs ont répandu 1,5 million de litres de lait, en Seine-Maritime, des éleveurs soutenus par la Coordination rurale ont épandu 150.000 litres de lait dans un champ, etc etc.
lait lac de lait 21 09 09.jpgAujourd'hui, une nouvelle photo pour illustrer ce scandale : "UN LAC DE LAIT - Des agriculteurs de la Confédération européenne des producteurs laitiers (EMB) ont déversé symboliquement ce lundi un "lac de lait" devant la Commission européenne pour attirer l'attention de son président José Manuel Barroso sur la crise que traverse leur secteur."
Ce qui attire mon attention, c'est surtout le fait que des milliers de vaches ont été inséminées de force, séparées de leur bébé dès les premières heures après la naissance, que les veaux mâles ont été engraissés pour être abattus à quelques mois et que les veaux les femelles suivront la triste voie de leur mère, exploitée jusqu'à sa fin précoce l'abattoir, tout ça pour prendre leur lait qui servira à exprimer la frustration de leurs exploitants !!! Alors oui, la situation de ces producteurs exploitants des vaches laitières est dramatique (il y a des suicides), mais c'est intolérable que des animaux soient pris en otage du désespoir des humains, et j'opte ouvertement pour la reconversion rapide et aidée de toutes les personnes qui vivent aux crochets des animaux (exploitants des vaches laitières, mais aussi exploitants des poules, des cochons, etc) dans la voie pacifique de leur choix - choix qui est vaste.
Hélas, les vaches comme tous les animaux, sont considérées comme des objets (ici, des barriques à lait) dont on dispose selon notre bon vouloir, pour se nourrir, se divertir ou s'habiller.
une vache dans le bus RATP 1950.jpgJ'ai ainsi trouvé cette photo qui se voulait sans doute rigolote, qui est triste à pleurer sur la sottise humaine : des hommes illares, forçant une vache à entrer dans un bus, qui plus est visiblement trop étroit, et sans doute en l'honneur de Yoplait (célèbre tortionnaire de vaches). C'était en 1950, à Paris, et la photo a été ressortie pour faire partie d'une exposition censée être à l'honneur du 60ème anniversaire de la RATP. Beurk, vraiment pas de quoi être fier.

Pour finir avec cette note à tiroirs, et un peu tard par contre pour agir (j'avoue c'est de ma faute je relaie trop tard l'info puisque c'était il y a quelques jours), une autre municipalité que Cachan mais toujours en région parisienne - décidemment -, celle du Krémlin Bicêtre, a organisé le 19 septembre un « stupéfiant numéro donné par un véritable ours brun de 200 kg, accompagné de son dresseur et complice ». Ce qui stupéfiant, c'est la bêtise et l'inconséquence des gens qui ont commandité ce spectacle.
Ci-dessous, un modèle de lettre de contestation ; c'est bien ce genre de lettres : d'abord dénoncer le fait, puis expliquer en quoi l'action contestée génère stress, souffrances, et est parfaitement inutile. C'est mieux de rester poli, même si c'est pas facile, ce sera plus positif pour les animaux (et ce sont pour eux qu'on écrit, pas pour pour passer nos nerfs). Là aussi, des associations se mobilisent : l'AVES, Code Animal, Griffes d'Ours, ne les laissons pas seules.

        Monsieur le Maire,

Je viens de lire dans le journal de la ville l'annonce d'un « stupéfiant numéro
donné par un véritable ours brun de 200 kg, accompagné de son dresseur et complice »
et vous écris pour vous faire part de ma plus vive réprobation concernant ce
spectacle qui doit avoir lieu samedi 19 septembre à 12h et 15h45.

Comme beaucoup de kremlinois, je suis totalement opposée à l'utilisation d'animaux
sauvages dans les spectacles.

Les ours utilisés dans les spectacles sont réduits à une vie de stress et de misère.
Leurs besoins physiologiques et comportementaux élémentaires ne sont pas respectés:
cages exiguës dont ils ne sortent que quelques minutes par jour, impossibilité
d'hiberner, stress occasionné continuellement par le transport et l'impossibilité de
se protéger des regards du public alors que les ours sont des animaux discrets et
solitaires.

Contrairement à l'apparence, il n'y a pas de complicité entre l'ours et le dompteur
mais une relation de domination forçant l'animal à exécuter des numéros sous la peur
et la cruauté du dressage.

Les spectacles de montreurs d'ours appartiennent à une époque révolue. Nous ne
sommes plus au Moyen Age. A cette époque il était parfaitement légal de supplicier
des êtres humains et la population était friande de spectacles basés sur le
non-respect et l'humiliation de l'animal considéré comme un objet de divertissement.
Aujourd'hui notre regard sur les animaux a changé.

Je vous demande donc d'avoir le courage d'interdire ce spectacle et de rejoindre
certaines communes (Montreuil par exemple) qui se sont engagées à interdire la venue
d'animaux sauvages dans leur commune.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes sentiments distingués.

Comme quoi, on peut être en vadrouille au Portugal (hé oui, j'y suis encore :-) et arriver à suivre ce qui se passe en France.

08 septembre 2009

Charal, deuxième épisode

Je copie tel que l'article de L214, qui en dit long non seulement sur les lobbies de la viande, mais aussi sur leurs peurs (donc leurs points faibles!) :

Charal veut faire disparaître le dossier

Pourquoi le dossier Charal a disparu momentanément du site L214.com

Charal a fait pression auprès notre hébergeur (Gandi) via la loi LCEN (Loi pour la confiance dans l'économie numérique).
Soit nous retirions nos informations et images dévoilant les pratiques d'abattage des bovins dans l'abattoir Charal de Metz, soit Gandi nous coupait l'intégralité du site pour se protéger lui-même de Charal.

Nous avons donc été contraints de retirer les pages et vidéos concernant notre enquête chez Charal. Bien évidemment, nous n'en sommes pas restés là. Après consultation juridique et discussion avec GANDI, nous allons remettre en ligne le dossier Charal d'ici peu.

A l'heure qu'il est, vous pouvez toujours visionner notre enquête vidéo sur Youtube, vous y verrez ce que Charal veut cacher.


Les relais de cette enquête

Le Républicain Lorrain, Charlie Hebdo, France 3 Lorraine et France 3 National, RTL, RMC, LePost, Arrêt sur Images et de nombreux autres sites ont relayé ce dossier repris dans les zappings de Canal + et de Morandini. Les vidéos ont été vues plus de 80 000 fois sur Internet en une semaine.
Plusieurs médias ont reçu de Charal une mise en demeure de retirer les vidéos de l'enquête de L214. Lire l'article sur Le Post "Charal fait enlever la vidéo choc."

Le site Internet de Charal et l'OABA

Charal a bouleversé son site Internet pour répondre à notre enquête. Jusqu'à hier, la dénonciation de l'enquête publiée par L214 figurait en page d'accueil. Charal se prévalait de la caution morale des services vétérinaires et de l'OABA. L'OABA a rapidement réagi et "mis en demeure la société Charal de retirer de son site les propos relatifs à une coopération avec l'OABA, dans la mesure où de tels propos sont mensongers." Aujourd'hui, la réaction à l'enquête de L214 a été transférée vers une page "actualité" du site de Charal, la référence à l'OABA a disparu, remplacée par la mention des efforts de protection animale internes à la société Charal.
Contrairement à ce qui est affirmé sur cette page, L214 maintient que son enquêteur a bien constaté des infractions à la réglementation dans la procédure d'abattage.

30 août 2009

Végétarisme et poissons

IMG_8246.jpgMa virée au Portugal se poursuit (doucettement, à vrai dire!). De passage à Cascais, anciennement village de pêcheur devenu petite ville balnéaire huppée - beauté du paysage, bord de mer, proximité de Lisbonne, moi et mon portugais de compagnon (comme tu dis, Seb ;-) avons le plaisir de retrouver le restaurant végétarien Paradoxe, toujours fidèle au poste. Sur une assiète "découverte" à 6€, le chef nous met du tofu pané, du seitan et sa délicieuse sauce, une petite part de tarte aux asperges gratinée de fromage vegan, du riz complet, des brocolis vapeur, un petit mélange de légumes cuits et de crudités avec leur sauce cacahuète-citron... et en dessert, l'incontournable tarte choco-chataîgnes-carroube (parfois, en France, j'y pense à cette tarte si bonne). Nous nous régalons, et nous réjouissons que ce resto en soit déjà à sa 8ème année d'existence (photo ci-contre)!
Mais nous découvrons, avec déplaisir, que désormais le lundi ils servent du poisson (de la morue, évidemment), soit-disant "pour les macrobiotiques" (la cuisine macrobiotique est bien implantée au Portugal, pas comme en France où elle est totalement inconnue -et mal perçue, l'un allant souvent avec l'autre). Alors déjà, un restaurant qui s'affiche comme végétarien et qui ne l'est pas, ou plus, c'est pas très honnête. Ensuite, les gens qui veulent manger des cadavres de poissons (qu'ils soient macrobiotiques ou non) peuvent -hélas- en manger ailleurs, je ne vois pas en quoi c'est un argument valable pour leur en proposer.
Je constate avec colère que, de plus en plus, il est courant d'associer au végétarisme le fait de manger du poisson. La définition du végétarisme est pourtant claire: c'est le fait de ne pas consommer de chair animale. Les poissons sont des animaux (mais oui). Donc, un-e végétarien-ne ne mange pas de poisson, ni de crustacés ou de mollusques (crabes, crevettes, huîtres, moules, escargots... sont donc également laissés en paix). Une personne qui se dit végétarienne et qui consomme du poisson ne l'est pas.
Avant de partir, j'avais jeté un coup d'oeil en librairie au dernier Lonely Planet publié sur le Portugal, et au chapitre "végétarisme", j'avais été effarée de lire: "pour les végétariens qui mangent du poisson... " Un végétarien qui mange du poisson, ça n'existe pas!!! (faudra vraiment que je leur écrive à mon retour).
Ce matin, je suis tombée sur cet article d'AVF concernant les poissons, et vraiment il faut le relire. Tout comme il convient de garder en mémoire la brochure poisson de Tahin Party (qui peut être téléchargée gratuitement à partir dudit site).

Dans un autre restaurant végétarien, à Villa Nova de Gaia dans la banlieue de Porto, la patronne a eu le don de nous exaspérer en insistant outre mesure sur le fait que certains plats contenaient "un tout petit peu de lait". Est-ce qu'elle veut dire par là que "les vaches ont été un tout petit peu exploitées?". Qu'on leu a "un tout petit peu tué leurs bébés (pour leur prendre leur lait)"? (je sais bien qu'elle pensait uniquement à la santé des humains, et qu'en conséquent, consommer un peu de produits laitiers n'est pas grave).
IMG_8210.jpgMalgré ces déceptions, Paradoxe reste un restaurant incontournable avec 95% de bouffe végane, et le Portugal un pays où l'inspiration pour la cuisine végane est grande, par exemple au niveau des desserts. Parfois, le menu (comme à Yin-Yang, Lisbonne) se compose tout simplement de riz complet, de haricots avec des légumes et de seitan: pas cher, délicieux, nourrissant. Un bémol, le veg est développé ici pour la santé des humains, mais après tout, c'est aussi positif pour la santé des animaux.
Bref, je vous laisse déguster les photos.
Et après, on me demande ce que je mange (en tant que vegane): de la paille et des cailloux, bien sûr!

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Desserts vegans: tartes à la carottes et aux raisins secs, tartes à la crème de soja et aux fraises (hyper hyper bon), tartes à la crème de soja et aux fruits rouges, coupes de soja-chocolat-caroube.

* A propos de la macrobiotique, s'il y a des recettes très intéressantes et qui permettent de découvrir plein d'aliments peu connus en Occident (comme les algues, le tempeh... ), la philosophie est à peu près n'importe quoi. Par exemple, sous couvert "d'harmonie" (un des maîtres mots de la macrobiotique), les poissons sont allègrement massacrés et consommés. Je vois pas bien où est l'harmonie pour eux...

28 mai 2009

Au pays des pharaons

sardines.JPGJ'aurais aimé ne jamais écrire ces lignes, parce que j'aurais aimé que cela n'existe pas. Encore un massacre en masse de plus. Mais dans le fond, pourquoi dire "encore un", alors que chaque aurore se lève sur un nouveau bain de sang, perpétuel assassinat en masse des animaux dans les abattoirs du monde entier. S'il y a bien une chose sur laquelle les humains sont internationalement d'accord, c'est bien tuer les animaux.
Mais parfois ils en tuent encore plus. On aurait envie de dire que finalement ça ne change pas grand chose, quand on en est à des millions d'animaux abattus par jour, 10 000 de plus ou de moins, pffff... Et on ne parle même pas des poissons  tués, qu'on ne sait compter qu'en tonnes (une sardine adulte pèse environ 100grs). Et pourtant, pour chacun d'entre eux, être tué ou non, c'est toute la différence.
Alors même si on ne peut en sauver qu'un, dix ou cent, pour ce un-là, ces dix-là ou ces cent-là, c'est la chose la plus importante au monde. Pour un humain, la vie d'un animal ne vaut vraiment pas grand chose, quelques euros ou rien du tout - sauf s'il s'agit, parfois, d'un animal domestique auquel il s'est sentimentalement attaché. La vie d'un poulet vaut le prix du kg de poulet. La vie d'une dizaine de sardines le prix d'une boîte de sardines. La vie d'un chevreau vaut deux fois le prix d'un demi-chevreau. La vie d'un taureau vaut le prix des billets de corrida. Finalement, c'est aussi simple que cela.

Et puis il y a tous ces animaux dont la vie ne vaut même pas ça. Ceux dont le coût (de la vie ou de la mort ?) est prise en charge par les assurances, ou par rien du tout. Tous ceux morts de faim, d'épuisement, persécuté, gratuitement, comme ça. Il y a les déclarés nuisibles  ou  encombrants (chatons, souris, chats errants... ) dont on se débarrasse par noyade, poison, abondon.
Et tous ceux qui feraient perdre trop d'argent à la société si on les soignait, qui prendraient trop de temps à trop d'honnêtes gens pour qu'on s'en occupe, les mettre en quarantaine, les observer, les guérir, les sauver. Les sauver, alors que de toutes façons ils sont condamnés ? Plutôt, sauver le temps et le fric qu'on a investit dans leur croissance! Abattre ces centaines de milliers bovins lors de l'épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine (qui n'est désormais pas considérée comme une maladie contagieuse, à moins de manger du cadavre infecté), quel gâchis quand même. Et tous ces caprins malades de la fièvre aphteuse (qui se guérit bien), idem! Et les poulets aussi y sont passés (c'était quoi déjà? Ha oui, je me souviens, la grippe aviaire). Combien de centaines de milliers à chaque fois, je ne sais pas si quelqu'un a perdu son temps à compter.
Cochons_Egypte.jpgHé bien, en ce moment c'est le tour des cochons d'y passer. Et comme pour les autres avant -bovins, caprins, poulets- le massacre en masse (encore plus en masse que d'habitude), c'est pas du joli joli. Il faut aller vite, très vite, et surtout que ça coûte le moins cher possible. Je crois qu'on a à peu près tout essayé pour économiser nos précieux sous. On a fait des trous dans le sol qu'on a remplit d'animaux vivants puis on a refermé au buldozer. Peut-être qu'on a tassé un peu après, histoire de faire propre. On a fait des tas d'animaux vivants puis on y a mis le feu. Ou alors, comme en ce moment en Egypte, on fait des tas de cochons au tractopelle dans des camions remorques. Tout aussi dégueulasse que les massacres précédents. Vous pouvez vérifier par vous-mêmes : cauchemar assuré.
La vie de milliers de cochons en ce moment au pays des pharaons vaut là peine le prix de quelques litres de gazoil. De toutes façons, la vie des cochons ne vaut jamais rien - sauf pour eux bien-sûr, mais alors qu'est-ce qu'on s'en fout!
Tout ça rappelle étrangement un extrait d'un article qui était paru dans Libération en 2003 :
Lors de la récente épidémie de fièvre aphteuse, les troupeaux ont été abattus à une telle cadence que l’abattage était devenu très approximatif : « Certains étaient allés jusqu’à creuser d’énormes fosses où ils jetaient les animaux vivants, puis les recouvraient de terre. Les voisins disaient entendre des cris étouffés la nuit et voir la terre bouger par endroits. »

Les végétaliens, des animaux comme les autres, paru dans Libération du samedi 17 et dimanche 18 mai 2003, pp. 46-47.
Six ans plus tard, et toujours les mêmes horreurs. Mais après tout, ces atrocités n'ont-elles pas commencé il y a déjà des milliers d'années?  Aujourd'hui, en Egypte, hier chez nous, en fait, partout. Tout le temps. Il y a des traditions dont on n'a vraiment pas de quoi être fiers. Et celles des massacres ignobles, des tueries (de masse ou individuelles), des boucheries (à grande ou à petite échelle, industrielle ou artisanale) je ne serais vraiment pas fâchée de les voir disparaître. Mais temps s'écoule, et je ne suis pas sure que l'humanité beaucoup, à part sur le chemin de la barbarie.
Mais quand bien même on ne pourrait sauver qu'un seul cochon, une vache, un poulet ou une souris, pour celui-là il faut le faire, il ne faut pas baisser les bras.