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10 décembre 2007

Charlie Hebdo peut mieux faire

5d5d31fa30f9c6307704c78d2501c7e8.jpgLe dernier numéro d'Alliance Végétarienne (la revue de l'Association Végétarienne de France) dédie des "Ronces" à Charlie Hebdo, pour un article que je vous laisse découvrir (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Je n'ai pas résisté à l'envie de rédiger une réponse à cet article croustillant, ni à vous la faire lire. Voici donc la copie de la lettre que j'adresse ce jour à Siné:

Monsieur,
Je découvre avec stupeur que l’Association Végétarienne de France vous a décerné « des Ronces », via sa revue Alliance végétarienne n°90, pour une chronique parue dans votre journal n°799 du 10 octobre dernier. Sans nier que ces malheureuses lignes de votre part méritent effectivement des Ronces, je suis sidérée que vous ayez pu faire paraître de telles inepties.
À n’en pas douter, il y a eu dérapage de votre part. Comment expliquer autrement qu’un journal aussi fiable, aussi bien informé que le vôtre, et ayant à cœur de lutter pour des causes justes, ait pu publier de telles (comment dirais-je ?), de telles sottises ? Je ne peux pas croire à un acte de malveillance de votre part ; aussi vous me permettrez de mettre cet article sur le compte de votre ignorance, et c’est pourquoi je vous écris aujourd’hui, afin de vous donner des éléments constructifs pour qu’au plus vite vous puissiez rectifier vos très regrettables erreurs.

Reprenons l’élément essentiel de votre texte qui prouve que, hélas, vous pataugez en plein Moyen-Âge de la diététique. Ainsi, vous écrivez : « Comme tous les nutritionnistes vous le confirmeront, c’est un pari [le végétarisme] parfaitement impossible à tenir, surtout dans la durée, à moins de compenser les carences inévitables par des comprimés de vitamines en pagaille. »

Tout d’abord, je sais combien vous serez soulagé d’apprendre que vos croyances sont totalement erronées. En effet, des nutritionnistes reconnus ont publié un rapport objectif et officiel sur les modes d’alimentation végétarienne et végétalienne, d’où il ressort qu’il est tout à fait possible, voire conseillé, de suivre ces alimentations. Ce rapport a été rédigé par l’Association américaine de diététique et Diététiciens du Canada, deux organisations de renommée internationale et comprenant près de 70 000 membres (diététiciens et nutritionnistes). Il a été publié sur la base d’articles scientifiques, et vous comprendrez par vous-même que le sérieux de leur étude ne saurait être mise en doute.

Toute personne intéressée (dont maintenant vous faites parti) peut consulter le rapport original en anglais à l’adresse Internet suivante :
http://www.eatright.org/cps/rde/xchg/ada/hs.xsl/advocacy_933_ENU_HTML.htm

Une traduction française existe, et vous pouvez la trouver également sur le net, où elle est d’ailleurs téléchargeable gratuitement – afin de, justement, lutter contre l’ignorance des gens qui croient encore qu’il est impossible d’être végétarien ou végétalien. Voici le lien :
http://lacriee.free.fr/positionAADD.html

Pour vos recherches, vous trouverez également une multitude d’informations fiables sur l’alimentation végétarienne et végétalienne à cette adresse :
http://www.vegetarisme.fr/EntreNous/index.php?p=../docs/index.php


Vous serez heureux d’apprendre, à la lecture de ces documents, qu’aucun complément n’est nécessaire lors d’une alimentation végétarienne. Donc, là encore, vous avez commis une boulette fort regrettable en écrivant que le végétarisme est « parfaitement impossible à tenir, surtout dans la durée, à moins de compenser les carences inévitables par des comprimés de vitamines en pagaille. » En réalité, vous constaterez en vous documentant qu’il n’y a pas plus de « carences » que de « comprimés de vitamines en pagaille. »
Il est exact que pour l’alimentation végétalienne (ce dont vous ne parlez pas) il convient de compléter son alimentation par des apports en vitamine B12. Mais vous conviendrez avec moi que, dans un sincère souci de réduire la souffrance des autres animaux sur notre bonne vieille Terre, prendre quelque apport de vitamine B12 est vraiment un moindre mal – voire même un plaisir quand on songe aux nombres de vies animales ainsi épargnées par une alimentation végétalienne.
Je sais que des personnes argumentent que compléter son alimentation n’est pas « naturel ». Mais ces individus ont hélas une vision étroite des choses (ce qui ne saurait être votre cas). Elles confondent « naturel » et « bon » ; croyant naïvement que l’un et l’autre sont synonymes. Deux minutes de réflexion autour de faits aussi « naturels » que le viol, les maladies et épidémies de toutes sortes, les malformations et les catastrophes du genre ouragan Katrina et tsunami de 2004, nous font immédiatement comprendre que ces deux mots sont en réalité étrangers l’un à l’autre. Ce n’est pas parce que quelque chose est naturel qu’il est bon, et de bonnes choses (comme chercher à réduire la souffrance des animaux) peuvent parfaitement ne pas être naturelles.
D’autres personnes, noyées dans leur égoïsme ou de simple mauvaise foi (dont vous ne faites évidemment pas parti), n’ont pas envie de se « compliquer » la vie avec ces histoires de compléments alimentaires. Elles ne veulent même pas songer qu’être végétalien permet d’épargner la vie d’animaux, et que pour être un végétalien en pleine forme il suffit de prendre une dose de B12 tous les 5 jours au maximum, par exemple sous la forme d’un cachet minuscule. Il est rassurant par ailleurs de savoir que la vitamine B12 est constituée de bactéries cultivées par des laboratoires indépendants. Sachant tout cela, on se passera d’autres commentaires sur l’arrogance de ceux qui, au nom de je ne sais quels principes dépassés, refusent tout simplement de réfléchir aux conséquences désastreuses de leur alimentation et à la question des compléments alimentaires.
Pour information, je rappelle par ailleurs que de nombreuses personnes omnivores sont carencées en B12, en fer, en calcium, ou en toute autre chose, et que les compléments alimentaires sont loin de concerner prioritairement ou exclusivement les végétariens ou les végétaliens. Il s’avère donc absurde d’insister sur le fait que ces régimes doivent être équilibrés, alors que tous les régimes sans exceptions doivent l'être. C’est une question de bon sens.

Mais revenons à votre article. C’est avec désarroi que je lis également « de plus en plus de jeunes cons refusent même de manger les légumes ayant touché la viande ! Au lieu de les virer sans bouffer ou de leur faire ingurgiter de force avec un entonnoir, l’université de Lyon a réuni les responsables de toutes religions – y compris les bouddhistes -, écouté leurs conneries traditionnelles et décidé de créer « des repas complets sans viande » avec, c’est un comble, l’assentiment des laïcs et des athées. »
J’avoue que j’ai du mal à saisir pourquoi, comme toute personne sensée, vous ne vous réjouissez pas d’apprendre que grâce à une réflexion commune de différentes parties (même les plus minoritaires, comme les bouddhistes), des repas complets sans viande seront désormais servis à l’université de Lyon. Peut-être n’avez-vous pas saisi qu’il existe un lien entre le fait de manger de la viande et d’exploiter et tuer des animaux ? Ou bien êtes-vous de ceux qui ne savent pas que les animaux non humains sont des individus sentients, c’est-à-dire qu’ils ont des perceptions, des émotions, et par conséquent des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres ? En d’autres termes, votre ignorance serait-elle profonde au point de ne pas savoir qu’un cochon, une vache, une poule ou un poisson n’ont pas envie d’être tués pour être mangés ?
Peut-être ignorez-vous même que les animaux qui nous servent d’aliments vivent dans des conditions atroces : ils sont entassés, stressés, maltraités, battus, les mères sont séparées de leurs petits, les porcelets sont castrés et ont les dents et la queue coupées sans anesthésie... la liste des maltraitance sur les animaux destinés à la boucherie est sans fin, aussi là encore je vous laisse le soin de vous renseigner par vous-même – et là encore, sans bouger de votre fauteuil, une recherche sur Internet vous donnera tous les éléments nécessaires à une réflexion constructive.
Je n’en reviens pas de découvrir, par votre article, que des gens cultivés comme vous peuvent aujourd’hui encore ignorer que les autre animaux ont des conditions de vie (et de mort) abominables et ce uniquement du fait de notre gloutonnerie (puisqu’il n’est pas nécessaire de manger de la viande). Mais comment justifier autrement vos écrits ? Jusqu’à maintenant, vous étiez sans doute de ces gens indifférents pour qui la viande était un produit alimentaire neutre, mais maintenant vous prenez conscience que la viande est le cadavre d’un animal sentient qui a souffert et qui a été tué pour nous. Je sais que ce n’est pas facile d’affronter cette vérité, heureusement, il est possible de ne pas continuer à cautionner une telle barbarie – oui, vous avez compris : en étant végétarien ou, mieux encore, végétalien !

Arrêtons-nous maintenant un instant sur la forme de votre écrit. Si sa violence me désole, je la comprends aussi. Cette envie irrépressible de vouloir « les [les étudiants] virer sans bouffer » ou « de leur faire ingurgiter de force avec un entonnoir », ce mépris au point de les traiter de « cons », oui, je comprends que, convaincu du bien-fondé de vos croyances (à savoir qu’il faut manger de la viande), vous ayez face à ceux qui ne les partagent pas la même rage que, par exemple, les missionnaires catholiques ont eu face aux païens. Aveuglé comme eux, vous vous laissez emporter par la force de vos convictions, sans songer un seul instant à remettre en question votre foi en une société qui nous apprend dès le premier âge à manger de la viande et qui nous conforte sans cesse dans cette voie. La tyrannie et la haine vous emportent, et vous voulez soumettre par la force ceux qui vous contestent. Mais je sais aussi que vous êtes capable de dépasser ce conditionnement pitoyable et que vous serez à même de retirer des éléments que cette lettre vous apporte les conséquences utiles à votre évolution – et, certainement, vous regrettez déjà votre emportement, autant sur la forme que sur le fond.

Je conclurai cette lettre par une dernière information, mais de taille et très réjouissante : en plus d’épargner des animaux non humains, le végétarisme et le végétalisme sont des modes d’alimentation bénéfiques aux humains et à l’environnement. Je sais que ça vous paraît trop merveilleux pour être vrai, et pourtant c’est la vérité. Je m’explique :
Il faut savoir qu’en moyenne, il faut 7 calories d’origine végétale pour produire une seule calorie sous forme de viande. C’est-à-dire qu’il faut 9kg de protéines végétales pour produire un kilo de protéine animale. Concrètement, aujourd’hui dans le monde, 90% des plantations de soja servent à nourrir des animaux qui vont nourrir des humains ; fait totalement absurde puisque ce soja, s’il était consommé directement par les humains, pourrait nourrir environ 10 fois plus de personnes. C’est la même chose pour les céréales, dont 38% de la production mondiale sert aussi à nourrir les animaux. Quant aux terres arables, les deux tiers sont réquisitionnés afin de faire pousser ces aliments pour animaux, alors qu’ils nourriraient des millions de personnes supplémentaires s’ils étaient cultivés directement pour les humains (avec des céréales, du soja, des légumineuses, des légumes... ). Cette donnée à elle seule justifie de ne plus manger de viande, puisqu’il est fondamentalement injuste que le grain du pauvre engraisse la vache du riche – et nous en conclurons évidement que le végétarisme est une démarche très philanthropique. Continuer à manger de la viande dessert donc tout autant les humains que les animaux.
Mais ce n’est pas tout, puisque les élevages polluent massivement les sols et les eaux – pas la peine d’aller bien loin pour s’en rendre compte, il suffit de voir ce qui se passe en Bretagne. Les élevages sont aussi dévorateurs d’eau et d’énergie, et ils participent en plus au réchauffement climatique. Et comme si ce n’était pas suffisant, des millions d’hectares de forêts tropicales sont tout simplement rayés de la carte pour leur faire de la place... Triste constat, mais qui n’est pas insoluble - là encore je vous laisse le soin de vous documenter par vous-mêmes (et vous n’allez pas être déçu du résultat de vos recherches) et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Et comme vous, je dis : assez ! assez de souffrances, d’absurdités, d’inconscience ! Je l’ai dit, vous luttez pour des causes justes, et maintenant vous prenez conscience que le simple fait, si dramatiquement anodin, de manger de la viande est un acte hautement barbare et destructeur. Alors, soyons responsables, laissons les animaux tranquile, tournons-nous vers l’avenir et refusons de manger de la viande, puisque rien, mis à part des habitudes dépassées ou des arguments invalides, ne peut justifier de continuer à le faire. Je comprendrais tout à fait que vous préfériez rédiger une rectification vous-même à votre article à partir de vos propres recherches plutôt que de publier cette réponse, qui ne développera pour vous sans doute pas assez les bienfaits du végétarisme et du végétalisme. J’ai hâte de lire votre article et, confiante en votre honnêteté et en votre esprit d’ouverture, je sais que vous allez publier un article intéressant et constructif – car vous aurez à cœur de ne pas rester des fossiles ni des imbéciles quant aux animaux non humains, au végétarisme et aux humains.

 

Dans l’attente de vous lire rapidement, directement ou via votre journal, je vous adresse mes plus sincères salutations.

07 décembre 2007

Fourrure de chats et chiens bientôt interdite en Europe, à quand les autres aussi?

52018d42c08f9634c6e4769648d37d1f.jpgJe me réjouissais déjà, j'avais commencé à écrire : la date approche! plus que quelques semaines et la fourrure de chiens et de chats sera interdite en Europe. Je relis une dernière fois le communiqué, et là déception: ce sera le 31 décembre 2008! Mais bon sang, pourquoi autant de temps pour appliquer un décret aussi simple? C'est une bonne nouvelle malgré tout, mais c'est un peu du délire aussi. On voit bien que c'est pas eux (qui ont décidé la date butoire) qui se font écorcher pour leur peau. Apparemment, la fourrure de chiens et de chats est déjà interdite aux USA et en Australie, ce qui est bien (et insuffisant, évidemment). Mais pour en revenir à l'Europe, je lis ensuite: "les députés ont accepté que 'par dérogation exceptionnelle', la Commission européenne puisse adopter des dispositions autorisant la fourrure de chat et de chien sur le marché européen 'à des fins éducatives ou d'empaillage'".
2593fd59187fc2c43693c5460e2959bc.jpgMais qu'est-ce que c'est que cette connerie? De la fourrure à des fins éducatives? d'empaillage? Mais c'est crétin, d'une stupidité sans fond! Qu'est-ce que la peau d'un cadavre peut avoir d'éducatif? Je ne comprends pas. Ce qui serait éducatif, ce serait de faire savoir que les animaux non-humains sont eux aussi sentients, c'est-à-dire capables d'avoir, comme nous, des perceptions, des émotions, et que par conséquent la plupart d'entre eux (tous ?) ont des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres.
Ce qui serait vraiment intelligent, ce serait de faire appliquer ce décret au plus vite (et pourquoi pas tout de suite?) et, bien entendu, de l'étendre à l'ensemble des animaux concernés : l'interdiction pure et simple de la fourrure, voilà une sage décision. Sauvés, enfin, tous les renards, lapins, visons, loups, ratons-laveurs, hermines, phoques, chinchillas, moutons (pour leur douce fourrure, appelée Astrakan, les petits de certaines races de mouton sont tués juste avant leur naissance - la mère avec), lynx, coyotes, ragondins et j'en passe.
Car comme le précise l'association Fourrure-torture:

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Les personnes qui s’émeuvent, à juste titre, sur les conditions d’élevage et d’abattage des chats et des chiens tués pour leur fourrure, ne réalisent pas toujours que les autres animaux subissent les mêmes traitements. Cinquante millions d’animaux sont tués chaque année pour l’industrie de la fourrure. Entassés dans des élevages ou capturés par des pièges à mâchoires, ils sont ensuite gazés, électrocutés ou battus à mort.
Vous ne souhaiteriez probablement pas porter votre chien sur un col de vêtement ou le retrouver sur votre sac à main. Alors pourquoi porter la fourrure des autres animaux ?

Et j'ajouterai même: vous ne voudriez pas non plus trouver votre chien, votre chat ou votre poisson rouge cuisiné et servi pour votre repas? Alors, pourquoi manger les autres autres animaux?

02 décembre 2007

Expo photo des animaux de la ferme

dc249b8a27b09a153172ce67600fea62.jpgAu parc de la Tête d'Or, à Lyon, se tient en ce moment une expo photo sur les animaux de la ferme. 52 photos géantes sur de grands panneaux en bois ornent les allées, offrants aux promeneurs des portraits de vaches, cochons, poules, coqs, chiens, brebis, canards, oies et même un âne. L'auteur, Thierry des Ouches, est reconnu pour ses photos d'animaux de la ferme, il a fait des bouquins (de photos), et n'en n'est pas à sa première expo
Au départ, j'ai été plutôt enthousiaste (relativement, mais quand même) par rapport à cette expo. Je pensais que montrer des photos d'animaux, qui plus est de la ferme (ce qui est moins fréquent que des photos d'animaux sauvages) pouvait renformer une sorte de proximité humains-animaux qui serait propice aux animaux ; un peu comme comme si voir un beau portrait de cochon, et non pas seulement une image sur un boîte de pâté, participerait à comprendre que les cochons sont des animaux sentients et que ça pourrait changer le statut des cochons. Je me disais que ça pouvait, un tout petit peu certes mais rien n'est négligeable, être positif pour les animaux non humains.
4753d818a1a9502b8998907a818c38c9.jpg Mais voilà que je remarque qu'il s'agit uniquement de belles photos d'animaux paisibles, la plupart des poules et des coqs font partie d'espèces dites "ornementales". Après tout, c'est bien aussi de montrer que les animaux de la ferme, comme tous les animaux, peuvent être contents de vivre... sauf que... ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout, représentatif du sort des animaux de la ferme. Je vois alors qu'un texte vient illustrer l'exposition. Bien sûr, je ne m'attendais quand même pas à un texte engagé, genre : "Ces animaux photographiés ont la chance incroyable de vivre une vie heureuse dans une ferme, mais hélas n'oublions pas que tous seront quand même abattus dans des conditions effroyables pour être mangés". Je ne délirais pas non plus au point d'imaginer que ces animaux de la ferme aient pu être photographiés dans un refuge pour animaux, et que l'expo ait été créée en sa faveur (du pur délire). Non, je sais pas bien ce que j'espérais, peut-être une petite phrase, même quelque chose entre les lignes qui parlerait du sort des animaux de la ferme, et qui expliquerait que voilà, là on voit des animaux heureux mais des millions vivent dans des conditions atroces...
Je lis attentivement le panneau explicatif de l'expo : rien. Même pas une allusion, un entrefilet : portraits et tabous sur les animaux se mélangent ici intimement.
On lit la biographie de l'auteur, et on apprend "que ces photographies sont présentées en avant-première de l'exposition "Explorer et classer : la quête scientifique" pour montrer la diversité des espèces créées par l'Homme". Super. Et notez bien: Homme avec un grand H. Mais tout ceci n'est guère étonnant, après tout, pour une expo organisée par le Jardin botanique de la Ville de Lyon et l'Université Lyon I.
Et je me dis que tout ceci est finalement bien dommage, parce que les gens vont être renforcés dans l'idée que les animaux de la ferme ont une belle vie, et ça leur donne rudement bonne conscience pour continuer à bouffer les animaux. Tous, ceux et celles qui mangent de la viande, aiment imaginer que leur bout de barbake vient d'une vache-qui-n'a-pas-souffert, ou d'un cochon-qui-a-eu-une-belle-vie. L'inverse n'est en effet pas très plaisant. Déjà, penser qu'il y a eu un animal sentient derrière le bout de cadavre, pardon, de viande, c'est moyen, alors savoir en plus que cet animal a eu une vie de merde et une mort douloureuse... Cette belle expo aurait pu être un moyen d'éveiller quelques esprits, hélas, tout en conscensus de bonne conscience spéciste, son souriant auteur ne fait que bercer d'illusions les amateurs d'animaux morts... Dommage.
C'est sûr qu'on préfère tous voir des belles photos d'oies et de canards visiblement heureux que des animaux en souffrance, et c'est tout-à-fait normal. Ce qui l'est moins, c'est de laisser croire que ces quelques portraits représentent l'ensemble de ces oiseaux, et de sciemment complètement occulter le fait que des millions souffrent le martyr à cause de notre gourmandise - et notamment à cause du foie gras, très à l'honneur en ces fêtes de la goinfrerie de fin d'année. La moindre des choses aurait été de leur rendre hommage, mais que voulez-vous, l'auteur préfère ne pas s'engager - car il ne peut pas être naïf ou crétin au point d'ignorer la véritable vie des animaux de la ferme. Par contre, profiter des animaux, ça il sait bien faire, mais je ne l'en félicite pas.

22 novembre 2007

Le foie gras, facile de s'en passer !

f0e52a4e3aab7e279ea795267fd703e3.jpgCe week-end j'étais à Genève et, (bonne) surprise : sur des panneaux d'affichages municipaux étaient collées des affiches contre le foie gras ! Ce n'est pas tout : plus tard, j'ai trouvé dans un journal gratuit Le matin bleu un grand encart, toujours anti foie gras. C'est la SVPA (Société Vaudoise de Protection des Animaux) qui oeuvre pour cette campagne. L'an dernier, elle avait menée 82006f2956bd32bc1318ef4e9f651cff.jpgune campagne anti fourrure. Les affiches et les encarts sont bien faits. L'accent est d'abord mis sur le fait que le foie gras, cet "écoeurant concentré de cholestérol", est nuisible à la santé des humain-e-s : ne surestimons pas nos compatriotes humains, et puisque la plupart sont encore absolument incapables de s'intéresser à la détresse des animaux (même s'ils en sont responsables), c'est peut-être pas plus b0f42751f9c168aa39511816b8543144.jpgmal d'essayer de les toucher par leur point faible, c'est-à-dire leur santé.
Du coup, j'ai été faire un petit tour sur le site de la SVPA, et particulièrement sur leur campagne foie gras. Il y a des photos, à voir absolument si vous mangez encore du foie gras (si vous avez le courage de manger un tel concentré de souffrances - et de cholestérol - regardez donc d'où il provient).
Tout ceci nous amène bien évidemment à parler de la campagne foie gras française, organisée par Stopgavage. Cette année, une tournée nationale est organisée, avec au programme, pour dénoncer la brutalité extrême du gavage : projections de vidéos, signatures de pétition, distribution de tracts, dégustation de pâté végétal... Les médias seront conviés. D'ailleurs, si vous souhaitez participer à la tenue d'un stand, vous pouvez dès maintenant prendre contact avec leur équipe. Sur le site Stopgavage, on trouve plein d'infos, des reportages, des affiches, des tracts... J'aime beaucoup le tract intitulé : vous aussi vous pouvez sauver des oiseaux. Il me rapelle quand j'étais enfant et que j'avais été bouleversée par des images d'oiseaux mazoutés, et comme je me sentais impuissante à les sauver. Mais maintenant c'est différent : je refuse de manger des morceaux d'oiseaux et ça leur sauve la vie !

Calendrier

  • Metz : le 29 nov.
  • Lille : le 3 déc.
  • Paris : le 4 déc.
  • Rouen : le 5 déc.
  • Nantes : 6 déc.
  • Orléans : 7 déc.
  • Clermont : Ferrand le 10 déc.
  • Limoges : le 11 déc.
  • Bordeaux : le 12 déc.
  • Toulouse : le 13 déc.
  • Montpellier : le 14 déc.
  • Marseille : le 17 déc.
  • Lyon : le 18 déc.
  • Dijon : le 19 déc.
  • Strasbourg : le 20 déc.
  • Nancy : le 21 déc.

06 novembre 2007

L'alimentation végéta*ienne et votre santé

6538251d2f659e2665eea20455868cad.jpgQuelle chance! une magnifique brochure vient de paraître : L'alimentation végétarienne, végétalienne et votre santé. Le texte scientifique (mais vraiment abordable par tout le monde, rassurez-vous !) est la traduction fidèle de la position soutenue par l'Association américaine de diététique et des Diététiciens du Canada (le tout donne AADDC), à propos des alimentations végétarienne et végétalienne.
Alors d'accord, ça ne parle pas des animaux ni des raisons pour lesquelles on peut être veg, mais finalement on est en droit de penser que plus on sera informé-e qu'une alimentation veg est possible (et  mieux encore, saine et bénéfiques) mieux ce sera, non? La grande force de ce texte est justement d'être impartial : il s'appuie sur des faits établis et vérifiés et en tire les conclusions qui s'imposent. Coup de chance, elles sont positives pour l'alimentation veg, ce qui ne peut que rassurer toutes les personnes soucieuses avant tout de leur santé. (Personellement, s'il avait été avéré que l'alimentation veg n'est pas bénéfique à  la santé, je crois que je le serais quand même pour les animaux, mais c'est facile finalement de dire ça quand ce n'est pas le cas! De toutes façons, ça ne se pose pas et c'est tant mieux.)
La brochure, donc, présente de façon vraiment objective les conséquences des modes d'alimentation veg sur la santé humaine en les comparant systématiquement avec celles d'une alimentation omnivore.
Le sommaire est très fourni, et vous pouvez saisir le texte par une multitude d'entrées différentes, par exemple selon les périodes de la vie, les maladies, l'activité...
C'est vraiment un texte sérieux, complet : un outil de référence incontournable, indispensable pour toute personne concernée ou intéressée par le sujet. N'hésitez pas à le commander pour vous, votre entourage, et aussi pour offrir à votre médecin !
La brochure est diffusée par les éditions La Criée et par l'Association Végétarienne de France. Elle est en format A5, fait 55 pages (dont une bonne quinzaine de références diverses) et coûte 3€ frais de port compris. Si vous en voulez plusieurs, c'est moins cher. Contactez l'association La Criée pour en commander plein !
Et le texte en intégralité est également téléchargeable sur le site de La Criée, c'est bon à savoir aussi.

22 octobre 2007

Écolo... pour les animaux

6d06b4b20267e7292de2eca6a785b612.jpgHier, en revenant en train d'un we chez des ami-e-s qui habitent en Savoie, mon amie et moi avons voyagé dans le compartiment du contrôleur et avec le contrôleur (ce qui est quand même bien improbable) : le train étant pas mal rempli et le contrôleur sympa, il a accepté qu'on partage avec lui le compartiment qui d'ordinaire lui est réservé. Inévitablement, la discussion a fini par s'établir et - chose encore plus improbable - il s'est avéré que notre homme était tout acquis à l'écologie ! S'en est suivie une discussion intéressante autour des méfaits de la télé, de l'énergie nucléaire, de la bagnole, bref des splendeurs de notre société de consommation actuelle. Juste avant d'arriver (du coup, le voyage a paru rapide), je lui ai dit que nous étions véganes, et mon amie a bien précisé : "pour les animaux", car il est clair que notre homme avait associé notre refus de manger de la viande à une volonté écologique, ce qui se comprend aussi : l'élevage est dévoreur d'énergie, d'eau, d'espace, de terres, et producteur de multiples pollutions, nuisances, disparités - et bien entendu d'infinies souffrances. Les gens qui mangent de la viande sont donc dévoreurs d'énergie, d'eau, d'espace, de terres et producteurs de nuisances, pollutions, disparités et sources d'une multitude de souffrances. Bref, toute personne un peu soucieuse de l'environnement ne devrait pas consommer de viande - ça semble une évidence et un minimum.
De plus, quand on sauvegarde l'environnement, ça préserve l'habitat des animaux - non pas que la nature soit le top (genre, les lapins dévorés par les renards, bof bof!), mais on n'a vraiment rien de mieux à proposer en fait (les lapins et les renards trottants sur le bitume au milieu des immeubles et des bagnoles, pas vraiment ça non plus... ).
Mais pour être clair, même si l'élevage ne produisait ni nuisances ni pollution, le seul fait d'impliquer l'assassinat des animaux est inacceptable.
Et il l'a tout de suite compris, ce contrôleur  décidemment hors-normes, qui a conclut juste au moment où nous quittions le train : "Perso, j'ai la chance de connaître un éleveur et de savoir que les animaux qui produisent la viande que je mange ont eu une vie pas trop mauvaise, mais il reste toujours le problème de devoir les tuer... " C'est le moins qu'on puisse dire.
sur la photo: une des plus vieilles poules au monde: 18 ans! sauvée par l'ASBL Fabienne.

11 octobre 2007

Notre belle Bretagne

c437e63854f6470f7df36d1723f6c270.jpgCe matin, je lis sur le site d'Univers Nature la nouvelle suivante :

La Bretagne n'est pas réputée pour la qualité de ses eaux, sa première position en terme d'élevage de porc et de volaille en étant la cause essentielle. Si les autorités ont longtemps fermé les yeux, la pression des instances européennes pour parvenir au bon état écologique des eaux d'ici 2015 et la menace d'une amende record semble faire évoluer un peu les choses. C'est dans ce climat, que le président du marché du porc breton a été condamné jeudi dernier à Morlaix (Finistère) à six mois de prison avec sursis et 7 500 euros d'amende, pour pollution des eaux par déversement accidentel d'effluents de lisier.

Pour Jean-Claude Bévillard, en charge des questions agricoles et forestières à France Nature Environnement, cette affaire montre que '...les mesures partielles, comme la mise en place de stations de traitement de lisier, conduisent à l’impasse. Seule une diminution du cheptel est susceptible de résorber les excédents d’azote qui détériorent gravement presque l’ensemble des rivières et des eaux souterraines françaises'. Pour y parvenir, FNE considère qu'une remise en question profonde des modèles agricoles actuels est nécessaire, avec notamment une réorientation des modalités d’attribution des aides de la Politique Agricole Commune. (Alex Belvoit)

Peut-être est-ce enfin un début de prise en compte des pollutions liées à l'élevage ? Mais ce qui est le plus frappant dans cet article, c'est la conclusion : une remise en question profonde des modèles agricoles actuels est nécessaire. Et si on allait plus loin ? Allez, soyons fous et folles, osons écrire : une remise en question profonde des modèles alimentaire est nécessaire ; il faut arrêter de manger les animaux, et devenir végétalien.
Alors, toutes les histoires de pollutions liées à l'élevage seront réglées, en plus les animaux cesseront de souffrir, et la santé des humain-es s'en trouvera fort améliorée !
Tout ceci me rappelle que lors d'un petit séjour effectué en Bretagne il y a quelques années, je m'étais retrouvée avec une amie et ses potes dans un café pour fêter je ne sais plus quoi, et la patronne nous a gracieusement offert une collation : pâté de foie (de porc), jambon, beurre et pain blanc... D'ailleurs, en Bretagne, je n'ai jamais vu un seul cochon - normal, puisqu'ils sont tous enfermés dans des élevages concentrationnaires.

Illustration issue de la Vie Universelle