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19 août 2006

Du Portugal, pêle-mêle...

Oups, je n'ai vraiment pas un accès facile à Internet en fait ! Du coup, c'est seulement après trois semaines (déjà) que je trouve le temps et le moyen de partager un peu ce voyage ! Je ne peux pas mettre de photos aujourd'hui, mais si je pouvais, je mettrais : une photo d'un incendie de forêt et une photo de toute l'incroyable nourriture végane qu'on trouve si facilement ici.
Un journal a indiqué qu'en deux semaines (les deux premières semaines d'août) ce sont 36000ha, soit 14 fois la superficie de Lisbonne, qui sont partis en fumée... C'est vraiment énorme. Des routes que nous avons sillonnées, on voyait les énormes colonnes de fumée grises, et dans les terres entre Coimbra et Aveiro, il y avait tant de fumée depuis tant de jours que le ciel était entièrement couvert, on a même pensé au début que c'était une sorte de brume ! La nuit, près d'un village vers Viseu (nord) la sirène des pompiers a réveillé-e : nous sommes sorti-e pour voir, car la maison était un peu perdue dans la forêt et depuis plusieurs jours un incendie ravageait les environs. Et bien, de la maison on voyait les flammes ! Il était 4h du matin et le feu avait incroyablement progressé en quelques heures - le vent s'était levé. La veille, avec quelques ami-e-s, en voiture nous avions été voir de plus près le désastre : sur la colline d'en face il y avait des flammes hautes comme une maison, peut-être dix mètres de haut ?! et le front du feu faisait bien un km ! Et pour lutter contre cela, des pompiers volontaires, qui sacrifient leurs vacances, quand ce n'est pas leur vie, deux hélicoptères qui transportaient de l'eau dans une nacelle... Une goutte d'eau dans un enfer ! C'est vraiment terrible et triste, les arbres poussent lentement ici, et des milliers d'animaux meurent asphyxiés et brûlés, une maison brûle par ci et par là... Bon, pour en revenir a la pleine nuit, des voisin-e-s (dont un pompier) nous ont rassuré en disant que les flammes étaient de l'autre côté du vallon et qu'une rivière nous en séparait encore. A la radio, peu de temps après, un capitaine des pompiers déclarait que c'était un vrai scandale et qu'il fallait que tout le monde sache que les forêts qui brûlent sont très souvent des propriétés du gouvernement, qui les entretient si mal que les chemins sont inaccessibles aux camions-citernes, pas de coupe-feux, etc. Un autre article racontait aussi qu'un pyromane accusé d'avoir allumé plusieurs feux avait été arrêté - ben oui, presque tous les feux sont d'origine criminelle...
Nous avons fini par nous éloigner des campagnes en feu et par arriver à Lisbonne, Lisboa.  La ville est toujours aussi intéressante, même si en août on y entend presque plus de français que de portugais !
Je crois que je dois arrêter ici pour aujourd'hui...
alors pour la comida (la nourriture) à bientôt ! 

22 juillet 2006

Demain le départ

medium_lisbonne.jpgAyé, demain devrait être le jour J du départ vers le Portugal ! Un séjour ensoleillé en perspective, donc ! Ce voyage sera sans aucun doute riche en émotions et en aventures, et comme l'an dernier j'imagine que plein d'animaux medium_tag_singe_lisbonne.jpgcroiseront notre route : souvenez-vous, ça avait commencé avec des cochons croisés sur une aire d'autoroute, à destination de l'abattoir... (cette note est archivée en août, c'était la deuxième note de ce blog ! ) Puis je vous avais fait un topo de quelques restaus vegs, présenté Rosinha la chatte si gentille, et les animaux d'une ferme en Alentejo...
Puissent les semaines à venir être assez medium_gecko.jpgpassionnantes et enthousiasmantes pour être partagées ! En attendant, voici déjà quelques photos : lisbonne et un chouette tag vu à Lisbonne, et puis un tout petit gecko croisé à Evora.

17 juillet 2006

Quand les éléphants pleurent

medium_elephants_pleurent.jpgDepuis le temps que j'avais ce bouquin dans ma bibliothèque, je me suis décidée à l'ouvrir avant hier. Et depuis, je n'en décroche plus ! Il est vraiment, comment dire ? Impressionnant, émouvant, précis, enrichissant ? Bouleversant peut-être... Les auteur-e ont effectué un travail impressionnant pour nous initier au monde émotionnel des animaux, avec des centaines d'exemples à l'appui. Amour, compassion, joie, peur, colère... les animaux connaissent tous ces émotions, au sein de leur clan, meute, famille, couple, amis, et aussi entre espèces différentes. Nous abandonnons pendant les quelques 300 pages du bouquin notre anthropocentrisme forcené pour découvrir la sensibilité de ceux qui ne nous ressemblent pas physiquement. C'est passionnant ! Et les auteur-e font continuellement le parallèle avec les études qui portent sur les animaux, principalement des études éthologiques, dont la position officielle est la non-reconnaissance des émotions animales. L'ouvrage montre les acrobaties terminologiques que les chercheurs utilisent pour nier l'évidence. Il pose de bonnes questions : pourquoi un tel acharnement à nier l'évidence, pourquoi une telle absence d'intérêt, un vide parfois total par rapport à ce que peuvent ressentir les animaux ? Par exemple, les auteur-e nous font remarquer avec exactitude qu'on n'a jamais étudié la frayeur que peut occasionner chez un animal le simple fait d'être dans un laboratoire. Ce serait sans doute mettre en évidence un dilemne éthique que le regard de la science a choisi d'ignorer. Les auteur-e font des remarques très pertinentes : Ce qui nous limite [dans le désir de connaître les émotions des animaux], c'est l'ignorance, l'absence d'intérêt, le désir d'exploiter l'animal (par exemple pour le manger), ou des préjugés qui nous font refuser de reconnaître, comme de droit divin, ce que nous avons en commun quand tel est le cas. Pourrions-nous en effet être des dieux, si les animaux étaient pareils à nous ? (...) Si les humains se disent distincts des animaux, ou semblables à eux quand cela les arrange ou les amuse, c'est dans le but de maintenir leur domination. On peut penser qu'ils trouvent leur compte à traiter les animaux comme ils le font - à les blesser, les enfermer, exploiter leur travail, se nourrir de leur chair, les regarder et même en posséder certains comme signe de leur statut social.
Le livre explique en détail comment et pourquoi la communauté scientifique refuser de reconnaître la sensibilité des animaux. La grande critique pour un-e éthologiste est de faire de l'anthropomorphisme : Pour la science, c'est pécher contre la hiérarchie que d'attribuer des caractéristiques humaines à l'animal. De même que les humains ne pouvaient être semblables à Dieu, aujourd'hui les animaux ne peuvent être semblables aux humains (remarquez qui a pris la place de Dieu).
Voilà, j'ai commencé le livre avant-hier et j'en suis à la page 148. Quand je l'aurais fini, je ferai une chronique de livre. Cette lecture me rappelle toutes les petites histoires entendues ou lues à propos des émotions des animaux. C'est vrai que se rendre compte de tout ce que peuvent ressentir les animaux devrait, logiquement, nous faire remettre en question la place que nous leur accordons dans notre société. Mais ce n'est pas forcément facile de reconnaître qu'on a tort de faire quelque chose, surtout si tout le monde le fait, en plus notre société s'est bâtie sur l'esclavage, l'exploitation et le massacre (des humain-e-s et des animaux). Comme disent les auteur-e de ce livre, si nous reconnaissons que les animaux partagent nos émotions, ressentent de la peine ou de la joie, nous devrons lâcher du lest et arrêter de nous prendre pour le centre du monde.
Un jour, ma belle-soeur m'a demandé pourquoi j'étais végétalienne. J'ai commencé à expliqué que c'était pour les animaux. Mais très rapidement elle a coupé court à la conversation en disant que Dieu avait créé les animaux sur Terre pour nous servir et que l'être humain est de toutes façons infiniment supérieur aux animaux. Ma belle-soeur est très catholique et je ne me suis pas sentie d'entrer sur ce terrain avec elle, bref je ne voulais pas risquer une confrontation familiale, alors je n'ai rien ajouté. Sa réponse m'a tellement marquée que des années plus tard je m'en rappelle encore. Et ma mère, elle aussi catholique pratiquante, m'a souvent fait remarqué que Dieu nous a donné des canines pour qu'on mange de la viande. Elle me montrait ses canines en disant : Et ça, pouquoi on aurait ces dents-là ? Mes réponses rationnelles ou en faveur des animaux ne la convainquait jamais, et toujours elle me posait la même question. Un jour j'ai quand même fini par lui donner une réponse qui l'a laissée perplexe : Dieu nous a aussi donné des mains, avec les mains on peut caresser, faire du bien ou tuer et torturer. Nous avons le choix. Dieu nous laisse le choix, et bien j'ai choisi de ne pas tuer, ni avec mes mains, ni avec mes dents. Lui répondre avec ses propres arguments a été une bonne idée. Les êtres humains cautionnent l'exploitation des animaux parce qu'ils se croient réellement supérieurs, et en plus souvent autorisés à le faire via Dieu ou la Nature (ce qui revient au même). Et ça les arrange vraiment bien...

Jeffrey Moussaieff Masson & Susan McCarthy, Quand les éléphants pleurent. Paris, éds. J'ai Lu, 1997.

20 juin 2006

Difficile d'être vegane?

medium_roulotte_collective.jpgRécemment, je suis allée chez un ami qui vit en Allemagne, dans un Wagenburg. Les Wagenburg, ce sont des lieux assez répandus outre-Rhin mais complètement ignorés chez nous ; pourtant le concept est super intéressant ! Desmedium_gratin.jpg gens vivent ensemble sur un terrain dans des habitations mobiles : caravanes, camions, roulottes... Celui où j'étais compte une dizaine de vraies roulottes en bois, très belles, posées depuis une dizaine d'année sur un terrain boisé loué à la municipalité, en proche banlieue d'une petite ville. medium_ei_ersaz.jpgL'endroit est relié à la ville par le tram et une belle piste cyclable, dans le Wagenburg l'électricité est fournie par des panneaux photovoltaïques, l'eau vient d'une pompe, y'a un potager, des arbres, de la prairie, des vélos et des carioles à vélos, deux chats et la cuisine collective est végétarienne. Quelques personnes ne sont pas vegs et mangent des cadavres d'animaux hors du Wagenburg. Depuis mon arrivée les repas étaient vegans pour que puisse manger de tout avec les autres, ça s'est fait tout simplement, c'était très chouette. Et en Allemagne, il existe un produit appelé ei ertsatz, c'est du "faux oeuf" végétal !
Au bout de trois ou quatre jours, j'ai été étonnée que mon ami, pas veg, s'exclame : "ça doit être difficile d'être vegane, non ?" Sa question m'a vraiment prise au dépourvu, je me suis écriée : "Mais non, tu vois pas tout ce que je mange depuis que je suis là ? Regarde tout ce qu'il y a !" Et la discussion s'est arrêtée là.
Puis j'ai réfléchis. Et je me suis dit que ma réponse n'était pas exacte : c'est vrai qu'au Wagenburg c'est fastoche d'être vegane, tout comme chez moi où c'est hyper simple, vu que est prévu pour. Il y a des céréales, des légumes, du tofu, des protéines de soja, des légumes secs, des fruits, des noix, du seitan, du tempeh, etc. Et au Wagenburg, tout le monde était ok pour cuisiner vegan. Donc pas de problème.
Mais dans la vie de tous les jours, c'est pas vrai que c'est facile. J'ai fini par imaginer la réponse que j'aurais due faire : "Tu as raison, c'est difficile d'être vegane, même si ici ça va très bien parce que tout le monde veut bien organiser des repas vegans. Chez moi aussi c'est hyper simple, je n'y pense même pas. Mais dans la société, c'est souvent vraiment compliqué. Dans les restaurants, je dois me bagarrer pour ne rien manger qui vienne des animaux, et chez les gens c'est souvent difficile aussi. Je les préviens toujours à l'avance, mais après il faut faire gaffe qu'ils n'aient pas ajouté du beurre dans les pâtes, que les pâtes ne soient pas aux oeufs, bon après c'est normal les gens posent des questions, mais parfois ils sont malveillants, moqueurs et de mauvaise foi... Oui, c'est difficile : mais je sais exactement pourquoi je suis vegane, c'est parce que je refuse de participer à l'exploitation des animaux. Et même si je ne devais manger que du riz, des patates, des lentilles et des pommes, et bien je le ferai. Notre petit bien-être gustatif ne devrait jamais peser face à la vie des animaux ! En fait, ce qui est pénible, c'est pas d'être vegane, ça c'est même une force, mais c'est d'être vegane chez les viandistes !!! Si le monde était vegan, ce serait très simple... "

Tout ceci me donne envie de partager un extrait d'interview que j'ai découvert il y a quelques jours : c'est à propos d'une femme, Julia Butterfly, qui a passé deux ans au sommet d'un séquoïa géant aux USA pour le sauver de l'abattage. Son action, qui a été un succès, m'a vraiment touchée ; et en plus Julia est végane. Je lui laisse le mot de la fin :

Question : Julia, cela fait longtemps que tu as adopté une alimentation vegan, pourquoi?

Réponse de Julia: Parce que je sais très bien que ce que nous mettons dans nos assiettes a une très grande signification. Je ne comprends pas pourquoi ce sujet est toujours traité comme secondaire ou est carrément ignoré. Car c’est par ce que nous mangeons que nous prenons des décisions concernant ce qui est sur la terre et dans les mers, les lacs et les rivières, sur l’énergie, les animaux, la justice, et bien entendu notre propre corps. Ce qui va dans nos assiettes, c’est ce qui décide de la guerre ou de la paix, de tout, quoi! Je considère mon style de vie vegan comme révolutionnaire, mais une révolution pour la paix. J’aime vivre vegan, cela me rend fière et heureuse.
 
 
 

31 mai 2006

Quel monde voulons-nous ?

Il est difficile de nier la part de responsabilité européenne : notre orientation productiviste et l'industrialisation de nos élevages liée à la consommation croissante de viande contribuent à augmenter la demande en soja. (...) Les protéines sont indispensables à la production intensive de volailles, de porcs, d'œufs et de lait. (...) L'Europe, depuis les années 60, développe des élevages intensifs, mais pas sa production de protéines pour les alimenter. L'Europe est aujourd'hui le premier importateur mondial de soja : pour couvrir ses besoins en protéines estimés à 50 millions de tonne par an, elle importe 35 millions de tonnes de soja. (...) Au Brésil, 16,7 millions de personnes souffrent de la faim. Alors que l'État encourage l'agro-industrie, qui exporte 108 millions de tonnes de denrées alimentaires, il importe de plus en plus de quoi nourir sa population.
Ces phrases viennent tout droit de la campagne lancée en février 2006 (qui durera jusqu'en septembre) : Le soja contre la vie. Attention : ce n'est pas une campagne contre le soja, mais contre le soja cultivé par des pays pauvres pour nourrir les animaux que les pays riches consommeront !
Je trouve cette campagne plutôt intéressante parce qu'elle dresse enfin un tableau de cause à effets de ce que représente, du point de vue écologique, notre consommation de viande. Par exemple, il y a deux semaines, je lisais dans un journal une brève sur les cultures de soja qui participaient à un rythme effrayant à la déforestation de la forêt amazonienne (ou de ce qu'il doit en rester, ce ne doit plus être si fameux peut-être, hélas ! D'ailleurs, je lis dans la brochure de la campagne : Au Brésil, rien qu'en 2002, 700 000ha de forêt ont été détruits pour laisser place au soja. En vingt ans, les surfaces consacrées au soja dans la partie amazonienne de la Bolivie sont passées de 30 000 à 500 000ha). Mais pour en revenir à l'article du journal, s'il parlait bien de la déforestation de la forêt amazonienne pour la monoculture du soja, pas un mot sur la finalité de cette culture… et bien je vous assure, des gens imaginent alors que c'est pour faire du tofu et des boissons au soja qu'on rase cette forêt ! L'an dernier encore, un de mes profs m'avait mis sous le nez en pleine classe un article sur le sujet, bien sûr encore un article tronqué où pas un mot ne filtre de la destination de ce soja… et il m'avait dit un truc du genre : Tu vois les conséquences du (sous-entendu : ton) végétalisme (ou végétarisme) ! Mais quand j'avais expliqué que ce fameux soja servait en réalité à nourrir les animaux que lui il mangeait, silence dans la salle… Heureusement, cette campagne souligne bien que ce n'est pas une lutte contre le soja, qui se substitue avantageusement à la viande et aux produits laitiers.
C'est comme les cultures de maïs en Europe et en France : à chaque sécheresse, les médias et les autorités s'alarment de cette culture si gourmande en eau : bon sang de bon soir, y'en a marre du maïs qui nous pompe l'eau ! Oui, mais ces milliers d'hectares de maïs, ils servent à quoi à votre avis ? Je vous le donne dans le mille : à nourrir les bestiaux qui servent à vous nourrir !
Petit rappel : Il faut 4kg d'orge pour faire 1kg de volaille et 5kg de viande pour produire 1kg de truite en pisciculture. (Ministère de l'agriculture et la pêche) Il faut donc 20kg de céréales pour obtenir 1kg de viande de truite, bravo ! Mais le plus fort, c'est que le même Ministère écrivait aussi : En supprimant l'intermédiaire animal, en devenant végétalien, l'homme réaliserait une importante économie de matériaux servant à le construire. Il y a parfois (nan, toujours !) un grand gaspillage de ressources alimentaires, quand les animaux d'élevage mangent des produits qui pourraient être consommés directement par l'homme (ex : vaches nourries avec du maïs, volailles nourries avec du soja). Merci le Ministère pour ces réalités, bon on va quand même pas leur demander en plus d'en tirer des conclusions pratiques, comme d'arrêter de promouvoir à fond l'élevage…
Quant à la campagne Le soja contre la vie, elle nous fournit des centaines d'informations alarmantes, catastrophiques et atroces sur l'envers de la consommation de viande… alarmé-e-s, nous nous penchons avec intérêt sur la rubrique alternatives pour les pays consommateurs (nous). Et là on lit :
  • substituer le soja : c’est possible, grâce à d’autres oléo-protéagineux, même inférieurs en qualité. Pour les bovins, le retour à l’herbe est tout à fait viable ;
  • cultiver du soja localement et dans le respect de l’environnement, c’est techniquement possible.
  • refuser le soja OGM
  • infléchir la courbe de consommation de viande
??? " infléchir la courbe de consommation de viande " ??? Voyons cela méthodiquement :
" substituer le soja " : ok, mais si on devait nourrir avec du foin tous les animaux nécessaires à maintenir notre consommation de viande actuelle, ça reviendrait peut-être à devoir raser toutes les forêts de France pour en faire des pâturages…
" cultiver du soja localement " : j'imagine que c'est pour nourrir les animaux… donc même remarque que ci-dessus. Après tout, c'est exactement ce que nous faisons chez les autres, alors au moins on pourrait être assez honnêtes pour le faire chez nous d'abord. Mais si on veut cultiver du soja dans le respect de l'environnement, donc sans massacrer toutes nos jolies forêts, encore une fois ça va jamais suffire à assouvir notre faim de cadavres. Je signale que le soja que je bois est bio et produit en France.
" refuser le soja OGM " : pour moi, c'est un peu la phrase mystère… Vu que ce soja sert à nourrir les bestiaux qui nous nourrissent, comment on est censé faire ? Peut-être est-ce que c'est écrit sur l'emballage : Cette vache qui a été tuée pour vous nourrir a été alimentée par du soja OGM en provenance de Bolivie. Peut-être…
On revient à la quatrième alternative : " infléchir la courbe de consommation de viande ". Infléchir, ça veut dire diminuer, mais ça sonne un peu plus creux… Infléchir la courbe, c'est loin, ça concerne des chiffres ; est-ce que c'est vraiment moi qui ne plus manger de bidoche à midi ?… D'un point de vue écologique, c'est on dira un début. Ça ferait aussi que moins d'animaux seraient massacrés pour nos papilles… Mais du point de vue des animaux, c'est complètement insuffisant. Finalement, cette campagne est intéressante mais elle manque quand même totalement de prise en compte des animaux…
Là aussi, ça leur ferait vraiment trop mal de promouvoir clairement le végétarisme/végétalisme !
À propos, l'association Alliance Végétarienne a publié un Cahier très intéressant, qui reprend, entres autres, la thématique du soja et des OGM. Nourrir son monde ça s'appelle. Ça aurait aussi pu s'appeler : nourrir tout le monde, écologiquement, intelligemment, équitablement et sans tuer :
Voici un cahier qui démontre, chiffres à l'appui, que l'élevage entretient la malnutrition dans le monde, que la planète pourrait nourrir 15 milliards de personnes sans recours aux produits animaux, et que l'alimentation carnée à l'occidentale est un caprice de riches.
Un caprice de riches qui coûte la vie à des milliard d'animaux, ceux élevés pour leur viande et ceux qui vivaient dans la forêt, et qui est en train de transformer une forêt inestimable en monoculture OGM… Ben ça fait pas rêver.
J'oubliais : dans la campagne, il y a aussi deux cartes-pétitions à signer à et à renvoyer à nos autorités. L'une est pour que la France arrête de financer le développement de la monoculture du soja en Amérique latine. L'autre s'adresse au PDG d'une des firmes qui massacre l'Amazonie, et on y lit : "en tant que consommateur de viande". Là, je vous propose de rayer et d'écrire à la place : "en tant que végétalien-ne (végatérien-ne)".

24 mai 2006

Et si les animaux comptaient…

Comment est-ce possible que les humain-e-s, toujours et encore, ramènent à la sphère individuelle l'oppression exercée envers les animaux ?
La semaine dernière, une amie, végétarienne pour les animaux, m'a dit que "ça lui allait" que des gens amènent de la viande à la fête organisée pour son anniversaire. Que ça lui aille à elle, je veux bien le croire, mais est-ce sa vie qui est en jeu ou bien celle des animaux ?
Toujours et encore le fait de manger les animaux est ramené à une histoire de goûts et de couleurs…
Combien de temps va-t-il encore falloir entendre des réflexions du style : je ne mange pas de viande mais ça ne me dérange pas que tu en manges ; de toutes façons chacun fait ce qu'il veut ; du moment qu'on ne me force pas à en manger…
Je ne veux pas jeter la pierre aux végétarien-ne-s, loin de là, c'est déjà tellement bien de l'être ! Mais alors quoi ? Alors je sais pas, la remarque de la copine de la semaine dernière a été un peu la goutte d'eau pour moi à ce moment-là : manger de la viande est un acte meurtrier, et oui, j'aimerais vraiment imposer l'interdiction formelle de manger de la viande parce que c'est intolérable, injustifiable, que des animaux soient exploités et tués pour être mangés. On me taxera de radicale, d'intolérante, oui sans doute, mais comme on dit : c'est pour la bonne cause, non ?
Accepter sans broncher, peut-être avec une certaine forme de douce compréhension, sous prétexte que chacun-e fait ce qu'ellil veut que d'autres apportent de la viande à nos repas d'anniversaire, dans nos maisons, la cuisinent sous nos yeux ; accepter cela et le justifier, n'est-ce pas faire comme si les animaux ne comptaient pas, toujours pas malgré notre refus à nous d'en manger ?
Mais se montrer solidaire des animaux, c'est s'exposer aux railleries, quolibets, moqueries et mots méchants : que tu es intolérante, arrête tu vas me faire pleurer, je fais bien ce que je veux : et bien justement, non ! ça ne devrait pas être possible dans ce cas ! pas quand c'est la vie des animaux qui est en jeu !
Allez, tout ça je le sais bien aussi.
Et je sais pas pourquoi la réflexion de la copine m'a tellement énervée, parce que finalement moi non plus je ne lui ai rien dit. Pourquoi je ne lui ai pas répondu : ha, je comprends que tu n'es pas envie de faire des histoires, mais c'est dommage d'accepter que des gens amènent de la viande chez toi, parce que ça va causer la mort d'animaux…
Ou alors, je sais bien pourquoi sa réflexion m'a tant agacée : justement parce que moi non plus je n'ai rien osé dire, finalement…
 

25 avril 2006

Des tracts pour les animaux

Bonne nouvelle pour les animaux : des gens se bougent pour mettre à notre disposition de supers outils d'information ! Un grand merci à toute l'équipe qui a permis la création et le tirage de ces tracts sur la consommation des oeufs, de viande, des poissons, et sur l'exploitation des animaux en général. Ces quatre tracts (un par thème) sont remarquables de qualité, par leur maquettage (en quadri s'il vous plaît), par leur texte : clair, reprenant les thèmes essentiels sans rien omettre non plus de ce que vivent les animaux sous le joug humain.
Des tracts qui vont m'être bien utiles, pour envoyer à mon père qui n'a jamais compris pourquoi je ne mangeais pas d'oeufs (ha, un seul regret : qu'il n'y ait pas un tract sur le lait !), à mes collègues qui pensent que les animaux d'élevage sont bien traités, à ma soeur qui, même "sympathisante" de mon véganisme, continue à me faire des blagues d'un goût plus que douteux sur la viande... bref, des tracts qui vont participer à ouvrir les yeux, l'esprit et le coeur des humain-e-s sur le sort qu'elles/ils infligent aux animaux - uniquement pour leur plaisir, légitimé par la culture, la tradition, la force de l'habitude, les omégas3, les acides animés, la trouille, l'égoïsme et je ne sais quoi encore...

Ces tracts sont disponibles à prix libre : les personnes qui souhaitent les diffuser mais qui n’ont pas ou peu d’argent peuvent en commander, en donnant la contribution de leur choix. C'est précisément pour cette raison que tout soutien financier est bienvenu, afin que les rentrées d’argent ne soient pas nécessairement liées aux sorties de tracts.
Pour toute commande : Réseau antispéciste, 20 rue Cavenne, 69007 Lyon
Pour tout règlement et don : même adresse, chèques à l'ordre des éditions tahin party, CCP 11 731 22 F
On peut aussi les voir et les télécharger en PDF.
Lors de toute commande, pensez à bien indiquer combien vous en commandez et à donner l’adresse à laquelle les envoyer.
Les tracts seront présents à la Veggie Pride à Paris le 20 mai 2006, où on pourra passer les prendre (d'où économie de frais de port).