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10 octobre 2006

Les animaux ne sont pas des marchandises

Voilà un voyage qui touche à sa fin... Je suis un peu frustrée de ne pas avoir écrit davantage, mais je n'ai pas vraiment eu un accès facile à Internet ; j'avoue que peut-être la motivation a un peu manqué aussi, et puis je ne pouvais pas mettre de photos, et ça aussi ça m'a démotivée, je le constate (c'est bizarre, hein ?!). Enfin bref, j'ai pas beaucoup écris mais une fois de retour en France, devant mon ordi connecté à adsl, je ferai peut-être un chouette compte-rendu avec plein de photos ! Affaire à suivre...
Sinon, une super nouvelle : un ami m'a informée d'un article fantastique paru dans le Monde Diplomatique du mois d'août dernier (2006), c'est au sujet des animaux et des souffrances que les humain-e-s leur infligent. Cet article me rapelle celui paru il y a quelques années - c'était en août 2001, n° 569 - et écrit par Armand Farrachi, qui était tout aussi bien (bon, ça fait un article sur les animaux tous les 5 ans, pour les vacances... peut mieux faire, non ?!). Si vous avez loupé ce numéro du Monde diplo, pas de soucis, voici de quoi il s'agit (texte à lire ci-dessous ou bien à télécharger en format PDF) :
 
LES ANIMAUX NE SONT PAS UNE MARCHANDISE :
POUR L'ABOLITION DE L'ANIMAL ESCLAVE
par Gary L. Fancione*
(Monde Diplomatique, août 2006) 
 
Nous adorons nos chiens et chats domestiques, raffolons des dessins animés ou des films animaliers, et  cependant notre comportement  à l'égard des animaux en général prouve notre insensibilité et nore complicité passive dans leur immense souffrance. Tant que l'animal continuera d'être une propriété et qu'il sera considéré comme un bien marchand, ses supplices se poursuivront.
 
Selon le ministère américain de l'agriculture, les Etats-Unis, à eux seuls, abattent plus de huit milliards d'animaux par an destinés à l'alimentation. Chaque jour, plus de vingt-deux millions d'entre eux sont sacrifiés dans les abattoirs américains, c'est-à-dire plus de neuf cent cinquante mille par heure, seize mille par minute ! Malgré les progrès effectués ces dernières années, ils continuent d'être maintenus dans des conditions d'élevage intensif effrayantes, mutilisés de diverses manières, sans produit antidouleur, transportés sur de longues distances tassés dans des conteneurs exigus et insalubres, pour être finalement exécutés dans les cris, la puanteur et la saleté d'un abattoir.
Les animaux sauvages ne sont guère mieux lotis. Aux Etats-Unis, environ deux cents millions d'autres sont, chaque année, victimes de la chasse. Des millions d'autres sont utilisés pour la recherche biomédicale et l'essai de nouveaux produits. On mesure sur eux l'effet des toxines, des maladies rares, des molécules expérimentales, des radiations, des tirs d'armes à feu, et ils sont soumis à de multiples formes physiques ou psychologiques de privation. S'ils survivent aux expérimentations, ils sont presque toujours tués ensuite, ou recyclés pour d'autres expériences qui, cette fois, auront raison de leur résistance.
Cirques, zoos, carnavals, parcs d'attractions, spectacles de dauphins et autres utilisent les animaux à seule fin de divertir. Près de quarante millions d'animaux à fourrure sont abattus chaque année pour la mode... Avant le XIXe siècle, les animaux étaient considérés comme des objets. Même pour Descartes, le gémissement d'un chien était semblable au crissement d'un mécanisme ayant besoin d'huile (1). Parler de nos obligation morales envers les animaux "machines créées par Dieu", n'avait, pour l'auteur du Discours de la méthode, pas plus de sens que de parler de nos obligations envers les horloges, machines créées par l'homme.
 
Cent mille litres d'eau pour un kilo de viande...
Le principe  humaniste du traitement médical des bêtes souffrantes et l'application des lois sur le bien-être animal qui en résulte supposent que nous acceptions de nous demander si la souffrance animale est inévitable, si le fait de ne pas utiliser des animaux pour notre confort nous cause plus de préfudices que la souffrance n'en cause au animaux. En général, l'intérêt de l'homme l'emporte, et la souffrance animale est considérée comme un "mal nécessaire". Par exemple, la loi britannique régulant l'utilisation des animaux de laboratoire exige, avant qu'une expérience soit engagée, une évaluation des "possibles effets nocifs sur les animaux concernés par rapport au bénéfice pourvant en découler (2)".
Pour qu'une interdiction de la souffrance animale ait une portée minimale, il faut qu'elle condamne toute douleur infligée uniquement par plaisir, amusement ou convenance (3). Porter un manteau de fourrure, imposer aux cobayes de multiples tests pour les produits ménagers ou pour de nouvelles marques de rouges à lèvres ne relève pas d'intérêts vitaux pour l'être humain. De même, manger de la viande est considéré par la plupart des nutritionnistes comme nuisible à la santé. Par ailleurs, des experts écologistes ont souligné les dégâts de l'élevage intensif sur notre environnement. Pour chaque kilogramme de protéines animales fourni, la bête d'élevage doit consommer environ six kilogrammes de protéines végétales et de fourrage. De surcroît, produire un kilogramme de viande requiert plus de cent mille litres d'eau. Alors que la production d'un kilogramme de blé en exige à peine neuf cents...
L'incohérence entre nos actes et nos pensées au sujet des animaux vient de leur statut de propriété (4). Selon la loi, "les animaux sont des meubles (5)". Les animaux sauvages sont considérés comme appartenant au patrimoine de l'Etat, qui les met à la disposition du peuple ; mais ils peuvent devenir la propriété d'individus, en particulier par le biais de la chasse, du dressage ou du confinement. La "souffrance" des propriétaires de ne pas pouvoir jouir de leur "propriété" à leur gré compte plus que la douleur de l'animal. Dès lors qu'il s'agit d'intérêts économiques, il n'existe plus de limite à l'utilisation ou au traitements abusifs des bêtes. L'élevage intensif, par exemple, est autorisé parce qu'il s'agit d'une exploitation institutionnalisée et acceptée. Les industriels de la viande estiment que les pratiques consistant à mutiler les animaux, quelles que soient les souffrances endurées par ceux-ci, sont normales et nécessaires. Les tribunaux présument que les propriétaires n'infligeront pas intentionnellement à leurs bêtes des sévices inutiles qui diminueraient leur valeur marchande (6). Les lois sur le bien-être animal visent à protéger les animaux dans la mesure où ceux-ci demeurent des biens monnayables. Les évolutions de l'industrie agroalimentaire en leur faveur répondent généralement à des critères de rendement économique, les animaux ayant une valeur marchande (7).
Pour faire évoluer le statut de l'animal dans nos sociétés, nous devons appliquer le principe d'"égalité de considération" (selon lequel il faut traiter de façon égale des cas semblables), une notion essentielle à toute théorie morale. Même s'il existe un grand nombre de différences entre les humains et les animaux, une chose fondamentale au moins nous rapproche : notre capacité à souffrir. Si notre désir de ne pas faire souffrir inutilement les animaux revêt quelque signification, nous devrions alors leur accorder une égalité de considération. Le problème est que l'application de ce principe a déjà échoué du temps de l'esclavage, qui autorisait des hommes à exercer un droit de propriété sur leurs semblables. L'esclave étant considéré comme un bien, son propriétaire pouvait ne pas tenir compte de ses intérêts si cela ne lui était pas économiquement profitable. On admettait, certes, que l'esclave pouvait ressentir de la souffrance. Toutefois, les lois pour le respect de son bien-être n'ont pas abouti, pour les mêmes raisons qu'échouent de nos jours celles pour le respect du bien-être animal. Aucune véritable limite n'est fixée à notre droit de propriété. Les intérêts des escalves n'étaient préservés que lorsqu'ils généraient du profit pour les propriétaires ou servaient leur caprices.
A l'heure actuelle, l'intérêt d'un être humain à ne pas être considéré comme propriété est protégé par un droit. Avoir le droit fondamental de ne pas être traité comme une propriété est une condition minimale pour exister en tant que personne. Nous devons étendre aux animaux ce droit que nous avons décidé d'appliquer à tous les hommes. Cela n'éradiquerait pas toute forme de souffrance, mais cela signifierait que les animaux ne pourraient plus être utilisés comme source de profit. Pourquoi jugeons-nous acceptable de chasser des animaux, de les emprisonner dans des cirques et des zoos, de les utliser dans des expérimentations et de les manger, autrement dit de leur faire subir ce que nous n'oserions jamais infliger à aucun être humain ?
La thèse selon laquelle les hommes sont pourvus de caractéristiques mentales complètement absentes chez les animaux est contradictoire avec la théorie de l'évolution. Darwin affirmait qu'il n'existait par de caractéristiques exclusivement humaines : "La différence d'intelligence entre l'homme et l'animal le plus évolué est une question de degrés et non d'espèce".  Les animaux sont capables de penser, de sentir et de produire des réponses émotionnelles semblables à celles des humains. Darwin notait qu'"un animal vivant en collectivité éprouve des sentiments d'amour envers les autres" et que les animaux sont réceptifs à la détresse de leurs congénères. Même si nous ne sommes pas en mesure d'évaluer la nature précise de la conscience animale, il semble évident que tout être doué de perception est conscient et possède une existence mentale continue. Le professeur Antonio Damasio, un neurologue travaillant avec des personnes victimes d'infarctus cérébraux et de graves dommages au cerveau, atteste que ces malades possèdent ce qu'il nomme une "conscience noyau". Les sujets souffrant d'amnésie transitoire n'ont aucune notion du passé ou du futur mais conservent une conscience de leur corps par rapport aux objets et aux événements présents. Darnasio affirme que de nombreuses espèces animales détiennent cette même conscience noyau (8). Le fait qu'ils n'aient pas de notion autobiographique de leur vie (du moins, à notre connaissance) ne signifie pas qu'ils n'aient pas une existence mentale continue, ni qu'ils n'éprouvent nul intérêt à vivre, ni qu'être tué leur soit indifférent.
Les animaux possèdent une intelligence considérable et sont capables de traiter une information de façon sophistiquée. Comme les humains, ils communiquent avec les membres de leur propre espèce. Il est prouvé, par exemple, que les grands singes utilisent un langage symbolique. Aucune créature, à part l'homme, n'est peut-être capable de se reconnaître dans un miroir, mais aucun humain n'a non plus l'aptitude à voler, ou de respirer sous l'eau sans assistance. Pourquoi la capacité de se reconnaître dans un miroir ou d'utiliser le langage articulé serait-elle supérieure, au sens moral du terme, au pouvoir de voler ou de respirer sous l'eau ? La réponse, bien entendu, est que nous le proclamons. Mais il n'existe aucune raison de conclure que les caractéristiques prétendument humaines justifient le fait que nous traitions l'animal comme une propriété marchande. Certains hommes sont privés de ces caractéristiques, et pourtant nous ne les considérons pas comme des objets. Par conséquent, la question centrale n'est pas :
"Les animaux peuvent-ils raisonner ? Ou peuvent-ils parler ? Mais bien : peuvent-ils souffrir ?" (Bentham). Si nous voulons que leurs intérêts soient respectés, nous n'avons qu'un droit à leur accorder : celui de ne plus être assimilés à de simples marchandises.
 
Notes :
(1) René Descartes, Discours de la méthode, Ve partie (sur l'animal-machine) (1637).
(2) Cf. Animals (Scientific Procedures) Act, Londres, 1986. Cf. pour l'Union européenne, la directive 86/609/CEE du 24 nov. 1986, relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques.
(3) Lire les entretiens avec Gary L. Francione :
http://www.friendsofanimals.org/programs/animal-rights/interview
http://veganreveloution.free.fr/documents/itwfrancionefran
(4) La conception occidentale moderne de la propriété, selon laquelle les ressources sont des biens définis qui appartiennent ou sont assignés à des individus particuliers à l'exclusion de tout autre, trouve son origine, selon la Bible, dans la décision de Dieu d'accorder aux hommes le pouvoir de régner sur le monde animal (Genèse, I, 26, et I, 28). 
(5) Godfrey Sandys-Winsch. Animal Law, Shaw, Londres, 1978.
(6) En ce qui concerne la protection de l'animal de ferme en Europe, le 30 mars 2006 s'est tenue à Bruxelles la première conférence de l'Union européenne sur le bien-être animal :
http://ec.europa.eu/food/animal/welfare/index_en.htm
(7) Par exemple, un conseiller de la chaîne de restauration rapide McDonald's a déclaré : "Des animaux en bonne santé, bien soignés, permettent à l'industrie de la viande de fonctionner efficacement, sans problème et avec un bon rendement". Cf. Temple Grandin, Recommended animal handling, guidelines for meat packers, American Meat Institute Foundation, Washington DC, 2005.
(8) Cf. Antonio R. Damasio, Spinoza avait raison, Odile Jacob, Paris, 2004 ; et "Oui, il y a une biologie des sentiments", (entretien avec Antonio Damasio), l'Express, Paris, 7 juin 2004.
 
* Gary L. Francione : Professeur à la Rutgers University School of Lax, Newark, (New Jersey, Etats-Unis) où il dirige un enseignement consacré au droit des animaux (http://www.animal.org). Auteur entre autres de : Introduction to Animal Rights, Temple University Press, Philadelphie, 2000. Ce texte est tiré de son intervention au colloque "Théories sur les droits des animaux et le bien-être animal" qui s'est tenu à l'Université de Valence (Espagne) du 15 au 19 mai 2006.

 

23 août 2006

Resto et revues

Bonne nouvelle, il y a de plus en plus de restos vegs au Portugal ! Malgré ce qu'en dit le guide Lonely Planet consacré au Portugal dans sa version 2005, ce pays est aussi une sorte de petit coin cool pour les vegs. D'ailleurs, cette fois c'est juré, je leur écris pour qu'il rectifient ce grossier et démoralisant paragraphe, où ils disent un truc du genre : Végétariens, vous voici bien loin de chez vous ! C'est archi-faux. Lisbonne compte plus de 20 restos vegs le plus souvent entièrement végétaliens, et même de bien plus petites villes en ont voire plusieurs dans leurs murs. Les menus varient de 5 à 9 euros dans l'ensemble, et pour des assiètes souvent copieuses et nourrissantes, avec tofu pané, seitan frit, pizza au "tofucheese", chaussons au seitan, légumes de saison, n'oublions pas les desserts vegans fabuleux : mousses au chocolat (si si !), gâteaux, crèmes et compotes diverses ; et puis aussi sushis, riz complet et soupe au miso : le Portugal est curieusement un des royaumes de la macrobiotique ! C'est en grande partie ceci qui explique le développement de tous ces restos, et même si l'alimentation macrobiotique n'exclut pas théoriquement le poisson, je n'en ai jamais vu dans aucun menu. Hier, dans un petit resto à Cascais (c'est là que je suis en ce moment, c'est près de la mer vers Lisbonne) le patron m'expliquait que tout le menu était vegan, pour l'harmonie. Et la plupart des restos vegs portent dans leur nom la mention du mot nature. Et c'est super rigolo, parce qu'en France (et aussi ici j'imagine) plein de gens mangent des animaux sous prétexte d'harmonie avec la nature ! Sinon, dans ce resto, la bouffe est payée au poids : on se sert comme dans un self, puis on pèse son assiète ! Mais comme c'est plutôt cher, 1,9euro les 100grs, je trouve que c'est limite comme système... Sinon, dans presque tous les restos, on peut au moins consommer une soupe de légume pour 1 ou 2 euros, et c'est déjà pas si mal. 
Une autre bonne nouvelle, une nouvelle revue est apparue depuis l'an dernier : elle tourne autour de la cuisine macrobiotique, végétarienne et végétalienne - d'ailleurs, c'est le nom de la revue. Dans le numéro que j'ai acheté, toutes les recettes étaient au moins végétariennes, la plupart végétaliennes.
Mais triste nouvelle : la revue qui existait déjà sous le nom de Cuisine végétarienne, est devenue un truc du genre : Cuisine de santé et macrobiotique ; et maintenant elle inclut des recettes avec du poisson et des crustacés.
Quand aux supermarchés, presque tous, même des riquiquis, vendent du lait de soja, des protéines de soja et du seitan ; les plus grands possèdent des rayons "diététiques" avec plus de produits (tous vegs) que certaines boutiques du même nom en France ! Et contrairement à la France, les boutiques bios (ici elles "naturelles") ne vendent pas de viande, et à la place on trouve un impressionnant choix de seitan, "fromages" et "saucisses" de tofu, béchamel, mayonnaise et chantilly véganes, etc, mais curieusement presque jamais aucun fruits ni de légumes - mystère !
Voilà, c'était un rapide petit topo de l'alimentation veg au Portugal en août 2006.

19 août 2006

Du Portugal, pêle-mêle...

Oups, je n'ai vraiment pas un accès facile à Internet en fait ! Du coup, c'est seulement après trois semaines (déjà) que je trouve le temps et le moyen de partager un peu ce voyage ! Je ne peux pas mettre de photos aujourd'hui, mais si je pouvais, je mettrais : une photo d'un incendie de forêt et une photo de toute l'incroyable nourriture végane qu'on trouve si facilement ici.
Un journal a indiqué qu'en deux semaines (les deux premières semaines d'août) ce sont 36000ha, soit 14 fois la superficie de Lisbonne, qui sont partis en fumée... C'est vraiment énorme. Des routes que nous avons sillonnées, on voyait les énormes colonnes de fumée grises, et dans les terres entre Coimbra et Aveiro, il y avait tant de fumée depuis tant de jours que le ciel était entièrement couvert, on a même pensé au début que c'était une sorte de brume ! La nuit, près d'un village vers Viseu (nord) la sirène des pompiers a réveillé-e : nous sommes sorti-e pour voir, car la maison était un peu perdue dans la forêt et depuis plusieurs jours un incendie ravageait les environs. Et bien, de la maison on voyait les flammes ! Il était 4h du matin et le feu avait incroyablement progressé en quelques heures - le vent s'était levé. La veille, avec quelques ami-e-s, en voiture nous avions été voir de plus près le désastre : sur la colline d'en face il y avait des flammes hautes comme une maison, peut-être dix mètres de haut ?! et le front du feu faisait bien un km ! Et pour lutter contre cela, des pompiers volontaires, qui sacrifient leurs vacances, quand ce n'est pas leur vie, deux hélicoptères qui transportaient de l'eau dans une nacelle... Une goutte d'eau dans un enfer ! C'est vraiment terrible et triste, les arbres poussent lentement ici, et des milliers d'animaux meurent asphyxiés et brûlés, une maison brûle par ci et par là... Bon, pour en revenir a la pleine nuit, des voisin-e-s (dont un pompier) nous ont rassuré en disant que les flammes étaient de l'autre côté du vallon et qu'une rivière nous en séparait encore. A la radio, peu de temps après, un capitaine des pompiers déclarait que c'était un vrai scandale et qu'il fallait que tout le monde sache que les forêts qui brûlent sont très souvent des propriétés du gouvernement, qui les entretient si mal que les chemins sont inaccessibles aux camions-citernes, pas de coupe-feux, etc. Un autre article racontait aussi qu'un pyromane accusé d'avoir allumé plusieurs feux avait été arrêté - ben oui, presque tous les feux sont d'origine criminelle...
Nous avons fini par nous éloigner des campagnes en feu et par arriver à Lisbonne, Lisboa.  La ville est toujours aussi intéressante, même si en août on y entend presque plus de français que de portugais !
Je crois que je dois arrêter ici pour aujourd'hui...
alors pour la comida (la nourriture) à bientôt ! 

22 juillet 2006

Demain le départ

medium_lisbonne.jpgAyé, demain devrait être le jour J du départ vers le Portugal ! Un séjour ensoleillé en perspective, donc ! Ce voyage sera sans aucun doute riche en émotions et en aventures, et comme l'an dernier j'imagine que plein d'animaux medium_tag_singe_lisbonne.jpgcroiseront notre route : souvenez-vous, ça avait commencé avec des cochons croisés sur une aire d'autoroute, à destination de l'abattoir... (cette note est archivée en août, c'était la deuxième note de ce blog ! ) Puis je vous avais fait un topo de quelques restaus vegs, présenté Rosinha la chatte si gentille, et les animaux d'une ferme en Alentejo...
Puissent les semaines à venir être assez medium_gecko.jpgpassionnantes et enthousiasmantes pour être partagées ! En attendant, voici déjà quelques photos : lisbonne et un chouette tag vu à Lisbonne, et puis un tout petit gecko croisé à Evora.

30 octobre 2005

Retour en France...

Pas hyper évident, le retour en France ! Le Portugal c'est pas le bout du monde même si c'est pas la porte d'à côté, c'est pas le super exotisme, mais c'est quand même bien différent. Voilà, le retour a été speed, et en ce moment j'ai pas forcément un accès facile à la Toile. Faut avouer que je vis en ce moment dans un camion, certes un chouette Mercedes 308 réhaussé et semi-rallongé, mais y'a pas l'ADSL dedans ! Enfin, j'écris "je", mais j'y vis avec mon compagnon.
Bref, je n'ai pas eu le temps du tout d'écrire quelque chose à propos des corridas avant de partir, c'est dommage. Je voulais photographier les affiches géantes et en couleur s'il vous plaît, placardées par séries sur les murs des villes. Elles annoncent les prochaines séances, le nombre de taureaux qui va y être torturés, et le nom des tortionnaires est écrit en gros - comme s'ils en étaient fiers ! Au Portugal, les taureaux ne sont pas tués dans l'arène mais en dehors, ce qui n'empêche pas bien sûr de faire couler le sang ni d'infliger la terreur. A la limite, je me demande si c'est pas encore pire, car ils souffrent sûrement encore plus longtemps du coup... (enfin, je parle aussi de tout cela dans la note précédente).
Mais je retiens aussi plein d'autres choses du Portugal, comme le nombre impressionnant de restaus vegs et la facilité étonnante à trouver des aliments et des plats vegs partout.
Maintenant c'est le retour en France, passage à Lyon, Grenoble, bientôt Paris... et sans doute plus encore !

30 septembre 2005

Lisbonne

Ha, Lisbonne! Cette ville mythique ne faillit pas à sa réputation, c'est vraiment un lieu à découvrir ! Du moins si on aime la grande ville et son animation, son brassage, ses aventures ! Plein de rues sinueuses où se perdre, les fameuses 7 collines qui font grimper et descendre toute la journée, les rues pavées de noir et de blanc aux motifs étonnants, la mer et les palmiers... les clochard-e-s, les camé-e-s... et pour une fin septembre encore une chaleur très estivale, les vendeurs de châtaignes ambulants me font souvenir qu'en France on se pèle peut-être...
Le midi on mange super bien dans des petits restaus végétariens, presque ou même 100% végétaliens ! Ce sont de petites cafétariats simples et agréables, calmes, ou pour quelques euros on a un repas très correct : seitan ou tempeh ou tofu, plusieurs légumes de saisons, crudités, riz complet, pommes de terres et desserts fameux (genre Charlottes à la pomme et à l'agar-agard... ).
Et dire que dans le guide Lonely Planet ils écrivent un truc du genre : Végétariens, au Portugal vous êtes loin de chez vous! Ben c'est tellement archi faux que je prendrai le temps de leur écrire et de leur donner les bonnes adresses ! Seul bémol : ici les gens sont veg prioritairement pour leur santé et l'environnement, très peu pour les animaux. Alors d'accord, on peut dire que les animaux ça leur est égal, ce qui compte c'est surtout qu'ils ne soient pas exploités et tués pour être mangés. Mais le risque, lorsque les gens pensent seulement à leur santé et pas du tout aux animaux, c'est de voir des choses aussi ahurissantes que des végétariens dans le public d'une corrida - si si, ça existe ! C'est très difficile dans notre société ultra anthropocentrique de penser aux animaux, même un tout petit peu... C'est pourtant vital pour eux.
A propos de corrida, le Portugal ne faillit pas à sa réputation et elles se succèdent sans cesse du printemps à l'automne. Des dizaines d'affiches géantes en couleur annonçant celles à venir placardent les rues, c'est très triste. Ici les taureaux ne sont pas tués pendant la corrida, ils sont juste torturés à la limite de la mort, puis celle-ci survient hors de l'arène. Je ne sais pas si ils achèvent les taureaux ou les laissent agoniser... La corrida ici c'est la fête, la musique qui gueule, les cris de la foule, on s'interpelle et on rigole, pourtant deux secondes de recul et on voit qu'il n'y a vraiment pas de quoi être fier ! Allez, avant de partir du Portugal, j'essaierai de faire un page sur la corrida.
Et je donnerai l'adresse d'une association portugaise anti-corrida - dont il paraît qu'elle a bien du mal à se développer !

10 septembre 2005

Ce serait si bien

 

Ce serait si bien si les gens arretaient de manger les animaux ! De passage au Portugal, je profite allègrement des facilités culinaires végétaliennes. Tous (ou du moins vraiment beaucoup beaucoup) les magasins alimentaires proposent des protéines de soja (fines, moyennes et grosses), des saucisses et des steaks veg (un jour il faudra bien trouver d'autres noms !), de l'huile d'olive de très bonne qualité (première pression à froid et bio), et bien sûr quantité de fruits et de légumes, des légumineuses à gogo : haricots tout noirs, moucheté, noir et blanc, rouge, blanc, pois chiches, lupins... et on se régale d'olives, figues, patates douces, avocats, raisins, tomates, concombres, melons et autres pastèques... Plein de laits de soja différents existent, certains enrichis en vitamines B12 et D (de source vegane !), d'autres juste "nature", ou encore aromatisés aux céréales, à la fraise, à la banane, au chanvre, à l'orange, à la pomme, au cacao, à la vanille... Partout se vendent des yaourts au soja, à l'unité, là encore les parfums ne manquent pas (cerises, fruits des bois, fraises, pêches... ) ; on en trouve même dans des bazars genre À tous prix ! Les supermarchés vendent aussi des margarines vraiment végétales, pas comme en France où si on lit bien la composition il y a toujours des trucs louches, comme des arômes dont on ignore tout. Et, incroyable : un supermarché vend aussi de la mayonnaise végétalienne ! et des boissons aux noisettes, à l'avoine...
Les personnes qui (comme moi) préfèrent les boissons à base de céréales à la place du café sont contentes ici, il y a même un lait de soja et des desserts aromatisés aux céréales torréfiées !
Les trucs dommage : le pâte végétal est plutôt cher, les yaourts soja nature sont aussi chers, et les fromages (genre Vegicheese) hors de prix ! Heureusement, on peut tout préparer soit-même aussi (les yaourts au soja se font très bien dans une yaourtière normale).
Rares sont les restaus qui ne comptent pas une soupe de légumes ou de haricots au menu, pour un prix très correct, de 0.75 à 1,5euros le bol, on en redemande ! Non seulement les restaurants végétariens existent ici mais en plus ils sont abordables ! Il paraít que Lisbonne, où je ne suis pas encore allée, en compte une vingtaine ! Ici à Évora, une ville d'environ 250 000 habitant-e-s, il y en a déjà deux plus la faculté qui a un vrai menu végétarien, avec par exemple du seitan ou du tofu, des céréales complètes, etc. D'ailleurs on peut trouver du seitan pas trop cher dans les magasins bio équipés d'un frigo, et surtout le seitan ici se vent en gros bloc et non pas en tranches comme en France. C'est facile aussi de trouver du tofu, mais par contre le tempeh est en conserve ! Avec le seitan on peut par exemple cuisiner des bolognaises vraiment délicieuses, à défaut on peut prendre des protéines de soja petites.
Bref, figurez-vous qu'avec tout cet arsenal de nourritures aussi diverses que variées, goûtues, colorées, parfumées, pleines de protéines, de vitamines et de minéraux, les gens trouvent encore le moyen de manger les animaux ! Le poids des traditions, la force de l'habitude, j'imagine... Traditions pleines de cochons morts, de saucisses et de poissons... et les gens pleins de cholestérol aussi, quel dommage ! Sans compter tout ce que ces animaux destinés à nourrir les humain-es mangent et boivent, dans un pays où la sécheresse fait rage...
Mais tout n'est pas perdu, de plus en plus de mes contemporain-es comprennent qu'elles/ils ont vraiment le choix de ce qu'elles/ils mangent (et de ceux qu'elles/ils mangent !) et décident de refuser de manger des animaux. Et vu comment c'est facile ici, il ne faut vraiment pas se priver de plaisirs culinaires !
Une petite histoire pour conclure : il y a quelques jours, une amie portugaise partageait notre repas et a trouvé les spagettis bolognaises veg (au seitan) vraiment extra. Elle ne tarissait pas d'éloges, les trouvant même meilleures que les com carne ! Mais elle a quand même fini par dire : je ne pourrais pas manger comme ça tous les jours. Mais moi non plus, je ne pourrais jamais manger des spagettis bolognaises veg tous les jours, fut-ce le meilleur plat au monde ! C'est pour ça que je varie tous les jours mes menus; par exemple avant-hier midi j'ai mangé une soupe coriande-légumes-pâtes (des petites pâte en forme d'amande très jolies) puis un couscous veg, hier midi j'ai mangé des crêpes fourrées avec une sauce protéines de soja champignons tomates, aujourd'hui à midi ce furent des lentilles épicées avec du pain grillé à l'ail et huile d'olive... et aussi ces jours-ci un vraiment super bon arroz dolce : du riz cuit dans du lait de soja avec du zeste de citron, de la cannelle et du sucre. À essayer si vous ne connaissez pas encore !