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23 janvier 2008

Zoos l'enfer du décor

4c09a002df38fdecad576201819923e8.jpgZoos l'enfer du décor est un documentaire, qui questionne l'enfermement des animaux dans les zoos français. En parallèle des images d'animaux emprisonnés, de nombreux/ses intervenant-e-s s'expriment sur le sujet : historiens, philosophe, éthologue, assistante zoologique, militants, étudiant vétérinaire... le film fait naître une réflexion pertinente, et développe ainsi plusieurs problématiques directement liées à la question de l'enfermement animal.

96de0940ccfafa6f1e48936ee4a50cce.jpgCe film début par un retour historique, lorsque, à l'époque coloniale, des humain-e-s étaient exposés dans des expositions et des zoos. L'argumentaire est clair et précis, sans entrer dans les détails cependant. Pour ma part, j'aurais trouvé intéressant de citer le cas connu de cette femme africaine qui a été honteusement déportée, puis exhibée à cause de sa morphologie différente de celle des Occidentaux. Cette femme qui s'appelait Sawtche avant d'être baptisée (de force ou par la terreur) Saartjie Baartman, puis surnommée la Vénus Hottentote pour les spectacles, est morte en exil, à 26 ans, en 1815 à Paris. Elle a été exhibée à travers l'Europe à cause de son hypertrophie des hanches et des fesses, et de ses organes génitaux protubérants ; elle a également servi d'objet sexuel (prostitution, soirées privées). Les traitements honteux qu'elle a subit sont révélateurs de la façon dont les humain-e-s peuvent traiter celles et ceux qui semblent "inférieur-e-s". Peu importaient les sentiments de cette pauvre femme, seul le contentement des spectateurs importait.
Si aujourd'hui les humain-e-s ne sont heureusement plus exhibé-e-s,  cette vie de misère reste hélas d'actualité pour les animaux non-humains. Et de la même façon, peu importent leurs souffrances, frustrations, désirs ou ennui : c'est le plaisir du visiteur/euse qui compte.
Tout comme Sawtche, l'exhibition des animaux relève du voyeurisme et du fantasme ; aucun argument ne peut justifier l'enfermement à vie, la déportation, le stress ni l'ennui - et tous les faux prétextes pseudo-scientifiques - informer, éduquer, distraire - s'effondrent et sont pertinement démontés dans Zoos, l'enfer du décor.
De nouvelles informations sont apportées tandis que des mythes s'écroulent : non les animaux ne vivent pas plus vieux dans les zoos (mais ce qui est certain, c'est qu'ils y vivent plus mal que dans leur environnement) ; non les zoos ne permettent pas de sauver des espèces - c'est du marketing - mais quand bien même ce serait vrai, bien sûr cela ne justifierait pas la souffrances des animaux enfermés.
Une jeune femme, employée dans un zoo, essaie de nous persuader du bien-fondé de l'existence de son établissement, en expliquant que dans la savane les très vieux éléphants ont les dents tellement usées qu'ils n'arrivent plus à manger, et qu'ils meurent de faim. Dans son zoo, les édentés sont nourris de bouillies et d'herbes tendres faciles à mastiquer. Mais au-delà de cet enthousiasme naïf, on pourrait prendre d'autres dispositions, comme (première remarque) nourrir aussi les vieux éléphants sauvages, puisque (seconde remarque), visiblement, la nature fait mal les choses.
Le film s'achève par une dimension éthique, via le sentiment de soi de l'animal, ce qui est judicieusement abordé, notamment par la philosophe Florence Burgat.

Je n'avais jamais remarqué que dans enfermement il y a le mot... enfer.

Durée : 94 minutes
Autoproduction (commande en ligne)
Réalisateur : Pablo Knudsen
Pablo Knudsen a suivi un parcours universitaire d'Études Cinématographiques et Audiovisuelles à Lyon. Il travaille actuellement sur la façon dont le documentariste représente l'animal, son exploitation, son corps et sa souffrance. Son dernier film, Apprendre à tuer, a été tourné durant les étés 2006 et 2007 dans le sud de la France. Ce court-métrage témoigne comment de jeunes adolescents sont initiés à la pratique tauromachique dans les écoles taurines, pour la plupart subventionnées par des fonds publics. Ils se font la main en massacrant des veaux, de jeunes taureaux et de génisses.

26 décembre 2007

La guerre des mondes

b1e4e107380d588765bc0ddfbcb3f6df.jpgHey, c'est Noël, et qu'est-ce qu'ils nous proposent à la troisième chaîne de la télé au Portugal(1)? La Guerre des Mondes, de Steven Spielberg (2005). Cette adaptation (assez libre il faut le dire) du fameux roman de H.G. Wells est assez proche du film d'horreur, en tout cas ce n'est ni l'hémoglobine (qui coule à flots) ni l'angoisse qui font défaut. Pas très peace and love tout ça, pas très Joyeux Noël - Feliz Natal, comme on dit ici. Mais une partie de l'histoire du fim m'a quand même un peu intéressée car j'ai pu, sans forcer, établir un intéressant parallèle entre cette guerre-là (celle des horribles envahisseurs avides du sang des humain-e-s) et une autre guerre, réaliste cette fois: celle, impitoyable, que les humain-e-s livrent sans cesse aux animaux. Dans le film, nous voyons des foules terrifiées, paniquées, affolées, fuyant devant ceux de l'autre monde, les tout puissants, (presque totalement) indestructibles, omniprésents et détenteurs de pouvoirs qui nous sont inconnus. Exactement ce que nous représentons pour les animaux. Nous avons tous pouvoirs sur eux par notre technologie, notre savoir, notre omniprésence, et nous en usons bien mal, avides que nous sommes de viande, de fourrure et d'argent. Les mauvais de la Guerre des Mondes ne se conduisent-ils pas comme l'humanité avec les animaux? La scène où le père, sa fille (deux des héros du film) et une tierce personne se cachent dans les méandres d'une cave pour échapper aux destructeurs n'a pas été sans me rappeler ce que doivent, par exemple, vivre de petites souris pour échapper à des humain-e-s qui les chercheraient pour les tuer. D'autres passages m'ont évoqué des scènes de chasse (fuite éperdue face à la mort certaine), et à l'instar des personnages de l'histoire qui n'ont pas du tout envie de se faire bouffer, aucun animal n'a envie d'être mangé. Tout comme les affreux envahisseurs, c'est un carnage que nous commettons, encore et encore - chaque année en France seulement, plus d'un milliard d'animaux sont tués pour être mangés, plus ceux massacrés pour leur fourrure, pour nous distraire, ou dans les labos...
Comme il est dommage que ce film ne dise pas que oui, la Guerre des Monde existe, mais d'une autre manière, et qu'il ne tient qu'à nous de faire la paix...
Et cette période de Noël et de Nouvel An me semble particulièrement propice au changement! Puisqu'il est de coutume de bien commencer la nouvelle année par des voeux, le plus sage d'entre eux serait d'arrêter de manger les animaux (si ce n'est déjà fait). Le fête sans bout de cadavre dans son assiette, c'est quand même tellement plus sincère! Ce n'est ni triste ni glauque, bien au contraire, c'est enfin un peu de vraie joie et d'altruisme. Puisse 2008 voir se finir la guerre des mondes...

(1) bien sûr, personne n'est obligé de matter la télé - c'est même le plus souvent très fortement déconseillé! mais comme j'avais bien aimé le livre (lu il y a longtemps), j'avais un peu envie de voir le film... Vu la violence du film, j'avoue que j'ai malgré tout assez regretté.

24 février 2007

Losing tomorrow

medium_losing_tomorrow.2.jpgAlors là, vraiment, si vous ne voulez plus vous voiler la face mais agir, n'hésitez pas une seconde : regardez le film Losing tomorrow de Patrick Rouxel. Ce documentaire absolument remarquable explique de façon claire et détaillée le fonctionnement de l'industrie du bois en Indonésie. Le comment, mais aussi le pourquoi.
medium_losing-tomorrow.jpg Comment ? en abattant totalement la forêt (coupes à blanc) soit avec un équipement perfectionné par de grosses entreprises, soit illégalement par des milliers d'hommes qui se tuent au travail autant qu'ils tuent leur patrimoine national. Et tous ces ouvriers travaillent dans des conditions épouvantables, sans aucune protection, pour un salaire de misère (3€/jour), au risque de se couper à tout moment un pied, une main, et de se ruiner définitivement la santé et le dos en quelques années...

Pourquoi ? bien sûr, pour le fric, pour quelques personnes qui s'enrichissent dans le court terme sur le dos de milliers de travailleurs et sur le massacre de la forêt, dont il ne restera peut-être bientôt plus rien... Mais aussi pour nous. Parce que la forêt et ses arbres magnifiques sont entièrement transformés et envoyés à travers le monde, et chez nous, sous la forme de meubles, de contre-plaqué, de papier et de papier toilette ! Alors, avant d'acheter une chaise de jardin, une porte ou une armoire en bois, il faut vraiment s'interroger sur la provenance de ce bois. Et être prêt-e à y renoncer si c'est du bois exotique (parce que le massacre des forêts, c'est aussi en Afrique, en Chine, partout dans le monde). Il faut réfléchir, comparer, exiger la provenance, et boycotter tout ce bois tropical. La demande créé l'offre, n'est-ce pas ! Refuser d'acheter du bois exotique n'est pas un sacrifice, c'est au contraire une chance unique de sauver les forêts tropicales, leurs écosystèmes et les milliers d'animaux qui y vivent. Des centaines d'Orang-Outang vivent en sursis dans la forêt Indonésienne, et leur sort est totalement lié au commerce du bois. L'association Walhi qui lutte sur le terrain appelle également au boycotte du bois exotique. Pour que nos loisirs, nos plaisirs, nos achats ne soient pas synonymes de massacre et d'exploitation ! Et nous devons aussi lutter pour que les collectivités, les municipalités, n'achètent pas du bois exotique ; nous organiser et lutter contre ce commerce.
Ce n'est ni simple ni facile, mais devons le savoir, en tenir compte, et le faire savoir.

Losing Tomorrow est un documentaire très fort, qui remue et ne laisse pas indifférent.
Ce film a été recompensé aux festivals : - 2 prix au Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute
“PRIX DE LA PROTECTION DE LA NATURE”
PRIX DU JURY”
-International Wildlife Film Festival 2005, Missoula, Montana, USA.
-Japan Wildlife Film Festival, August 2005, Toyama, Japan.
-Festival International du Film Ecologique, Octobre 2005, Bourges, France.