Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16 février 2013

Je crois qu’un autre monde est possible. Lors d’une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.

wollen philip,animaux,véganismePhilip Wollen, ex-vice-président de la Citizen Bank, Australien, a participé le 16 mai 2012 à un débat pro/anti veganisme au St James Ethics Centre et au Wheeler Centre en Australie. Plus qu’un discours, il y délivre une véritable performance.

La vidéo est visible ici.

"Au nom du St James Ethics Centre, du Centre Wheeler, du Festival de la nourriture et du vin de Melbourne, du « Age », de la ville de Melbourne et de l’ABC qui ont tous travaillé ensemble pour faire de cet événement possible, je voudrais souhaiter la bienvenue à Philip Wollen.

(Applaudissements)

Le Roi Lear, tard dans la nuit sur les falaises demande au comte de Gloucester aveugle « Comment voyez-vous le monde? »
Et l’aveugle Gloucester répond: «Je le vois avec émotion ».
Ne devrions-nous pas le voir ainsi?

Les animaux doivent être hors du menu car ce soir ils hurlent de terreur dans l’abattoir, dans des caisses et des cages. Vils et ignobles goulags de désespoir. J’ai entendu les cris de mon père mourant alors que son corps était ravagé par le cancer qui l’a tué. Et j’ai réalisé que j’avais entendu ces cris avant. Dans l’abattoir, les yeux poignardés et les tendons tailladés sur le bétail expédié au Moyen-Orient et la baleine mère mourante, appelant son petit pendant qu’un harponneur japonais explose dans son cerveau. Leurs cris étaient les cris de mon père. J’ai découvert que quand nous souffrons, nous souffrons égaux. Et dans leur capacité de souffrir, un chien est un cochon est un ours, est un garçon. La viande est le nouvel amiante, plus meurtrière que le tabac.

Le CO2, le méthane, et l’oxyde nitrique de l’industrie du bétail tuent nos océans avec des zones mortes acides et hypoxiques. 90% des poissons de petite taille sont broyés en granulés pour nourrir le bétail. Les vaches végétariennes sont maintenant les plus grandes prédatrices du monde marin. Les océans meurent. En 2048 toute l’industrie de la pêche sera morte. Les poumons et les artères de la terre. Des milliards de petits poussins bondissants sont broyés vivants, simplement parce qu’ils sont de sexe masculin.
Seulement cent milliards de personnes ont déjà vécu. Sept milliards vivent aujourd’hui. Et nous torturons et tuons deux milliards d’animaux chaque semaine. Dix milles espèces entières sont anéanties chaque année à cause des actions d’une même espèce. Nous sommes maintenant face à la sixième extinction de masse de l’histoire cosmologique. Si n’importe quel autre organisme faisait ça, un biologiste dirait que c’est un virus. Il s’agit d’un crime contre l’humanité aux proportions inimaginables.

Le monde a changé. Il y a dix ans Twitter était un bruit d’oiseaux, www un clavier bloqué, les nuages étaient dans le ciel, 4G était une place de parking, Google était un son de bébé, Skype était une faute de frappe et Al Qaïda était mon plombier.

Victor Hugo a dit «il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue ».

Les droits des animaux sont maintenant le plus grand problème de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage. Il ya plus de six cent millions de végétariens dans le monde. C’est plus grand que les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Canada, et l’Australie réunis! Si nous étions une nation, nous serions plus grands que les vingt-sept pays de l’Union européenne! Malgré cette empreinte massive, nous sommes toujours noyés par les rauques cartels qui chassent, tirent et tuent, croyant que la violence est la réponse – alors que cela ne devrait même pas être une question. La viande est une industrie qui tue – les animaux, nous et nos économies.
Medicare a déjà fait faillite aux Etats-Unis. Ils auront besoin de huit milliards de dollars investis en bons du Trésor juste pour payer les intérêts. Ils n’ont précisément rien! Ils pourraient fermer toutes les écoles, l’armée, la marine, l’armée de l’air, et les Marines, le FBI et la CIA – et ils ne seront toujours pas en mesure de payer.

Cornell et Harvard ont dit que la quantité optimale de viande pour une alimentation saine, c’est précisément ZERO.

L’eau est le nouveau pétrole. Les nations iront bientôt faire la guerre pour ça. Les aquifères souterrains qui ont nécessité des millions d’années pour se remplir sont à sec. Il faut cinquante milles litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf. Aujourd’hui un milliard de personnes ont faim. Vingt millions mourront de malnutrition. Réduire de 10% seulement la consommation de viande pourrait nourrir cent millions de personnes. L’élimination de la viande mettra fin à jamais la famine.

Si tout le monde avait un régime alimentaire occidental, nous aurions besoin de deux planètes Terre pour les nourrir. Nous n’en avons qu’une seule. Et elle est en train de mourir. Les gaz à effet de serre provenant du bétail sont de 50% plus élevés que le transport. . . . . avions, trains, camions, voitures, et bateaux. Les pays pauvres vendent leurs céréales à l’Ouest, tandis que leurs propres enfants meurent de faim dans leurs bras. Et nous en nourrissons le bétail. Donc, nous pouvons manger un steak? Suis-je le seul à voir cela comme un crime? Chaque morceau de viande que nous mangeons frappe le visage baigné de larmes d’un enfant affamé. Quand je regarde dans ses yeux, devrais-je me taire? La terre peut produire assez pour les besoins de chacun. Mais pas assez pour la cupidité de tous. Nous sommes face à une tempête parfaite. Si une nation mettait au point des armes qui pourraient causer de tels ravages sur la planète , nous lancerions une attaque militaire préventive et les renverrions à l’Age du Bronze. Mais ce n’est pas un Etat voyou. Il s’agit d’une industrie. Les bonnes nouvelles sont que nous n’avons pas à la bombarder. Nous pouvons tout simplement ne pas acheter. George Bush a eu tort. L’Axe du Mal ne passe pas par l’Irak, l’Iran ou la Corée du Nord. Il fonctionne grâce à nos tables. Les armes de destruction massive sont nos couteaux et fourchettes.

C’est le couteau suisse de l’avenir – il résout nos problèmes environnementaux, de santé, d’eau et met fin à la cruauté pour toujours .
L’âge de pierre n’a pas pris fin parce que nous avons manqué de pierres. Cette industrie cruelle prendra fin parce que nous n’avons plus d’excuses. La viande est comme les pièces de un et deux cents. Elle coûte plus cher à fabriquer que ce qu’elle vaut.

Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus à gagner. L’agriculture ne s’arrêterait pas . Elle prospérerait. Seule la gamme de produits changerait. Les agriculteurs feraient tellement d’argent qu’ils n’auraient même pas le temps de le compter. Les gouvernements nous aimeraient. De nouvelles industries émergeraient et s’épanouiraient. Les primes d’assurance santé seraient en chute libre. Les listes d’attente dans les hôpitaux disparaîtraient. Bon sang nous serions en si bonne santé que nous aurions à tirer sur quelqu’un juste pour ouvrir un cimetière! »

Alors ce soir, j’ai deux défis pour l’opposition:
1. La viande provoque un large éventail de cancers et de maladies cardiaques. Vont-ils nommer une maladie causée par un régime végétarien?
2. Je finance la trilogie « Earthlings ». Si l’opposition est si sûr de son opinion, je les mets au défi d’envoyer le DVD d’ »Earthlings » à tous leurs collègues et clients. Allez-y, je vous met au défi .

Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces. Ils sont d’autres nations. Et nous les massacrons à nos risques et périls.

La carte de la paix est établie sur un menu. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. C’est la présence de la Justice. La justice doit être aveugle à la race, la couleur, la religion ou les espèces. Si elle n’est pas aveugle, elle sera une arme de terreur. Et la terreur est inimaginable dans ces horribles Guantanamos. Si les abattoirs avaient des parois de verre, nous n’aurions pas besoin de ce débat.

Je crois qu’un autre monde est possible. Lors d’une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.

Mettons les animaux hors du menu et de ces chambres de torture.

S’il-vous-plaît votez ce soir pour ceux qui n’ont pas de voix.

Merci."

15 décembre 2012

Quand ELLE part en vrille

 

ELLE, bouchers, viandeELLE, bouchers, viandeColère et incompréhension : c’est ce que j’ai ressenti à la lecture de l’article de Florence Besson, « Bien en bouchers ! » du le 21 septembre dernier (cf. images à gauche).

Colère, car si Florence Besson nous assure que les « nouveaux bouchers » distinguent « la viande d’élevages innommables, où les animaux sont abattus dans des usines à cauchemars », elle omet de préciser qu’il est totalement impossible que les Français ne consomment que des animaux ayant été élevés dans des conditions optimales sans réduire drastiquement leur consommation de viande. Les « élevages innommables » ont un objectif précis : fournir de la viande quotidiennement à 62 millions de Français. Car ce sont bien ces millions de poules, veaux, vaches, cochons, lapins, canards et cailles en batterie qui permettent de consommer de la viande chaque jour, pas les quelques animaux élevés avec une meilleure prise en compte de leurs besoins biologiques et physiologiques. Pour pouvoir répondre à la demande actuelle de viande en France aujourd’hui, plus de 80% des animaux sont élevés en bâtiments fermés, parqués en cage ou sur des caillebotis sans accès à l’extérieur. Tant mieux si certains bouchers proposent de la viande provenant d’animaux ayant eu une vie moins pire, mais ils seraient bien incapables de répondre à la demande. Colère, donc, car passer cela sous silence n’incite pas à réduire sa consommation de viande, et laisse croire que manger de loin en loin une côte de bœuf à 150€ ne cautionne pas l’industrie de la viande, alors que choisir de ne plus manger de viande est la seule chose qui peut avoir un impact sur les souffrances des animaux d’élevage.

Colère, encore, car Besson ne mentionne pas les aspects négatifs liés à l’élevage. La France n’a pourtant pas suffisamment de prés ni de « céréales faites sur place » pour nourrir les millions d’animaux actuellement engraissés au soja ou au maïs, en grande partie importés. Et pourtant, 50% des céréales produites en France finissent déjà dans les mangeoires. Or soja et céréales sont des denrées hautement nutritives, directement consommables par les humains. Sachant qu’il faut 7 à 10 kg de végétaux pour faire 1 kg de viande de bœuf et qu’à l’heure actuelle plus d’un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition, taire ces données est se faire complice de leurs souffrances. Ou bien, ne pas s’informer mais écrire sur la viande est de l’amateurisme. Colère, car l’élevage consomme des quantités astronomiques d’eau, est source de pollution des sols et des eaux, de déforestation, d’émission de gaz à effet de serre (18% selon la FAO), de pluies acides, des marées vertes en Bretagne[1]… Besson nous sert un vrai conte de fées en écrivant que « les néo-butchers offrent un espoir, celui de se nourrir sans faire de mal ni à nous-mêmes ni à la nature » !

Colère, toujours, car Besson veut nous persuader que les bouchers « aiment » les animaux. Une phrase me vient à l’esprit « La liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ». Georges Orwell, qui connaissait l’importance du choix des mots, avait donc eu une vision prémonitoire en décrivant la « novlangue » et les « mots trompeurs » dans son chef-d’œuvre, 1984. Avec ces mots trompeurs qui changent totalement de sens en novlangue, Orwell inventait de nouveaux slogans : « La liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force » ! Et Besson d’ajouter « tuer est aimer », « la viande est pleine de vie », « la viande revit ». Non ! La viande est la chair morte d’un animal qui voulait vivre et qui a été tué ! Les animaux d’élevage semblent omniprésents dans l’article de Besson, mais en réalité ils en sont absents : seule leur viande compte aux yeux de l’auteure et des bouchers. Les animaux sentients[2], ceux qui ressentent du plaisir et de la souffrance, qui ont des désirs, des buts, une volonté propres et une vie mentale subjective, n’existent pas pour Besson qui ne conçoit leur existence qu’à travers ses intérêts personnels gustatifs.

Et si c’est bien parce que des gens « aiment les bêtes » et ont envie de voir des animaux vivants que le Salon de l’agriculture[3] est effectivement le plus populaire, nous pouvons nous demander : qu’en serait-il du Salon de l’abattage ? Besson et les bouchers parlent d’« abattoirs familiaux », semant la confusion, puisque légalement seule la viande d’animaux abattus dans un abattoir est commercialisable[4]. Mettre en avant ces « abattoirs familiaux », c’est rendre invisibles les 917 millions de volailles, 25 millions de porcs, 8 millions d’ovins, 5 millions de bovins, 1 million de caprins et 17 000 chevaux qui – issus d’élevages bios ou conventionnels – sont chaque année « aimés » à une cadence infernale[5] dans les 318 abattoirs français pour animaux de boucherie et dans les 1 520 abattoirs pour volailles[6].

Indignation devant l’indécence de Besson qui clame sa fascination pour « ces amas de chair, de muscles, ce sang, ces ventres chauds des vaches », qui « redécouvre l’érotisme dans le carnivore », fantasme sur un bout de barbaque et des bouchers « musclés » et « virils », « si sexy dans leur tablier blanc ». De grâce, épargnez-nous ces fantasmes érotiques de domination sur les animaux et de soumission à la virilité ! Et Besson touche à l’indécence en écrivant « c’est viril, c’est rassurant, ce retour à Cro-Magnon » ! Comment peut-on oser rayer ainsi d’un trait des milliers d’années de civilisation, d’avancées technologiques, politiques et éthiques, dont ont bénéficié des milliards d’hommes et de femmes ? Souhaite-elle vraiment le retour à l’infanticide, à l’esclavage, aux grossesses subies, aux balbutiements de la médecine, j’en passe et des meilleures ? Non, sans doute, alors pourquoi des phrases aussi inconséquentes ?

Car quitte à vouloir fantasmer sur des corps d’hommes, pourquoi ne pas le faire avec les body bulders végétaliens[7] qui, eux, ne versent pas dans la barbarie ? Et qui nous prouvent qu’on peut être en excellente santé avec une alimentation totalement exempte de produits animaux et qui ne nécessite pas de verser le sang.



[1] Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site http://www.viande.info/

[2] Pour en savoir plus sur la sentience des animaux : http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article281&var_recherche=sentience

[3] Salon de l’agriculture qui ne donne aucune information sur les élevages intensifs ni sur l’abattage des animaux, mais présente une vision bucolique et fausse de l’exploitation des animaux.

[4] Pour en savoir plus sur la législation : http://www.oaba.fr/

Pourquoi Besson ne mentionne-t-elle pas les nombreux bouchers qui s’insurgent contre l’abattage familial ? http://www.leprogres.fr/jura/2011/06/07/les-bouchers-en-colere-contre-l-abattage-familial

[5] Un coup d’œil sur la page suivante est très instructif à ce sujet : http://www.planetoscope.com/elevage-viande/1172-nombre-d-animaux-tues-pour-fournir-de-la-viande-dans-le-monde.html

[6] Source : http://www.one-voice.fr/alimentation-et-vetements-sans-barbarie/labattage-conventionnel/

[7] À toutes fins utiles, voir le site : http://www.veganbodybuilding.com/

10:10 Publié dans animaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : elle, viande, bouchers

21 août 2012

2012, la faim du monde

Cet été fut torride et désespérément sec aux Etats-Unis: 60% des USA et du Mexique touchés par une sécheresse historique ; les récoltes de soja et de blé d'un des "plus grand grenier du monde" seront catastrophiques. Scénario identique en Russie, Ukraine et Kazakstan ; en Inde, la mousson tarde et est faible ; en Europe, ce sont les inondations et l'excès d'eau qui gâtent les récoltes. Les espoirs se reportent désormais sur l'hémisphère sud: Australie, Brésil, Argentine... mais d'ores et déjà, 2012 sera une nouvelle fois le théâtre de la faim dans le monde.
Force est de constater qu'au XXIe siècle, les années déficitaires en céréales sont dorénavant plus fréquentes que les années excédentaires ; on n'arrive pas à reconstituer des stocks dignes de ce nom et d'ailleurs on ne tente guère car ce n'est plus à la mode : le "moderne" maintenant, c'est la spéculation ! On vit au jour le jour, et la paix dépend des incidents climatiques dans les zones d'excédents céréaliers, lesquelles sont peu nombreuses et très localisées : les mauvaises récoltes de 2007 ont entraîné des émeutes de la faim de 2008 dans trente-six pays, de Dakar à Mexico en passant par Le Caire, tandis que celles de 2010 ont été une cause directe des révolutions arabes...
Si le cours des céréales et du soja continue à flamber, les spéculateurs (qui sont autant de criminels) vont s'en donnerà cœur joie, aggravant le phénomène.
Trois conséquences sont prévisibles, puisque les céréales ont maintenant trois usages concurrents.

Une bonne partie des 920 millions de mal-nourris, en tout cas ceux qui habitent dans les grands bidonvilles du monde, auront encore plus faim. Ces gens consacrent souvent de 70% à 80% de leurs ressources à acheter leur nourriture, ils ne pourront pas faire face à des augmentations de prix. Et il y aura 30, 50 ou 70 millions d'affamés supplémentaires parmi ceux qui mangeaient mal mais mangeaient encore sans avoir trop faim. Le cap du milliard d'affamés sera de nouveau dépassé, prouvant par là même que notre modèle de société actuel n'est ni "soutenable" ni responsable.

Les éleveurs ne pourront pas nourrir tous les animaux élevés : la moitié du blé mondial et les trois quarts du maïs et du soja ne servent pas à nourrir directement les humainEs, à faire du pain, des pâtes, du couscous, des tortillas ou du tofu, mais à exploiter des animaux qui seront tués et à s'octroyer leurs productions : poulet, œufs, u porc, lait, bœuf ! Petit rappel: il faut en moyenne 7 protéines végétales pour fabriquer une protéine animale...
Ces crises à répétition devraient remettre en question la durabilité de notre système alimentaire, qui nous amène à manger en France chaque année 85 kg de viande et 90 kg de laitage! Et que dire des Etats-Unis (125 kg de viande), sans comper la Chine qui rejoint notre gabegie alimentaire ?

Les politiques de soutien aux agrocarburants de première génération (éthanol à base de maïs aux Etats-Unis (bientôt en Europe), biodiésel à base de colza en Europe ou d'huile de palme dans de nombreux pays du Sud) vont à nouveau être fortement questionnées. Est-il raisonnable de brûler une ressource aussi essentielle et dorénavant rare que les grains de céréales ou d'oléagineux, et de défricher à grande échelle la forêt vierge pour pouvoir poursuivre ? Non, bien sûr !

La faim dans le monde n'est plus inéluctable, même en prenant en compte les catastrophes naturelles que sont les sécheresses ou les inondations. Aujourd'hui, la faim dans le monde est le pur résultat des facteurs simultanés que sont: la spéculation, la consommation de viande et de produits animaux, la fabrication d'agrocarburants, le gaspillage alimentaire et le désengagement politique.
Au moins sur la consommation de viande et de produits animaux (produits laitiers, oeufs, mais aussi cuir, laine) nous avons tous un pouvoir décisionnel; celui de refuser d'en consommer, de refuser d'être acteur/actrice de la famine.

-> Cette note est en grande partie élaborée via un article de Le Monde, "Il faut en finir avec la gabergie alimentaire", du 20 août 2012.

13 juin 2012

En France, l'élevage est positif pour l'environnement (mais en France seulement)

C’était inespéré. La multinationale Sodexo, géant de l’alimentaire, a dénoncé des méfaits liés à la consommation de viande. En juin 2012, Sodexo a publié et diffusé deux affiches relatant explicitant pour l’une que « la production d’un kilo de viande de veau pollue autant qu’un trajet autombile de 200 km ! Le méthane rejeté par les bovins dans l’atmosphère est un gaz à effet de serre 20 fois plus impactant que le CO2 », et pour l’autre que « le carnivore européen moyen aura mangé, dans sa vie… 760 poulets, 20 porcs, 29 moutons, 5 bœufs ! En 40 ans, la consommation est passée de 56 à 89 kilos par personne et par an en Europe, et de 89 à 124 kilos aux Etats-Unis… mais également de 4 à 54 kilos en Chine ».

sodexo,agriculteurs,éleveurs,viande  sodexo,agriculteurs,éleveurs,viande

Ces deux affiches, qui n’ont été utilisées que dans une cinquantaine des 700 restaurants d’entreprise français exploités par l’entreprise, n’ont pas échappé à un éleveur du Pays de la Loire qui a sonné l’alerte : une condamnation unanime et immédiate de ces affiches a été lancée par la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), le FNB (Fédération Nationale Bovine), la FNSEA 44, Jeunes Agriculteurs 44 et la FRSEA (Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricole), et une centaine d’éleveurs[1] a manifesté devant un centre Sodexo pour manifester sa colère au sujet des affiches «anti viande». Et Sodexo de trembler et présenter des excuses via un communiqué de presse, reconnaissant platement avoir eu connaissance de « nouveaux éléments venant infirmer des affirmations contenues dans ces affiches ».

Car les agriculteurs et leurs représentants n’ont pas manqué d’arguments ! Voyez plutôt, ils ont dénoncé « une campagne de communication calomnieuse»[2], « inacceptable et [qui] concerne toutes les viandes »[3] ! Quel infamie ! Une campagne dont le «procédé» est «déplorable», affirme Xavier Beulin, président de la FNSEA, lequel précise d’ailleurs que «l'élevage français est une fierté de notre agriculture et de notre pays», et qui souligne les «démarches de qualité et de protection de l'environnement» menées par les éleveurs[4]. Si Monsieur Beulin ne s’étend guère plus sur la façon dont les éleveurs protègent l’environnement, c’est que c’est inutile : puisqu’il vous le dit ! Chaque aliment que nous consommons a un impact environnemental, et de plus en plus de rapports scientifiques dénoncent les méfaits environnementaux liés à la production de viande, mais sachez que la France est le seul pays au monde où la viande a un impact positif sur l’environnement. Donc, les bovins français émettent zéro gaz à effet de serre (GES). Etonnamment, aucun scientifique ne semble s’intéresser à cet extraordinaire phénomène.

Et peu importe qu’un rapport de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) de 2006 rapporte que l’élevage est responsable de 18% des émissions annuelles des GES dans le monde[5] : visiblement, la France ne fait pas partie du monde.

Inutile également de préciser que l’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation selon Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le développement et expert auprès de la Banque mondiale[6], ni que suite à une enquête de 3 ans, Greenpeace affirme en 2009 que l’élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne[7]. On ne va quand même pas chipoter parce qu’avec 4,5 millions de tonnes de soja importés chaque année, la France est le premier importateur européen (22% du soja exporté par le Brésil lui est destiné)[8], ni sur le fait que ce soja d’importation est en grande partie génétiquement modifié[9]. Broutilles.

Pourquoi s’attarder sur le fait que la France est le premier pays émetteur d’ammoniac en Europe[10], et que ces émissions, qui sont à 95% d’origine agricole et dont 80% proviennent des élevages, génèrent 300 millions de tonnes de déjections animales par an[11]. La pluie s’acidifie au contact de l’ammoniaque présent dans l’air (gaz très soluble dans l’eau), perturbe la photosynthèse et les « pluies acides » détruisent les éléments nutritifs du sol causant le dépérissement forestier. Un rapport de 1999 sur l’état des forêts en Europe indiquait que 20% des terres sont très acides, 2/3 des forêts sont endommagées et 21,4% ont subi une défoliation d’au moins 25%[12]. Les lacs, les fleuves, les ruisseaux et les rivières sont eux aussi altérés par les pluies acides : on observe une réduction et une disparition d’espèces aquatiques, très sensibles au changement de pH[13].

Quant à la Bretagne, elle remercie l’industrie de la viande car la population d’animaux d’élevage produit au minimum l’équivalent de la pollution organique de 60 millions d’habitants (soit les excréments de la population française répandus sans traitement sur le sol breton). Ce n’est pas par hasard que la Bretagne est une région désormais réputée pour le charme de ses marées d’algues vertes toxiques.

L’élevage français consomme également des quantités invraisemblables d’eau (mais peu importe, tout le monde a vu que le printemps 2012 a été particulièrement pluvieux, bon d’accord ça n’a pas permis de restaurer les nappes phréatiques qui souffrent d’une diminution générale de la pluviométrie, mais on ne va pas s’arrêter sur les détails).

Comme Monsieur Beulin, nous restons subjugués par tant de bienfaits environnementaux directement liés à l’élevage français, qu’il ne faudrait surtout pas «stigmatiser» par des faits objectifs.

Et encore, nous ne parlons ici que des aspects environnementaux – passons sous silence le fait que, dans un monde où  des millions de personnes crèvent littéralement de faim, des millions de tonnes de soja et de céréales cultivés dans les pays pauvres engraissent les animaux d’élevage destinés à nourrir les habitants des pays les plus riches. Taisons aussi les conséquences néfastes de la consommation de viande sur la santé humaine : contaminations, augmentation de certains cancers et de l’ostéoporose (ce dernier fait commence à être ébruité jusque chez nous, mais que fait le lobby laitier ?), des maladies cardiovasculaires, de l’obésité...

Mais à quoi bon s’attarder sur autant de faits anecdotiques, l’essentiel n’est-il pas de ne pas froisser la sensibilité des éleveurs ?

C’est ce qu’à appris Sodexo. Ce géant mondial de l’alimentaire, présent dans 80 pays avec un chiffre d’affaire pour 2009-2010 de 15,3 Mds €, implanté sur 33 543 sites (entreprises, administrations, écoles, université, hôpitaux, résidences pour personnes âgées, sites militaires, etc. ) s’est écrasé face à une poignée d’agriculteurs mécontents. Peut-être qu’avoir été désigné en 2010 comme faisant partie des entreprises les plus éthiques, selon des critères de responsabilités citoyennes, de gouvernance et d'innovation au service de tous les publics,[14] lui a fait croire qu’on pouvait briser la loi de l’omerta et déranger certains lobbies.

La dénonciation n’a donc duré que l’espace d’un instant, les affiches ont disparu et tout est rentré dans l’ordre dans le meilleur des mondes : dormons en paix, les éleveurs veillent pour nous.

Mais pour celles et ceux qui auraient envie de se réveiller, il est encore temps: consultez l'excellent site viande-info, devenez veg et... contactez Sodexo pour exprimer votre désarroi d'un tel retournement de situation.



[1] http://www.agri44.fr/mobile/article-actualite.php?id=1736&num_page=1

[2] http://www.agri44.fr/mobile/article-actualite.php?id=1736&num_page=1

[3] http://www.agri44.fr/mobile/article-actualite.php?id=1736&num_page=1

[4] http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/polemique-autour-daffiches-anti-viande-fnsea-accuse-sodexo-11-06-2012-58231

[5] FAO, Livestock Long Shadow, 2006, p. 112.

[6] Laurence Caramel, « Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.

[7] http://www.greenpeace.org/france/fr/campagnes/forets/fiches-thematiques/en-amazonie/

[8] Aurélie Billon, ENESAD ; Emmanuelle Neyroumande, Cyrille Deshayes, WWF-France , « Vers plus d’indépendance en soja d’importation pour l’alimentation animale en Europe – cas de la France », janvier 2009, page 12‑13.

[9] http://www.brest-ouvert.net/article1164.html

[11] Étude pilote sur les déchets agricoles, IFEN –SCEES, mars 2005, p.53

[13] US Environmental Protection Agency, Effects of Acid Rain - Surface Waters and Aquatic Animals.

[14] http://fr.wikipedia.org/wiki/Sodexo

 

05 février 2012

Le froid, la suite

Hier, j'ai passé mon après-midi à nourrir les oiseaux dans un parc aussi beau que grand - le parc de la Tête d'Or, pour ceux et celles qui connaissent. Le lac commençait tout juste à geler, quelques cours d'eaux étaient recouverts de glace.
sitelle torchepot.jpgDans les grandes allées exposées au vent, il n'y avait pas d'oiseaux.
Mais dans les petites contre allées, protégées des bourrasques glacées, j'ai très rapidement croisé un rouge-gorge. Comme celui-ci n'avait pas du tout l'air d'avoir peur, je lui ai jeté quelques bouts d'amande, et c'est sans manière qu'il les a vite avalées. Un second rouge-gorge est alors arrivé, et j'ai mis des morceaux aux deux de façon un peu éloignée, de façon à ce qu'ils acceptent chacun la présence de l'autre. Puis plusieurs mésanges charbonnières les ont rejoint, un peu plus timides mais tout aussi affamées.
Au bout d'une dizaine de minutes, c'est une sitelle torchepot qui s'est posée à proximité, attirée par cette distribution, une sitelle torchepot nous a rejoint (photo). C'est avec émotion que j'ai vu donné à ce bel oiseau d'ordinaire si farouche une amande entière, qu'elle a vite emporter pour manger ailleurs. Et puis c'est une petite poule d'eau qui a conclu ce ballet, picorant au sol les miettes d'amande et les graines de chanvre qui figurent parmi les aliments préféré des oiseaux.
pouledeau01.jpg
Plus loin, trois poules d'eau (photo) se sont alignées et couchées sur le sol pour manger ces graines de chanvre, sans doute voulaient-elles garder leurs grandes pattes au chaud sous leur plumage!
Pour contrer le froid, les oiseaux (et les animaux qui vivent dehors en général) doivent manger environ quatre fois plus qu'en temps normal! Aussi la faim les rend-elle bien téméraires pour accéder à la nourriture, si vitale, et leur permet de surmonter la très légitime peur de l'humain.

04 février 2012

Froid: sos pour tout le monde

Le froid fait la une de la presse et chacun en parle à tout instant - un froid spectaculaire, intense, réel, et une sensation de froid accentuée par un vent puissant et glacé. Nous voici début février, normal qu'il fasse froid bien sûr, c'est l'hiver quand même! N'empêche, ça caille sec, on s'emmitouffle et l'armada lourde est sortie du fond des placards; ça a presque un petit côté folklorique - pourvu qu'on puisse dormir au chaud et manger à sa faim.
Ce qui est loin d'être le cas de tous.
Les humains d'une part: au 4 février, les journaux annoncent 220 morts de froid en Europe. Les députés lancent un appel pour que des décisions politico-économiques soient prises d'urgence. Ce blog n'a ien sûr pas vocation à prendre parti pour tel ou tel bord politique (même si, avec la jeunesse, j'e.... le FN), mais comment évoquer cette actualité glaciale sans rappeler un discours de Sarkozy qui promettait, en 2006, que lui élu "plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir, et d'y mourrir de froid, parce que le froid à l'hébergement, parce que le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine" - allocution qu'il eut été dommage d'oublier et qu'on ne se lasse pas de revoir, spécialement ces jours-ci.
Dans ce froid saisissant nous pouvons aider les SDF, par exemple en soutenant une association caritative.
Si malheureusement les gens à la rue souffrent et meurent du froid, les animaux en souffrent et ne meurent également. Silencieusement, dans l'ombre d'un fourré, au pied d'un arbre, dans le creux d'un fossé. Chaque hiver, des millions d'oiseaux périssent lors des vagues de froid, et les mois de février et mars sont les plus durs car les stocks de nourriture disponibles ont été épuisés.
Ce matin, aux côté de l'appel aux députés, un autre article paraissait dans Libération: "Les animaux souffrent aussi du froid". Il nous rappelait que lors des grands froids comme celui qui traverse actuellement l'Europe, les animaux meurent essentiellement de faim et que nous pouvons les aider.

merlette-pomme-p1000193.jpg

Pour les oiseaux, le plus simple est de leur donner des graines, dont différentes variétés nourriront différentes espèces: tournesol et cacahuète (crues et surtout sans sel), millet, chanvre, avoine... De la graisse (végétale non salée) est aussi le bienvenu, et le mélange graisse+graine est le top. Les jardineries et les grandes surfaces vendent des graines et des boules de graisse (mais parfois il s'agit de graisse animale, tuer une vache pour nourir des mésanges???), et c'est souvent bien mois cher d'acheter des sacs de 5kg en jardinerie qu'un kg en grande surface. Beaucoup d'oiseaux, dont les merles et les grives, aiment les pommes et les poires, pensez à en mettre à leur disposition (les "trop mûres" étant les meilleures!).
Ne pas donner d'aliments salés ni de pain (peu calorique, il "bourre" sans nourrir et gonfle dans l'estomac).
Les mêmes magasins vendent des mangeoires, faciles à faire pour peut qu'on sache manier une scie, un marteau et tenir un clou. La nourriture peut être donnée dans les jardins, privés mais aussi publics, les parcs, les forêts, sur les balcons, et même les bords de fenêtre.
Si vous avez un jardin ou un balcon, pensez aussi à mettre plusieurs fois par jour de l'eau chaude: beaucoup d'oiseaux souffrent de la soif en hiver.
Beaucoup d'actions sont possibles pour sauver de la mort les animaux en ces jours difficiles, ne vous en privez surtout pas!
Le même article soulignait aussi que les animaux d'élevage et les animaux domestiques souffrent du froid. N'oublions pas que des milliers de chats abandonnés subissent l'hiver, et que des éleveurs abandonnent quasiment les animaux dans les prés en hiver. Pour les chats, One Voice propose une action concrète : chatipi. Et vous pouvez aussi tout simplement nourrir les chats vivant dans la rue (il existe d'excellentes (je les ai goûtées) croquettes véganes) et leur construire des abri.

09:59 Publié dans animaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oiseaux, hiver

21 janvier 2012

Demande de subvention

En Europe, l'élevage ne survit que grâce aux aides financières. Voici donc une lettre qu'Insolente Veggie nous propose d'envoyer à la Commission Européenne et à la DDAF, il n'y a aucune raison que ça ne marche pas. Merci de m'informer en cas de réponse.
Ne pas oublier de rectifier les zones en bleu.

Vos coordonnées

Commission européenne
Direction générale de l'agriculture et du développement rural
130, Rue de la Loi
B - 1049 Bruxelles
Belgique

Date

 

objet: demande de subvention

            Madame, Monsieur,

           J'ai créé un nouveau produit révolutionnaire que je voudrais lancer sur le marché, mais pour cela, j'ai besoin d'un soutien public, notamment financier.

           Ce produit sera un aliment totalement inutile à la santé humaine, et qui pourra même être dangereux. Il aura la propriété de favoriser les cancers (notamment le cancer colorectal) et les maladies cardio-vasculaires. La production de ce produit sera extrêmement polluante. Je désire donc fabriquer ce produit en très grande quantité, de façon à ce que chaque personne en consomme deux fois par jour, je prévois en conséquence que nous serons plusieurs centaines de milliers à le fabriquer pour satisfaire la demande. Ce produit sera vendu très cher aux consommateurs. Pour qu'ils puissent s'en  procurer, il faudra bien sûr que le gouvernement leur attribue des aides financières à la consommation. Je vous demanderais également d'appuyer par du lobbying la distribution ce ce produit.

           Bien entendu, ce produit ne permettra pas à ses fabricants de vivre décemment, donc mes collègues producteurs et moi aurions besoin d'aides de l'Etat, qui se porteraient à plusieurs centaines de millions d'euros par an.

            Veuillez m'indiquer rapidement si vous me soutenez dans ce projet, je pense que m'apporter une aide financière serait équitable puisque vous soutenez l'industrie de la viande, qui est dans une situation totalement similaire. Merci de m'indiquer également la procédure à suivre.

            Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutation respectueuses.

  Signature

(copie également envoyée à la DDAF)