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L'humanité disparaîtra, bon débarras !

L'humanité disparaîtra, bon débarras !

Auteur : Yves Paccalet

Éditeur : Arthaud

Année : 2006 - ISBN : 2-7003-9665-0

Si on aime les livres qui ne mâchent pas leurs mots, qui mettent les vrais termes sur les faits et qui usent du cynisme, alors ce livre vous ravira. Pourtant, il n'a pas de quoi réjouir ! L'auteur dresse un tableau de la situation écologique de la Terre, déastreux à cause... de l'humanité, laquelle humanité court à sa perte. Nous ne réchapperons pas à la totale destruction de notre environnement. L'auteur nous fait remarquer avec justesse que l'humanité se comporte comme si elle s'était juré d'exploiter le globe au point d'en rendre "la surface aussi agréable, variée et attractive qu'un parking de supermarché". Il dresse un dramatique mais exact inventaire de tous les désastres et massacres que nous engendrons sur cette planète : désertification, pollutions, pillage des ressources, massacre de tout ce qui bouge et respire ; nous pêchons tellement de poissons dans les mers que maintenant des dauphins meurent de faim, c'est pour dire. ! Le tableau est très sombre, et malheureusement tellement réaliste...
Seule lueur d'espoir dans ce pessimisme omniprésent, l'auteur propose timidement en conclusion la 'décroissance' comme seule issue possible. Il souligne que si chaque humain-e avait le niveau de vie d'un-e Européen-ne, il faudrait 3 Terres pour satisfaire tout le monde. Et 6 si nous vivions comme les Américain-e-s. "Question : où tournent les cinq planètes qui nous manquent ?"...
Et notre mode de vie sert hélas d'exemple... Alors, à nous aussi de montrer l'exemple : ce mode de vie, on n'en veut plus.
" Il vaudrait mieux chercher la solution dans une "croissance zéro", tempérée par une plus juste répartition des richesses. Je suis intimement persuadé que cette idée est bonne ; et même (si nous voulons nous donner une petite chance de survivre) qu'il faut la pousser plus loin. Nous ne nous en tirerons que par la vertu d'une décroissance raisonnable. Sauf que c'est impossible parce que personne n'en veut."
Que personne n'en veuille, ça par contre je n'en suis pas sure... Mais je suis consternée, parce que le même auteur raconte, quelques pages plus tôt, comment il "mâchouillait, l'autre jour, un steak de vache folle". Et d'enchaîner sur les risques liés à l'absorbsion de viande bovine ("encéphalite spongiforme doublée d'une mésothéliome"). Certes, mais pas un mot sur la vie de la vache qui a été tuée pour lui fournir la bidoche, et rien non plus sur les conséquences écologiques liées à son élevage. Alors que dans ce livre, il ne cesse de déplorer la destruction des forêts tropicales, le massacre de tout ce qui est vivant, du gaspillage de l'eau douce et des pollutions. Or, la forêt amazonienne (pour ne citer qu'elle) est détruite, rasée et ratiboisée pour faire place à la monoculture du soja qui sert à nourrir les bovins, dont sans doute celui qui a fini dans son assiète. Si cette vache a été élevée en France, elle aura consommé des milliers de litres d'eau potable, de l'énergie (fossile ou nucléaire) et contribué à la pollution (méthane... ) ; avec la même eau on aurait pu cultiver des végétaux pour nourrir bien plus d'humain-e-s...
D'autre part, les vaches sont bien des êtres sensibles, non ? Mais c'est vrai qu'il attache toujours une énorme importance aux espèces, plus qu'aux individus, et aux espèces en voie de disparition, et non aux animaux qui souffrent dans nos élevages et nos abattoirs...
En tout cas, c'est bien dommage d'écrire tout un bouquin pour nous faire prendre conscience de tout ce que nos comportements ont de destructeurs, pour finalement ne pas se remettre en question soi-même. Dommage que l'auteur ne soit pas devenu vegan à la fin du livre, c'est un grand premier pas dans la sauvegarde des animaux, de l'environnement, des énergies, bref, de la décroissance !

Note : 7/10

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