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09 juin 2010

Alternatives végétariennes: 100!!!

revue-AVF-100.jpgC'est toujours un plaisir de le recevoir dans la boîte aux lettres: l'exemplaire d'Alternative végétarienne, revue trimestrielle de l'Association Végétarienne de France. Et puis, quand même, le numéro 100 - une petite émotion particulière !
Recevoir la revue me fait toujours plaisir car, même si je suis entourée de nombreux amiEs veg - plus mon compagnon, végan comme moi - hé bien, ça me fait sentir que ça bouge pour les animaux en France. C'est lent, c'est difficile, surtout dans ce pays si attaché à ses traditions si morbides soit-elles (foie gras, corrida, chasse, rillettes, jambon-beurre, steak frites - bon, les frites, ça va). Quand je vois comment ça bouge dans les autres pays (montreurs d'ours désormais interdit en Inde, animaux sauvages dans des cirques interdit au Portugal... ), je ne peux pas m'empêcher de trouver la France statique, froussarde et bien tristement conservatrice.
Bref, Alternative végétarienne nous fais sentir moins seulE, et c'est bien appréciable.

Dans le dernier numéro paru - pas encore entièrement lu - l'entretien avec Michèle Sharapan est par exemple bien intéressant. Ce nom m'était familier, et pour cause: c'est elle qui a donné un concert de soutien à L214. Cette artiste de talent (enfin, j'imagine car je n'y connais rien) a toujours été veg : "J'ai toujours refusé de manger de la viande, j'ai toujours refusé d'aller dans une boucherie. (...) Avec le recul, je ne peux pas dire que j'avais l'idée qu'il était incohérent d'aimer les animaux tout en les mangeant. Je crois que je ne pensais rien ; c'était tout simplement impossible, voilà tout." Elle explique aussi comment elle se sent seule dans le monde de la musique, par rapport aux animaux en tout cas. Au-delà de son végétalisme, elle s'est récemment engagée dans la lutte pour les animaux : "Mon souhait le plus cher est qu'un jour cette Terre ne soit plus l'enfer des animaux, et que chacun se pose la question : Qui est cet autre?"

chevreau-L214.jpg

C'est une question particulièrement touchante, et souvent je pense qu'il y a quelque chose de vraiment monstrueux à manger des individus dont on ignore tout et qu'on a réduit à n'être que de la viande. Dans un supermarché, une vitrine, ou chez des gens non veg, il m'arrive de regarder les morceaux de cadavres et de me poser silencieusement la question : "Qui étais-tu ?" Peut-être étais-tu un cochon curieux, facécieux, ou une vache timide, ou une poule qui aurait pu être affectueuse, ou encore un agneau joueur et insouciant.
Qui est ce fluet chevreau à la bouche blessée ? Il ne sera pas soigné, mais tué pour satisfaire des humainEs carnassiers.
Dans la série des entretiens, j'ai moins accroché sur celle de Kristof et Kecily, deux sportifs véganEs, peut-être simplement parce que nulle part il est fait mention des animaux. Peut-être qu'on en saura plus en lisant leur blog, metagama. On peut aussi se plonger dans le blog des Vegans Runners.
Quant à l'entretien avec Nicolino, pas encore lu. Pas encore lu non plus l'article sur les chimpanzés, l'agriculture végane, ni celui intitulé "Le droit européen au secours de la protection animale: un volontarisme ambivalent". Plus les brèves, les recettes, le compte-rendu de l'AG de l'association... Tout ceci paraît bien prometteur!
Bref, si vous n'êtes pas encore adhérentE à l'AVF et/ou à sa revue, il n'est pas encore trop tard pour le faire et recevoir chez vous les 100 prochains numéros. Et en plus, vous renforcerez cette structure et le végéta*isme en France.

Photographie: L214.

25 mars 2010

Les Doors, ambiance

Il y a des moments où c'est le creux de la vague, où le manque de temps conjugué au manque d'inspiration se conjugent pour laisser passer les semaines sans qu'une note n'apparaisse sur ce blog (si, si, il faut de l'inspiration pour écrire ici!). Hé bien, je me suis dit que je n'avais qu'à alors citer des passages de livres, ceux qui m'ont le plus touchés, ceux qui sont forts, ceux qui brassent ou donnent de l'énergie pour lutter, changer ou bouger ou mettent en colère. Cet extrait du livre "Un éternel Tréblinka" de Patterson fait tout ça à la fois et plus encore.
Il raconte comment l'artiste peintre anglaise engagée, Sue Coe, visita pendant six ans des abattoirs. Un livre et des peinture seront créés suite à ce temps passé dans ce monde caché de la mort. En six ans, elle a vraiment eu le temps de voir d'innonbrables atrocités, mais une scène a particulièrement marqué son esprit (et il y a de quoi), comme le raconte Patterson. Cette scène si bien décrite nous immerge dans l'ambiance très spéciale des abattoirs. Ce passage, je ne l'oublierai jamais.

"Alors qu'elle s'avance dans la salle d'abattage pour s'installer avec son carnet de croquis dans l'embrasure de la porte qui sépare les vaches attendant la mort du lieu où elles la trouveront, une sonnerie stridente se déclenche soudain et les ouvriers se dispersent por le déjeuner. "On me laisse donc seule avec six corps [de vaches] décapités et pissant le sang. Les murs sont éclaboussés, et il y a déjà des gouttes sur mon carnet. Je commence à m'habituer à ce que les mouches viennent se coller à moi comme aux cadavres."
Sue Coe sent alors quelque chose bouger à sa droit et s'approche de l'enclos pour mieux voir.
vache-1.jpgA l'intérieur, il y a une vache. Elle n'a pas été assommée ; elle a glissé dans le sang et elle est tombée. Les hommes sont allés déjeuner en la laissant là. Les minutes passent. De temps à autre elle se débat, heurtant de ses sabots les parois de l'enclos. Comme c'est une boîte métallique, les coups sont assourdissant avant que le silence revienne, puis d'autres chocs. Une fois elle lève suffisamment la tête pour regarder hors de la boîte, mais à la vue des cadavres suspendus, elle retombe. On entend le sang qui goutte et de la musique sort d'un haut-parleur. Ce sont les Doors, tout un album.
Sue Coe commence à dessiner, mais quand elle jette à nouveau un coup d'oeil dans la boîte, elle remarque que le poids de la vache a fait sortir du lait de ses pis. Tandis que le lait s'écoule doucement vers les drains, il se mêle au sang, et ils disparaissent ensemble à travers les grilles. Une des pattes blessées de la vache sort au bas de l'enclos métallique. "J'avais envie de pleurer pour cet animal, mais j'ai écarté toute empathie de mon esprit, comme le font les ouvriers." Plus tard, elle dit à Martha [directrice de l'abattoir] que les vaches lui semblent bien jeunes pour être abattues, même pas traites. Martha explique qu'à cette époque le prix du lait s'effrondre et que les fermiers ne peuvent pas se permettrent de garder leurs vaches. Ils les mettent donc sur le marché.
Quand les ouvriers reviennent de leur déjeuner, ils remettent leurs tabliers jaunes et retournent à leurs tâches. (...) Sue Coe voit entrer un homme qu'elle n'avait pas encore remarqué. Il donne trois ou quatre coups de pied violents à la vache blessée pour tenter de la faire se lever, mais elle ne peut pas. Danny se penche dans la boîte métallique et tente de l'assommer de son pistolet pneumatique, qui enfoncera une balle de douze centimètres dans son cerveau. Quand il pense avoir un bon angle de visée, il tire et "il y a un violent claquement, exactement comme celui d'un pistolet normal."
vache-2.jpgDanny appuie sur un bouton et la paroi métallique de l'enclos se soulève, découvrant la vache gisant là. Il s'en approche, attache une chaîne à l'une de ses pattes arrière et la soulève. Elle lutte, ses pattes s'agitent tandis qu'elle s'élève, la tête en bas. Sue Coe remarque que certaines vaches sont totalement assommées et d'autres pas du tout. "Elles se débattent comme des folles pendant que Danny leur tranche la gorge. Tout en exécutant son oeuvre, Danny parle à celles qui ne sont pas assommées : "Allez, ma fille, sois gentille!" Sue regarde le sang gicler "comme si tous les êtres vivants étaient des récipients mous qui n'attendaient que d'être percés." Danny s'approche de la porte et fait avancer la prochaine vache d'un coup de bâton électrique. Il y a beaucoup de résistance et de coups de sabots, car les vaches sont terrifiées. Tandis qu'il les force à entrer dans l'enclos où elles sont assommées, Danny répète d'une voix chantante : "Allez, ma fille!"."
photographies : L214

Oeuvres de Sue Coe

 

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