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05 mars 2006

Emotions animales

medium_vacheveau.jpgHier, j'ai trouvé un livre extra (d'ailleurs, je l'ai fait paraître dans la rubrique "livres" : colonnes à droite de ce blog) : émotions animales. Outres les photos vraiment remarquables (plein de beaux portraits d'animaux, des scènes intimes émouvantes... ), il contient des récits vraiment touchants. Et puis, il n'oublie pas (ce qui est rare !) les animaux "d'élevage". Allez, je ne résiste pas à partager une petite histoire :
L'harmonie d'un groupe de vaches repose sur des règles de vie sociale. Elles-mêmes dépendent de liens forts, d'attachement mutuel, comme ceux qui unissent une mère et son jeune. Pour preuve, cette histoire d'une génisse anglaise de 2 ans, surnommée Blackie, qui s'enfuie de la ferme où elle venait d'être vendue pour retrouver son veau situé à une dizaine de km de là, dans une région qui lui était totalement inconnue. L'histoire, rapportée dans le quotidien "World Farming Newsletter", débute au moment où la vache et son veau sont vendus au marché d'une charmante petite ville du Devon, Hatherleigh, dans le sud de l'Angleterre. Alors que la femelle est achetée par un fermier, son veau est acquis par un autre éleveur. Nourrie, logée, la vache n'en décide pas moins quelques heures à peine après son arrivée, de prendre la clef des champs en sautant par-dessus la haie. Elle sera découverte et identifiée le lendemain matin, allaitant paisiblement son jeune à plusieurs km de son lieu de départ !
Malheureusement, on ne connaît pas la suite de l'histoire : est-ce que les humains ont eu assez de compassion pour laisser ensemble cette mère et son petit ? Quitte à perdre du lait et donc de l'argent ?...
Preuve s'il en est que ce livre dépasse largement les commentaires animaliers classiques ! La page 153 précise que :
"On sait désormais que l'animal partage avec l'homme certains éléments de conscience, notamment une représentation mentale de ce qu'il fait et de qu'il a l'intention de faire", explique Robert Dantzer, vétérinaire à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique). "Si cette conscience embryonnaire détermine l'aptitude à la souffrance, alors l'animal dispose de tous les éléments pour en faire l'expérience. Un animal souffre lorsqu'il n'arrive pas à exprimer le répertoire de son comportement naturel. Cette définition remet en question tout le système d'élevage industriel qui impose aux animaux des conditions de vie inadaptées à leur biologie". Si la douleur est une réaction physiologique, la souffrance exige une représentation de soi. Or les animaux connaissent la douleur et la souffrance parce qu'ils ont des représentations sensorielles et une mémoire. "J'ai pourtant été formé à l'idée que les animaux, comme les enfants, ne souffraient pas" se souvient Boris Cyrulnik. "Lorsque j'ai passé mon année préparatoire à la médecine, nous devions disséquer des animaux vivants et lorsque ces derniers criaient et se débattaient, nos professeurs nous assuraient qu'ils ne souffraient pas, cherchant à nous convaincre qu'un vélo qui grince ne souffre pas !"
Bref, un livre qui vaut vraiment le détour, qui fait réfléchir, et qui est très émouvant...