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07 mai 2013

Bruant ortolan: enfin la fin de l'exception française

Cela durait depuis des décennies. Peut-être encore plus longtemps, peut-être même s'agissait-il d'une tradition ? Et comme pour de trop nombreuses traditions, le bon sens aurait dû nous faire abandonner celle-ci depuis des lustres.
L'atroce gavage des oies et des canards pour le foie gras ne suffisant pas à satisfaire la cruauté humaine, il fallait en plus capturer de petits oiseaux - des bruants ortolans -, les enfermer dans le noir total pendant trois semaines, les engraisser, puis les noyer (oui, vous avez bien lu: les noyer) dans un verre d'armagnac, avant de les bouffer, généralement entiers avec un pseudo rituel dont on aime mieux ne pas connaître les détails.
Plus de 50 000 oiseaux étaient ainsi assassinés chaque année. L'ortolan est un passereau protégé dans de nombreux pays, dont la France depuis 1999, mais cette pratique illégale était très complaisamment tolérée sur notre sol jusqu'à ce que l'ASPAS parvienne tout récemment à y mettre un terme.
Inutile de perdre du temps à essayer de faire entrer un gramme de compassion ou de bon sens dans ce qui sert de cervelle aux bouffeurs d'ortolans et à leurs complices ; l'ASPAS a touché la seule chose qui pouvait leur parler : le fric.
Mais il a fallu frapper fort, tellement ils étaient accrocs aux ortolans noyés, et la France vient d'écoper d'une troisième condamnation de la part de l'Europe, lasse d'une mauvaise foi évidente.
Suite aux nouvelles démarches de l'ASPAS, l'Europe a mis la France en demeure, en janvier 2013, de cesser l'ignoble commerce. Car ces oiseaux, servis notamment dans certains des plus chics et coûteux restaurants du Sud-Ouest et de Paris, se vendaient plus de 100€ pièce. Car l'ONCFS et la gendarmerie fermaient les yeux sur les pratiques des braconniers, "autorisés" à installer jusqu'à 30 pièges (appelés "matoles") pour attraper les ortolans en migration, les petits oiseaux étant attirés par les cris d'un des leurs, captif, enfermé dans une cage au milieu des pièges...
En réaction aux 140 000€ d'astreinte journalière (dernière condamnation en date de la France dans cette sombre affaire), la ministre de l'Ecologie (puisqu'il paraît qu'il y en a une au gouvernement actuel) a annoncé officiellement que ce braconnage ne serait plus toléré. Croisons les doigts...
À l’heure où notre pays traverse de graves crises écologique et économique, le gouvernement français continuera-t-il, encore une fois, à soutenir ce braconnage et ce commerce immondes, au risque de verser à l’Union Européenne des amendes colossales, au frais de ses citoyenNEs ?

braconnage, bruant ortolan, ASPAS

Petit oiseau pesant en moyenne 25grs, d'une envergure de 25cm environ, le bruant ortolan est un grand voyageur qui parcours plus de 14 000km/an. Espèce en déclin (fort et constant) en France (liste orange) et vulnérable en Europe. Les changements de l'agriculture ainsi que la chasse excessive sont les causes de la forte régression du bruant ortolan dans une grande partie du Vieux Continent. Il est théoriquement protégée en France par arrêté du 5 mars 1999 et figure à l'annexe I de la Directive Oiseaux.

photo: oiseau.net