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22 mai 2013

On abat bien les chevaux

L’Australie abat. En masse. Par hélicoptère.
Qui ?
Des dizaines de milliers de chevaux, dromadaires, ânes.

Leur crime ?
S’être « trop » reproduit. Nuire aux espèces indigènes. Les concurrencer pour l’eau, la nourriture.

[Si l’on devait abattre ceux qui nuisent le plus aux autres espèces, qui ciblerait-on ?]
Des milliers de chevaux, dromadaires, ânes.

Leur crime ?
Avoir été importés en Australie par les colons occidentaux. D’abord exploités par les militaires, puis abandonnés à leur sort. En reconnaissance des sacrifices et services obtenus, on les abat à bout portant.

Abandonnés, ils ont réussi à s’adapter tant bien que mal à un environnement étranger et aride. Trop nombreux, ils souffrent désormais de la soif et de la faim, « d’une mort lente et terrible », nous renseignent les autorités.
L’aide qu’on leur apporte ? Au mieux, une balle dans la tête. Au pire, des balles dans le flanc, les membres, le cou, et la promesse d’une longue agonie. Des dizaines de milliers de chevaux, dromadaires et ânes devenus sauvages : une rafale règlera leur sort. On va pas passer des mois à les euthanasier un par un.

On va déjà passer des jours à les flinguer. Les balles, le carburant, les salaires, rien n’est gratuit. Le temps, c’est de l’argent.

Australie, chevaux
Et on s’en fout, surtout, on s’en fout.

Chercher d’autres solutions ?
Les stériliser, les abreuver, les nourrir ?

Hein, chercher quoi ? Les quoi ? Pardon ?
Des gars bien motivés, de bons gros hélicoptères,
de la bonne artillerie. Et en avant mauvaise troupe !
Voilà la solution. C’est rapide, pas trop cher, bien propre, surtout vu d’hélicoptère. On ne va pas non plus convier la populace ou les médias.

D’ailleurs, la zone est bouclée, no man’s land temporaire, le temps d’un petit massacre. En privé. Eux et nous, puis nous sans eux.
Ils ont servi l’armée ? On va leur faire la guerre. On va leur faire comprendre qu’avoir des petits ça se paye. On va leur enfoncer dans la gorge leur arrogance.

La colère des associations de protection des animaux ?
Qu’elles aillent se faire foutre.

Anticiper la situation ?
Hein ? Antiquoi ? Désolé, on est trop occupé à tuer là. Faudra repasser.
Dans 30 ou 50 ans, quand les rescapés du massacre se seront reproduit à leur tour.
Des dizaines de milliers de chevaux, dromadaires, ânes.

Remarquez, ça change des kangourous.
C’est vrai ça, depuis des décennies qu’on abat les kangourous de toutes les façons possibles, de jour, de nuit, à l’arme semi-automatique, au flingue à lunette, par hélicoptère, par route, parce qu’ils concurrence l’élevage de moutons, ça fait du bien de changer un peu.

Parce que les moutons, eux, les millions de moutons importés par les colons, reproduits et entretenus par les éleveurs, ils ne nuisent pas à l’environnement. Ils ne concurrence personne pour l’eau, la nourriture. Ils ne dégradent pas les sols. Ils ne polluent pas. Absolument pas. Zéro impact, c’est bien connu. Ils sont légers comme la rosée. En plus, ils rapportent un max de fric. Quand on les égorge, pour leur viande, pour leur laine.
Des dizaines de milliers de chevaux, dromadaires, ânes.
Et de kangourous.

Et de moutons.
Leur crime ?
Ne pas être rentables.
Etre rentables.
Les coupables ?
L'indifférence. Le spécisme. La cupidité.
La connerie humaine quoi.

australie,chevaux,animaux sauvages,dromadaires,ânes
Dessin de Sue Coe
Le martyr des moutons exportés par l'Australie

19 mai 2007

Vous reprendrez bien du kangourou?

medium_kangourou.jpgTant qu'on ne considérera que les animaux du point de vue de leur espèce, et non individuellement, leur massacre continuera - non seulement dans les abattoirs, mais aussi en pleine nature. Pour preuve, cet article paru aujourd'hui dans le journal Libération, qui traite de la viande de kangourou. Article où on apprend qu'abattre les kangourous d'une balle en pleine tête ne serait, finalement, pas trop criticable - parce qu'évidemment, sur des millions de kangourous ainsi abattus, tous sont tués sur le coup par des tireurs d'élite ultra compétents. Et les kangourous n'étant que des bestiaux, leur vie ne compte pas, on ne parle donc pas de meurtre - au mieux, on se demande si cette espèce-là de kangourou est menacée, non elle ne l'est pas (encore), alors allons-y franchement, tuons allègrement.
Vraiment, cet article est riche d'informations sur la façon dont notre société considère les animaux. Mais mieux encore: les réactions des lecteurs! Là, c'est vraiment du délire. On y rencontre des phrases comme:
L'homme doit gérer les ressources avec intelligence, les kangourous ne sont donc pas des animaux, encore moins des individus sensibles, ce sont des ressources, comme du charbon ou du pétrole.
Un autre s'exclame: La viande de kangourou est tres bonne , cela change du boeuf, agneau ,etc etc et que l'on ne me dise pas que cela est barbare. Ha ba si, je vais pas me gêner: justement si, tout cela est extrèmement barbare et cruel.
Vraiment, ça vaut le coup de lire tout cela, c'est tellement révélateur - du coup, pour en garder la trace (et j'ai pas corrigé les fautes), j'ai tout passé (article + commentaires) en PDF: Le_kangourou_au_gout_du_jour.pdf. Quelques voix s'élèvent quand même en faveur des animaux, mais vraiment pas beaucoup! Heureusement qu'elles sont là quand même.
Par ailleurs, des gens et des assos se mobilisent en faveur des kangourous, par exemple qui appellent au boycott du cuir de kangourou (et du cuir en général), ou Peta qui est de la partie (l'article est en anglais, j'ai trouvé un texte en français sur un blog, et il doit en exister d'autres).
Et puis, parmi les lecteurs-trices qui écrivent à Libé, je voudrais citer Solaire:
Arrêtons tous ces massacres d'animaux innocents destinés à la consommation !...
Je ne saurais mieux dire...