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23 décembre 2009

À qui profite les bons citoyens viandards

Un petit coup d’œil sur l’actualité est souvent très instructif. Par exemple, ce matin*, le titre de l’article en ligne sur le site de Le Monde, « Bœuf durable ou bœuf émissaire ? » a forcément attiré mon attention. Et je ne regrette pas d’avoir pris le temps de lire ce passionnant texte de Denis Sibille.

Après quelques mornes lignes portant en vrac sur l’environnement, le sommet de Copenhague, l’accroissement de la démographie humaine et autres tracas, on entre enfin dans le vif du sujet : l’agriculture française, la consommation de viande, et les méchants qui s’y attaquent :

« On est loin de nos campagnes… Que pourtant certains veulent caricaturer, provoquant ainsi des campagnes médiatiques qui finissent par faire de la filière bovine un bouc émissaire, transformé pour l'occasion en "bœuf émissaire". » Ha ! Douce évocation de « nos campagnes » : vaches folâtrant paisiblement dans de verdoyantes prairies, bergers gardant tendrement leurs Pâquerettes et autres brebis... Les désormais très citadins Français sont néanmoins, on le sait, très attachés aux bucoliques images campagnardes, vestiges ancestraux, et entretenues avec soin par les industriels de la viande, des produits laitiers et des œufs. Il suffit de regarder la plupart des emballages de produits et sous-produits animaux pour s’en convaincre. Et « certains veulent caricaturer » ces chères évocations ? Caricaturer, souiller de leurs critiques acerbes « nos campagnes » si belles, si douces, si françaises ? Je dis bien industriels, puisque nos riantes campagnes sont parsemées de quelques centaines de milliers d’élevages concentrationnaires : bâtiments de béton, de fer et de barbelés, bâtis aux creux de riants vallons que les millions d’animaux vivant hors-sol jamais ne fouleront. N’imagineront même pas.
Mais revenons à nos bœufs : l’auteur nous donne ensuite gracieusement quelques chiffres sur l’impact de l’élevage dans les émissions de gaz à effet de serre : « transport (27 %), industrie (21 %), logement (20 %), agriculture (19 %) et énergie (13 %) » et précise que « en agriculture, l'élevage des ruminants serait responsable d'environ 50 % des émissions de gaz à effet de serre ; principalement à cause du méthane, gaz qui est naturellement émis lors de la digestion des fourrages par les animaux. » Ce n’est pas dans le vent que Denis Sibille nous indique que les vaches produisent « naturellement » ces gaz malfaisants : la magie du « naturel » n’a jamais été aussi puissante que de nos jours, et savoir que les vaches produisent naturellement du méthane amoindrit notablement ce fait. Ha bon, c’est naturel ? Le gaz à effet de serre émis naturellement par une vache peut-il alors être aussi néfaste que celui, par exemple, de nos bagnoles ? Le doute s’immisce ; c’est peu crédible, une bonne vavache naturelle ne peut pas être aussi nuisible qu’une sale auto ! Ça se saurait (justement, ça commence à se savoir, mais poursuivons).

viandeFR.jpg

Tout de suite après, l’auteur enfonce le clou : « C’est ainsi depuis la nuit des temps. » Ouf, nous voici alors rassurés ! Alors d’accord, les vaches émettent force de gaz à effet de serre en rotant (et non pas en pétant, comme on le croit souvent) mais, primo, c’est naturel (donc ça ne peut pas être aussi nocif que ça, n’est-ce pas), et deuxio il en a toujours été ainsi (ce qui veut aussi dire que ce n’est pas si méchant que ça en a l’air, la preuve, d’ailleurs, on est toujours là !). En quelque sorte, bien sûr les vaches polluent, mais c’est une bonne pollution naturelle et traditionnelle : que du bon, on vous dit !
L’auteur poursuit en nous indiquant que : « Encore faut-il soustraire le stockage de CO2 dans le sol des prairies permanentes (11 millions d'hectares en France), qui réduit de 75 % les émissions de méthane attribuées aux ruminants, ce que semblent avoir oublié certains scientifiques. » Ces données me laissent perplexe, parce qu’on ignore si le taux de gaz émis par les vaches est comptabilisé avant ou après absorption par les riantes prairies. Est-ce que les scientifiques « oublient » vraiment de réduire de 75% l’émission des vaches en méthane ? Si c’est le cas, pourquoi est-ce que personne n’en a jamais parlé auparavant (à ma connaissance) ? On aimerait en savoir plus sur ces données : 11 millions d’hectares herbées en France, c’est beaucoup, ça en jette, mais combien de millions de bovins hors-sol ? Et quiz du mystérieux calcul qui nous dit que 75% du méthane est gobé par l’herbe affamée ? Si quelqu’un a des infos c’est le bienvenu (merci de citer des sources contrairement à Denis Sibille qui n’en donne aucune) !
Juste après, je lis : « il convient de ne pas tout imputer à la production de viande et de répartir le CO2 à proportion entre viande et lait, qui sont souvent issus de la même vache. » Donnée primordiale, essentielle même, bien plus importante sans doute que de savoir combien de millions de vaches vivent dans les élevages français. C’est donc bien vu, puisque même si des bovins sont élevés uniquement pour leur viande (les Charolais, par exemple), les vaches laitières finissent aussi en steak : afin de réduire efficacement l’émission de gaz à effet de serre, il convient donc logiquement de ne plus consommer ni viande ni laitages. Bien vu, Denis !
Mais oups, je n’avais pas vu la suite : « Les Français consomment en moyenne 373 g par semaine de viandes de boucherie (bœuf, veau, agneau, porc frais, viande chevaline) : inutile donc de proposer, comme certains récemment, une journée sans viande, car avec ces chiffres de consommation, on est déjà à trois journées par semaine sans viande de boucherie au menu… » Trois journées par semaine sans viande de boucherie... ça sonne presque comme « trois jours par semaine sans viande », non ? Puisque l’auteur se focalise, à coup de calculs mystérieux, sur les émissions de méthane, inutile en effet pour lui de comptabiliser la consommation de poulets, dindes, cailles, lapins, poissons, grenouilles, ni même la viande de « porc sec » (jambon, saucisson... ) n’est pas incluse dans les « viandes de boucherie ». La viande, la vraie, c’est la viande rouge, les autres ce sont presque des légumes. On sème les poulets, et les poissons poussent sur les arbres, c’est bien connu. Le gibier (une viande pourtant « rouge ») ne compte pas non plus, mais ça ne fait rien, on ne va pas chipoter. 373 grammes de viande rouge par semaine, ça en impose de précision. Ils ont dû se torturer les méninges pendant des jours pour calculer ça – ou bien mettre plein de chiffres sur des bouts de papier dans un grand chapeau... Donc puisque les Français consomment aussi ridiculement peu de viande, on ne va quand même pas leur demander de faire « un jour sans viande » ! Ce serait du plus parfait ridicule, regardez, ils en sont à presque déjà trois jours sans (sans vraie viande) !

« Les éleveurs et la filière entendent prendre la parole eux aussi pour éviter les amalgames et corriger les excès. Ils sont convaincus de l'intérêt de la production bovine, que ce soit en termes de nutrition, de santé, d'écologie, de territoire et d'économie. » On n’en doute pas une seconde, qu’ils en soient persuadés, les braves éleveurs ! Tout comme Denis Sibille, et qu’il soit lui-même éleveur, président de l'interprofession bovine, ovine, équine, ne change bien sûr rien à son impartialité qui, tout au long de son article, ne fait pas l’ombre d’un doute. Non, non, non, il n’a aucun intérêt à nous convaincre du bien-fondé de la consommation de viande rouge. Il ne pense qu’à l’environnement et à notre santé. Brave homme, si c’est pas beau, ça ! Un tel désintéressement ! Et s’il ne dit pas un mot sur le fait que les millions de bovins, ovins, caprins, et autres animaux destinés à l’abattoir sont nourris de maïs et de soja importés presque entièrement d’Amérique latine (et dont la monoculture participe directement et dramatiquement à la déforestation de la forêt amazonienne) ou de Chine, c’est sans doute parce que c’est une donnée négligeable. Au niveau environnemental, par exemple, quelle importance que la forêt amazonienne soit rasée pour faire pousser du soja, qui servira exclusivement à nourrir nos animaux d’élevage ? Il a raison d’écrire que « c'est le devoir de tous de contribuer à trouver des solutions à l'énorme défi environnemental ; elles ne sont jamais simples et sectaires, elles sont toujours complexes et donc peu médiatisables dans une société réductrice et sourde aux nuances. » Voilà, la déforestation des forêts tropicales pour nourrir nos vaches est juste trop simpliste, ne nous y attardons pas. Que ces milliards de tonnes de soja, de maïs, pourraient servir à nourrir directement environ sept fois plus d’humains que ne le peut la viande provenant des animaux ayant mangé ce soja et ce maïs est bien trop sectaire, mieux vaut ne pas en parler. Car comme il le dit, et si objectivement que c’en est touchant :

« Ce n'est pas l'affrontement des cupidités et des idéologies, des paraîtres, des clichés et de l'argent qui fera gagner l'humanité, c'est une véritable prise de conscience des enjeux et une politique du raisonnable qui le fera. Notre modèle de production de viande bovine est un excellent projet territorial et environnemental, culturel, économique et social ; c'est un projet citoyen où la filière s'engage sur la voie du bœuf durable. » Aux oubliettes le soja amazonien, la famine dans le monde, et puis tant qu’on y est, à la poubelle aussi toutes les pollutions liées à la production de produits animaux ! Suivons les conseils de Denis Sibille, soyons de bons citoyen : augmentons notre consommation de viande rouge ! Ça fera tellement de bien, il le promet, à notre santé, à la Terre et à ses forêts, aux affamés de par le monde, aux animaux aussi pendant qu’on y est (et au passage à la fiche de paie de Denis Sibille, mais il est trop humble pour en parler), qu’il serait  vraiment dommage de s’en priver ! Pourquoi ne le préconise-t-il pas ? Pourquoi se contenter de nos timides 373grs de viande rouge par semaine ?
Si c’est si bon, faisons exploser la demande ! Consommons un max de ce très très mystérieux « bœuf durable » et faisons de la terre un gigantesque abattoir, couvrons nos campagnes d’élevages hors-sol et d’algues vertes bien épaisses et gluantes les dernières plages bretonnes encore indemnes, martyrisons et égorgeons encore plus d’animaux, buvons toujours plus de viande et de sang frais (le sec, on vous le rappelle, ne compte pas), ayons tous des infarctus, des cancers ou au moins du cholestérol, finissons-en avec toutes ces forêts tropicales bien peu rentables, et remplaçons les par d’immenses monocultures de soja et de maïs qui oeuvreront à notre si remarquable « modèle de production de viande bovine est un excellent projet territorial et environnemental, culturel, économique et social ».

Et nous ne pouvons qu'admirer sa grandeur d’âme, lui qui écrit : « C'est le droit de chacun d'être végétarien, éleveur, welfariste, écologiste… » même s’il nous explique patiemment comment manger de la vraie viande (fraîche, attention) est quand même mieux, à tous points de vue. Donc, mieux vaut quand même être viandard que veg, le top du top étant éleveur, donc bienfaiteur, non ?
Merci, Denis Sibille, d’un si beau projet citoyen.

* éditions de LEMONDE.FR | 22.12.09 | 17h13

22 octobre 2007

Écolo... pour les animaux

6d06b4b20267e7292de2eca6a785b612.jpgHier, en revenant en train d'un we chez des ami-e-s qui habitent en Savoie, mon amie et moi avons voyagé dans le compartiment du contrôleur et avec le contrôleur (ce qui est quand même bien improbable) : le train étant pas mal rempli et le contrôleur sympa, il a accepté qu'on partage avec lui le compartiment qui d'ordinaire lui est réservé. Inévitablement, la discussion a fini par s'établir et - chose encore plus improbable - il s'est avéré que notre homme était tout acquis à l'écologie ! S'en est suivie une discussion intéressante autour des méfaits de la télé, de l'énergie nucléaire, de la bagnole, bref des splendeurs de notre société de consommation actuelle. Juste avant d'arriver (du coup, le voyage a paru rapide), je lui ai dit que nous étions véganes, et mon amie a bien précisé : "pour les animaux", car il est clair que notre homme avait associé notre refus de manger de la viande à une volonté écologique, ce qui se comprend aussi : l'élevage est dévoreur d'énergie, d'eau, d'espace, de terres, et producteur de multiples pollutions, nuisances, disparités - et bien entendu d'infinies souffrances. Les gens qui mangent de la viande sont donc dévoreurs d'énergie, d'eau, d'espace, de terres et producteurs de nuisances, pollutions, disparités et sources d'une multitude de souffrances. Bref, toute personne un peu soucieuse de l'environnement ne devrait pas consommer de viande - ça semble une évidence et un minimum.
De plus, quand on sauvegarde l'environnement, ça préserve l'habitat des animaux - non pas que la nature soit le top (genre, les lapins dévorés par les renards, bof bof!), mais on n'a vraiment rien de mieux à proposer en fait (les lapins et les renards trottants sur le bitume au milieu des immeubles et des bagnoles, pas vraiment ça non plus... ).
Mais pour être clair, même si l'élevage ne produisait ni nuisances ni pollution, le seul fait d'impliquer l'assassinat des animaux est inacceptable.
Et il l'a tout de suite compris, ce contrôleur  décidemment hors-normes, qui a conclut juste au moment où nous quittions le train : "Perso, j'ai la chance de connaître un éleveur et de savoir que les animaux qui produisent la viande que je mange ont eu une vie pas trop mauvaise, mais il reste toujours le problème de devoir les tuer... " C'est le moins qu'on puisse dire.
sur la photo: une des plus vieilles poules au monde: 18 ans! sauvée par l'ASBL Fabienne.

11 octobre 2007

Notre belle Bretagne

c437e63854f6470f7df36d1723f6c270.jpgCe matin, je lis sur le site d'Univers Nature la nouvelle suivante :

La Bretagne n'est pas réputée pour la qualité de ses eaux, sa première position en terme d'élevage de porc et de volaille en étant la cause essentielle. Si les autorités ont longtemps fermé les yeux, la pression des instances européennes pour parvenir au bon état écologique des eaux d'ici 2015 et la menace d'une amende record semble faire évoluer un peu les choses. C'est dans ce climat, que le président du marché du porc breton a été condamné jeudi dernier à Morlaix (Finistère) à six mois de prison avec sursis et 7 500 euros d'amende, pour pollution des eaux par déversement accidentel d'effluents de lisier.

Pour Jean-Claude Bévillard, en charge des questions agricoles et forestières à France Nature Environnement, cette affaire montre que '...les mesures partielles, comme la mise en place de stations de traitement de lisier, conduisent à l’impasse. Seule une diminution du cheptel est susceptible de résorber les excédents d’azote qui détériorent gravement presque l’ensemble des rivières et des eaux souterraines françaises'. Pour y parvenir, FNE considère qu'une remise en question profonde des modèles agricoles actuels est nécessaire, avec notamment une réorientation des modalités d’attribution des aides de la Politique Agricole Commune. (Alex Belvoit)

Peut-être est-ce enfin un début de prise en compte des pollutions liées à l'élevage ? Mais ce qui est le plus frappant dans cet article, c'est la conclusion : une remise en question profonde des modèles agricoles actuels est nécessaire. Et si on allait plus loin ? Allez, soyons fous et folles, osons écrire : une remise en question profonde des modèles alimentaire est nécessaire ; il faut arrêter de manger les animaux, et devenir végétalien.
Alors, toutes les histoires de pollutions liées à l'élevage seront réglées, en plus les animaux cesseront de souffrir, et la santé des humain-es s'en trouvera fort améliorée !
Tout ceci me rappelle que lors d'un petit séjour effectué en Bretagne il y a quelques années, je m'étais retrouvée avec une amie et ses potes dans un café pour fêter je ne sais plus quoi, et la patronne nous a gracieusement offert une collation : pâté de foie (de porc), jambon, beurre et pain blanc... D'ailleurs, en Bretagne, je n'ai jamais vu un seul cochon - normal, puisqu'ils sont tous enfermés dans des élevages concentrationnaires.

Illustration issue de la Vie Universelle

22 avril 2007

Histoire de rire

D'abord, il y a eu ce texte intéressant paru dans le journal METRO (édition de Lyon) du 12 AVRIL 2007, dans le Courrier des lecteurs.

"Le mauvais impact écologique de nos assiettes - environnement.

Malgré le nombre d’articles consacrés à l’environnement, il est une chose que l’on ne cite jamais ou pas assez souvent : l’impact écologique du contenu de 120 millions d’assiettes quotidiennes rien qu’en France. Pourtant, pour produire un seul kilo de viande de boeuf, il a fallu 10 kilos de céréales et 15 000 litres d’eau. La production de viande aggrave la déforestation mondiale, nécessite l’utilisation d’énormes quantités d’engrais, de pesticides, d’antibiotiques, elle est très gourmande en énergie fossile et offre une formidable ouverture pour les OGM. Citons aussi la pollution liée aux déjections animales. Un régime végétarien bien mené n’est pas seulement un excellent choix pour la santé et une façon de lutter contre les souffrances des animaux dits “de boucherie”, c’est également un choix écologique de première importance." MAXENCE

Et puis, il y eu la réponse de Catherine dans le METRO (Lyon) du 16 AVRIL 2007, et c'est là qu'on rigole !

RÉPONSE. " Tous végétariens ? Mais que fait-on des élevages ?

Je souhaiterais répondre à Maxence qui dans votre journal du 12 avril appelle chacun d’entre nous à devenir végétarien. En fait, je souhaite lui poser une question. Admettons qu’on vous prenne au mot Maxence. Devenons tous végétariens. En dehors du désastre économique et social que créerait ce nouveau mode de vie (agriculture, industrie agroalimentaire, etc...) je voudrais savoir comment vous imaginez que nous pourrions gérer la phase transitoire à savoir que ferions-nous de ces millions d’animaux qui vivraient donc jusqu’à mort naturelle ? Il est difficile de croire que les éleveurs pourraient se permettre de continuer à les nourrir et les soigner puisque privés eux-mêmes de ressources… Pensez-vous que nous devrions les mettre en liberté. Cela engendrera de grands désastres car les animaux seront livrés à eux mêmes, ils se reproduiraient à tout va et chercheraient de la nourriture ? Imaginez vous de voire des troupeaux entiers errant, des volailles, des poissons asphyxiés, mourant un peu partout ?"

CATHERINE

Perso, je rigole à chaque fois que je lis la réponse - sans commentaire :)
Mais si vous êtes tenté-e pour répondre, n'hésitez pas!

13 mars 2007

Association Végétarienne de France, n°87

medium_AV_n¦87.2.jpgLe numéro 87 d'Alliance Végétarienne vient de paraître ! Profitons-en pour noter que l'association a changé de nom et est devenue : Association Végétarienne de France, s'il-vous-plaît !
Déjà, la couverture de ce numéro, j'aime bien, elle est pleine de couleurs, ça fait printannier, le hasard fait bien les choses, dans une semaine c'est le printemps et les oiseaux s'en donnent déjà à coeur joie ! Mais le meilleur, ce sont quand même les articles: écologie, nutrition/santé, biotechnologies, témoignages, politique, actions... Une revue très riche, à savourer petit à petit. D'ailleurs, j'ai pas encore fini de la lire (et de la relire), mais je vous fais part de ce que j'ai lu:
-> un article écologique instructif "Ne laissez pas vos empreintes en partant"; où on apprend que "remplacer une fois par semaine la viande du repas par des protéines végétales équivaut à réduire son empreinte écologique de 1000m2 par an". Imaginez un peu ce que ça donne en positif pour les végétarien-nes et mieux encore, les végétalien-nes !
-> cet article est suivi de "L'ombre de l'élevage s'étend sur la Terre... ", parce qu'on ne le répètera jamais assez: l'élevage détruit l'environnement, pollue, créé des sécheresses, dégrade les sols...
-> j'aime beaucoup la justesse de la conclusion de "Que représente pour vous le végétarisme" : "Voilà pourquoi [tout est expliqué dans l'article] faire son jardin et manger autrement sont des devoirs politiques de très haute valeur, sinon la plus haute. Ce sujet, directement lié au  problème agricole  n'est jamais abordé [tellement vrai !]  Oser le dénoncer aujourd'hui est un défi car il suppose un autre aménagement du territoire, une remise en cause fondamentale de l'homme dans son milieu naturel."
-> ensuite, je me suis plongée avec beaucoup d'intérêt dans la rubrique Nutrition/santé. Dans ce numéro, il est question du végétarisme (mieux encore, du végétalisme) comme moyen de prévention de la maladie d'Alzheimer ; du soja, et des liens entre la consommation de viande et les cancer - thème récurrent mais, là encore, on ne le répètera jamais assez, et puis on en apprend toujours.
-> y'a un article prometteur sur les OGM, que je lirai très prochainement.
-> la rublique Info propose un très chouette article sur les oeuvres de Bernard Werber, ou : comment les humain-es sont-ils vus des extra-terrestres? (c'est de la SF, mais de la bonne !).
-> après y'a encore plein d'infos diverses et intéressantes dans cette rubrique.
-> la page Tranche de vie nous propose de partager un mariage végétarien ! Que cette initiative donne plein de bonnes idées !
-> puis on trouve a un Témoignage sur les abattoirs, et bien sûr là c'est pas la joie, mais les horreurs, le sang et la fureur... et dire que beaucoup pensent encore que les animaux sont abattus "humainement" ! Voilà l'article à leur faire lire.
-> quelques pages sur la vie de l'Association, incontournables.
-> enfin, la rublique Livres, dont un article très intéressant sur un philosophe à découvrir: Helmut Kaplan, pionnier en Allemagne du mouvement pour les droits des animaux. Bientôt et enfin, un de ses livres sera traduit en français.
Voilà, je vous ai donné un petit aperçu de ce que cette revue exceptionnelle propose ! Pour la lire, abonnez-vous au journal, c'est vraiment pas la ruine, et/ou adhérez à l'association !
abonnement au journal : 16 € par an
adhésion à l'association : 16 € par an (petits budgets : 12€)
(membre de l'Union Végétarienne Européenne)
11 bis rue Gallier - 77390 Chaumes-en-Brie

24 février 2007

Losing tomorrow

medium_losing_tomorrow.2.jpgAlors là, vraiment, si vous ne voulez plus vous voiler la face mais agir, n'hésitez pas une seconde : regardez le film Losing tomorrow de Patrick Rouxel. Ce documentaire absolument remarquable explique de façon claire et détaillée le fonctionnement de l'industrie du bois en Indonésie. Le comment, mais aussi le pourquoi.
medium_losing-tomorrow.jpg Comment ? en abattant totalement la forêt (coupes à blanc) soit avec un équipement perfectionné par de grosses entreprises, soit illégalement par des milliers d'hommes qui se tuent au travail autant qu'ils tuent leur patrimoine national. Et tous ces ouvriers travaillent dans des conditions épouvantables, sans aucune protection, pour un salaire de misère (3€/jour), au risque de se couper à tout moment un pied, une main, et de se ruiner définitivement la santé et le dos en quelques années...

Pourquoi ? bien sûr, pour le fric, pour quelques personnes qui s'enrichissent dans le court terme sur le dos de milliers de travailleurs et sur le massacre de la forêt, dont il ne restera peut-être bientôt plus rien... Mais aussi pour nous. Parce que la forêt et ses arbres magnifiques sont entièrement transformés et envoyés à travers le monde, et chez nous, sous la forme de meubles, de contre-plaqué, de papier et de papier toilette ! Alors, avant d'acheter une chaise de jardin, une porte ou une armoire en bois, il faut vraiment s'interroger sur la provenance de ce bois. Et être prêt-e à y renoncer si c'est du bois exotique (parce que le massacre des forêts, c'est aussi en Afrique, en Chine, partout dans le monde). Il faut réfléchir, comparer, exiger la provenance, et boycotter tout ce bois tropical. La demande créé l'offre, n'est-ce pas ! Refuser d'acheter du bois exotique n'est pas un sacrifice, c'est au contraire une chance unique de sauver les forêts tropicales, leurs écosystèmes et les milliers d'animaux qui y vivent. Des centaines d'Orang-Outang vivent en sursis dans la forêt Indonésienne, et leur sort est totalement lié au commerce du bois. L'association Walhi qui lutte sur le terrain appelle également au boycotte du bois exotique. Pour que nos loisirs, nos plaisirs, nos achats ne soient pas synonymes de massacre et d'exploitation ! Et nous devons aussi lutter pour que les collectivités, les municipalités, n'achètent pas du bois exotique ; nous organiser et lutter contre ce commerce.
Ce n'est ni simple ni facile, mais devons le savoir, en tenir compte, et le faire savoir.

Losing Tomorrow est un documentaire très fort, qui remue et ne laisse pas indifférent.
Ce film a été recompensé aux festivals : - 2 prix au Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute
“PRIX DE LA PROTECTION DE LA NATURE”
PRIX DU JURY”
-International Wildlife Film Festival 2005, Missoula, Montana, USA.
-Japan Wildlife Film Festival, August 2005, Toyama, Japan.
-Festival International du Film Ecologique, Octobre 2005, Bourges, France.

20 juin 2006

Difficile d'être vegane?

medium_roulotte_collective.jpgRécemment, je suis allée chez un ami qui vit en Allemagne, dans un Wagenburg. Les Wagenburg, ce sont des lieux assez répandus outre-Rhin mais complètement ignorés chez nous ; pourtant le concept est super intéressant ! Desmedium_gratin.jpg gens vivent ensemble sur un terrain dans des habitations mobiles : caravanes, camions, roulottes... Celui où j'étais compte une dizaine de vraies roulottes en bois, très belles, posées depuis une dizaine d'année sur un terrain boisé loué à la municipalité, en proche banlieue d'une petite ville. medium_ei_ersaz.jpgL'endroit est relié à la ville par le tram et une belle piste cyclable, dans le Wagenburg l'électricité est fournie par des panneaux photovoltaïques, l'eau vient d'une pompe, y'a un potager, des arbres, de la prairie, des vélos et des carioles à vélos, deux chats et la cuisine collective est végétarienne. Quelques personnes ne sont pas vegs et mangent des cadavres d'animaux hors du Wagenburg. Depuis mon arrivée les repas étaient vegans pour que puisse manger de tout avec les autres, ça s'est fait tout simplement, c'était très chouette. Et en Allemagne, il existe un produit appelé ei ertsatz, c'est du "faux oeuf" végétal !
Au bout de trois ou quatre jours, j'ai été étonnée que mon ami, pas veg, s'exclame : "ça doit être difficile d'être vegane, non ?" Sa question m'a vraiment prise au dépourvu, je me suis écriée : "Mais non, tu vois pas tout ce que je mange depuis que je suis là ? Regarde tout ce qu'il y a !" Et la discussion s'est arrêtée là.
Puis j'ai réfléchis. Et je me suis dit que ma réponse n'était pas exacte : c'est vrai qu'au Wagenburg c'est fastoche d'être vegane, tout comme chez moi où c'est hyper simple, vu que est prévu pour. Il y a des céréales, des légumes, du tofu, des protéines de soja, des légumes secs, des fruits, des noix, du seitan, du tempeh, etc. Et au Wagenburg, tout le monde était ok pour cuisiner vegan. Donc pas de problème.
Mais dans la vie de tous les jours, c'est pas vrai que c'est facile. J'ai fini par imaginer la réponse que j'aurais due faire : "Tu as raison, c'est difficile d'être vegane, même si ici ça va très bien parce que tout le monde veut bien organiser des repas vegans. Chez moi aussi c'est hyper simple, je n'y pense même pas. Mais dans la société, c'est souvent vraiment compliqué. Dans les restaurants, je dois me bagarrer pour ne rien manger qui vienne des animaux, et chez les gens c'est souvent difficile aussi. Je les préviens toujours à l'avance, mais après il faut faire gaffe qu'ils n'aient pas ajouté du beurre dans les pâtes, que les pâtes ne soient pas aux oeufs, bon après c'est normal les gens posent des questions, mais parfois ils sont malveillants, moqueurs et de mauvaise foi... Oui, c'est difficile : mais je sais exactement pourquoi je suis vegane, c'est parce que je refuse de participer à l'exploitation des animaux. Et même si je ne devais manger que du riz, des patates, des lentilles et des pommes, et bien je le ferai. Notre petit bien-être gustatif ne devrait jamais peser face à la vie des animaux ! En fait, ce qui est pénible, c'est pas d'être vegane, ça c'est même une force, mais c'est d'être vegane chez les viandistes !!! Si le monde était vegan, ce serait très simple... "

Tout ceci me donne envie de partager un extrait d'interview que j'ai découvert il y a quelques jours : c'est à propos d'une femme, Julia Butterfly, qui a passé deux ans au sommet d'un séquoïa géant aux USA pour le sauver de l'abattage. Son action, qui a été un succès, m'a vraiment touchée ; et en plus Julia est végane. Je lui laisse le mot de la fin :

Question : Julia, cela fait longtemps que tu as adopté une alimentation vegan, pourquoi?

Réponse de Julia: Parce que je sais très bien que ce que nous mettons dans nos assiettes a une très grande signification. Je ne comprends pas pourquoi ce sujet est toujours traité comme secondaire ou est carrément ignoré. Car c’est par ce que nous mangeons que nous prenons des décisions concernant ce qui est sur la terre et dans les mers, les lacs et les rivières, sur l’énergie, les animaux, la justice, et bien entendu notre propre corps. Ce qui va dans nos assiettes, c’est ce qui décide de la guerre ou de la paix, de tout, quoi! Je considère mon style de vie vegan comme révolutionnaire, mais une révolution pour la paix. J’aime vivre vegan, cela me rend fière et heureuse.