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03 janvier 2012

Sur la route du retour

Fin décembre 2011, mon compagnon et moi embarquons à Lisbonne dans notre petit véhicule utilitaire aménagé pour revenir en France, soit un périple de 2000km à travers le Portugal, l’Espagne et une partie de la France. Au long de ce petit périple, qui a quand même duré 4 jours, avec une panne mécanique le 3ème jour et pas mal (trop) de tensions nerveuses, des centaines d’animaux ont croisé notre route, et ce sont quelques unes de ces rencontres que j’ai envie de partager ici.
Les premières ont été celles d’oiseaux, d’une multitude d’oiseaux d’espèces différents essentiellement vus au Portugal et en Espagne. En France nous considérons que les cigognes blanches sont l’emblème de l’Alsace, mais – outre le fait qu’il y en a aussi en Aquitaine – de grandes colonies vivent encore au Portugal et en Espagne, où leurs nids immenses surplombent pylônes de lignes à haute tension, églises, arbres, cheminées et même panneaux de directions autoroutiers surplombant les routes (en gros, tout ce qui est haut et un peu large et plat au sommet). Etant donné le climat clément donc la présence de nourriture (hélas de petits animaux), les oiseaux ne migrent pas et nous avons assisté à leurs vols gracieux ou pu les voir sur les nids. Et c’est pas plus mal qu’ils ne migrent pas, parce que ça leur évite de se faire massacrer dans leurs quartiers d’hiver africain et par des chasseurs tout au long de la migration.
Au Portugal, toujours, un vol de pies bleues a croisé notre route, et c’est toujours un vrai bonheur d’observer ces très beaux oiseaux ibériques, rares et discrets. Un peu plus loin, ce sont des vanneaux huppés qui étaient dans les champs, mais il nous a fallu du temps pour comprendre qu’eux et les étranges « pingouins » volants ne faisaient qu’un ! Hé oui, le vanneau huppé en vol ressemble à un pingouins, en tous cas pour les ornithologues profanes que nous sommes.
Sur une aire d’autoroute complètement insignifiante, nous avons assisté en trente minutes à un palmarès d’oiseaux sous un olivier : des merles, des étourneaux, un tarier pâtre (c’est joli comme tout), des bergeronnettes grises, des mésanges charbonnières, des moineaux, un rouge-queue noir !

pie.bleue.juda.4g.jpg pie bleu et vanneau huppé

vanneau.huppe.dico.2g.jpgvanneau.huppe.gecu.2g.jpg

Mais c’est la honte et le malaise que j’ai rencontrées au milieu de l’Espagne, en la présence d’un chien visiblement paumé errant le long d’une autoroute et pour lequel je ne me suis pas arrêtée. Parce que je n’ai pas eu la présence d’esprit et que le temps de réaliser ce que je venais de voir – un galgo abandonné – nous étions déjà « trop loin » pour nous arrêter. Parce que ce n’est pas facile de s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence - et pourtant, urgence il y avait ! – même sur une autoroute bien fluide. Parce que mon égoïsme profond a eu le dessus sur mes belles intentions. Les heures suivantes ont été plombées par ce rendez-vous peut-être raté avec un galgo perdu auquel nous n’avons pas offert la possibilité d’être secouru.
L’arrivée en Catalogne a été marquée comme les années précédentes par l’odeur. L’odeur des milliers et des milliers de cochons enfermés et souffrant mille maux dans les antichambres de la mort, à savoir les énormes élevages concentrationnaires qui pullulent sur les verdoyantes collines dont ils ne profiteront jamais. La Catalogne peut être fière d’avoir aboli la corrida, mais le beaucoup reste à y faire pour les animaux, et on pourrait sans doute lancer un concours de souffrances des cochons entre la Bretagne et la Catalogne. Est-ce que la Bretagne pue autant la merde de cochon que la Catalogne ? Tout l’air en est imbibé.
IMG_8791.jpgC’est par dizaine que nous croisons les convois. Camions lourds peinant en côtes pleins de cochons entassés en partance pour l’abattoir, vides et rapides une fois leur sale besogne accomplie. Il paraît que beaucoup de vegans vivent à Barcelone, luttent-ils pour les cochons ? En France aussi nous croisons pas mal de convois, appesantis de vaches ou d’animaux fantômes dont on ne devine la présence que par l’odeur ou la configuration du camion. En France aussi, et dans le monde entier, les campagnes abritent des millions d’élevages concentrationnaires où les animaux endurent les pires souffrances – promiscuité et surpopulation, puanteur, chaleur, froid, monotonie et dépression, médicamentation forcée, manque de soins, gavage, mutilations, séparations, inséminations forcées, obscurité, abandon – simplement pour satisfaire notre gourmandise et par respect des traditions culinaires.
IMG_8795.jpgMais les élevages se font discrets, de l’odeur certes mais pas de bruit, des bâtiments de béton ou de briques sans éclats, rien qui dépasse, tout est dans l’ordre. Ils restent cependant reconnaissables aux fenêtres fermées, aux cylindres remplis d'aliment (toujours le même repas) distribué automatiquement dans les mangeoires infectes.
Vision fugitive : par une fenêtre ouverte d’un élevage catalan un énorme cochon rose apparaît, hissé de toute sa force pour ce coup d’œil au monde extérieur et une goulée d’air frais.
Qui est-il ?
Avec un peu d’habitude et d’envie, à chaque instant la présence des animaux se révèle, parfois dans la joie, plus souvent dans la peine de l'exploitation.
Mais qui veut les voir, qui veut savoir ?

20 septembre 2010

Une surprise à Madrid : deux magasins végans!

blog-magasin2.jpgDe passage à Madrid, ô surprise et joie : nous découvrons une boutique 100% végane, au nom d'ailleurs éloquent, Planeta Vegano. Située au coeur de la ville, dans le quartier Lavapiés, vous y trouverez un choix remarquable d'aliments végans secs, frais et surgelés, mais aussi quelques chaussures, des cosmétiques, des aliments pour chats et chiens, des T-shirts, des livres et des badges. Les vendeurs (un couple) sont du genre très sympas, à répondre aux questions les plus stupides avec un gentil sourire. Mais ce qu'on a aussi beaucoup aimé dans cet espace, ce sont les affiches dénonçant l'exploitation des animaux ou en faveur du véganisme. Bref, un espace certes commercial, mais dont l'esprit est positivement en faveur de la libération animale.

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Parmi les aliments, la gamme complète des céréales et des graines, des huiles, beaucoup de sucreries (confitures, chocolats - dont du chocolat blanc vegan -, glaces (vendues par boîte ou à l'unité), pâtes à tartiner... ), des pâtés et boissons végétaux, mais aussi beaucoup de "fausses viandes" et de fromages végétaux, non seulement délicieux, mais dont l'aspect aide sans doute les viandards à franchir le pas vers une alimentation non sanglante.
Bref, on est fan et, vous l'aurez compris, on vous recommande d'aller dépenser des sous à Planeta Vegano si vous êtes de passage à Madrid !

blog-magasin-affiche.jpg
Affiche à (et de) Planeta Vegano

Une autre boutique végane, Vegan Store (pas trouvé de site), existe aussi à Madrid, mais nous devons reconnaître que l'accueil pas hyper sympa du personnel nous a un peu refroidit... Le lieu était aussi plus commercial (pas d'affiches), et on y trouvait plus d'encens, de tisanes, etc... Bref, c'était moins bien.

Mais quand même, quelle surprise! Et tout ça au pays de la corrida et du jambon.
blog---poussins-libres.jpg
Ces deux boutiques sont récentes (moins d'un an chacune) et prouvent que les mentalités changent. Il y a d'ailleurs eu pas mal de passage lors de notre visite, et j'espère vraiment qu'elles sont vouées à perdurer et à se développer, parce que ne pas cautionner l'exploitation des animaux est quand même vraiment plus facile quand, pratiquement, on peut trouver des produits végans.

 vegan-store.jpgPlaneta Vegano
Lavapies Ave María 42, Madrid, 28012 Madrid - Espagne
+34 91 250 2002
Ouverture:
Lun - Sam: 10:00 - 21:30
Dim: Fermé

Vegan Store
Calle San Vicente Ferrer, 21, 28004 Madrid - Espagne

915-213-914

17 août 2009

L'été au Portugal

Un bref instant à la bibliothèque municipale de Porto est l'occasion de partager quelques peu ce voyage (mais que d'efforts pour écrire avec un clavier portugais !!!). A l'aller, une halte à St Sebastian (Espagne) et le plaisir de voir de magnifiques affiches contre la corrida (promis, j'en mets une photo dès que je peux, pas tout de suite) collées en pleine rue.
A Porto, il existe toute une ribambelle de resto vegs (ou presque, mais où il est possible de manger vegan sans problème), ce qui nous promet une fois de plus un séjour gastronomique des plus chouettes. A midi, on a teste le Suribashi, vegan à 98% (y'avait des beignets de poisson, quelle horreur!) et excellent: seitan à l'ananas, tofu, haricots, légumes super bons, riz complet, jus de fruits frais, et en dessert on a choisi un simple gâteau de semoule au caramel et lait de soja hypra bon. Dans tous les magasins, on trouve toujours autant de produits vegans, et en grande surface il y a du tofu, seitan et tempeh, protéines de soja, miso, algues, et ici on trouve des laits de soja à la fraise, aux fruits des bois, à la banane, et du lait d'avoine à la mangue... Dire que le guide Lonely Planet persiste à dire que ce pays est hostile aux vegs! faudra vraiment que je leur écrive à mon retour.
Côté glauque, si on enlève tous les produits pas vegans (donc tous les produits qui sont issus, d'une façon ou d'une autre, de l'exploitation et de la souffrance des animaux), on ne garderait que quelque chose comme 10% du magasin - et encore, pas sûr que ce soit tant!
Hier, j'ai vu dans une boutique genre croissanterie des cochons de lait à la broche, c'est une spécialisté du Portugal (surtout d'Alentejo je crois) et c'est juste ignoble: les petits cochons (3 mois?) sont tout entiers, les yeux fermés, la peau brûlées, les pattes recroquevillées sous un ventre qui a été vidé de ses viscères puis recousu, une barre en métal enfoncée dans la bouche et sortant par l'anus (une "broche" ça s'appelle). Et les petits cochons sont là, leurs corps affreusement torturés, exibés en vitrine entre deux pains au laits et des biscuits à la crème, et les gens normaux ont envie de les manger... ça fait toujours un peu peur...
Ha, c'est quand que le monde devient paisible pour tous ses habitants?...
En attendant, on regarde les belles cigognes du Portugal, qui font leur nid sur les panneaux qui surplombent les autoroutes (photo promise là aussi) et tous les animaux heureux qu'on croise - il y en a...
Et mon temps à la bib est écoulé, il faut dèjà que je cède la place.

16:49 Publié dans voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : portugal, corrida, espagne