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28 mai 2009

Au pays des pharaons

sardines.JPGJ'aurais aimé ne jamais écrire ces lignes, parce que j'aurais aimé que cela n'existe pas. Encore un massacre en masse de plus. Mais dans le fond, pourquoi dire "encore un", alors que chaque aurore se lève sur un nouveau bain de sang, perpétuel assassinat en masse des animaux dans les abattoirs du monde entier. S'il y a bien une chose sur laquelle les humains sont internationalement d'accord, c'est bien tuer les animaux.
Mais parfois ils en tuent encore plus. On aurait envie de dire que finalement ça ne change pas grand chose, quand on en est à des millions d'animaux abattus par jour, 10 000 de plus ou de moins, pffff... Et on ne parle même pas des poissons  tués, qu'on ne sait compter qu'en tonnes (une sardine adulte pèse environ 100grs). Et pourtant, pour chacun d'entre eux, être tué ou non, c'est toute la différence.
Alors même si on ne peut en sauver qu'un, dix ou cent, pour ce un-là, ces dix-là ou ces cent-là, c'est la chose la plus importante au monde. Pour un humain, la vie d'un animal ne vaut vraiment pas grand chose, quelques euros ou rien du tout - sauf s'il s'agit, parfois, d'un animal domestique auquel il s'est sentimentalement attaché. La vie d'un poulet vaut le prix du kg de poulet. La vie d'une dizaine de sardines le prix d'une boîte de sardines. La vie d'un chevreau vaut deux fois le prix d'un demi-chevreau. La vie d'un taureau vaut le prix des billets de corrida. Finalement, c'est aussi simple que cela.

Et puis il y a tous ces animaux dont la vie ne vaut même pas ça. Ceux dont le coût (de la vie ou de la mort ?) est prise en charge par les assurances, ou par rien du tout. Tous ceux morts de faim, d'épuisement, persécuté, gratuitement, comme ça. Il y a les déclarés nuisibles  ou  encombrants (chatons, souris, chats errants... ) dont on se débarrasse par noyade, poison, abondon.
Et tous ceux qui feraient perdre trop d'argent à la société si on les soignait, qui prendraient trop de temps à trop d'honnêtes gens pour qu'on s'en occupe, les mettre en quarantaine, les observer, les guérir, les sauver. Les sauver, alors que de toutes façons ils sont condamnés ? Plutôt, sauver le temps et le fric qu'on a investit dans leur croissance! Abattre ces centaines de milliers bovins lors de l'épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine (qui n'est désormais pas considérée comme une maladie contagieuse, à moins de manger du cadavre infecté), quel gâchis quand même. Et tous ces caprins malades de la fièvre aphteuse (qui se guérit bien), idem! Et les poulets aussi y sont passés (c'était quoi déjà? Ha oui, je me souviens, la grippe aviaire). Combien de centaines de milliers à chaque fois, je ne sais pas si quelqu'un a perdu son temps à compter.
Cochons_Egypte.jpgHé bien, en ce moment c'est le tour des cochons d'y passer. Et comme pour les autres avant -bovins, caprins, poulets- le massacre en masse (encore plus en masse que d'habitude), c'est pas du joli joli. Il faut aller vite, très vite, et surtout que ça coûte le moins cher possible. Je crois qu'on a à peu près tout essayé pour économiser nos précieux sous. On a fait des trous dans le sol qu'on a remplit d'animaux vivants puis on a refermé au buldozer. Peut-être qu'on a tassé un peu après, histoire de faire propre. On a fait des tas d'animaux vivants puis on y a mis le feu. Ou alors, comme en ce moment en Egypte, on fait des tas de cochons au tractopelle dans des camions remorques. Tout aussi dégueulasse que les massacres précédents. Vous pouvez vérifier par vous-mêmes : cauchemar assuré.
La vie de milliers de cochons en ce moment au pays des pharaons vaut là peine le prix de quelques litres de gazoil. De toutes façons, la vie des cochons ne vaut jamais rien - sauf pour eux bien-sûr, mais alors qu'est-ce qu'on s'en fout!
Tout ça rappelle étrangement un extrait d'un article qui était paru dans Libération en 2003 :
Lors de la récente épidémie de fièvre aphteuse, les troupeaux ont été abattus à une telle cadence que l’abattage était devenu très approximatif : « Certains étaient allés jusqu’à creuser d’énormes fosses où ils jetaient les animaux vivants, puis les recouvraient de terre. Les voisins disaient entendre des cris étouffés la nuit et voir la terre bouger par endroits. »

Les végétaliens, des animaux comme les autres, paru dans Libération du samedi 17 et dimanche 18 mai 2003, pp. 46-47.
Six ans plus tard, et toujours les mêmes horreurs. Mais après tout, ces atrocités n'ont-elles pas commencé il y a déjà des milliers d'années?  Aujourd'hui, en Egypte, hier chez nous, en fait, partout. Tout le temps. Il y a des traditions dont on n'a vraiment pas de quoi être fiers. Et celles des massacres ignobles, des tueries (de masse ou individuelles), des boucheries (à grande ou à petite échelle, industrielle ou artisanale) je ne serais vraiment pas fâchée de les voir disparaître. Mais temps s'écoule, et je ne suis pas sure que l'humanité beaucoup, à part sur le chemin de la barbarie.
Mais quand bien même on ne pourrait sauver qu'un seul cochon, une vache, un poulet ou une souris, pour celui-là il faut le faire, il ne faut pas baisser les bras.