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13 septembre 2010

Champa, l'éléphante esclave sauvée

champa 1.jpg"L'histoire de Champa ressemble tristement à celle des autres éléphants esclaves. Lorsqu’elle été repérée par WSOS, elle avait 38 ans. Elle promenait des touristes depuis le parking d’un hôtel très fréquenté, situé sur l’autoroute qui relie Delhi à Agra. C’est sur cette route aussi que des dizaines d’ours dansaient… Champa boitait et gémissait à chaque pas. Une blessure à sa patte avait été camouflée sous des dessins colorés, comme le font tous les propriétaires d’éléphants. Les touristes ne se rendaient compte de rien. Son propriétaire a expliqué qu’un morceau de métal lui avait pénétré dans le pied, entre deux ongles, peu de temps auparavant. La blessure était profonde, brûlante et enflée. L’éléphante a donc été tout de suite mise sous antibiotiques. (...) Malheureusement, ses propriétaires sont loin de tels sentiments. Ils ont donc continué à la faire travailler dans les rues polluées de Agra au lieu de lui accorder le repos qui seul aurait permis la guérison de sa blessure… Aujourd’hui, 9 ans après, sa blessure la fait toujours souffrir et a pris des proportions inquiétantes. L’abcès a enflé jusqu’au genou et a largement rempli un seau de pu lorsqu’il a été drainé…"
Emue par tant de détresse, l'association One Voice s'est mobilisée non seulement pour sauver Champa, mais a le projet d'élargir ce sauvetage à d'autres éléphants. Ainsi, l'association souhaite créer un sanctuaire dédié au sauvetage des éléphants esclaves, où "les éléphants bénéficieraient de soins vétérinaires adaptés et de toute l’affection dont ils ont besoin. Ils pourraient y prendre le temps de jouer, de se reposer et manger à leur faim…" Après un appel à dons, Champa a effectivement pu être sauvée, et enfin libérée de son martyr. Désormais, elle se repose et est  soignée dans un espace loué, en attendant que le sanctuaire soit effectif. Vu son état de santé pitoyable, il était vraiment temps que son cauchemar cesse: pieds infectés, ensanglantés en permanence, douloureux, mais aussi - et plus grave - elle souffre de sénilité précoce, conséquence directe d’avoir été constamment obligée de travailler, et d’avoir travaillé trop dur.
Cette histoire est terriblement émouvante. C'est dommage que la façon dont les éléphants sont dressés n'est pas décrite: j'avais lu (il faut que je retrouve dans quel livre - j'ajouterai la citation plus tard) que les bébés éléphants sont isolés, battus sévèrement, affamés et terrorisés par un homme pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce qu'un autre homme - leur futur cornac (ou maître) - les libère. Leur cornac les câlinera, apaisera et nourrira enfin, et les éléphanteaux lui voueront alors jusqu'à leur mort un amour infaillible. C'est leur sauveur. Ce dont ils ne se rendent pas compte, c'est que l'homme qui leur a fait tant de mal était payé par leur futur cornac. Hé oui, c'est par ce système particulièrement sordide que le cornac s'assure de la soumission et de l'amour de "son" (ou de "ses") éléphantE(s)!
On ne peut que saluer le projet de One Voice de créer un sanctuaire pour sauver des éléphants de l'esclavage :
"Selon les statistiques officielles, ils seraient également 4 000 à y vivre en captivité. Mais en réalité, leur chiffre est plutôt de l’ordre de 5 000 tant ils sont nombreux à être détenus illégalement. Considérés comme du bétail, ils sont exploités pour divers travaux, tels que le déplacement des rondins de bois, le transport de charges, celui des touristes, ou la publicité. Les éléphants sont obligés de marcher de longues heures sur le goudron brûlant (50°C en été), dans des rues noires de monde et de voitures et même sur les autoroutes, sous la contrainte souvent d’un ankush (sorte de crochet utilisé par les cornacs)… Leurs pieds sensibles, inadaptés à une marche prolongée sur du bitume, se fissurent, sont brûlés, se blessent, s’infectent, mais ils doivent continuer à travailler. Là où ils doivent porter du bois, c’est leur trompe qui s’abîme. Elle devient douloureuse, saigne et parfois ses terminaisons nerveuses sont mises à nues. Quand on sait l’importance que joue cet organe dans la vie sociale des éléphants, on comprend que leur souffrance va bien au-delà des blessures physiques."
En espérant que ce sanctuaire sera le point de départ de la fin de l'esclavage des éléphants en Inde. Après tout, pourquoi cela serait-il impossible? Le fait que ce soit une tradition (arghhh) rendra sans doute la tâche plus ardue, mais certainement pas illégitime! Souvenons-nous qu'il n'y a désormais plus "d'ours danseurs" en Inde!
Outre l'obstacle que peut représenter le poids des traditions, il faut aussi penser à la reconversion des cornacs - comme celle des Kalandars, les propriétaires des ours danseurs, fut prise en compte, ce qui représente un point crucial de la réussite de ce genre de projets. Mais il y a aussi le coût assez phénoménale de la prise en charge d'un éléphant : entre la nourriture (jusqu'à 100kg/jour), les soins, le sanctuaire à louer ou à acheter, en tous cas à entretenir, et le personnel à payer = 60€/jour. C'est quand même beaucoup et ça me laisse toujours un peu perplexe ces sauvetages qui coûtent de petites fortunes. Mais bien sûr, si j'étais Champa je trouverais que ma vie n'a pas de prix!

Champa 2.jpg
Champa sauvée

Et au passage, je ne salue pas les touristes (occidentaux ou indiens) qui profitent de leur séjour en Inde pour s'offrir une tite ballade à dos d'éléphant (ou de chameau, de cheval, d'âne, de vache ou de buffle)*, et tellement indifférent au sort de l'animal qui les véhicule. L'article de One Voice nous informe que, aussi incroyable que cela paraisse, ils ne se rendaient même pas compte de la souffrance de Champa, qui pourtant boitait et gémissait à chaque pas! Mais du moment que la ballade est sympa et exotique, hein, l'éléphant, on s'en fout non?

 

* et qui veulent manger de la viande, banalisant ainsi sa consommation dans un pays favorable au végétarisme, et qui s'offrent parfois bien d'autres ravages autour d'eux, vis-à-vis des humains ou des animaux non humains.

Photos One Voice. Champa au travail et Champa sauvée.

28 avril 2010

Inde, la fin des montreurs d'ours!

Excellente nouvelle ! La fin de 400 ans de tradition barbare en Inde: il n’y aura plus d’ours danseurs dans les rues pour amuser les touristes.
En janvier 2003, lorsque le premier ours a été accueilli dans le sanctuaire d’Agra et que One Voice et Wildlife SOS ont créé la cellule antibraconnage, Forestwatch, il y avait 1200 ours «danseurs» en Inde.
babies.jpgLes oursons capturés par les trafiquants étaient revendus aux Kalandars, une tribu nomade qui les dressait pour des spectacles de rue. Les oursons capturés étaient transportés dans un sac en toile de jute, parfois après avoir été drogué à l’opium pour que ses cris n’alertent pas les autorités, et remis à aux Kalandars contre 600 roupies. En toute illégalité, ceux-ci dressaient l’animal par la douleur et la terreur.


Iours danseur.jpgls perçaient le museau des ours avec une aiguille chauffée à blanc et y passait une corde sur laquelle il suffisait de tirer pour se faire obéir, le museau des ours étant un organe extrêment sensible. Ces ours n’avaient jamais aucune liberté de mouvement, chacun de leur geste étant en permanence sous le contrôle et la volonté de leur dresseur via la fameuse corde qui meurtrissait leur museau. Ils vivaient dans un état de souffrance et de soumission permanent et total.
Les ours lippu sont une espèce endémique classée en annexe I de la CITES. En Inde, l’exploitation des animaux sauvages menacés est condamnée par la loi de 1972, de même que le dressage pour les spectacles qui est considéré comme un acte de cruauté.
bear performance.jpgAujourd’hui, grâce à une approche globale de la problématique, tous les ours ont pu être sauvés de l’esclavage. Si le braconnage des oursons pour la danse a considérablement diminué, ces ours sont malheureusement toujours recherchés : ils sont désormais vendus en Chine, où ils sont exploités dans des conditions épouvantables pour la production de leur bile. Outre le travail de Forestwatch, réalisé en étroite collaboration avec les agences gouvernementales et le département faune sauvage de la police, le projet – également soutenu par les associations anglophones IAR et Free The Bears – inclut un programme de reconversion pour les Kalandars en échange de leur ours. C’est pour eux une opportunité unique d’améliorer leur qualité de vie avec un travail légal et de s’intégrer à la société indienne. L’existence des sanctuaires, où les ours sont accueillis et évoluent en semi-liberté, a également été déterminante. Elle a permis de proposer aux autorités une solution pour les ours saisis.
refuge ours Agra.jpgours dans refuge.jpgCette victoire historique (curieusement peu relayée en Occident?) est la preuve que la volonté politique alliée à l’action des ONG peut venir à bout de toutes les traditions barbares, même les plus ancrées.
Avec la fin des montreurs d'ours en Inde, c'est la fin d'une tradition cruelle. Une de moins, une!
Restent à abolir par chez nous en France tout un tas de tradition au moins aussi ignobles, et souvent pires d'ailleurs: la corrida, le foie gras, les combats de coqs, le déterrage des blaireaux, la chasse à courre et la chasse tout court. Liste non exhaustive, bien entendu. Ces traditions cruelles, preuves de la barbarie de notre soit-disant civilisation, sont bâties dans le sang et sur le cadavre des animaux. Beurk.

Images, de haut en bas: bébés ours rescapés des trafiquants; ours danseur avec la corde passée dans le museau; dessin indien de lutte dénonçant les ours danseurs; pancarte à l'entrée du refuge d'Agra (Inde); ancien ours danseur enfin libre dans un refuge indien.

Sources: One Voice et Maïcha
feuillinfo-maicha-4.pdf

23 janvier 2010

L'Inde, paradis des vaches ?

Elles sont tellement magnifiques, ces vaches indiennes, on dirait de vraies déesses - en tout cas, je trouve ! Entre leurs oreilles gigantesques et leur regard si doux, il y a quand même de quoi fondre... portrait-1.jpgCe que ne font bien sûr pas du tout tous les Indiens, et l'Inde est bien loin d'être le paradis des vaches. Encore une idée toute faite qui s'écroule, dommage, on l'aimait bien celle-là !
Traditionnellement, les vaches sont sacrées pour les hindous(1) qui les considèrent comme leur mère, pour ce qu'ils peuvent en retirer : le lait bien sûr (blanc, pur, sacré), mais aussi l'urine (usage médical et cosmétique) et la bouse (combustible et fertilisant). Pour les hindous, seule la consommation de la viande de vaches est taboue. Si les hindous considèrent que le végétarisme aide à leur élévation spirituelle, c'est une affaire personnelle et les animaux ne sont pas pris en compte pour eux-mêmes. Lors de certaines fête, comme Diwali, ils pratiquent des sacrifices animaux :  chèvres, boucs ou moutons sont égorgés. Tuer une vache est par contre considéré comme un meurtre.
Et pourtant, le plus grand cheptel de vaches est actuellement en Inde, avec 482 millions de têtes, dont au moins 284 millions de bovins laitiers, pour une production de lait de 100 millions de tonnes. L'Inde concentre 21 % du bétail mondial de buffles et de bovins. Mais les Indiens consomment tellement de laitages qu’ils doivent en importer, et la France est le premier fournisseur de l’Inde en lait. Car les Indiens, comme les Chinois, abandonnent progressivement leur régime alimentaire traditionnel, majoritairement à base de protéines végétales, pour rejoindre le modèle occidental basé sur une très forte consommation de protéines animales : laitages, oeufs, viandes. Pour le plus grand malheur des animaux et pour a richesse des industrielle, la Vache qui rit et le foie gras font leur entrée en Inde.
Pour les besoins de la production laitière, en Inde comme en Occident, les veaux sont généralement ôtés à leur mère dès la naissance afin de s’accaparer le lait. Les vaches sont abattues ou jetée à la rue dès que leur production diminue, ou si elles sont stériles. Insémination artificielle, séparation des petits et des mères, abattage des petits, promiscuité, mauvais traitements... en tous points, les conditions d’élevage des animaux liées à l’industrie laitière sont aussi éprouvantes et terribles qu’en Occident, et que les élevages soient encore généralement familiaux et de taille modeste n’y change rien (mais là aussi ça change, et les fermes industrielles font leur entrée, souvent avec le soutien financier et logistique de l'Occident). Une différence entre l'Inde et l'Occident, est que les gens mettent souvent à la rue les vaches dont ils ne veulent plus (stériles, malades, moins productives, etc). Histoire de ne pas les tuer - directement, au moins. Elles auront alors le choix entre mourrir lentement de faim, de maladie, après une collision avec une voiture (et causer un accident), ou bien de se faire embarquer pour l'abattoir, le tout dans l'indifférence quasi générale.
En plus de l'exploitation des vaches pour leur lait, l'Inde est le deuxième fabricant mondial de vêtements en cuir, après la Chine, avec une production de 18 millions de pièces par an sur un total de 120 millions de pièces. Si vous achetez du cuir, il a toutes les chances de provenir d'une vache tuée en Inde ou en Chine.

inde-abattoir-New-Delhi.jpgLes conditions d'abattage des vaches en Inde sont effroyables - on en voit, si je me souviens bien, quelques prises de vues dans Earthlings. Des milliers d'abattoirs clandestins existent à travers le pays, où les vaches sont égorgées en toute conscience, voire dépecées et découpées encore vivantes, pour leur cuir. De toutes façons, les abattoirs légaux ne valent guère bien mieux.
Le sort des autres animaux en Inde n'est guère plus brillant, qu'il s'agisse des chiens (victimes de la gale ou d'empoisonnements), des poulets (tués par millions pour être mangés), des chèvres et des moutons (également mangés en masse), des ânes (surexploités au travail jusqu'à finir, eux aussi, livrés à eux-mêmes à la rue), etc.
Mais en Inde comme ailleurs des milliers de gens s'organisent et luttent pour les animaux, pour les humains, bref, pour un monde meilleur. J'ai appris tout récemment que les ours danseurs n'existent plus en Inde. Des programmes de réorientation professionnelle intelligemment pensés ont été mis en place pour les propriétaires d'ours, qui y ont eu accès à la seule condition de donner leur ours à une structure apte à le recevoir et à s'engager à ne plus en exploiter d'autres.
Madhu&Vrinda.preview.jpgEt pour les vaches, il y a les "gaushalas". Ce mot sanskrit signifie littéralement : « la maison des vaches ». Il en existe des centaines à travers l’Inde et le Népal. Des vaches, des boeufs , des veaux et des taureaux abandonnés, victimes de mauvais traitements, blessés, accidentés ou en fin de vie sont recueillis dans ces refuges. Certains animaux sont rescapés des abattoirs, d'autres ont été trouvés agonisants en pleine rue.  Les gaushalas sont tenus par des hindous qui considèrent les vaches comme étant des êtres sacrés. Ces refuges possèdent donc tous une dimension fortement mystique. Certains sont corrompus, et les vaches y sont exploitées comme partout ailleurs. N'empêche, d'autres sont honnêtes, fiables et remarquables, ils sauvent des vaches pour de vrai - le gaushala Care for cows et Mahawir sont de ceux-là. Pourtant, ils ne prônent pas le véganisme - tenus par des hindous, le lait reste valorisé et  est donc (même si c'est très peu) consommé. Etonamment, les vaches se reproduisent également à l'intérieur des (certains?) gaushalas, alors que d'innombrables vaches, boeufs et taureaux sont à secourir à travers le pays. Enfin, je n'ai pas l'impression (mais je peux me tromper, toute info est la bienvenue) que les gaushalas aient une quelconque dimension informative - je veux dire par là que, par exemple, au lieux d'accepter la consommation de lait, il serait plus utile aux vaches  que les gens impliqués dans les Gaushalas informent leurs compatriotes sur ce que représente réellement cette consommation.
Que ce soit en France, en Inde ou ailleurs, épargnons les vaches en ne consommant pas de produits laitiers, en refusant de manger leur chair ou de porter leur peau - lait/viande/cuir étant les trois faces d'un même ignoble commerce lucratif.

blog kamal.preview.jpgblog yasoda.preview.jpg

Un excellent dossier pour en savoir plus :
"végétarisme, Inde et Tibet", réalisé par l'association Maïcha.

Vaches à leur arrivée au gaushala Care for cows, puis quelques mois plus tard.
Il est possible de soutenir financièrement les gaushalas, comme celui de Care for cows, et aussi de les visiter en Inde.

 

(1) L'Inde ne compte pas uniquement des hindous bien sûr, mais aussi des musulmans, des jaïns, des chrétiens, des bouddhistes, etc., peut-être même quelques personnes athées.

18 juillet 2009

Les lectures de l'été 09

l'animal-personne-1.jpgYves Christen, L'animal est-il une personne? Paris, Flammation, juillet 2009.
Autant vous l'avouer tout de suite : je ne l'ai pas encore lu, sauf les trois premières pages (je m'en réserve la lecture pour le voyage de vacances, bientôt). Mais je suis sure que ce sera le best-seller de cet été ! A défaut (pourrais-je me tromper?), c'est à coup sûr un livre qui fera avancer la lutte en faveur des animaux, même si je n'ai pas l'impression que les animaux domestiques y soient mentionnés. Dailymontion propose un entretien intéressant avec l'auteur, Yves Christen, dont voici deux courts extraits :
l'animal-personne-2.jpg"L'animal, c'est une autre personne, c'est quelqu'un qui a une personnalité, une richesse intérieure, et je pense que notre relation à lui ne peut pas ne pas tenir compte de ce paramètre."
"Nous devons traiter les animaux non pas sur la base de leur appartenance à un espèce, à un groupe ou à un autre, mais sur la base de leur individualité propre."

La lecture nous dira si oui ou non l'auteur en tire les conclusions qui s'imposent quant à la remise en question de l'exploitation actuelle et atroce de milliards d'animaux à travers le monde. Mais dans tous les cas, ce livre contribuera sans doute à briser le tabou qui pèse sur les animauxl'animal-personne-3.jpg (ça reste toujours un peu ridicule de lutter pour les animaux, non?), et c'est une composante essentielle pour tous les animaux.

 

 

Une autre nouveauté d'importance, est la parution du numéro 1 de la Revue semestrielle de droit animalier. Ce numéro compte 230 pages. Cette revue est à conseiller tant à ceux qui travaillent sur des campagnes/thèmes dans des associations animalistes qu'à ceux qui s'intéressent à la question animale dans le cadre de travaux universitaires ou d'un travail d'édition, ainsi qu'à toutes les personnes intéressées par la question. Cette revue, éditée par l'université de Limoges (faculté de droit et des sciences économiques) et dirigée par le professeur Jean-Pierre Marguénaud, va dans le même sens que le livre de Christen sur au moins un point : la levée du tabou concernant les animaux. Comme son nom l'indique, la RSDA est une revue principalement juridique et est très instructive, y compris pour les non juristes.
Ce premier numéro contient un gros dossier thématique (pages 161 à 230) sur l'expérimentation animale, dirigé par Florence Burgat (par ailleurs auteure d'un des articles), dossier qui aborde le sujet sous l'angle éthique, scientifique, juridique, historique.
A noter également dans la revue :
- Suzanne Antoine fait le point sur un nouveau projet de réforme du droit des biens en France (plus protecteur pour les animaux), dont rien ne prouve qu'il ait plus de chances d'aboutir que celui qu'elle avait proposé elle-même. Page 11.
- En comparaison, la nouvelle législation Suisse (présentée dans un article page 109) parait incroyablement progressiste, tant sur la plan des principes (l'animal être vivant et sensible dont la dignité et le bien-être doivent être protégés)  que des dispositions concrètes d'application qui ont été prises dans divers domaines (pour une fois sans oublier les poissons)
- A signaler aussi (en particulier pour les recherches que fait actuellement Lausanimaliste) le CR très complet rédigé par JP Marguénaud (page 21) de la victoire historique pour la liberté d'expression de la défense animale obtenue par VGT (Suisse toujours) grâce à son double recours à Cour européenne des Droits de l'Homme (l'affaire du clip télévisé sur l'élevage de cochons en batterie avec analogie avec les camps de concentration dont la diffusion avait été refusée)
- Plein de chroniques de jurisprudence dont certaines peuvent vous concerner en fonction du secteur dans lequel vous travaillez : animaux de compagnie, transport des animaux, droit communautaire, droit de l'environnement (dont relèvent les animaux sauvages), etc.
- Page 133 et suivantes un guide bibliographique des publications sur la question animale...
On ne pourra que regretter la présence d'Elisabeth de Fontenay dans le comité scientifique ("philosophe"-viandarde).

 

Et n'hésitez pas à vous plonger dans la lecture de du texte qui présente l’intervention intitulée "végétarisme, Inde et Tibet", réalisée par l’association Maïcha, invitée au VegFestival de Turin en Italie, 5-6 juin 2009. Ce document d'une trentaine de pages aborde cette thématique peu développée, après une présentation de l'association Maïcha (parrainages d'enfants tibétains en Inde, via une école végétarienne) - ou comment briser les tabous sur une Inde où les animaux vivraient paisiblement, tout savoir (ou presque) sur les fameuses vaches sacrées, etc.

 

Allez, bonnes lectures, et bon été - vegan bien sûr, d'autant qu'en été, y'a plein de super bons fruits et légumes, ça change des cailloux...