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10 avril 2008

Chasse aux sorcières

"Drame : l'enfant d'un coupe végétalien meurt de malnutrition."
C'était le 4 avril dernier en France et il a quasiment été impossible de louper cette actualité tant elle a été médiatisée (et je suis tellement en colère que c'est juste difficile d'écrire un article).

Pour celles et ceux qui auraient quand même raté l'actu, reprenons les faits - bien plus importants que le titre : l'enfant en question, une fillette, avait onze mois. Elle n'avait été nourrie que du lait de sa mère, et elle est décédée de "privation de soins ou d'aliments". Plus loin, nous lisons aussi : "Une autopsie a mis en évidence de multiples signes d'infection et un défaut de soins et d'hygiène remontant à la naissance. [...] Souffrant avant son décès d'une diarrhée et d'une bronchite non soignées, la fillette était exclusivement allaitée par sa mère, âgée de 37 ans."
Question : si les parents n'avaient pas été végétaliens mais avaient agit de même, les journaux auraient-ils titré : "Drame : l'enfant d'un couple viandiste(1) meurt de malnutrition" ? Bien sûr que non !
Des histoires d'enfants maltraités et mal nourris, il y en a malheureusement plein. Des drames d'enfants qui succombent de "privation de soins" et/ou d'inanition, il y en a aussi hélas beaucoup, j'en ai lu plusieurs dans les journaux ces dernières années. Vers Noël 2007, une femme succombant à une crise de folie a laissé sa fille mourrir de faim sous ses yeux, près de Perpignan. Ce drame-là n'a pas été titré : "Une femme viandiste laisse sa fille mourrir de faim sous ses yeux". Avec perspicacité, l'auteur de l'article a compris que le décès de la fillette n'était pas lié à l'alimentation de sa mère mais à un déséquilibre psychologique.
Par contre, c'est non seulement dommage, mais surtout très révélateur, que le décès de la petite fille de 11 mois n'ait pas été entièrement attribué au déséquilibre psychologique de ses parents mais injustement lié à leur alimentation. C'est (encore une fois) stigmatiser le végétalisme. C'est associer de façon injuste et arbitraire végétalisme et troubles de comportements. C'est aussi faire croire qu'il existe une seule forme de végétalisme, qui mènerait forcément au drame, alors que, comme pour toute alimentation, il existe des multitudes de possibilités. De la même façon que ce n'est pas parce qu'un couple mange des animaux qu'il succombe forcément à des carences graves ou à des accès de démence, ce n'est pas parce qu'il serait végétalien qu'il aurait forcément des carences graves ou des crises de folies. L'immense majorité des parents végétaliens, des parents végétariens et des parents viandistes s'occupent bien de leurs enfants - et de ceux-là, on ne parle évidemment pas.
Mais le pire c'est encore l'interview du Dr Arnaud Cocaul, nutritionniste attaché à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et honteusement publiée par le site du journal 20minutes. Pour lui, les végétaliens sont grosso-modo tous des déséquilibrés. Il ne mâche pas ses mots : "Pour moi, le végétalisme est un trouble du comportement alimentaire, au même titre que l’anorexie. Pour moi, c’est une dérive sectaire." Je plains beaucoup ce brave docteur qui est si mal informé. Peut-être vit-il dans une grotte pour ne pas savoir ce que même moi, pauvre profane de la nutrition, je sais ? C'est-à-dire qu'il est aujourd'hui médicalement, scientifiquement prouvé qu'une alimentation végétalienne bien menée est bénéfique à la santé - il suffit de lire (entre autres) le rapport officiel de l'Association Américaine de diététique, Diététiciens du Canada sur l'alimentation végétarienne et végétalienne pour en être convaincu. Ce document est consultable et téléchargeable gratuitement sur Internet (format A4, brochure, version originale en anglais). Le Dr Cocaul ajoute "N’oublions pas que l’homme est un omnivore. Ce n’est pas par goût, c’est une nécessité humaine". Oui, mais un omnivore est un animal qui peut se nourrir indifférement de végétaux ou de produits animaux. C'est-à-dire qu'il a le choix, que son organisme est remarquablement adapté et adaptable à de multiples nourritures. Les humain-e-s ont la chance d'être omnivores (et non pas carnivores) : ils peuvent choisir leur alimentation. Un minimum de connaissance leur permet par la suite d'éviter de graves carences, et toute alimentation, végétalienne ou non, doit être équilibrée. C'est une évidence qui n'a étrangement pas l'air de l'air pour le Dr Cocaul. Donc, avec un minimum de connaissances facilement accessibles grâce à un livre ou une recherche sur Internet, ou l'avis de mon médecin (et mon médecin traitant approuve mon alimentation végétalienne) je peux choisir une alimentation végétalienne sans être ni carencée, ni avoir de grave trouble du comportement alimentaire, ni être en dérive sectaire.
La mort de l'enfant est absolument dramatique, mais j'offre une fin de non recevoir à la chasse aux sorcières - pardon, aux végétaliens - qui l'accompagne.
J'ai été un peu rassurée de voir que l'Association Végétarienne de France a répondu à cette actualité déplorable d'une part par un communiqué de presse, d'autre part par une lettre à 20 minutes. Sans doute, cela servira à informer quelque peu mes obtus contemporains sur la légitimité du végétalisme. Mais y'a encore beaucoup de boulot avant de faire accepter cette simple vérité... J'écris par ailleurs à 20minutes et au fameux Dr Cocaul - et n'hésitez pas à écrire, l'union fait la force, n'est-ce pas.

(1) Je ne sais toujours pas comment appeler les gens qui mangent les animaux, "viandiste" est le seul mot qui me va à peu près mais je ne le trouve pas très adéquat non plus.

06 novembre 2007

L'alimentation végéta*ienne et votre santé

6538251d2f659e2665eea20455868cad.jpgQuelle chance! une magnifique brochure vient de paraître : L'alimentation végétarienne, végétalienne et votre santé. Le texte scientifique (mais vraiment abordable par tout le monde, rassurez-vous !) est la traduction fidèle de la position soutenue par l'Association américaine de diététique et des Diététiciens du Canada (le tout donne AADDC), à propos des alimentations végétarienne et végétalienne.
Alors d'accord, ça ne parle pas des animaux ni des raisons pour lesquelles on peut être veg, mais finalement on est en droit de penser que plus on sera informé-e qu'une alimentation veg est possible (et  mieux encore, saine et bénéfiques) mieux ce sera, non? La grande force de ce texte est justement d'être impartial : il s'appuie sur des faits établis et vérifiés et en tire les conclusions qui s'imposent. Coup de chance, elles sont positives pour l'alimentation veg, ce qui ne peut que rassurer toutes les personnes soucieuses avant tout de leur santé. (Personellement, s'il avait été avéré que l'alimentation veg n'est pas bénéfique à  la santé, je crois que je le serais quand même pour les animaux, mais c'est facile finalement de dire ça quand ce n'est pas le cas! De toutes façons, ça ne se pose pas et c'est tant mieux.)
La brochure, donc, présente de façon vraiment objective les conséquences des modes d'alimentation veg sur la santé humaine en les comparant systématiquement avec celles d'une alimentation omnivore.
Le sommaire est très fourni, et vous pouvez saisir le texte par une multitude d'entrées différentes, par exemple selon les périodes de la vie, les maladies, l'activité...
C'est vraiment un texte sérieux, complet : un outil de référence incontournable, indispensable pour toute personne concernée ou intéressée par le sujet. N'hésitez pas à le commander pour vous, votre entourage, et aussi pour offrir à votre médecin !
La brochure est diffusée par les éditions La Criée et par l'Association Végétarienne de France. Elle est en format A5, fait 55 pages (dont une bonne quinzaine de références diverses) et coûte 3€ frais de port compris. Si vous en voulez plusieurs, c'est moins cher. Contactez l'association La Criée pour en commander plein !
Et le texte en intégralité est également téléchargeable sur le site de La Criée, c'est bon à savoir aussi.