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19 novembre 2009

Le fond de l'horreur?

Aujourd'hui, je tombe sur une petite vidéo. Atroce, totale cruauté, est-ce que ça y est, on atteint le fond de l'horreur?
En Chine, des restaurants servent des poissons à moitié cuits, à moitié vivants.
C'est absolument atroce. Les Chinois sont décidemment des barbares! Alors qu'en France, en Europe, n'est-ce pas... nous sommes des gens ci-vi-li-sés! Tenez, par exemple, les homards ébouillantés vivants par millions, les grenouilles aux cuisses arrachées alors qu'elles sont vivantes, c'est bien plus propre ! Tiens, tout ça me rappelle un article paru il y a quelques années, dans Courrier international :

homard-bleu.jpgLes homards peuvent vivre plus d'un siècle et ont une vie sociale complexe. Leur système nerveux sophistiqué les rend sensibles à la douleur : les nœuds neuraux sont dispersés sur tout le corps et ne sont pas centralisés dans le cerveau, ce qui signifie qu'ils sont condamnés à souffrir jusqu'à ce que leur système nerveux soit complètement détruit. Séparer la moelle épinière et le cerveau en coupant l'animal en deux fait même sentir la douleur à chacune des parties encore vivante ! De plus, le homard ne dispose pas du mécanisme dont disposent par contre les humains (entre autres), qui fait qu'en cas de douleur extrême, le choc intervient pour court-circuiter la sensation. Or, d'après le Dr Robb, de l'Université de Bristol, un homard plongé directement dans l'eau bouillante reste vivant quelques quarante secondes - quarante secondes de souffrance. Placé dans de l'eau froide portée à ébullition, il peut survivre pendant cinq minutes. Tué par la méthode industrielle qui consiste à l'immerger tout simplement dans de l'eau douce [les homards vivent dans l’eau salée], il agonise pendant deux heures... De leur capture jusqu'à la fin de leurs misères, ils doivent aussi endurer une privation quasi totale de mouvements pendant des semaines dans de minuscules cages métalliques dans les entrepots, dans les aéroports, puis dans les chambres frigorifiques, puis dans les aquariums, les grands magasins et les restaurants. Par facilité, mais aussi pour éviter qu'ils ne salissent leur cage de leurs déjections, on les laisse jeûner pendant tout ce temps ; pour cette raison, de crainte que, affamés, ils ne s'en prennent les uns aux autres, on les laisse tout ce temps avec les pinces liées avec un ruban adhésif. Plus de 80 millions de homards vivent ce calvaire chaque année de par le monde. (infos Gaïa, et S. O'Neil, Courrier international, n°474, déc. 1999, et C. Gericke, Tierrechte n°22, nov. 2002)

D'ailleurs, c'est en voyant des homards vivants enfermés dans des boîtes en plastique, au rayon frais d'un supermarché, à l'époque de Noël, que j'ai la première fois de ma vie pris conscience que quelque chose n'allait pas dans la façon dont les humains traitent les animaux. J'avais moins de dix ans, mais je me souviens parfaitement de la violence que j'ai alors ressentie.
Cependant, les homards, quand ils arrivent sur la table, sont morts. Tenue à distance, la mise à mort semble ne pas concerner le brave consommateur, qui s'en tire facilement par quelque vaseux argument de mauvaise foi, banal à pleurer (genre : "De toutes façons, on l'aurait tué", etc.)
foie gras.jpgMais ces gens, qui mangent des poissons suffoquants, ils les voient agoniser. Ceci dit, il parait qu'en Chine et en Corée, un autre met est la cervelle de singe vivant. Il paraît aussi qu'en France, on consomme même des d'oiseaux torturés pendant des semaines: ils sont totalement immobilisés dans des cages sales et minuscules (ils ne peuvent même pas étirer une aile, ni se retourner, ni nettoyer leur plumes), et plusieurs fois par jour, pendant tout ce temps, on les force à avaler brutalement, en quelques secondes, des quantités effroyables de nourriture grasse et immode. Puis, vite vite avant qu'ils ne meurent d'etouffement ou de stress (enfin, on essaie mais il y en a plein qui en meurent quand même), on les pend la tête en bas et avec un  couteau on leur tranche la gorge. Il paraît que c'est surtout leur foie que les gens s'arrachent, et c'est un met qui est particulièrement recherché à Noël (cette période de l'année dont la légende dit que c'est un moment privilégié pour l'amour).
Finalement, le comble de l'horreur se trouve aussi à l'épicerie, au traiteur en bas de chez nous, au restaurant au coin de la rue, et parfois jusque dans nos frigos... Et je ne parle même pas des laboratoires qui dissèquent et tuent à petit feu des millions d'animaux, la plupart du temps même pas "au nom de la science" (lol), mais bel et bien pour tester des cosmétiques (on en manque, c'est sûr), des nettoyants ménagers, des solvants, etc., et surtout faire du fric.
Les humains, quelque soit l'endroit où ils vivent, sont tous gagnants dans le grand concours de cruauté envers les animaux. Enfin, presque tous : les végans sont les grands perdants (les végétariens sont moins perdants, mais pas les grands gagnants non plus, même si la séparation forcée des bébés et des mères allaitantes n'est pas triste non plus, le broyage des poussins pour la production d'oeufs c'est assez bon aussi).
Quoi qu'il en soit, pour chaque carpe brûlée/dévorée vivante, pour chaque homard ébouillanté vivant, pour chaque poussin broyé, pour chaque canard gavé, pour chaque truie immobilisée, pour chaque lapin aux yeux brûlés, c'est le fond de l'horreur.
A chaque fois, pour chaque animal souffrant, un nombre infini de fois.

31 octobre 2009

Une prise de conscience

En terminant de lire Le cri de l'espoir de Jane Goodall (un bouquin dont il y aurait beaucoup de choses à retenir et à dire), une anecdote m'a particulièrement touchée. Alors, je cite:

" Je croise énormément de gens qui vouent leur existence à l'amélioration des conditions de vie des plus défavorisés. Sans oublier ceux qui viennent en aide aux animaux, bien sûr. Prenez par exemple Jon Stocking, qui travaillait autrefois comme cuisinier sur un chalutier pêchant le thon. Horrifié, il voyait les dauphins se faire piéger dans les filets et périr noyés. Un jour, quand il entendit un petit crier alors que sa mère le regardait droit dans les yeux comme pour le supplier de les secourir, il sauta dans le chalut, où se débattaient thons, requins et dauphins terrifiés. Tout aussi affolé que les pauvres bêtes, Jon prit le bébé dauphin dans ses bras et le rendit à la mer. Sans trop savoir comment, il parvint également à faire passer la mère par-dessus la nasse. Puis, sortant son couteau, il trancha les mailles du filet et libéra tous les animaux captifs. Bien entendu, il fut imméditament licencié." (p.217)
Franchement, cette histoire de sauvetage est assez extraordinaire: cet homme a perdu son travail parce qu'il a eu assez de cran pour sauver des animaux en détresse. Si au départ ce sont les dauphins, plus à même d'éveiller que les poissons en nous la sympathie (ce sont des mammifères, en plus très bien côtés dans l'immaginaire humain), et notamment un bébé et à mère, Jon a finalement libéré tous les animaux prisonniers - dauphins, poissons, requins, etc. Peut-être par ce geste salvateur s'est-il défoulé d'une frustration et d'une peine longtemps contenues - celles d'assister, habituellement impuissant, à l'asphyxie des dauphins dans les filets de pêche.

esc_mark.gifL'histoire de Jon ne s'arrête pas là. Suite à cette aventure, il a décidé d'agir pour des animaux. Il s'est lancé dans la fabrication de chocolats, dont un pourcentage des ventes est reversée à une association luttant pour des espèces d'animaux en danger.
Comme tant de personnes, Jon Stocking a limité son aide à certains animaux, ici ceux dont l'espèce est en danger. Il notamment est particulièrement dommage que son entreprise, Chocolat Endangered Species, fabrique du chocolat au lait, contribuant ainsi à l'exploitation des vaches laitières et à l'assassinat des petits veaux mâles, ainsi que des vaches devenues trop peu rentables, etc. Quel dommage pour les vaches qu'elles ne fassent pas partie d'une espèce en voie de disparition! Mais vu tous les bénéfices qu'elles nous rapportent, leur espèce ne risque pas de s'éteindre...

 

30 août 2009

Végétarisme et poissons

IMG_8246.jpgMa virée au Portugal se poursuit (doucettement, à vrai dire!). De passage à Cascais, anciennement village de pêcheur devenu petite ville balnéaire huppée - beauté du paysage, bord de mer, proximité de Lisbonne, moi et mon portugais de compagnon (comme tu dis, Seb ;-) avons le plaisir de retrouver le restaurant végétarien Paradoxe, toujours fidèle au poste. Sur une assiète "découverte" à 6€, le chef nous met du tofu pané, du seitan et sa délicieuse sauce, une petite part de tarte aux asperges gratinée de fromage vegan, du riz complet, des brocolis vapeur, un petit mélange de légumes cuits et de crudités avec leur sauce cacahuète-citron... et en dessert, l'incontournable tarte choco-chataîgnes-carroube (parfois, en France, j'y pense à cette tarte si bonne). Nous nous régalons, et nous réjouissons que ce resto en soit déjà à sa 8ème année d'existence (photo ci-contre)!
Mais nous découvrons, avec déplaisir, que désormais le lundi ils servent du poisson (de la morue, évidemment), soit-disant "pour les macrobiotiques" (la cuisine macrobiotique est bien implantée au Portugal, pas comme en France où elle est totalement inconnue -et mal perçue, l'un allant souvent avec l'autre). Alors déjà, un restaurant qui s'affiche comme végétarien et qui ne l'est pas, ou plus, c'est pas très honnête. Ensuite, les gens qui veulent manger des cadavres de poissons (qu'ils soient macrobiotiques ou non) peuvent -hélas- en manger ailleurs, je ne vois pas en quoi c'est un argument valable pour leur en proposer.
Je constate avec colère que, de plus en plus, il est courant d'associer au végétarisme le fait de manger du poisson. La définition du végétarisme est pourtant claire: c'est le fait de ne pas consommer de chair animale. Les poissons sont des animaux (mais oui). Donc, un-e végétarien-ne ne mange pas de poisson, ni de crustacés ou de mollusques (crabes, crevettes, huîtres, moules, escargots... sont donc également laissés en paix). Une personne qui se dit végétarienne et qui consomme du poisson ne l'est pas.
Avant de partir, j'avais jeté un coup d'oeil en librairie au dernier Lonely Planet publié sur le Portugal, et au chapitre "végétarisme", j'avais été effarée de lire: "pour les végétariens qui mangent du poisson... " Un végétarien qui mange du poisson, ça n'existe pas!!! (faudra vraiment que je leur écrive à mon retour).
Ce matin, je suis tombée sur cet article d'AVF concernant les poissons, et vraiment il faut le relire. Tout comme il convient de garder en mémoire la brochure poisson de Tahin Party (qui peut être téléchargée gratuitement à partir dudit site).

Dans un autre restaurant végétarien, à Villa Nova de Gaia dans la banlieue de Porto, la patronne a eu le don de nous exaspérer en insistant outre mesure sur le fait que certains plats contenaient "un tout petit peu de lait". Est-ce qu'elle veut dire par là que "les vaches ont été un tout petit peu exploitées?". Qu'on leu a "un tout petit peu tué leurs bébés (pour leur prendre leur lait)"? (je sais bien qu'elle pensait uniquement à la santé des humains, et qu'en conséquent, consommer un peu de produits laitiers n'est pas grave).
IMG_8210.jpgMalgré ces déceptions, Paradoxe reste un restaurant incontournable avec 95% de bouffe végane, et le Portugal un pays où l'inspiration pour la cuisine végane est grande, par exemple au niveau des desserts. Parfois, le menu (comme à Yin-Yang, Lisbonne) se compose tout simplement de riz complet, de haricots avec des légumes et de seitan: pas cher, délicieux, nourrissant. Un bémol, le veg est développé ici pour la santé des humains, mais après tout, c'est aussi positif pour la santé des animaux.
Bref, je vous laisse déguster les photos.
Et après, on me demande ce que je mange (en tant que vegane): de la paille et des cailloux, bien sûr!

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Desserts vegans: tartes à la carottes et aux raisins secs, tartes à la crème de soja et aux fraises (hyper hyper bon), tartes à la crème de soja et aux fruits rouges, coupes de soja-chocolat-caroube.

* A propos de la macrobiotique, s'il y a des recettes très intéressantes et qui permettent de découvrir plein d'aliments peu connus en Occident (comme les algues, le tempeh... ), la philosophie est à peu près n'importe quoi. Par exemple, sous couvert "d'harmonie" (un des maîtres mots de la macrobiotique), les poissons sont allègrement massacrés et consommés. Je vois pas bien où est l'harmonie pour eux...

18 mai 2009

Les poissons

a group of fishes.jpg"Ce n'est pas parce que les poissons sont incapables de crier que leur mort est moins violente. Ramasser des oiseaux sauvages dans un filet et les noyer lentement, en les plongeant dans l'eau, semble difficilement acceptable et pourtant c'est l'équivalent de la pêche commerciale. Que dirait-on aussi d'une industrie qui installerait verticalement des filets mesurant plusieurs centaines de mètres de hauteur et s'étendant sur plusieurs kilomètres à travers champs et forêts, dans le but d'accrocher au passage tous les oiseaux sauvages, migrateurs ou autres, et les laisserait mourir là ? Ce n'est pas parce que cette pratique a lieu sous les mers qu'elle devient acceptable."
Je viens de découvrir cette comparaison via la lettre d'infos virtuelle de l'Association Végétarienne de France, et oui, c'est tellement exact que je la mets moi aussi sur mon blog. C'est une citation d'Albert Simon, présenté sur le site de l'Association Végétarienne de Montréal comme un "activiste et conférencier intéressé à la motivation morale appliquée aux rapports humains/nonhumains." Perso, je n'ai pas trouvé son site très activiste, mais c'est peut-être son site professionnel.
Les poissons sont des animaux méconnus, mystérieux et massacrés d'une façon effroyable. Contrairement à ce que nous croyions jusqu'à peu, les poissons sont dotés d'un système nerveux très sophistiqué, et - malheureusement pour eux - ils ressentent la douleur, comme nous ; non, d'une façon plus aiguë que nous !
poissons TP.gifPoissons, le carnage est une brochure à lire absolument (eds. Tahin Party, 2004). Vous pouvez d'ailleurs télécharger gratuitement cette "brochure poissons". Ce texte de 40 pages en couleurs lève le voile sur un monde très largement ignoré : ce que vivent les poissons, ce qu'ils éprouvent et ce qu'ils subissent de notre fait (pêches, élevages, aquariums, etc.).
On y trouvera les dernières informations en date sur la sensibilité des poissons à la douleur et au plaisir, sur leurs différents sens également, mais aussi sur l'immensité et l'atrocité des pêches et des élevages, des captivités en aquariums, etc.
Il est toujours étonnant de constater que des gens qui s'offusquent de la chasse considèrent la pêche comme étant une activité paisible, un sport tranquille. Partout, la propagande spéciste nous conforte dans cette idée. Il y a la "Journée nationale de la pêche", des "concours de pêche", des stages découverte de pêche pour petits et grands...
Et en plus, sous prétexte d'alimentation saine et d'oméga trois, le leitmotiv est désormais de manger toujours plus de poissons. Pour la petite histoire, les omégas trois que l'on trouve dans les poissons proviennent en réalité des algues qui sont ingurgitées par les poissons - il suffirait donc de manger directement les algues (nori, dulce, wakamé... ), - et quand on mange des algues, on se rend carrément compte que les poissons... sentent les algues (et non pas l'inverse!). On trouve aussi plein d'oméga trois dans l'huile de colza, de chanvre, de noix, les graines de lin, dans le pourpier, etc.
Avant-hier, c'était la Veggie Pride, et j'ai été très heureuse d'y trouver cette magnifique banderole pour les poissons :
Photo 098.jpg

poissons VP 09.jpg

02 avril 2008

N'en tirons pas les conclusions qui s'imposent

1360205.jpgLibération vient de publier un article fort intéressant sur la souffrance ressentie par les poissons. Dans cet article douteusement appelé "Poissons peinés", Édouard Launet fait rapidement le point sur les dernières recherches qui établissent de façon formelle que les poissons ressentent la souffrance : " Il existe désormais un consensus scientifique autour du fait que les poissons, comme les mammifères et les oiseaux, peuvent ressentir la douleur. A leur manière : muette. Conséquence, les attitudes changent progressivement, irréversiblement. "
De là, des "recommandations" auraient été adoptées par le Conseil de l'Europe en 2005 par rapport à la pisciculture et la vivisection (désormais, il est recommandé d'anesthésier les poissons lors des manipulations).
Quant à la pêche, ce "sport paisible", la question se pose désormais : " Faudra-t-il un jour euthanasier les poissons dès la sortie du chalut, au lieu de les laisser suffoquer sur le pont ? Faudra-t-il arrêter la pêche aux espèces des grands fonds (empereur, sabre, grenadier, siki) parce que la remontée brutale provoque une décompression qui leur fait éclater la vessie et surgir les yeux des orbites ?"
Un peu plus loin, l'article précise : "En Suisse, depuis septembre 2006, le distributeur Migros commercialise des poissons labellisés «Fair Fish» (respectant les directives édictées par l’association du même nom), ce qui signifie que chaque animal a été étourdi et tué immédiatement après sa sortie de l’eau." Un des fournisseurs sénégalais de Migros a désormais accepté de pêcher selon cette méthode dite "fair".
Je ne me permettrais pas de douter des dires de la société Migros, mais je me demande comment chaque poisson peut être étourdi et tué immédiatement à sa sortie de l'eau, étant donné que ce sont des milliers de poissons qui sont remontés d'un coup à chaque coup de filet. Et aussi, comme ces "fair-pêcheurs" gèrent-ils la souffrance des "déchets", c'est-à-dire des milliers de poissons et autres animaux non-consommables ramenés en même temps dans les filets ?
Car si es poissons sont tout simplement laissés s'asphyxier sur le pont du navire, c'est aussi parce qu'ils sont des milliers, d'ailleurs ont les compte par tonnes. Ou bien Migros a mis au point un système de les tuer en masse - Édouard Launet ne nous donne pas d'indication à ce sujet - par exemple, les poissons sont peut-être précipités dans des bacs les électrocutant ?
L'article nous dit avec justesse : "«Il est difficile de déterminer le niveau de douleur chez un animal qui ne communique pas, il faut donc trouver des indicateurs physiologiques et comportementaux de son stress.» C’est moins simple que chez la poule ou le cochon."
Mais quand je vois à quel point les animaux terrestres d'élevage, poules et cochons pour ne citer qu'eux, sont extrêmement maltraités lors de leur élevage, transport et abattage, alors que leur douleur est reconnue et qu'en plus ils nous envoient des signaux clairs de leurs souffrances, je reste plus que très sceptique quant à la prise en compte de la douleur muette des poissons.
Le plus intéressant dans cet article, c'est de voir comment il réussit à ne pas tirer les conclusions qui s'imposent de telles découvertes. D'un côté, il nous apprend que les poissons, comme tous les animaux sentients, ressentent la douleur et la souffrance. Mais nul part un mot sur le fait que les poissons veulent vivre, et non pas finir dans nos assiettes. Nous apprenons simplement qu'"actuellement dans les élevages commerciaux peuvent ne pas répondre à tous les besoins des animaux et, par conséquent, à leur bien-être». Surtout quand le premier des besoins est de vivre, mais cela n'y songeons pas. Après tout, ils n'avaient qu'à naître du bon côté de la fourchette.
Et, alors que nous découvrons que "la pression pourrait venir des consommateurs", nous sommes presque aussitôt rendormis par les bons mots de Launet qui nous rassure :
"Rien de tout cela ne doit empêcher de manger du poisson, pourvu qu’il ne soit pas cuisiné «au bleu», et donc découpé ou ébouillanté vivant."  Donc pas de remise en cause à faire. En tant que consommateurs, nous avons le pouvoir, mais il ne faudrait surtout pas l'utiliser, et tant pis pour les millions de poissons qui étouffent atrocement sur les ponts des bateaux, et tant pis pour les millions d'autres animaux  non commestibles qui agonisent avec eux. Alors, même si l'article nous dévoile que les pieuvres, homards et autres bestioles pourraient eux-aussi ressentir la douleur, on ne se sent pas très concernés, n'est-ce pas.
Perso, j'appelle ça de l'incohérence et de l'hypocrisie. Heureusement, on n'est pas obligé d'écouter les insanités de l'auteur, et nous avons la possibilité de faire preuve d'empathie avec les poissons et d'en tirer les conclusions qui s'imposent : arrêter de les manger, tout comme arrêter de manger les autres animaux.
Un dernier point qui m'intrigue : comment est-ce possible que ce soit seulement maintenant, en avril 2008, qu'un article paraisse sur la sentience des poissons et l'intelligence des pieuvres, alors que moi, modeste consommatrice de base, je lise des articles et des brochures à ce sujet depuis des années ? Et que, pour ne pas causer de souffrance inutiles aux poissons, j'ai arrêté de les manger depuis une bonne quinzaine d'années ? je ne me pensais pas aussi clairvoyante. À moins que ce ne soit Libération qui soient particulièrement bouché... Ceci dit, un article sur les poissons autrement que cuits dans nos assiettes c'est tellement rare, que c'est déjà pas si mal que celui-ci existe.
Illustration : brochure Poissons, le carnage, eds Tahin Party.

24 janvier 2007

mauvaise nouvelle pour les poissons

medium_hamecons_torture.jpgLe Monde nous l'apprend : le gouvernement français, qui décidémment ne sait pas quoi faire de son fric, a décidé d'augmenter le budget alloué à la Fédération nationale de la pêche, qui envisage de mettre en place à partir de 2008 une grande campagne de communication destinée à la promotion de ses activités (tuer des poissons) et à la modernisation de son image (qu'elle cherche avec succès à ne pas associer à une tuerie de poissons). Parmi les autres nouvelles, la baisse du prix du permis de pêche. Bref, tout sera mis en oeuvre pour augmenter le massacre de ces animaux !
La chasse, plein de gens trouvent ça pas bien, mais la pêche ! Allons, un sport si paisible ! Dans la pêche, le sang ne coule (presque) pas, les poissons ne crient pas (pratique), on ne tue pas des humains (pas comme les stupides "accidents de chasse")...
Mais, fait étrange, il semblerait que les poissons soient des animaux, pas des objets, ni des trucs ou des machins destinés à divertir les humains ? Etonnant !... Comme les autres animaux, ils ressentiraient du plaisir et de la douleur - peut-être même qu'être sorti de l'eau brutalement accroché par la mâchoire leur ferait mal ! Les poissons communiqueraient entre eux et ils auraient même un système social...
Et on ne nous dit rien, et on nous incite à les massacrer ?
Ha si, pendant que j'y pense, y'a une chouette brochure très instructive sur le thème, qui s'appelle : Poissons, une sensibilité hors de portée des pêcheurs (tu m'étonnes !), c'est un texte de  Joan Dunayer, vous pouvez consulter en ligne un excellent résumé ou même commander la brochure.
Et si on suggérait au gouvernement d'investir notre argent dans la découverte des poissons et de leur univers ?