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16 février 2013

Je crois qu’un autre monde est possible. Lors d’une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.

wollen philip,animaux,véganismePhilip Wollen, ex-vice-président de la Citizen Bank, Australien, a participé le 16 mai 2012 à un débat pro/anti veganisme au St James Ethics Centre et au Wheeler Centre en Australie. Plus qu’un discours, il y délivre une véritable performance.

La vidéo est visible ici.

"Au nom du St James Ethics Centre, du Centre Wheeler, du Festival de la nourriture et du vin de Melbourne, du « Age », de la ville de Melbourne et de l’ABC qui ont tous travaillé ensemble pour faire de cet événement possible, je voudrais souhaiter la bienvenue à Philip Wollen.

(Applaudissements)

Le Roi Lear, tard dans la nuit sur les falaises demande au comte de Gloucester aveugle « Comment voyez-vous le monde? »
Et l’aveugle Gloucester répond: «Je le vois avec émotion ».
Ne devrions-nous pas le voir ainsi?

Les animaux doivent être hors du menu car ce soir ils hurlent de terreur dans l’abattoir, dans des caisses et des cages. Vils et ignobles goulags de désespoir. J’ai entendu les cris de mon père mourant alors que son corps était ravagé par le cancer qui l’a tué. Et j’ai réalisé que j’avais entendu ces cris avant. Dans l’abattoir, les yeux poignardés et les tendons tailladés sur le bétail expédié au Moyen-Orient et la baleine mère mourante, appelant son petit pendant qu’un harponneur japonais explose dans son cerveau. Leurs cris étaient les cris de mon père. J’ai découvert que quand nous souffrons, nous souffrons égaux. Et dans leur capacité de souffrir, un chien est un cochon est un ours, est un garçon. La viande est le nouvel amiante, plus meurtrière que le tabac.

Le CO2, le méthane, et l’oxyde nitrique de l’industrie du bétail tuent nos océans avec des zones mortes acides et hypoxiques. 90% des poissons de petite taille sont broyés en granulés pour nourrir le bétail. Les vaches végétariennes sont maintenant les plus grandes prédatrices du monde marin. Les océans meurent. En 2048 toute l’industrie de la pêche sera morte. Les poumons et les artères de la terre. Des milliards de petits poussins bondissants sont broyés vivants, simplement parce qu’ils sont de sexe masculin.
Seulement cent milliards de personnes ont déjà vécu. Sept milliards vivent aujourd’hui. Et nous torturons et tuons deux milliards d’animaux chaque semaine. Dix milles espèces entières sont anéanties chaque année à cause des actions d’une même espèce. Nous sommes maintenant face à la sixième extinction de masse de l’histoire cosmologique. Si n’importe quel autre organisme faisait ça, un biologiste dirait que c’est un virus. Il s’agit d’un crime contre l’humanité aux proportions inimaginables.

Le monde a changé. Il y a dix ans Twitter était un bruit d’oiseaux, www un clavier bloqué, les nuages étaient dans le ciel, 4G était une place de parking, Google était un son de bébé, Skype était une faute de frappe et Al Qaïda était mon plombier.

Victor Hugo a dit «il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue ».

Les droits des animaux sont maintenant le plus grand problème de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage. Il ya plus de six cent millions de végétariens dans le monde. C’est plus grand que les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Canada, et l’Australie réunis! Si nous étions une nation, nous serions plus grands que les vingt-sept pays de l’Union européenne! Malgré cette empreinte massive, nous sommes toujours noyés par les rauques cartels qui chassent, tirent et tuent, croyant que la violence est la réponse – alors que cela ne devrait même pas être une question. La viande est une industrie qui tue – les animaux, nous et nos économies.
Medicare a déjà fait faillite aux Etats-Unis. Ils auront besoin de huit milliards de dollars investis en bons du Trésor juste pour payer les intérêts. Ils n’ont précisément rien! Ils pourraient fermer toutes les écoles, l’armée, la marine, l’armée de l’air, et les Marines, le FBI et la CIA – et ils ne seront toujours pas en mesure de payer.

Cornell et Harvard ont dit que la quantité optimale de viande pour une alimentation saine, c’est précisément ZERO.

L’eau est le nouveau pétrole. Les nations iront bientôt faire la guerre pour ça. Les aquifères souterrains qui ont nécessité des millions d’années pour se remplir sont à sec. Il faut cinquante milles litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf. Aujourd’hui un milliard de personnes ont faim. Vingt millions mourront de malnutrition. Réduire de 10% seulement la consommation de viande pourrait nourrir cent millions de personnes. L’élimination de la viande mettra fin à jamais la famine.

Si tout le monde avait un régime alimentaire occidental, nous aurions besoin de deux planètes Terre pour les nourrir. Nous n’en avons qu’une seule. Et elle est en train de mourir. Les gaz à effet de serre provenant du bétail sont de 50% plus élevés que le transport. . . . . avions, trains, camions, voitures, et bateaux. Les pays pauvres vendent leurs céréales à l’Ouest, tandis que leurs propres enfants meurent de faim dans leurs bras. Et nous en nourrissons le bétail. Donc, nous pouvons manger un steak? Suis-je le seul à voir cela comme un crime? Chaque morceau de viande que nous mangeons frappe le visage baigné de larmes d’un enfant affamé. Quand je regarde dans ses yeux, devrais-je me taire? La terre peut produire assez pour les besoins de chacun. Mais pas assez pour la cupidité de tous. Nous sommes face à une tempête parfaite. Si une nation mettait au point des armes qui pourraient causer de tels ravages sur la planète , nous lancerions une attaque militaire préventive et les renverrions à l’Age du Bronze. Mais ce n’est pas un Etat voyou. Il s’agit d’une industrie. Les bonnes nouvelles sont que nous n’avons pas à la bombarder. Nous pouvons tout simplement ne pas acheter. George Bush a eu tort. L’Axe du Mal ne passe pas par l’Irak, l’Iran ou la Corée du Nord. Il fonctionne grâce à nos tables. Les armes de destruction massive sont nos couteaux et fourchettes.

C’est le couteau suisse de l’avenir – il résout nos problèmes environnementaux, de santé, d’eau et met fin à la cruauté pour toujours .
L’âge de pierre n’a pas pris fin parce que nous avons manqué de pierres. Cette industrie cruelle prendra fin parce que nous n’avons plus d’excuses. La viande est comme les pièces de un et deux cents. Elle coûte plus cher à fabriquer que ce qu’elle vaut.

Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus à gagner. L’agriculture ne s’arrêterait pas . Elle prospérerait. Seule la gamme de produits changerait. Les agriculteurs feraient tellement d’argent qu’ils n’auraient même pas le temps de le compter. Les gouvernements nous aimeraient. De nouvelles industries émergeraient et s’épanouiraient. Les primes d’assurance santé seraient en chute libre. Les listes d’attente dans les hôpitaux disparaîtraient. Bon sang nous serions en si bonne santé que nous aurions à tirer sur quelqu’un juste pour ouvrir un cimetière! »

Alors ce soir, j’ai deux défis pour l’opposition:
1. La viande provoque un large éventail de cancers et de maladies cardiaques. Vont-ils nommer une maladie causée par un régime végétarien?
2. Je finance la trilogie « Earthlings ». Si l’opposition est si sûr de son opinion, je les mets au défi d’envoyer le DVD d’ »Earthlings » à tous leurs collègues et clients. Allez-y, je vous met au défi .

Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces. Ils sont d’autres nations. Et nous les massacrons à nos risques et périls.

La carte de la paix est établie sur un menu. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. C’est la présence de la Justice. La justice doit être aveugle à la race, la couleur, la religion ou les espèces. Si elle n’est pas aveugle, elle sera une arme de terreur. Et la terreur est inimaginable dans ces horribles Guantanamos. Si les abattoirs avaient des parois de verre, nous n’aurions pas besoin de ce débat.

Je crois qu’un autre monde est possible. Lors d’une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.

Mettons les animaux hors du menu et de ces chambres de torture.

S’il-vous-plaît votez ce soir pour ceux qui n’ont pas de voix.

Merci."

20 septembre 2010

Une surprise à Madrid : deux magasins végans!

blog-magasin2.jpgDe passage à Madrid, ô surprise et joie : nous découvrons une boutique 100% végane, au nom d'ailleurs éloquent, Planeta Vegano. Située au coeur de la ville, dans le quartier Lavapiés, vous y trouverez un choix remarquable d'aliments végans secs, frais et surgelés, mais aussi quelques chaussures, des cosmétiques, des aliments pour chats et chiens, des T-shirts, des livres et des badges. Les vendeurs (un couple) sont du genre très sympas, à répondre aux questions les plus stupides avec un gentil sourire. Mais ce qu'on a aussi beaucoup aimé dans cet espace, ce sont les affiches dénonçant l'exploitation des animaux ou en faveur du véganisme. Bref, un espace certes commercial, mais dont l'esprit est positivement en faveur de la libération animale.

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Parmi les aliments, la gamme complète des céréales et des graines, des huiles, beaucoup de sucreries (confitures, chocolats - dont du chocolat blanc vegan -, glaces (vendues par boîte ou à l'unité), pâtes à tartiner... ), des pâtés et boissons végétaux, mais aussi beaucoup de "fausses viandes" et de fromages végétaux, non seulement délicieux, mais dont l'aspect aide sans doute les viandards à franchir le pas vers une alimentation non sanglante.
Bref, on est fan et, vous l'aurez compris, on vous recommande d'aller dépenser des sous à Planeta Vegano si vous êtes de passage à Madrid !

blog-magasin-affiche.jpg
Affiche à (et de) Planeta Vegano

Une autre boutique végane, Vegan Store (pas trouvé de site), existe aussi à Madrid, mais nous devons reconnaître que l'accueil pas hyper sympa du personnel nous a un peu refroidit... Le lieu était aussi plus commercial (pas d'affiches), et on y trouvait plus d'encens, de tisanes, etc... Bref, c'était moins bien.

Mais quand même, quelle surprise! Et tout ça au pays de la corrida et du jambon.
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Ces deux boutiques sont récentes (moins d'un an chacune) et prouvent que les mentalités changent. Il y a d'ailleurs eu pas mal de passage lors de notre visite, et j'espère vraiment qu'elles sont vouées à perdurer et à se développer, parce que ne pas cautionner l'exploitation des animaux est quand même vraiment plus facile quand, pratiquement, on peut trouver des produits végans.

 vegan-store.jpgPlaneta Vegano
Lavapies Ave María 42, Madrid, 28012 Madrid - Espagne
+34 91 250 2002
Ouverture:
Lun - Sam: 10:00 - 21:30
Dim: Fermé

Vegan Store
Calle San Vicente Ferrer, 21, 28004 Madrid - Espagne

915-213-914

10 septembre 2010

Regard animal

regard animal couv.pngUn nouveau magazine vient de paraître!  Ça s'appelle Regard Animal, et ça l'air bien intéressant - en tout cas, toute initiative qui oeuvre à changer la façon dont les humainEs considèrent les animaux est la bienvenue.
J'écris "à l'air" parce que je dois bien avouer que je ne l'ai pas encore eu entre les mains. Le premier numéro est paru en septembre 2010, avec un sommaire varié: un dossier sur l'histoire des rapports homme/animal par Marc-Alain Descamps, une interview de l'Alliance Anticorrida, un article sur le respect de l’animal, vers un changement culturel en Chine ? par Emmanuelle Klei, plus, entre autres articles, des nouvelles associatives, une rubrique adoption, etc.
Regard Animal se trouve par correspondance (6 mois (3 n°) pour 14€, 1 an (6 n°) pour 28€) ou dans les boutiques qui le relaient (j'imagine que pour l'instant, il ne doit pas encore y en avoir des centaines).

Regard Animal se veut le média porte-parole de la condition animale auprès du grand public. Il relaiera le travail des associations. Il encouragera les initiatives solidaires et partagera les bonnes nouvelles, les avancées et les solutions. Il partira à la recherche de toutes les réflexions actuelles sur l’intelligence, la sensibilité et la beauté animale, nous aidera à comprendre les liens entre bien-être humain et animal, entre respect de la planète et respect de ses habitants.
Et tout cela sur un ton ouvert et positif. Nulle image de souffrance dans nos pages, nous voulons être lus par tous, respecter la sensibilité de chacun.

Il ne reste qu'à espérer que  Regard Animal a un bel avenir devant lui, et que toutes les formes d'exploitation des animaux seront prises en compte dans ses colonnes.
A suivre et à soutenir donc, et merci d'avance à toutes les personnes qui l'ont eu entre les mains de laisser ici un commentaire par rapport à ce magazine qui semble innovateur et prometteur!

09 juin 2010

Alternatives végétariennes: 100!!!

revue-AVF-100.jpgC'est toujours un plaisir de le recevoir dans la boîte aux lettres: l'exemplaire d'Alternative végétarienne, revue trimestrielle de l'Association Végétarienne de France. Et puis, quand même, le numéro 100 - une petite émotion particulière !
Recevoir la revue me fait toujours plaisir car, même si je suis entourée de nombreux amiEs veg - plus mon compagnon, végan comme moi - hé bien, ça me fait sentir que ça bouge pour les animaux en France. C'est lent, c'est difficile, surtout dans ce pays si attaché à ses traditions si morbides soit-elles (foie gras, corrida, chasse, rillettes, jambon-beurre, steak frites - bon, les frites, ça va). Quand je vois comment ça bouge dans les autres pays (montreurs d'ours désormais interdit en Inde, animaux sauvages dans des cirques interdit au Portugal... ), je ne peux pas m'empêcher de trouver la France statique, froussarde et bien tristement conservatrice.
Bref, Alternative végétarienne nous fais sentir moins seulE, et c'est bien appréciable.

Dans le dernier numéro paru - pas encore entièrement lu - l'entretien avec Michèle Sharapan est par exemple bien intéressant. Ce nom m'était familier, et pour cause: c'est elle qui a donné un concert de soutien à L214. Cette artiste de talent (enfin, j'imagine car je n'y connais rien) a toujours été veg : "J'ai toujours refusé de manger de la viande, j'ai toujours refusé d'aller dans une boucherie. (...) Avec le recul, je ne peux pas dire que j'avais l'idée qu'il était incohérent d'aimer les animaux tout en les mangeant. Je crois que je ne pensais rien ; c'était tout simplement impossible, voilà tout." Elle explique aussi comment elle se sent seule dans le monde de la musique, par rapport aux animaux en tout cas. Au-delà de son végétalisme, elle s'est récemment engagée dans la lutte pour les animaux : "Mon souhait le plus cher est qu'un jour cette Terre ne soit plus l'enfer des animaux, et que chacun se pose la question : Qui est cet autre?"

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C'est une question particulièrement touchante, et souvent je pense qu'il y a quelque chose de vraiment monstrueux à manger des individus dont on ignore tout et qu'on a réduit à n'être que de la viande. Dans un supermarché, une vitrine, ou chez des gens non veg, il m'arrive de regarder les morceaux de cadavres et de me poser silencieusement la question : "Qui étais-tu ?" Peut-être étais-tu un cochon curieux, facécieux, ou une vache timide, ou une poule qui aurait pu être affectueuse, ou encore un agneau joueur et insouciant.
Qui est ce fluet chevreau à la bouche blessée ? Il ne sera pas soigné, mais tué pour satisfaire des humainEs carnassiers.
Dans la série des entretiens, j'ai moins accroché sur celle de Kristof et Kecily, deux sportifs véganEs, peut-être simplement parce que nulle part il est fait mention des animaux. Peut-être qu'on en saura plus en lisant leur blog, metagama. On peut aussi se plonger dans le blog des Vegans Runners.
Quant à l'entretien avec Nicolino, pas encore lu. Pas encore lu non plus l'article sur les chimpanzés, l'agriculture végane, ni celui intitulé "Le droit européen au secours de la protection animale: un volontarisme ambivalent". Plus les brèves, les recettes, le compte-rendu de l'AG de l'association... Tout ceci paraît bien prometteur!
Bref, si vous n'êtes pas encore adhérentE à l'AVF et/ou à sa revue, il n'est pas encore trop tard pour le faire et recevoir chez vous les 100 prochains numéros. Et en plus, vous renforcerez cette structure et le végéta*isme en France.

Photographie: L214.

03 avril 2010

Pour Pâques, je vais te faire ta fête

Pâques approche, Pâques est là. Pour la petite histoire, Pâques c'est "est une fête religieuse chrétienne qui commémore la résurrection de Jésus-Christ". Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Wikipédia. Pâques, c'est aussi tout un trip autour des agneaux, et plus particulièrement d'un événement appelé "agneau sacrificiel", et là aussi notre ami Wiki nous en touche quelques mots :
La meilleure identification [de la notion de l'agneau sacrificiel] provient du chapitre 53 du prophète Isaïe (versets 5 à 7) « Mais il était transpercé à cause de nos crimes, Écrasé à cause de nos fautes ; Le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l'Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraité, il s'est humilié et n'a pas ouvert la bouche, Semblable à l'agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n'a pas ouvert la bouche. »


agneau.jpgEn clair, si je comprends bien, un pauvre gars appelé Jésus a été maltraité et humilié par des humains violents, et face à cette violence il a gardé le silence, tel les animaux qu'on maltraite et abat. Et pour commémorer ça, qu'est-ce qu'ils font les chrétiens? Cherchent-ils à être moins agressifs, moins Carre_Agneau_DC_1.jpgtrash? Réfléchissent-ils aux actes passés de leur communauté et s'en repentent-ils à travers des comportements pacifiques? (le repentir est très bien vu chez les chrétiens). Peut-être en ont-ils l'impression quand ils chantent ensemble à l'église ou festoient à la maison en famille. Autour d'un gigot d'agneau. L'agneau est un symbole important du christianisme, notamment à Paques où, par tradition, il est grillé et mangé. (...) En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l'occasion de partager un gigot d'agneau rôti accompagné de flageolets. (Agneau pascal, Wiki)

Donc, pour commémorer l'acte brutal d'avoir martyrisé Jésus, on martyrise des agneaux (ou des chevreaux). On rappelle un geste violent en commettant un autre geste violent. Logique.
Lisons la suite de l'article : Cependant, certains chrétiens, jugeant que la consommation d'animaux non adultes constitue un crime moral, ne le consomme pas par respect envers les animaux. Ok, donc si ce sont des brebis, tout va bien, on peut les butter - et aussi, ces chrétiens-là se planquent drôlement bien, en tous cas c'est la première fois que j'en entends parler. Mais de toutes façons, ils ne sont guère plus pacifiques que les autres.

chevreau-L214.jpgTout ça me rappelle ces chevreaux vendus lors d'une foire spéciale chevreaux et entassés brutalement dans des caisses où ils ne tiennent  même pas debout - direction l'abattoir. L'association L214 avait déjà dénoncé ces maltraitances en 2009, et bien rien n'a changé en 2010. Ha si, quelque chose a changé ! Il y a une semaine environ, un des maquignons, ou un des acheteurs, s'est vraiment énervé contre les personnes qui filmaient le chargement des chevreaux. Dommage pour lui, un journaliste de France 3 accompagnait l'observateur de L214, et la scène a été filmée : sous aucun prétexte ne loupez ce petit reportage !
Les commentaires journalistiques sont pas mal aussi d'ailleurs :
Une vocation laitière très forte, mais qui dit "lait", dit "chevreaux". Et dans la région [Poitou-Charentes], c'est un tiers des effectifs  français qui part ensuite à l'abattoir. Mais les conditions de transport ne conviennent pas à l'association L214".

C'est rigolo, parce que c'est dit comme si c'étaient les humains qui souffraient des conditions de transport, pas les chevreaux, bien sûr invisibilisés. Enfin, c'est toujours bien que ça passe à la télé (ça devrait être diffusé en boucle), et puis aussi c'est quand même positif que le lait ait été associé au meurtre des petits, parce qu'il n'y a pas de lait sans sang versé.
Sur ce, Pâques je m'en fous, mais j'aurais une pensée pour les milliers d'agneaux et de chevreaux (ou autres animaux) électrocutés et saignés pour être dévorés par des gens qui se croient les dignes représentant d'une religion soit-disant d'amour, alors que tant qu'ils seront carnassiers, assoiffés de sang et de chair, de meurtres dont des meurtres de bébés comme les agneaux et les chevreaux, ils ne seront qu'hypocrisie et mensonge.

25 mars 2010

Les Doors, ambiance

Il y a des moments où c'est le creux de la vague, où le manque de temps conjugué au manque d'inspiration se conjugent pour laisser passer les semaines sans qu'une note n'apparaisse sur ce blog (si, si, il faut de l'inspiration pour écrire ici!). Hé bien, je me suis dit que je n'avais qu'à alors citer des passages de livres, ceux qui m'ont le plus touchés, ceux qui sont forts, ceux qui brassent ou donnent de l'énergie pour lutter, changer ou bouger ou mettent en colère. Cet extrait du livre "Un éternel Tréblinka" de Patterson fait tout ça à la fois et plus encore.
Il raconte comment l'artiste peintre anglaise engagée, Sue Coe, visita pendant six ans des abattoirs. Un livre et des peinture seront créés suite à ce temps passé dans ce monde caché de la mort. En six ans, elle a vraiment eu le temps de voir d'innonbrables atrocités, mais une scène a particulièrement marqué son esprit (et il y a de quoi), comme le raconte Patterson. Cette scène si bien décrite nous immerge dans l'ambiance très spéciale des abattoirs. Ce passage, je ne l'oublierai jamais.

"Alors qu'elle s'avance dans la salle d'abattage pour s'installer avec son carnet de croquis dans l'embrasure de la porte qui sépare les vaches attendant la mort du lieu où elles la trouveront, une sonnerie stridente se déclenche soudain et les ouvriers se dispersent por le déjeuner. "On me laisse donc seule avec six corps [de vaches] décapités et pissant le sang. Les murs sont éclaboussés, et il y a déjà des gouttes sur mon carnet. Je commence à m'habituer à ce que les mouches viennent se coller à moi comme aux cadavres."
Sue Coe sent alors quelque chose bouger à sa droit et s'approche de l'enclos pour mieux voir.
vache-1.jpgA l'intérieur, il y a une vache. Elle n'a pas été assommée ; elle a glissé dans le sang et elle est tombée. Les hommes sont allés déjeuner en la laissant là. Les minutes passent. De temps à autre elle se débat, heurtant de ses sabots les parois de l'enclos. Comme c'est une boîte métallique, les coups sont assourdissant avant que le silence revienne, puis d'autres chocs. Une fois elle lève suffisamment la tête pour regarder hors de la boîte, mais à la vue des cadavres suspendus, elle retombe. On entend le sang qui goutte et de la musique sort d'un haut-parleur. Ce sont les Doors, tout un album.
Sue Coe commence à dessiner, mais quand elle jette à nouveau un coup d'oeil dans la boîte, elle remarque que le poids de la vache a fait sortir du lait de ses pis. Tandis que le lait s'écoule doucement vers les drains, il se mêle au sang, et ils disparaissent ensemble à travers les grilles. Une des pattes blessées de la vache sort au bas de l'enclos métallique. "J'avais envie de pleurer pour cet animal, mais j'ai écarté toute empathie de mon esprit, comme le font les ouvriers." Plus tard, elle dit à Martha [directrice de l'abattoir] que les vaches lui semblent bien jeunes pour être abattues, même pas traites. Martha explique qu'à cette époque le prix du lait s'effrondre et que les fermiers ne peuvent pas se permettrent de garder leurs vaches. Ils les mettent donc sur le marché.
Quand les ouvriers reviennent de leur déjeuner, ils remettent leurs tabliers jaunes et retournent à leurs tâches. (...) Sue Coe voit entrer un homme qu'elle n'avait pas encore remarqué. Il donne trois ou quatre coups de pied violents à la vache blessée pour tenter de la faire se lever, mais elle ne peut pas. Danny se penche dans la boîte métallique et tente de l'assommer de son pistolet pneumatique, qui enfoncera une balle de douze centimètres dans son cerveau. Quand il pense avoir un bon angle de visée, il tire et "il y a un violent claquement, exactement comme celui d'un pistolet normal."
vache-2.jpgDanny appuie sur un bouton et la paroi métallique de l'enclos se soulève, découvrant la vache gisant là. Il s'en approche, attache une chaîne à l'une de ses pattes arrière et la soulève. Elle lutte, ses pattes s'agitent tandis qu'elle s'élève, la tête en bas. Sue Coe remarque que certaines vaches sont totalement assommées et d'autres pas du tout. "Elles se débattent comme des folles pendant que Danny leur tranche la gorge. Tout en exécutant son oeuvre, Danny parle à celles qui ne sont pas assommées : "Allez, ma fille, sois gentille!" Sue regarde le sang gicler "comme si tous les êtres vivants étaient des récipients mous qui n'attendaient que d'être percés." Danny s'approche de la porte et fait avancer la prochaine vache d'un coup de bâton électrique. Il y a beaucoup de résistance et de coups de sabots, car les vaches sont terrifiées. Tandis qu'il les force à entrer dans l'enclos où elles sont assommées, Danny répète d'une voix chantante : "Allez, ma fille!"."
photographies : L214

Oeuvres de Sue Coe

 

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21 novembre 2009

Mystère et boule de gomme

Quand j'étais au Portugal, cet été, je passais presque tous les jours devant une sorte de pâtisserie-traiteur. Cette boutique disposait d'une petite terrasse, où les gens pouvaient boire un café en mangeant quelque viennoiserie, et il y avait aussi un écran télé (plat et HD) où le même film passait en boucle, du matin jusqu'au soir, jour après jour.

Ça commençait par l'histoire de jolis petits cochons noirs (les cochons portugais sont traditionnellement noirs) qui vivaient en pleins champs. On les voyait donc s'ébattre sous des étendues boisées de beaux chênes, dans la brume matinale, de belles images paisibles. Une carte nous montrait où vivaient ces cochons heureux.
Et puis ça enchaînait avec des carcasses de cochons suspendues par les pattes arrières, toutes propres, roses et déjà vidées. Comme ça, paf, d'un coup on passait du cochon trottinant dans son pré au même cochon mort, sans entrailles, prêt à être découpé en morceaux. Total mystère entre les deux prises de vues.
Comment une telle transformation était-elle possible? Confusément, les gens un peu avertis devaient bien percevoir qu'il manquait quelque chose, là, on passe pas comme ça d'un animal vivant à un cadavre écorché. Ce quelque chose, réfléchissons, l'abattoir peut-être? abattoir cochon.jpg

Rendue totalement invisible, cette séquence manquante entre deux prises de vues tranquillement posées (l'une sur du vivant, la seconde sur du mort), était sans doute elle aussi tranquille. Les cris, la peur, le sang, ça fait désordre: tout ce cauchemar est tellement plus simple à esquiver, et inconsciemment on mettra à la place du savoir-faire, de la propreté, éventuellement quelque bruissement discret. Mais la plupart des gens ne mettaient sans doute simplement rien du tout - on ne va pas commencer à réfléchir sur la mise à mort des bêtes.
Le film continuait alors par le savant dépeçage d'une cuisse de cochon, geste après geste un homme expert maniant un grand couteau bien tranchant ôtait le gras jusqu'aux muscles. Ensuite, les cuisses roses étaient soigneusement empilées dans un énorme hangar plein de gigantesques tas de cuisses, que des costauds recouvraient largement de gros sel, à la pelle - geste encore souligné par un beau ralenti. Du sel plein les cadavres. Un hangar plein de bouts de cadavres. Indifférence totale des consommateurs, tandis que je m'interrogeais: combien de milliers de cochons pour obtenir une telle quantité? Écœurement, sentiment d'impuissance et non pas d'indifférence (nuance). D'un geste lent et sûr, un employé ferme la porte du hangar, plongeant dans le noir téléspectateur et milliers de cuisses salées. Et à chaque fois dans mon esprit se superposaient les images de monceaux de cheveux, de lunettes, de vêtements, mis de côtés par les nazis dans les camps de la mort.
jambon_d_auvergne_140.jpgPuis un petite phrase, j'ai un peu oublié mais c'était quelque chose comme : "Tout vient à point à qui sait attendre." Le hangar s'ouvre à nouveau et, magique alchimie, les bouts de cadavres qui devraient être puants, verdâtres et grouillants de vers, sont mangeables par l'humain! Et, encore plus miraculeux, voilà que des humains qui se pensent civilisés salivent devant des morceaux de cadavres, des parties de corps arrachées où sont encore visibles os, peau, tendons, etc.
On pourrait appeler cete petite vidéo de propagande spéciste : "La mystérieuse transformation des cochons"...
Et un autre point fort de ce film est de largement contribuer à entretenir le mythe des animaux d'élevage libres, alors que c'est juste un nombre totalement insignifiant de cochons qui ne souffre pas le martyr en élevage industriel.

o ciclo do leite.jpgPeu de temps après, je trouvais une autre merveille de la propagande spéciste : un livre pour enfants sur le cicle du lait (Ciclo do leite). Celui-ci, on pourrait le renommer : "La mystérieuse disparition des veaux". Parce que dans ce petit livre, aucune allusion aux veaux, juste de braves vavaches ravies de donner leur lait aux humains, sans doute qu'elles en ont trop, comme ça!
Pas d'insémination forcée, par de veaux arrachés à leur mère quelques heures après leur naissance, pas de vaches complètement affolées et angoissées par la disparition de leur bébé, pas de vaches traitées comme de simples pompes à lait et abattues dès que leur production baisse. Non, dans ce merveilleux conte pour enfants, il n'y a que de belles vaches souriantes contentes, des petits enfants émerveillés et quelques adultes bienveillants. C'est si simple.
On va quand même pas commencer à leur expliquer le vrai cycle du lait: il y a toutes les chances qu'ensuite les enfants ne voudraient plus en boire. Parce que la vie d'une vache laitière, c'est pas joli joli.
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