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03 janvier 2012

Sur la route du retour

Fin décembre 2011, mon compagnon et moi embarquons à Lisbonne dans notre petit véhicule utilitaire aménagé pour revenir en France, soit un périple de 2000km à travers le Portugal, l’Espagne et une partie de la France. Au long de ce petit périple, qui a quand même duré 4 jours, avec une panne mécanique le 3ème jour et pas mal (trop) de tensions nerveuses, des centaines d’animaux ont croisé notre route, et ce sont quelques unes de ces rencontres que j’ai envie de partager ici.
Les premières ont été celles d’oiseaux, d’une multitude d’oiseaux d’espèces différents essentiellement vus au Portugal et en Espagne. En France nous considérons que les cigognes blanches sont l’emblème de l’Alsace, mais – outre le fait qu’il y en a aussi en Aquitaine – de grandes colonies vivent encore au Portugal et en Espagne, où leurs nids immenses surplombent pylônes de lignes à haute tension, églises, arbres, cheminées et même panneaux de directions autoroutiers surplombant les routes (en gros, tout ce qui est haut et un peu large et plat au sommet). Etant donné le climat clément donc la présence de nourriture (hélas de petits animaux), les oiseaux ne migrent pas et nous avons assisté à leurs vols gracieux ou pu les voir sur les nids. Et c’est pas plus mal qu’ils ne migrent pas, parce que ça leur évite de se faire massacrer dans leurs quartiers d’hiver africain et par des chasseurs tout au long de la migration.
Au Portugal, toujours, un vol de pies bleues a croisé notre route, et c’est toujours un vrai bonheur d’observer ces très beaux oiseaux ibériques, rares et discrets. Un peu plus loin, ce sont des vanneaux huppés qui étaient dans les champs, mais il nous a fallu du temps pour comprendre qu’eux et les étranges « pingouins » volants ne faisaient qu’un ! Hé oui, le vanneau huppé en vol ressemble à un pingouins, en tous cas pour les ornithologues profanes que nous sommes.
Sur une aire d’autoroute complètement insignifiante, nous avons assisté en trente minutes à un palmarès d’oiseaux sous un olivier : des merles, des étourneaux, un tarier pâtre (c’est joli comme tout), des bergeronnettes grises, des mésanges charbonnières, des moineaux, un rouge-queue noir !

pie.bleue.juda.4g.jpg pie bleu et vanneau huppé

vanneau.huppe.dico.2g.jpgvanneau.huppe.gecu.2g.jpg

Mais c’est la honte et le malaise que j’ai rencontrées au milieu de l’Espagne, en la présence d’un chien visiblement paumé errant le long d’une autoroute et pour lequel je ne me suis pas arrêtée. Parce que je n’ai pas eu la présence d’esprit et que le temps de réaliser ce que je venais de voir – un galgo abandonné – nous étions déjà « trop loin » pour nous arrêter. Parce que ce n’est pas facile de s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence - et pourtant, urgence il y avait ! – même sur une autoroute bien fluide. Parce que mon égoïsme profond a eu le dessus sur mes belles intentions. Les heures suivantes ont été plombées par ce rendez-vous peut-être raté avec un galgo perdu auquel nous n’avons pas offert la possibilité d’être secouru.
L’arrivée en Catalogne a été marquée comme les années précédentes par l’odeur. L’odeur des milliers et des milliers de cochons enfermés et souffrant mille maux dans les antichambres de la mort, à savoir les énormes élevages concentrationnaires qui pullulent sur les verdoyantes collines dont ils ne profiteront jamais. La Catalogne peut être fière d’avoir aboli la corrida, mais le beaucoup reste à y faire pour les animaux, et on pourrait sans doute lancer un concours de souffrances des cochons entre la Bretagne et la Catalogne. Est-ce que la Bretagne pue autant la merde de cochon que la Catalogne ? Tout l’air en est imbibé.
IMG_8791.jpgC’est par dizaine que nous croisons les convois. Camions lourds peinant en côtes pleins de cochons entassés en partance pour l’abattoir, vides et rapides une fois leur sale besogne accomplie. Il paraît que beaucoup de vegans vivent à Barcelone, luttent-ils pour les cochons ? En France aussi nous croisons pas mal de convois, appesantis de vaches ou d’animaux fantômes dont on ne devine la présence que par l’odeur ou la configuration du camion. En France aussi, et dans le monde entier, les campagnes abritent des millions d’élevages concentrationnaires où les animaux endurent les pires souffrances – promiscuité et surpopulation, puanteur, chaleur, froid, monotonie et dépression, médicamentation forcée, manque de soins, gavage, mutilations, séparations, inséminations forcées, obscurité, abandon – simplement pour satisfaire notre gourmandise et par respect des traditions culinaires.
IMG_8795.jpgMais les élevages se font discrets, de l’odeur certes mais pas de bruit, des bâtiments de béton ou de briques sans éclats, rien qui dépasse, tout est dans l’ordre. Ils restent cependant reconnaissables aux fenêtres fermées, aux cylindres remplis d'aliment (toujours le même repas) distribué automatiquement dans les mangeoires infectes.
Vision fugitive : par une fenêtre ouverte d’un élevage catalan un énorme cochon rose apparaît, hissé de toute sa force pour ce coup d’œil au monde extérieur et une goulée d’air frais.
Qui est-il ?
Avec un peu d’habitude et d’envie, à chaque instant la présence des animaux se révèle, parfois dans la joie, plus souvent dans la peine de l'exploitation.
Mais qui veut les voir, qui veut savoir ?

20 septembre 2010

Une surprise à Madrid : deux magasins végans!

blog-magasin2.jpgDe passage à Madrid, ô surprise et joie : nous découvrons une boutique 100% végane, au nom d'ailleurs éloquent, Planeta Vegano. Située au coeur de la ville, dans le quartier Lavapiés, vous y trouverez un choix remarquable d'aliments végans secs, frais et surgelés, mais aussi quelques chaussures, des cosmétiques, des aliments pour chats et chiens, des T-shirts, des livres et des badges. Les vendeurs (un couple) sont du genre très sympas, à répondre aux questions les plus stupides avec un gentil sourire. Mais ce qu'on a aussi beaucoup aimé dans cet espace, ce sont les affiches dénonçant l'exploitation des animaux ou en faveur du véganisme. Bref, un espace certes commercial, mais dont l'esprit est positivement en faveur de la libération animale.

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Parmi les aliments, la gamme complète des céréales et des graines, des huiles, beaucoup de sucreries (confitures, chocolats - dont du chocolat blanc vegan -, glaces (vendues par boîte ou à l'unité), pâtes à tartiner... ), des pâtés et boissons végétaux, mais aussi beaucoup de "fausses viandes" et de fromages végétaux, non seulement délicieux, mais dont l'aspect aide sans doute les viandards à franchir le pas vers une alimentation non sanglante.
Bref, on est fan et, vous l'aurez compris, on vous recommande d'aller dépenser des sous à Planeta Vegano si vous êtes de passage à Madrid !

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Affiche à (et de) Planeta Vegano

Une autre boutique végane, Vegan Store (pas trouvé de site), existe aussi à Madrid, mais nous devons reconnaître que l'accueil pas hyper sympa du personnel nous a un peu refroidit... Le lieu était aussi plus commercial (pas d'affiches), et on y trouvait plus d'encens, de tisanes, etc... Bref, c'était moins bien.

Mais quand même, quelle surprise! Et tout ça au pays de la corrida et du jambon.
blog---poussins-libres.jpg
Ces deux boutiques sont récentes (moins d'un an chacune) et prouvent que les mentalités changent. Il y a d'ailleurs eu pas mal de passage lors de notre visite, et j'espère vraiment qu'elles sont vouées à perdurer et à se développer, parce que ne pas cautionner l'exploitation des animaux est quand même vraiment plus facile quand, pratiquement, on peut trouver des produits végans.

 vegan-store.jpgPlaneta Vegano
Lavapies Ave María 42, Madrid, 28012 Madrid - Espagne
+34 91 250 2002
Ouverture:
Lun - Sam: 10:00 - 21:30
Dim: Fermé

Vegan Store
Calle San Vicente Ferrer, 21, 28004 Madrid - Espagne

915-213-914

23 janvier 2010

L'Inde, paradis des vaches ?

Elles sont tellement magnifiques, ces vaches indiennes, on dirait de vraies déesses - en tout cas, je trouve ! Entre leurs oreilles gigantesques et leur regard si doux, il y a quand même de quoi fondre... portrait-1.jpgCe que ne font bien sûr pas du tout tous les Indiens, et l'Inde est bien loin d'être le paradis des vaches. Encore une idée toute faite qui s'écroule, dommage, on l'aimait bien celle-là !
Traditionnellement, les vaches sont sacrées pour les hindous(1) qui les considèrent comme leur mère, pour ce qu'ils peuvent en retirer : le lait bien sûr (blanc, pur, sacré), mais aussi l'urine (usage médical et cosmétique) et la bouse (combustible et fertilisant). Pour les hindous, seule la consommation de la viande de vaches est taboue. Si les hindous considèrent que le végétarisme aide à leur élévation spirituelle, c'est une affaire personnelle et les animaux ne sont pas pris en compte pour eux-mêmes. Lors de certaines fête, comme Diwali, ils pratiquent des sacrifices animaux :  chèvres, boucs ou moutons sont égorgés. Tuer une vache est par contre considéré comme un meurtre.
Et pourtant, le plus grand cheptel de vaches est actuellement en Inde, avec 482 millions de têtes, dont au moins 284 millions de bovins laitiers, pour une production de lait de 100 millions de tonnes. L'Inde concentre 21 % du bétail mondial de buffles et de bovins. Mais les Indiens consomment tellement de laitages qu’ils doivent en importer, et la France est le premier fournisseur de l’Inde en lait. Car les Indiens, comme les Chinois, abandonnent progressivement leur régime alimentaire traditionnel, majoritairement à base de protéines végétales, pour rejoindre le modèle occidental basé sur une très forte consommation de protéines animales : laitages, oeufs, viandes. Pour le plus grand malheur des animaux et pour a richesse des industrielle, la Vache qui rit et le foie gras font leur entrée en Inde.
Pour les besoins de la production laitière, en Inde comme en Occident, les veaux sont généralement ôtés à leur mère dès la naissance afin de s’accaparer le lait. Les vaches sont abattues ou jetée à la rue dès que leur production diminue, ou si elles sont stériles. Insémination artificielle, séparation des petits et des mères, abattage des petits, promiscuité, mauvais traitements... en tous points, les conditions d’élevage des animaux liées à l’industrie laitière sont aussi éprouvantes et terribles qu’en Occident, et que les élevages soient encore généralement familiaux et de taille modeste n’y change rien (mais là aussi ça change, et les fermes industrielles font leur entrée, souvent avec le soutien financier et logistique de l'Occident). Une différence entre l'Inde et l'Occident, est que les gens mettent souvent à la rue les vaches dont ils ne veulent plus (stériles, malades, moins productives, etc). Histoire de ne pas les tuer - directement, au moins. Elles auront alors le choix entre mourrir lentement de faim, de maladie, après une collision avec une voiture (et causer un accident), ou bien de se faire embarquer pour l'abattoir, le tout dans l'indifférence quasi générale.
En plus de l'exploitation des vaches pour leur lait, l'Inde est le deuxième fabricant mondial de vêtements en cuir, après la Chine, avec une production de 18 millions de pièces par an sur un total de 120 millions de pièces. Si vous achetez du cuir, il a toutes les chances de provenir d'une vache tuée en Inde ou en Chine.

inde-abattoir-New-Delhi.jpgLes conditions d'abattage des vaches en Inde sont effroyables - on en voit, si je me souviens bien, quelques prises de vues dans Earthlings. Des milliers d'abattoirs clandestins existent à travers le pays, où les vaches sont égorgées en toute conscience, voire dépecées et découpées encore vivantes, pour leur cuir. De toutes façons, les abattoirs légaux ne valent guère bien mieux.
Le sort des autres animaux en Inde n'est guère plus brillant, qu'il s'agisse des chiens (victimes de la gale ou d'empoisonnements), des poulets (tués par millions pour être mangés), des chèvres et des moutons (également mangés en masse), des ânes (surexploités au travail jusqu'à finir, eux aussi, livrés à eux-mêmes à la rue), etc.
Mais en Inde comme ailleurs des milliers de gens s'organisent et luttent pour les animaux, pour les humains, bref, pour un monde meilleur. J'ai appris tout récemment que les ours danseurs n'existent plus en Inde. Des programmes de réorientation professionnelle intelligemment pensés ont été mis en place pour les propriétaires d'ours, qui y ont eu accès à la seule condition de donner leur ours à une structure apte à le recevoir et à s'engager à ne plus en exploiter d'autres.
Madhu&Vrinda.preview.jpgEt pour les vaches, il y a les "gaushalas". Ce mot sanskrit signifie littéralement : « la maison des vaches ». Il en existe des centaines à travers l’Inde et le Népal. Des vaches, des boeufs , des veaux et des taureaux abandonnés, victimes de mauvais traitements, blessés, accidentés ou en fin de vie sont recueillis dans ces refuges. Certains animaux sont rescapés des abattoirs, d'autres ont été trouvés agonisants en pleine rue.  Les gaushalas sont tenus par des hindous qui considèrent les vaches comme étant des êtres sacrés. Ces refuges possèdent donc tous une dimension fortement mystique. Certains sont corrompus, et les vaches y sont exploitées comme partout ailleurs. N'empêche, d'autres sont honnêtes, fiables et remarquables, ils sauvent des vaches pour de vrai - le gaushala Care for cows et Mahawir sont de ceux-là. Pourtant, ils ne prônent pas le véganisme - tenus par des hindous, le lait reste valorisé et  est donc (même si c'est très peu) consommé. Etonamment, les vaches se reproduisent également à l'intérieur des (certains?) gaushalas, alors que d'innombrables vaches, boeufs et taureaux sont à secourir à travers le pays. Enfin, je n'ai pas l'impression (mais je peux me tromper, toute info est la bienvenue) que les gaushalas aient une quelconque dimension informative - je veux dire par là que, par exemple, au lieux d'accepter la consommation de lait, il serait plus utile aux vaches  que les gens impliqués dans les Gaushalas informent leurs compatriotes sur ce que représente réellement cette consommation.
Que ce soit en France, en Inde ou ailleurs, épargnons les vaches en ne consommant pas de produits laitiers, en refusant de manger leur chair ou de porter leur peau - lait/viande/cuir étant les trois faces d'un même ignoble commerce lucratif.

blog kamal.preview.jpgblog yasoda.preview.jpg

Un excellent dossier pour en savoir plus :
"végétarisme, Inde et Tibet", réalisé par l'association Maïcha.

Vaches à leur arrivée au gaushala Care for cows, puis quelques mois plus tard.
Il est possible de soutenir financièrement les gaushalas, comme celui de Care for cows, et aussi de les visiter en Inde.

 

(1) L'Inde ne compte pas uniquement des hindous bien sûr, mais aussi des musulmans, des jaïns, des chrétiens, des bouddhistes, etc., peut-être même quelques personnes athées.

30 août 2009

Végétarisme et poissons

IMG_8246.jpgMa virée au Portugal se poursuit (doucettement, à vrai dire!). De passage à Cascais, anciennement village de pêcheur devenu petite ville balnéaire huppée - beauté du paysage, bord de mer, proximité de Lisbonne, moi et mon portugais de compagnon (comme tu dis, Seb ;-) avons le plaisir de retrouver le restaurant végétarien Paradoxe, toujours fidèle au poste. Sur une assiète "découverte" à 6€, le chef nous met du tofu pané, du seitan et sa délicieuse sauce, une petite part de tarte aux asperges gratinée de fromage vegan, du riz complet, des brocolis vapeur, un petit mélange de légumes cuits et de crudités avec leur sauce cacahuète-citron... et en dessert, l'incontournable tarte choco-chataîgnes-carroube (parfois, en France, j'y pense à cette tarte si bonne). Nous nous régalons, et nous réjouissons que ce resto en soit déjà à sa 8ème année d'existence (photo ci-contre)!
Mais nous découvrons, avec déplaisir, que désormais le lundi ils servent du poisson (de la morue, évidemment), soit-disant "pour les macrobiotiques" (la cuisine macrobiotique est bien implantée au Portugal, pas comme en France où elle est totalement inconnue -et mal perçue, l'un allant souvent avec l'autre). Alors déjà, un restaurant qui s'affiche comme végétarien et qui ne l'est pas, ou plus, c'est pas très honnête. Ensuite, les gens qui veulent manger des cadavres de poissons (qu'ils soient macrobiotiques ou non) peuvent -hélas- en manger ailleurs, je ne vois pas en quoi c'est un argument valable pour leur en proposer.
Je constate avec colère que, de plus en plus, il est courant d'associer au végétarisme le fait de manger du poisson. La définition du végétarisme est pourtant claire: c'est le fait de ne pas consommer de chair animale. Les poissons sont des animaux (mais oui). Donc, un-e végétarien-ne ne mange pas de poisson, ni de crustacés ou de mollusques (crabes, crevettes, huîtres, moules, escargots... sont donc également laissés en paix). Une personne qui se dit végétarienne et qui consomme du poisson ne l'est pas.
Avant de partir, j'avais jeté un coup d'oeil en librairie au dernier Lonely Planet publié sur le Portugal, et au chapitre "végétarisme", j'avais été effarée de lire: "pour les végétariens qui mangent du poisson... " Un végétarien qui mange du poisson, ça n'existe pas!!! (faudra vraiment que je leur écrive à mon retour).
Ce matin, je suis tombée sur cet article d'AVF concernant les poissons, et vraiment il faut le relire. Tout comme il convient de garder en mémoire la brochure poisson de Tahin Party (qui peut être téléchargée gratuitement à partir dudit site).

Dans un autre restaurant végétarien, à Villa Nova de Gaia dans la banlieue de Porto, la patronne a eu le don de nous exaspérer en insistant outre mesure sur le fait que certains plats contenaient "un tout petit peu de lait". Est-ce qu'elle veut dire par là que "les vaches ont été un tout petit peu exploitées?". Qu'on leu a "un tout petit peu tué leurs bébés (pour leur prendre leur lait)"? (je sais bien qu'elle pensait uniquement à la santé des humains, et qu'en conséquent, consommer un peu de produits laitiers n'est pas grave).
IMG_8210.jpgMalgré ces déceptions, Paradoxe reste un restaurant incontournable avec 95% de bouffe végane, et le Portugal un pays où l'inspiration pour la cuisine végane est grande, par exemple au niveau des desserts. Parfois, le menu (comme à Yin-Yang, Lisbonne) se compose tout simplement de riz complet, de haricots avec des légumes et de seitan: pas cher, délicieux, nourrissant. Un bémol, le veg est développé ici pour la santé des humains, mais après tout, c'est aussi positif pour la santé des animaux.
Bref, je vous laisse déguster les photos.
Et après, on me demande ce que je mange (en tant que vegane): de la paille et des cailloux, bien sûr!

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Desserts vegans: tartes à la carottes et aux raisins secs, tartes à la crème de soja et aux fraises (hyper hyper bon), tartes à la crème de soja et aux fruits rouges, coupes de soja-chocolat-caroube.

* A propos de la macrobiotique, s'il y a des recettes très intéressantes et qui permettent de découvrir plein d'aliments peu connus en Occident (comme les algues, le tempeh... ), la philosophie est à peu près n'importe quoi. Par exemple, sous couvert "d'harmonie" (un des maîtres mots de la macrobiotique), les poissons sont allègrement massacrés et consommés. Je vois pas bien où est l'harmonie pour eux...

17 août 2009

L'été au Portugal

Un bref instant à la bibliothèque municipale de Porto est l'occasion de partager quelques peu ce voyage (mais que d'efforts pour écrire avec un clavier portugais !!!). A l'aller, une halte à St Sebastian (Espagne) et le plaisir de voir de magnifiques affiches contre la corrida (promis, j'en mets une photo dès que je peux, pas tout de suite) collées en pleine rue.
A Porto, il existe toute une ribambelle de resto vegs (ou presque, mais où il est possible de manger vegan sans problème), ce qui nous promet une fois de plus un séjour gastronomique des plus chouettes. A midi, on a teste le Suribashi, vegan à 98% (y'avait des beignets de poisson, quelle horreur!) et excellent: seitan à l'ananas, tofu, haricots, légumes super bons, riz complet, jus de fruits frais, et en dessert on a choisi un simple gâteau de semoule au caramel et lait de soja hypra bon. Dans tous les magasins, on trouve toujours autant de produits vegans, et en grande surface il y a du tofu, seitan et tempeh, protéines de soja, miso, algues, et ici on trouve des laits de soja à la fraise, aux fruits des bois, à la banane, et du lait d'avoine à la mangue... Dire que le guide Lonely Planet persiste à dire que ce pays est hostile aux vegs! faudra vraiment que je leur écrive à mon retour.
Côté glauque, si on enlève tous les produits pas vegans (donc tous les produits qui sont issus, d'une façon ou d'une autre, de l'exploitation et de la souffrance des animaux), on ne garderait que quelque chose comme 10% du magasin - et encore, pas sûr que ce soit tant!
Hier, j'ai vu dans une boutique genre croissanterie des cochons de lait à la broche, c'est une spécialisté du Portugal (surtout d'Alentejo je crois) et c'est juste ignoble: les petits cochons (3 mois?) sont tout entiers, les yeux fermés, la peau brûlées, les pattes recroquevillées sous un ventre qui a été vidé de ses viscères puis recousu, une barre en métal enfoncée dans la bouche et sortant par l'anus (une "broche" ça s'appelle). Et les petits cochons sont là, leurs corps affreusement torturés, exibés en vitrine entre deux pains au laits et des biscuits à la crème, et les gens normaux ont envie de les manger... ça fait toujours un peu peur...
Ha, c'est quand que le monde devient paisible pour tous ses habitants?...
En attendant, on regarde les belles cigognes du Portugal, qui font leur nid sur les panneaux qui surplombent les autoroutes (photo promise là aussi) et tous les animaux heureux qu'on croise - il y en a...
Et mon temps à la bib est écoulé, il faut dèjà que je cède la place.

16:49 Publié dans voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : portugal, corrida, espagne

10 septembre 2008

En vrac...

Houlà, ça fait vraiment longtemps que j'ai pas écrit sur le blog ! J'invoquerai l'excuse des vacances, du séjour prolongé au Portugal - la mer, les geckos, les restos veg, les paysages magnifiques... autant de choses qui emènent loin des ordinateurs, il faut bien avouer. Mais la rentrée approche, tiens voici un ordi connecté, et si j'en profitais pour écrire quelques lignes - histoire de me remettre dans l'ambiance ?
Et je découvre une nouvelle de grande importance ! Les 10 militants autrichiens, incarcérés sans preuve aucune, ont  enfin été libérés ! Enfin ! Même si, apparemment, le matériel saisi (ordinateurs, fichiers, listings) ne leur a toujours pas été rendu, cette libération est un grand soulagement. Mais nous devons rester vigilant-e-s, et mobilisé-e-s, car il est certain que ces arrestations, fouilles, incarcérations, commises avec tant de violences, ne sont dues ni au hasard ni à des erreurs. Il s'agit bel et bien de tentatives d'intimidations envers ce mouvement qui lutte pour les animaux, et qui commence à être trop actif, trop bien organisé, bref, qui commence à déranger l'ordre établi - lequel ne se laissera certainement pas chambouler sans réagir, nous en avons d'ores et déjà une preuve cuisante.
Sinon, le Portugal (pour y revenir), c'est toujours aussi classe pour les végés : plein de restos vegans et/ou végétariens, et puis dans tous les supermarchés (même des petits dans des bleds), on trouve tofu, seitan, parfois du tempeh (en bocal), protéines de soja, yaourts au soja, boissons de soja (plusieurs arômes), parfois boissons de riz et d'avoine aussi, et plein d'autres choses encore - levure de bière, sauce soja, biscuits vegans, etc. Sur les marchés, les fruits et légumes sont bien moins chers qu'en France (mais le fameux "pouvoir d'achat" est aussi bien plus faible), et l'abondance est de mise.
On peut acheter ici du seitan en blocs de 250, 500 et même 1kg ! et à 4,5€ le kilo, c'est vraiment super accessible. même pour les Portugais-e-s. Les blocs se coupent en tranches, en cubes ou en lamelles, à faire mariner, frire, dorer, hacher, etc. C'est vraiment un produit qui manque en France. Et le tofu aussi se trouve en gros blocs (là aussi, jusqu'à 1kg) pas chers.
Côté restos, nos préférés de tous sont Tao* à Lisbonne, et Paradoxo** à Cascais, surtout pour la fabuleuse tarte au chocolat (2€ la part) et le fromage vegan. Comme la plupart des restos veg, ils fonctionnent sur le mode du self-service, et on peut manger pour 5€ (petite assiette), compter 8 à 10€ pour un repas vraiment conséquent, avec dessert et boisson (tous les deux offrent de la tisane gratuitement et à volonté). A lisbonne, il faut aussi noter Oriente, un resto 100% vegan avec buffet à volonté à partir de 9,70€ - et très bon, en plus. Mais comme je suis goinfre, les restos à volonté c'est pas mon truc, parce qu'à chaque fois je m'en suis rendue presque malade - de tant bouffer, pour bien "en profiter" ! Bon, à chaque fois, ça reste correct, vu que je n'y suis allée que deux fois.
J'apprécie énormément le côté simple et relativement populaire de la plupart des restos veg au Portugal, ça rend la nourriture veg plus accessible à toutes et tous, ça ne reste pas réserver aux grandes occasions. A quand des selfs-services vegans en France???

 

* Tao
Restaurant quasi macrobiotique et presque végétarien
à vue de nez, 90% vegan, parfois un peu de fromage ou de lait; mais prudence et méfiance: parfois il y a du poisson dans une sorte de purée de manioc...
10, Rua dos Douradores - Lisboa
/ tél : 218850045
ouvert de 12h à 16h, du lundi au vendredi (fermé samedi et dimanche)

** Paradoxo
100% vegan, avec une tourte de légume couverte de fromage vegan
91, av. Costa Pinto, 2750 Cascais
Tel : 214 843 004
Ouvert du lundi au samedi, de 12h à 16h




17 août 2007

Ecotopia, Earthlings

a51be6b3a3584ee6b71c95bedbf8f564.jpgEn voyage au Portugal, voilà que j'atteris à Ecotopia. C'est pas mal intéressant, même si j'avoue que je ne suis pas à fonds dedans - mais peut-être le fait que je sois malade depuis une semaine joue aussi ? Je vais pas vous parler de mes vomissements et de mes maux de ventre très longtemps, mais faut quand même savoir qu'une bonne moitié des gens ici sont malades - il doit comme y avoir un petit problème du côté de l'hygiène ;) Bon, depuis quelques jours on s'est ressaisi et on essaie d'améliorer ça, mais c'est pas encore au point et les gens ont encore, bizarrement, tendance à courrir vers les chiottes (secs en l'occurence). Il doit y avoir entre 200 et 300 personnes ici, le paysage est superbe et les nuits étoilées incroyablement belles - et froides, hier il faisait 12°c à minuit ! Les journées commencent avec le petit déjeuner vers 9h, puis le "morning circle" où tous les points essentiels et l'organisation de la journée sont débattus, ce qui peut durer deux bonnes heures. Puis commencent les ateliers : énergies renouvelables, massages, rouler à l'huile, théâtre et autres musiques se succèdent jusque tard le soir. Les deux repas sont végans, sauf le jour où il y a eu des tartines de fromage (entre nous, ils auraient pu mettre du sojami sur le pain)
Il y a deux jours, on a organisé un "Animal rights day", et ça s'est super bien passé ! Au programme : petit déjeuner végan (parfois il y a du yaourt et du miel), puis vers midi Owen a animé un atelier sur l'alimentation végane. Le but de cet atelier était de donner des conseils pratiques, pas de discuter du bien-fondé du véganisme, ce qui est une bonne idée. Une petite trentaine de personnes ont participé à ce workshop, ça a été un vrai succès. Malheureusement, l'atelier de discussion sur l'antispécisme prévu vers 17h a été décalé à cause d'une réu sur les OGM qui n'en finissait pas, et à force d'être repoussé (à 19h, puis au lendemain... ) il n'a pas eu lieu. Par contre, la soirée a été très importante pour les animaux parce qu'on a diffusé sour le dôme des films sur leur exploitation et sur le véganisme. Le premier film, Earthlings, a fait pleuré beaucoup de personnes - puissent-elles devenir veg si ce n'est déjà fait ! Puis nous avons projeté deux films d'animation : Meatrix et Cows with guns, ce qui a un peu détendu l'athmosphère sans pour autant quitter la thématique. Après il y a eu un petit documentaire sur un body-buider végan (un franc succès !) et La Terre dévorée de la Vegan Society, puis le tout petit film rigolo Steven the Vegan (que vous pouvez trouver sur Youtube), avant de clore la soirée à une heure du matin par quelques documentaires sur la libération concrète des animaux.
Pour en revenir à Earthlings, ce titre signifie " habitants de la terre ", et il porte sur les animaux humains et non-humains (surtout non-humains). Ce documentaire, narré par Joachim Phoenix (Gladiator), est un plaidoyer pour tous les animaux, dont il dénonce l'exploitation en suivant des thèmes précis : animaux domestiques, animaux dits de boucherie, fourrure, chasse, pêche, vivisection, animaux utilisés pour les loisirs et le sport... Ce film est interdit aux moins de 16 ans, c'est dire la violence que subissent les animaux !
C'est vraiment un film à faire connaître, et même si j'ai encore une fois été très bouleversée par les images (j'avoue que je n'ai pas réussi à regarder la moitié du film... ) je suis extrèmement contente que tant de personnes les aient vues - comme cette femme qui, juste avant la projection, nous a dit : "j'aime la viande", puis qui pleurait pendant le film, peut-être aura-t-elle compris que cette viande n'est pas un aliment anodin, mais une vie sacrifiée pour son seul plaisir?
Certaines personnes ont refusé de le voir en disant qu'on faisait de la propagande : mais diraient-elles la même chose à propos d'images contre la famine, la pauvreté ou la guerre ? Comme si souvent, parler des animaux dérange et ne plaît pas à tout le monde, mais au moins à Ecotopia c'est possible de le faire, et on le fait.